Chapitre trente-sept : Soleil
Marisu triomphait, Manu avait l'air ailleurs, et Lucius affichait un visage neutre, comme s'il n'était pas sûr de savoir quel camp soutenir. Le regard de Draco, de Ron et des autres voyageaient sur les trois personnages, tâchant de déterminer ce qui les gênait le plus.
—Comment pouvez-vous être là? Demanda Harry à Marisu.
Quelques instants plus tôt, elle avait été aspirée dans le tourbillon du temps, et pourtant, elle était à présent là, devant eux. Quel était ce nouveau prodige? Ubiquité? Clonage?
—Il y a forcément une explication tout à fait rationnelle à ce phénomène, Dit Hermione en tentant de rester calme.
—C'est parce que je suis la plus forte! Clama Marisu.
—Non, Hermione a raison, il y a une explication logique et on la trouvera! Répliqua Ron.
Draco avait fixé son regard sur son père. Il ne savait vraiment plus comment ils pourraient continuer à se voir comme le font un père et un fils.
—Elle a changé de vêtements, Nota Harry, remarquant que Marisu n'était plus habillée comme Cléopâtre mais portait sa fameuse robe rouge sang qui lui avait valu de se faire appeler «Bloody Mary».
—Vous m'avez envoyée dix ans dans le passé, n'est-ce pas? Fanfaronna Marisu, Dix ans, c'est long, mais, ça finit par passer…
—Vous voulez dire que vous vous êtes cachée pendant dix ans à attendre l'heure de votre vengeance?
—Exact! Une fois atterrie en 1989, j'ai été trouver mon moi du passé, et je lui ai raconté une partie de ce qui s'est passé…
Ils se mirent tous à soupirer en même temps alors qu'elle était visiblement partie pour raconter sa vie dans un flot de paroles incessantes.
—Oui, on a pigé! S'énerva Sirius, On n'est pas aussi débiles que vous le pensez!
—C'est pour ça, ce second appartement que je faisais passer pour un laboratoire d'alchimie…c'était là où je vivais pendant dix ans, attendant mon heure…
—Ça explique pourquoi c'est un endroit aussi bizarre, Dit Ron, J'imagine qu'à force de vivre recluse là-dedans pendant dix ans, vous êtes devenue encore plus dingue que vous ne l'étiez déjà, ce qui n'est pas peu dire…
—Je ne suis pas dingue, je suis juste incomprise à cause de mon immense génie!
—J'ignorais cette partie de l'histoire, Dit Lucius, Comment as-tu su pour notre rendez-vous ?
—J'avais également dit à la Marisu du passé que lorsque tu lui enverrais un hibou pour ce rendez-vous, elle devait me laisser y aller à sa place. Elle a accepté, car elle ne sait plus très bien où elle en est vis-à-vis des sentiments qu'elle éprouve toujours pour toi…il vaut mieux qu'elle laisser reposer tout ça. Ainsi, dix ans après, je sais ce que j'éprouve pour toi: de la haine!
—Et bien, Père, quand je pense que vous aviez réussi à lui faire aimer quelqu'un d'autre qu'elle-même, vous avez tout gâché!
—Ne te mêle pas de ça, Draco! Voyons, Mary, je…
Elle le fit taire d'un signe de main dédaigneux et en revint aux autres.
—Alors, vous faites moins les malins, maintenant?
—Attention, je n'ai jamais prétendu être malin, Dit Ron.
—Encore heureux.
—Et pour Manu ? Demanda Hal qui depuis le début se posait des questions sur pourquoi son père se tenait aux côtés des deux autres enfoirés en regardant Marisu avec un l'air intelligent d'un bigorneau lobotomisé.
—Oh, lui ? Il est envoûté…J'ai toujours besoin d'une clef pour le Sablier, et comme je sais que vous protégez tous Alita, il fallait que j'utilise soit Manuel, soit Hal…
—Mais vous ne pouvez pas le laisser comme ça !
—Oh, mais rassure-toi, je compte bien lui donner l'ordre de se laver une fois ou deux, sinon je ne supporterai jamais son…
Elle s'interrompit en voyant qu'Alita lui adressait des doigts d'honneur en lui tirant la langue, et que Ron soulevait celle-ci à la hauteur d'un adulte, histoire que personne ne manque de la remarquer.
—Ronald…, Siffla Hermione.
—Petite insolente! Ragea Marisu.
—Et bien, Dit Draco, C'est tout vu: nous allons encore vous envoyer dans le passé…
—Je reviendrais encore, jeune sot! Encore et toujours!
—Oh, pas dix ans dans le passé, mais beaucoup plus…disons qu'en ce moment, j'ai une vision très précise de vous en train de courir pour échapper à un gros reptile au beau milieu de la jungle jurassique…
—J'ai mieux, Dit Ron, Et si on l'envoyait à l'époque du Big Bang ? Je ne suis pas astrophysicien, mais je crois que sa tête devrait éclater comme un pop corn!
—Etes-vous stupides? Le Sablier est coincé sur une période de dix ans, vous ne pouvez pas la changer!
—Nous trouverons un moyen de le décoincer, Reprit Draco en soutenant son regard.
—C'est pourtant vrai, Chuchota Hermione, Quand la tête de Rocío l'a heurté, le Sablier s'est bloqué…
—Arrêtez de dire que c'est de la faute d'Abuela, Répliqua Hal, Moi, je trouve qu'il lui en faut pas beaucoup pour se détraquer, à cette espèce de camelote!
—Qu'est-ce qui est de la camelote? Tempêta Marisu en se tournant vers lui.
—Pas vos oreilles, vous avez l'ouïe fine, Marmonna-t-il, impressionné par sa puissance vocale.
—Et puis, d'abord, qu'est-ce qui vous dit que je vais vous laisser faire?
—Notre supériorité numérique, peut-être?
—Ah ouais, Fujiyoshi ?
L'interpellé fit son apparition à la porte de l'appartement, le reste des dizaines d'employés d'Aubin & Marie derrière lui, tous prêts à en découdre dans leur petit costard cravate.
—Vous disiez?
—C'est vrai que ça va compliquer les choses, Dit Sirius, Mais on vous butera quand même!
—J'aimerais voir ça, je suis moi-même une combattante hors-pair!
—Rien à branler!
—Black, il est inutile de la provoquer…, Maugréa Severus.
—Vous allez goûter à mes châtiments, et vous regretterez d'avoir si peu travaillé à l'école!
—Euh…D'où vous sortez ça? Depuis quand on est tous des feignasses ? Y'en certains, je dis pas, mais…
—Pourquoi vous me regardez comme ça? Répliqua Ron.
—Parce que pour oser vous attaquer à moi, ceci est une preuve de stupidité, et donc que vous n'avez jamais rien appris! Si vous saviez qui j'étais réellement, vous feriez profil bas…
—Et vous êtes, pour voir?
—Je suis Amaterasu sous sa forme humaine!
Même les hommes de Marisu la regardèrent avec l'air de se demander ce qu'elle racontait.
—C'est quoi ça, Amarazazou ? Souffla Ron à Cius.
—Amaterasu est la déesse du soleil dans la religion shintoïste…
—Je vois…donc, j'ai raison quand je dis que ces dix ans qu'elle vécu toute seule ont achevé sa santé mentale…
—Ça ne fait aucun doute, ses neurones ont du fondre, à ce stade…
—Attaque! Hurla-t-elle à l'adresse de son armée de toutous qui se jetèrent sur leurs opposants en aboyant.
—De l'action! Dit Sirius d'un air satisfait en se frottant les mains.
—T'en as pas eu assez jusqu'ici ? Lui dit Tonks qui envoya un regard peiné à Remus toujours ligoté.
—Tu ne peux pas nier que tout ce blabla était vraiment lassant, Répliqua l'animagus avant de se jeter dans la mêlée.
Ce fut épique. En quelques secondes, la pièce fut inondée d'étincelles magiques de toutes les couleurs. Des corps volaient par moments, effectuant de non-gracieux vols planés, alors que les traînées des sortilèges fusaient de toutes parts. On entendait des crépitements, des cris, des grognements, des exclamations et des éclats de voix, des objets qui se brisaient. Le décor prenait doucement l'aspect d'un champ de ruines, l'appartement ne ressemblait plus à rien, et quelqu'un fit un carnage dans le onsen.
« J'aime pas les combats rapprochés! » fut l'unique commentaire d'Hermione qui préférait utiliser la magie pour autre chose que le sang et la baston.
Ron cherchait à superviser la bataille, se visualisant le tout comme un immense échiquier, considérant les combattants comme des pions. Mais certains, tels Harry ou Sirius, ne l'écoutaient pas et préféraient distribuer des sorts à tour de bras.
Draco tentait de protéger Alita, et se retrouvait à devoir lancer des sortilèges avec la main droite et empêcher sa fille de bouger avec la gauche. Elle se débattait en hurlant «Laisse-moi, ze vais tous les taper, les méchants messieurs!» et en faisant mouliner ses petits poings dans le vide.
Marisu se faufila au milieu du jeu de quilles, et joignit son cher Sablier. Harry se jeta sur elle.
—Vous n'irez nulle part!
—Lâche-moi, sale morveux! Alors…je vais tous vous envoyer dix ans dans futur, cette commande-là marche…
—Arrêtez ça!
—Manuel, viens là! MANUEL!
Harry tourna la tête et constata que Sacha Vilen était en train d'administrer une série de baffes sonnantes à Manu.
—Je ne suis pas certaine que c'est comme ça que vous allez le désenvoûter, Dit Hermione.
Sacha s'arrêta pour fourrer dans la bouche de Manu le goulot d'un flacon sorti de sa poche.
—Antidote générrrral, Miss-Jé-Sais-Tout! Et maintenant, jé vais le secouer pourrr que cela cirrrcoule plous vite dans son corrrps!
—Quoi?
—Manuel! Gronda Marisu.
—J'arrive tout de suite, mon amour! Dit Manu en se libérant.
Il se précipita vers le Sablier et attendit les consignes précises en sautillant comme un chienchien qui attend son susucre.
—Envois-moi cette racaille en 2009!
—Voui!
—Non! Cria Harry.
L'aventurier se mit à tapoter les commandes comme un bourrin. Rien ne se passa.
—Allez…tu dois faire quelque chose mal…Ta mère avait bien réussi à l'actionner en se cognant la tête dessus.
Manu faisait de son mieux, mais le Sablier ne voulait rien savoir. Marisu écarquilla les yeux.
—Mais, mais, mais…mais comment ça?
Harry respirait profondément. Il regarda autour de lui et croisa le regard de Ron qui avait repéré leur manège. Le rouquin s'approcha, interrogeant Harry du regard.
—Elle veut utiliser Manu comme clef, mais on dirait que ça ne marche pas…
—Allez, Manuel, dépêche-toi, je n'ai pas que ça à faire! Le houspillait la Nippone.
—Mais je ne fais que ça, arrête un peu de me crier dessus, sale morue!
—…
—…
—…
—Morue? Mais alors…
—Je sais même pas pourquoi je t'obéis, morue, quelqu'un peut me l'expliquer, d'ailleurs?
—L'antidote agit, il est désenvoûté!
Manu eut besoin de deux secondes supplémentaires pour se rendre compte de la situation et s'éloigner du Sablier. Ron le suivit.
—Euh…bye bye!
—Non, non, non! Cria Marisu, les larmes aux yeux, reviens!
—Hal est en mauvaise posture, Dit Ron en remarquant que son ami avait l'honneur de combattre trois Japonais en même temps.
—Et alors? Répliqua Manu.
—Et bien, nous allons, l'aider, toi et moi, comme ça, trois contre trois, ce sera équitable…
—Mais tu crois vraiment que j'ai envie de sauver ce maric…
Manu jeta un œil à Hal qui, bien que se battant valeureusement, n'en menait pas large. Il baissa les épaules et saisit son couteau incandescent.
—Qu'est-ce qui m'arrive ? Je peux pas le sentir, ce gamin, et pourtant…
Il releva la tête, et sous le sourire de Ron, se porta à la rescousse de son fils. Le rouquin s'apprêta à les rejoindre, quand une détonation mentale eut lieu dans son esprit.
«Je peux pas le sentir, ce gamin»
Ron se mit à ricaner.
Il avait trouvé.
—Euh…ça va? Lui demanda Draco, passant à côté de lui, C'est un rire nerveux, je suppose ? Ron, reprends-toi, on n'a pas besoin que tu deviennes dingue maintenant…
—Enigme résolue! Répliqua le rouquin, Hal?
—Oui, mi amor?
—C'est quoi ton eau de Cologne?
—Hein? Fit Draco, désorienté.
—Un truc de chochottes, Dit Manu, Et je parie qu'il en a sur lui, pour toujours sentir bon, berk!
Hal évita un sortilège en se baissant et fouilla sa poche.
—Bien vu, gros malin, mais je suis fier de toujours sentir bon, contrairement à toi, vieux puant!
—C'est quoi cette horreur ? Dit Manu en saisissant le parfum. Ah, c'est juste un testeur…
—Je me balade pas non plus avec le flacon entier sur moi, hé !
—Ah, beutch, ma mère utilisait le même!
—Normal, c'est mixte, c'est le parfum des sorciers et sorcières espagnols depuis des siècles!
—Depuis la Conquista ?
—Même avant, Pelirrojo!
—Passe-le moi…et que quelqu'un attache Marisu sur le Sablier, tiens…
—Je m'en occupe, Dit Draco, j'espère que t'es sûr de toi, parce que là, je vois pas…
Marisu voulait les rejoindre pour voir ce qu'ils fabriquaient, mais Harry veillait à l'en empêcher. Draco vint lui prêter main forte après avoir confié Alita à Cius.
Un peu plus loin, Lucius était occupé à combattre Tonks. Narcissa s'interposa.
—Qu'est-ce que tu fabriques ici, Narcissa?
—Je m'occupe du bien-être de notre fils, chose qui apparemment t'échappe depuis un bon bout de temps…
—C'est aussi mon cas. Moi aussi je me soucie de Draco!
—On ne dirait pas. Et pourquoi tu nous combats?
—Et pourquoi m'as-tu fait cocu avec l'autre babouin?
Narcissa rougit.
—Ça ne serait pas arrivé si tu t'étais occupé de moi! Et maintenant, laisse ma nièce tranquille! Dit-elle en se plaçant devant Tonks.
Draco pesait de tout son poids sur Marisu qu'il avait plaquée contre la paroi en verre du Sablier. La baguette de celle-ci avait glissé de sa main, et elle ne parvenait pas à la récupérer.
—Dépêche-toi, Ron!
Le rouquin s'agenouilla vers les commandes du Sablier et les aspergea de parfum. Il se mit alors à les manipuler, et il sentit comme de l'énergie vibrer sous ses doigts à ce contact tactile.
—Je crois qu'on peut même débloquer les commandes coincées! Dit-il en offrant un nouveau «spritch» aux dites commandes.
—Pelirrojo, qu'est-ce que tu fais, pourquoi mon parfum est si important…mais, tu as réussi à les débloquer!
—Et ouais…c'est quand encore que la Terre va s'autodétruire ?
—Dans cinq milliards d'années, Dit Draco, le Soleil deviendra une supergéante rouge et bouffera toutes les planètes ou un truc dans le genre. Dépêche-toi, elle se débat, cette charogne!
—Hurmpf! Déclara Marisu.
Ron programma un saut de cinq milliards d'années dans le futur et mit le Sablier en marche.
—Tout le monde dehors, vortex imminent ! Hurla-t-il.
Pendant une seconde, la scène se figea. Puis tout le monde se dirigea vers la sortie dans un brouhaha dantesque.
—Draco! Fit Narcissa.
Elle délaissa ses interlocuteurs alors que tous les autres évacuaient la pièce dans la panique générale.
—Mère! Fuyez !
Draco restait plaqué sur Marisu qui gigotait. Harry et Ron joignirent la sortie.
—Draco, Narcissa, dépêchez-vous! Cria le rouquin.
La pièce commençait à se gondoler. Ron sentit son cœur manquer un battement à la pensée que Draco pourrait être aspiré dans le vortex. Narcissa tentait de convaincre son fils de partir.
—Personne ne t'as demandé de te sacrifier, je t'en prie, viens…
—Mais je ne me sacrifie pas, j'essaie de la retenir le plus longtemps possible! Mais toi, va-t-en…maman!
Ron voulut intervenir, mais Lucius le devança. Il leva sa baguette sur son fils.
—Ecarte-toi!
—Nan! Je vous enverrai cramer dans le Soleil en même temps qu'elle s'il le faut, pour tout le mal que vous nous avez fait!
—Ne sois pas ridicule, écarte-toi!
—Draco, je t'en prie, mets-toi en sécurité, Pleura Narcissa.
Une tête rousse apparut. Ron arracha Draco de force à Marisu, et l'emporta hors de la pièce malgré ses protestations.
Lucius et Narcissa commencèrent à fuir, le vortex était maintenant de belle taille. Quand ils passèrent le seuil, quelque chose attrapa la cheville de Narcissa. La main de Marisu.
—Tu mourras avec moi, la blondasse!
Lucius inspira un coup, et sans la moindre émotion, il écrasa le poignet de son ancienne bien-aimée avec le talon de sa chaussure. Par l'élan, Narcissa lui tomba dans les bras tandis que Marisu disparaissait à jamais dans le tourbillon du temps en hurlant.
Tous attendirent que le calme revienne. Le vortex disparut, redonnant au Sablier un aspect anodin.
—Taitô-Sama ! Pleura Fujiyoshi en tombant à genoux devant l'artefact.
—Vous feriez mieux de prier «Avocat-Sama», Dit Ernst Darling, Car en l'absence de votre maîtresse, c'est vous que je vais attaquer en justice pour avoir kidnappé et séquestré ma fille!
—Por los calzoncillos de Merlín, ça c'était flippant! Dit Hal, On aurait dit un trou noir tout lumineux ou un machin dans ce genre-là! Et dire qu'on va envoyer Lilita là-dedans…
—Z'ai pas peu des trous noirs, na!
—Ron, Dit Draco, comment as-tu fait, ton truc avec le parfum, là?
Le rouquin sourit, c'était juste une phrase de Manu qui lui avait mis la puce à l'oreille:
« Je peux pas le sentir, ce gamin »
Le sentir.
Amaterasu, la déesse du soleil.
Soleil.
Les balistiques «Soleil», fabriquée en Espagne, sentent le safran, l'orange et le «sud».
Hal a la même odeur, et il considère cela comme une mauvaise pub.
Le jour où Alita a effectué son bond dans le temps, Ron et Draco lui avaient mis sa plus belle robe, et exceptionnellement, elle fut autorisée à mettre du parfum. C'était ce qu'elle avait raconté quand elle avait avoué être au courant de son voyage.
Manu ne peut sentir Hal…parce que lui, il déteste le parfum. Un parfum mixte, que Rocío utilisait aussi.
Le Sablier pouvait avoir n'importe quoi comme clef.
Une clef génétique?
Marisu le pensait. Et si elle avait tort?
Le Sablier était probablement un cadeau de conquistador.
Un parfum utilisé depuis des siècles…
—C'était pas une clef génétique, c'était une clef olfactive…
oOoOOOoOo
De retour chez Keiko, une bonne surprise les attendait:
—Comment ça? Dit Ginny, Vous avez déjà vaincu la méchante ? Sans moi ? J'ai raté la bataille!
—Ben, Commença Harry, T'étais un peu pas trop en état de…
—Mais je voulais combattre aussi, moi ! Hurla la rousse en martelant le torse de Harry de coups de poings.
—Aïe, arrête…aïe, aïe ouïlle ! Ginny, arrête ! Aaaah !
—Raha rha rha! J'ai trop la haine!
—Vous avez vu, Ginny va mieux? Dit joyeusement Keiko.
Emy était guérie également, et heureusement, elle n'avait envie de frapper personne. Cius lui rapporta son chapeau et sa baguette, retrouvés sur place.
—Vous allez nous raconter tout ça? Demanda-t-elle.
—J'espère bien, Lui dit Blaise, J'ai la plume qui me démange!
—Oui, mais si on faisait ça autour d'un bon repas? J'ai la dalle! Dit Ron.
—Tous chez Yoshito!
—Ouais…
—Je pléfèle qu'Emy et Ginny ne soltent pas avant quelques jouls…
—Et nous avons un loup-garou à soigner et surveiller, Ajouta Severus, D'ailleurs, qui c'est qui va devoir se charger de lui, je parie? C'est bibi!
—Ce surnom ne te va pas du tout, Sev'
—Bon, alors, on ira chez Yoshito quand Remus et les filles seront sortables? Dit Théo.
—Oui, je suppose, Répondit Luna.
—On fera un grand banquet, comme dans Astérix!
—Tu t'es mis aux bédés moldues ?
—Ouaip.
—Ils sont fous, ces Anglais…
—Et on invitera Evelina!
On décida finalement de fêter la victoire avec un repas plus sommaire (et végétalien). Cependant, tout le monde ne goûtait pas à l'allégresse.
oOoOOOoOo
—Lucius…
L'interpellé tourna la tête vers Narcissa. Il ne profitait pas pleinement de l'ambiance. C'est qu'il avait quelque chose à se reprocher. Il s'étonnait lui-même qu'on l'ait laissé venir.
—Merci de m'avoir sauvée, Dit-elle, Et pardon pour…
—Peut-être que tu as raison, Cissy, je t'ai négligée…j'aurais du te parler d'elle et de…tout ça…
—Je suis désolée…mais j'ai toujours eu l'impression de rester en retrait…j'ai traversé une partie du monde avec Manu et c'est une expérience qui…enfin, je me suis sentie différente. Et j'ai aimé ça.
—Je comprends. C'est moi qui devrais me faire pardonner, au fond …Tu t'es protégée au moins?
—Oui oui…
Draco les écoutaient discrètement, sans le moindre sourire. Il s'éloigna. Non. Impossible d'oublier. Narcissa lui avait pardonné, mais lui, jamais il ne cesserait d'en vouloir à Lucius pour tout ce qui était arrivé. Jamais.
Enfin, au moins, il n'aurait pas de petit frère espingouin, c'était la bonne nouvelle. Mais pour lui, Lucius était comme mort.
Tiens, que faisait Cius dissimulé derrière un meuble?
—Je me cache, Dit-il, On veut me forcer à participer à une partie de sexe à trois…
oOoOOOoOo
—Sacha, puis-je vous poser une question ? Demanda Hermione, Je peux vous appeler ainsi, hein ?
Sacha grogna en guise de réponse.
—Je voulais vous remercier de nous avoir aidés, je sais que c'était pour vous en grand sacrifice que de vous retourner contre votre «bienfaitrice»…Mais avouez, en fait, vous nous aimez bien, pas vrai?
—Niet! Moi, jé n'aime qué Cious!
Le jeune-homme fit volte-face en entendant son prénom. Et il avala sa salive, sachant ce qui était sur le point d'arriver.
—Ya tibia lioubliou!
—Mais, écoutez, Sacha, euh…votre premier amour, c'est Hélium, non? D'accord, il n'est même plus capable d'épeler son nom, mais peut-être qu'il apprécierait que vous alliez le voir à l'hôpital…
—Oh da da da, dans un lit à trois: toi, moi et Camille, da da da!
—Même pas en étant stone!
Cius parvint à échapper au champ de vision de Sacha en se faufilant entre les gens.
Il heurta Neis par mégarde.
—Oups, pardon.
Il remarqua qu'elle était en larmes.
—Neis ? Est-ce que ça va?
—Oh, Cici-chan, j'ai craqué!
—Comment ça?
Elle tenait un énorme saucisson dans la main.
—J'ai mangé de la viande, j'en avais trop envie! Pardonne-moiiii!
—Mais tu fais ce que tu veux, Neis, tu ne me plairas pas plus en te privant de ce que tu aimes…
Elle voulut répondre, mais la voix tonitruante de Sacha fit fuir Cius.
Une cachette? Ce meuble était parfait…
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Mildred était émue.
—Neis, ma petite fille, si tu savais comme nous avons eu peur…
Ernst lui tapota l'épaule.
—C'est bon, maman, je vais bien…
Elle regarda son assiette, dépitée. Quelque chose manquait, malgré les talents culinaires de Keiko. Elle soupira et se leva.
—Pas faim, Prétexta-t-elle.
Elle repéra Alita qui racontait à Théo comment Jack Sparrow s'y serait pris pour vaincre Marisu s'il avait eu à le faire. Elle se glissa sournoisement derrière la fillette, et soudain, lui chatouilla les flancs, la faisant sursauter.
—Hiii! Méchante! Vilaine truie!
—Du calme, mini-crevette, c'est juste une blague entre sœurs…
—Entre sœurs? Fit Théo.
—Ouais, Dit Neis en lui adressant un clin d'œil, Oh, j'ai faim…
—Ben, mange…
—C'est pas bon…
—Tu es difficile.
Neis soupira et s'assit à côté de Théodore. Elle lui confia:
—En fait, j'ai envie de manger de la viande…ça me manque…et puis, depuis que je suis devenue végétarienne, j'ai remarqué que ma force physique diminuait…
—C'est normal, tu manques de protéines.
—Cius et Keiko ne semblent pourtant pas avoir de problèmes…
—C'est parce qu'ils savent quels compléments prendre…toi, tu te contentes de jeter à la poubelle la viande qu'on sert dans ton assiette pour manger les accompagnements, eux, ils se composent des repas équilibrés…
—Mais, il n'y pas que ça…j'ai vraiment envie de manger de la viande…mais je ne veux pas, ça va pas plaire à Cius.
—Tu sais, c'est Emy qu'il aime, et s'il t'apprécie comme amie, ce n'est pas parce que tu es végétarienne…idem pour ta soi-disant bisexualité ou ton gothisme…réfléchis, est-ce vraiment toi, tout ça, ou est-ce seulement ce que tu crois que tu veux être parce que tu pense que ça va te rendre plus cool? Neis, nous t'apprécions pour toi-même, pas pour ce que tu prétends être.
—Il n'y a pas de viande ici, de toute façon.
—Pa sûr, j'ai vu Ron se balader avec un chorizo…je crois qu'il l'a embarqué clandestinement, mais si ça te dit…
Quelques instants plus tard, Neis mordait à dents pleines dans le morceau de saucisson que le rouquin lui avait donné. C'était tellement savoureux, et elle se sentait tellement coupable qu'elle se mit à pleurer.
Et Cius la heurta par mégarde.
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—Moi, ce que je trouve drôle, Dit Manu, C'est que c'est Poil-de-carotte qui a résolu le mystère…
—Et alors? Dit Ron en levant un sourcil.
—Ben…c'est que…on s'attend pas vraiment à ça venant de toi…c'est pas une critique, juste une constatation…réfléchir, c'est plus le truc du blondin, non?
—Où est-ce que tu veux en venir ? Répliqua Hal, T'es quand même pas en train de dire que Pelirrojo est bête?
—Toi, on t'a pas sonné, fiston.
—Je suis pas ton fiston, et arrête d'insulter mon Pelirrojo!
—Mais nan, c'est juste que quand on les regarde, Ron et Draco, on se dit qu'il se complètent bien…
—Euh…sans doute, Dit Ron.
—Toi, par exemple, tu n'es pas très malin, mais tu es plutôt costaud, non?
—Je suis grand, et j'ai une certaine force physique, mais…
—Tu sembles doué pour distribuer les coups, t'as plus facile avec tes bras qu'avec ta tête! Et Draco, c'est le contraire, il est intelligent mais il est petit, et un peu maigrichon…d'où mon étonnement que ça soit toi qui ait trouvé la solution…
—Comment ça, tu trouves que Draco et moi, on a l'air de «La Grosse Tête et la Grosse Brute»?
—Vous vous complétez, que je dis.
—L'écoute pas, Pelirrojo, c'est lui, la Grosse Brute Stupide…
—Et toi, Résidu de Préservatif Troué, t'es à la fois faible et bête, alors, calla tu boca! Mais qu'est-ce qui lui a pris te de garder, à l'autre? Elle pouvait pas avorter?
—Moi aussi, je suis un accident, Dit Ron, Mais je ne crois pas que ça soit à cause d'une capote trouée…Je ne suis même pas sûr que mon père sache comme en mettre une…
Ron et Hal regardèrent leur assiette pleine de légumes, puis se regardèrent l'un l'autre.
—J'ai plus faim.
—Moi non plus.
—C'est ça, cassez-vous, maricones! Leur cria Manu en les voyant partir.
Il songeait que cette petite fête était moins drôle qu'il l'aurait pensé, que ça manquait d'ambiance, quand Sirius s'approcha de lui.
De son côté, Ron se dirigea vers l'endroit où il avait posé ses bagages et se mit à fouiller. Hal soupirait en regardant Manu au loin.
—Quand je pense que ça fait vingt ans que je me posais des questions sur mon géniteur, et voilà que j'apprends que je suis le fils d'une déception…
—Bah…ça doit te paraître dur pour l'instant, mais je suppose que tu t'y feras, si vous apprenez à vous connaître…
—Je ne crois pas…je parie que maintenant que tout est fini, il va repartir vers une autre aventure à je-sais-pas-où à l'autre bout de la planète. Il ne me dira pas au revoir, et je ne le reverrai plus…
—Si tu veux positiver, dis-toi que ça aurait pu être pire, que ton père aurait pu être Lucius Malfoy…
—Ouais, là, je crois que j'aurais vomi…Au fait, qu'est-ce que tu cherches?
—Ça! Dit Ron en sortant fièrement un chorizo d'un recoin secret de sa valise connu de lui seul, Ils sont gentils, Cius et Keiko, mais moi, sans chair fraîche, je me sens pas bien…
—C'est vrai que depuis hier midi, on n'a plus mangé de viande, tu m'en passes?
Ils s'installèrent à l'abri des regards, pour accomplir leur forfait. Plusieurs fois, ils eurent peur d'être surpris par Draco, qui ne pouvait que voir d'un mauvais œil une situation faisant intervenir Ron, Hal et du chorizo.
Seule Neis les dérangea, les suppliant de partager.
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—Je viens de penser à un truc, Dit Blaise.
—Quoi donc ? Fit Rogue.
—Il faut le Réceptacle, pour arriver de l'autre côté du vortex, non ?
—Oui.
—Mais dans cinq milliards d'années, il n'existera plus, non? Il se sera dégradé, hein?
—Certainement.
—Mais alors, comment Marisu peut-elle, enfin…vous voyez ce que je veux dire?
—Hum…
L'ex-Maître des Potions réfléchit.
—Je pense qu'elle doit être coincée quelque part, dans une dimension d'où elle ne peut sortir. Ce qui n'est pas vraiment plus enviable que de brûler dans le Soleil…elle est en quelque sorte devenue une «erreur temporelle».
—A trop se prendre pour un astre, on tombe de haut, Murmura Luna.
—Que va devenir le Sablier ?
—Je suppose que nous allons l'utiliser pour renvoyer Alita, puis il sera rendu au musée du père de Neis, et nous le réutiliserons dans dix ans…
—Dire adieu à Alita, Dit Luna, C'est assez triste…
—Il le faut bien…
—Je m'ennuie…, Se plaignit Sirius, qui jusqu'ici n'avait pas parlé.
—Manu a l'air de s'ennuyer aussi, Lui dit Blaise.
—Ah ouais, je vais lui demander pour faire un bras de fer contre lui...
—Ah bon?
—Oui, parce que je suis le plus fort, et que je veux le prouver!
Fier de lui, Sirius se leva et alla rejoindre l'aventurier. Severus roula des yeux, et quand ils eurent fini leurs roulades, ils se posèrent sur Tonks qui se tenait devant leur propriétaire.
—La langue de Remus est verte.
—Hein?
—Comme je te le dis.
—Sans doute un effet secondaire...j'espère que ça partira avec le reste.
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Tonks passa affectueusement sa main dans le pelage de Remus, toujours ligoté, mais heureusement calmé pas les soins de Severus.
—Mon pauvre chéri…tu ne profites pas de notre victoire…tu ne t'en es même peut-être pas encore rendu compte.
Bravant le danger, elle se pelotonna contre lui.
—Bientôt tu iras mieux, et bientôt nous rentrerons chez nous, et nous retrouverons notre petit Teddy…
Remus devait avoir un reste de conscience humaine, car il tenta de montrer son affection à sa femme en lui léchant le visage. Son regard passa sur la table de Harry. Ginny avait l'air de mauvaise humeur. Elle lui fit un signe de tête et lui sourit. La rouquine lui répondit. Remus donna un autre coup de langue.
—Tu as une haleine de sushi…et pourquoi tu as la langue toute verte?
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Ginny râlait toujours.
—Le plus drôle, Dit Emy, C'est que les balistiques Soleil étaient sous le nez de Marisu depuis le début, et qu'elle n'y a jamais pensé...
—Ça lui apprendra à mépriser tout et tout le monde, Dit Harry, Elle n'a pas fait attention aux petites choses, et c'est ça qui l'a perdue!
—Bien fait! Dit joyeusement Keiko.
Ginny fusillait tout le monde d'un regard boudeur.
—Oh la la...
Harry lui pinça le menton, taquin.
—Allez, je sais que tu es furieuse, mais ce n'est de la faute de personne, à part celle de Marisu, et elle a eu ce qu'elle méritait, non?
—Je râle.
—On voit ça, Dit Emy en se resservant de la liqueur de kaki.
—Et tu vas râler pendant combien de temps? S'enquit le binoclard.
—Un an, trois mois, une semaine, cinq jours, deux heures, huit minutes et douze secondes!
—Ah...c'est précis.
—1-3-1-5-2-8-12, Nota Emy.
—Poulquoi tu notes? Demanda Keiko.
—On ne sait jamais, ce sont peut-être les chiffres gagnants de la prochaine loterie...
Ginny bougonna encore un peu. Elle croisa le regard de Tonks, qui passait toute la soirée auprès de son mari attaché, toute seule pendant que les autres s'amusaient. Elle avait peut-être assisté à la bataille, mais elle avait également vu celui qu'elle aimait devenir fou et tenter de faire du mal aux autres...
Tout compte fait, Ginny changea d'avis. Quand on avait la chance de partager un instant de bonheur avec son Remus ou son Harry, il fallait en profiter.
Alors, elle décida de sourire.
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Hal eut raison: le lendemain matin, Manu avait déjà disparu. Après, il y eu le bon gueuleton chez Yoshito. Puis, arriva la dernière nuit.
Trois personnes au moins n'arrivaient pas à dormir.
Alita s'inquiétait: qu'allaient-ils devenir sans elle, les deux grands nigauds? Comment affronteraient-ils le monde, hein? Heureusement que Marraine serait là pour les aider et les conseiller…
Elle continua à réfléchir et se rendit compte qu'il y avait quelque chose à quoi elle n'avait jamais vraiment songé: Ron et Draco avaient eu une vie avant elle. Elle en retirait une sensation étrange, car elle avait toujours plus ou moins consciemment pensé qu'ils avaient commencé à exister à partir du moment où elle avait fait son entrée sur Terre. On les avait créés parce qu'elle avait besoin de parents, c'était à peu près ça, non? Pourtant, là, elle était à une époque où elle n'était pas née, et ils existaient déjà. Bien sûr, elle s'était déjà amusée à les imaginer enfants, un p'tit P'pa et un p'tit Pôpa, tout petits petits, courant sur leurs petites jambes comme elle le faisait parfois elle-même, mais cela lui avait toujours semblé surréaliste. C'était plus logique qu'ils soient apparus tous les deux par génération spontanée, pouf comme ça, déjà tout faits, déjà adultes, et prêts à être des papas, parce que Dame Nature avait pris soin de les formater en mode « papa-itude », un peu comme avec un nordinateur.
Mais non, en fait, ils étaient si imparfaits, en fin de compte. Quand elle les avaient vus pour la première fois, adolescents apeurés, elle aurait pu lever les yeux au ciel une bonne centaine de fois. Ils ne savaient pas s'y faire avec la papa-itude, ils ignoraient comment s'y prendre et ils enchaînaient bourdes sur bourdes. Puis, ils ne s'aimaient pas beaucoup au départ, n'est-ce pas? Mais tout ça avait changé, ils avaient appris à s'apprivoiser avec le temps, et ils avaient appris la papa-itude. La perfection, ça prenait du temps, voilà tout.
Et puis, ça la rassurait, ça prouvait qu'un jour, elle pourrait être une super-maman, quand elle aurait appris à son tour. Mais quand même, d'abord, elle ferait une carrière de pirate, fallait pas perdre de vue les priorités!
Elle se pelotonna entre eux, profitant que cette fois, ils voulaient bien qu'elle dorme dans leur lit, parce que des fois, ils la chassaient pour des prétextes plutôt bizarres, car elle ne voyait pas ce qu'ils pourraient faire qu'elle ne puisse pas regarder, mais passons…
Draco fermait les yeux mais ne dormait pas non plus. Lucius s'était envolé, tout comme Manu, Narcissa était restée, en revanche, elle voulait dire au revoir à Alita qui repartait dans son époque le lendemain.
Draco comprenait parfaitement à présent pourquoi Alita n'avait pas connu ses grands-parents Malfoy durant sept ans. Il repensa à tout ce qui s'était passé et ne savait pas ce qui le dégoûtait le plus: que Lucius ait laissé Hélium lui pourrir l'existence avec une maladie imaginaire, ou qu'il les ait tous mis en danger sans jamais leur révéler l'existence de Marisu et de tout ce qui allait avec?
Les choses avaient tant changé…Il ne comprenait plus comment il avait pu vivre sans Ron. Comment s'était-il débrouillé sans lui à ses côtés? N'était-ce pas un rêve, son existence pré-ronienne? Enfin, il avait eu une vie intéressante, mais elle lui paraissait sans saveur maintenant qu'il avait goûté à celle qu'il pourrait avoir en étant avec Ron. Et cette vie-là il ne voulait plus jamais la quitter.
Il sentit la main du rouquin lui caresser les cheveux. Il ne devait pas trouver le sommeil non plus. Ron repensait à leur première nuit ensemble, sous une tente dans la Forêt Interdite. Il avait longtemps pensé que l'évènement marquant de cette nuitée avait été le combat contre l'Acromantule, et il était vrai que cela avait été une expérience unique, mais les autres détails de la nuit lui revinrent: il avait eu du mal à s'endormir, cette fois-là aussi, parce qu'il ne pouvait pas s'empêcher de penser à Draco. Draco qu'il détestait de toute son âme, il ne pouvait pas comprendre comment il pourrait un jour l'aimer. Ce sale petit raciste avec ses manières d'aristocrate prétentieux! Il esquissa un sourire dans le noir. S'il avait su, à ce moment-là, ce qui allait lui arriver ensuite! Un destin des plus fous l'attendait…et dire qu'il pensait déjà avoir tout vu avec Harry, Hermione, Voldemort et tout le toutim! Attends voir, Ronnie, tu vas tomber amoureux de Draco Malfoy! Tuer une vilaine araignée géante n'est rien à côté de la pagaille que tu auras dans la tête quand ton cœur ferait boum-boum rien parce que tu auras senti une paire de yeux gris sur toi!
Draco attrapa la main de Ron qui lui caressait les cheveux. Leurs doigts s'emmêlèrent. Bientôt, ils allaient être privés d'Alita pour trois ans, en 2002, ils iraient au Vietnam pour découvrir un minuscule bébé aux fins cheveux noirs n'attendant que leur amour. D'ici là, ils auraient à faire.
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—Alita, ne mets pas trop de parfum…
—Mais Pôpa…
—Si tu te mets à sentir l'Espingouin, je n'aurais pas envie de te serrer dans mes bras pour te dire au revoir…
—Draco..., Soupira Ron alors qu'Alita rangeait le flacon en vitesse.
Elle se cramponna ensuite à Draco comme à sa vie.
—Je plaisante, bien sûr que je vais te dire au revoir! Dit-il en soulevant la fillette.
Ils restèrent un instant en mode câlin sous le regard amusé de Ron. Le rouquin se joignit à eux.
—Tu vas tellement nous manquer…
—Mais non, on va se revoir tout de suite!
Correction: elle allait les revoir tout de suite, avec dix ans de plus. Eux allaient devoir attendre.
—Allez, Dit enfin Draco, Mr Darling est impatient de ramener le Sablier au Etats-Unis…
—Rhô, celui-là, il peut pas comprendre à quel point c'est un moment émouvant pour nous?
—Ron…Il est pas avec nous depuis le début, le seul truc qui l'émeut, c'est que Neis ne soit plus en danger…
—Ouais, bon…allons-y.
Ils rejoignirent les autres, au grand complet, y compris Remus qui était redevenu normal et affichait même une mine splendide (et sa langue n'était plus verte). Le Sablier était là, et n'attendait qu'eux. Ils marchèrent tous les trois vers lui, dans un silence solennel, Alita entre ses deux pères qui la tenaient par la main.
—Arrêtez de nous regarder comme ça, Grinça Ron, On n'est pas en train de la mener devant l'autel pour son mariage!
—Mais tu es si mignon quand tu es ému, Plaisanta Théo.
—Mais il est tout le temps mignon, Rectifia Hal.
—Toi, tais-toi et viens nous aider à paramétrer ce truc! Dit Draco en désignant les commandes du Sablier.
Pendant que Hal s'exécutait, Alita en profita pour faire des adieux personnalisés:
—Au revoir Tonton Méduse, ze chercherai ton cerveau sur toutes les plazes du monde, promis zuré!
—Euh…merci…
Après une série de câlins, d'embrassades et même de pleurs pour certains (et un tirage de langue en règle pour Neis), Alita se dirigea vers le Sablier, inspirant un bon coup.
Allons bon, elle l'avait déjà fait une fois.
—Nous ferions mieux de partir, Dit Hermione.
Tous se retirèrent. Seuls Ron et Draco restèrent auprès d'elle quand elle actionna le mécanisme. Ils reculèrent sur le seuil, et quand le vortex se forma, ils refermèrent la porte pour se mettre à l'abri. Ils attendirent en silence, jusqu'à ce que le calme se fasse à nouveau. Ils ouvrirent la porte.
Alita avait disparu.
—Et bien, Dit Ron, Nous avons à faire, à présent.
—Oui, Approuva Draco, Ne perdons pas de temps.
Hermione se mit à les applaudir.
—Bravo, les gars, je suis fière de vous, Dit-elle, les larmes aux yeux.
—Hein? Pourquoi?
—Vous allez terminer votre dernière année à Poudlard!
—C'est vrai, Dit Harry, J'avais oublié qu'ils n'avaient pas passé leurs examens avec nous…
—Vous êtes tellement courageux, Reprit Hermione, émue.
—Mais...pas du tout! Dit Ron.
—Quoi?
—Hermione, rien ne nous oblige à terminer cette année, surtout que ça va pas nous servir à grand-chose...
—Mais…
—Réfléchis une minute, Granger, est-ce qu'on donne des cours de cuisine ou de musique à Poudlard?
—Mais alors, de quoi vous parliez en disant que vous aviez à faire?
Les deux jeunes hommes échangèrent un regard, et avec une coordination parfaite, ils levèrent leur main gauche, sur laquelle brillait la bague que l'autre leur avait offerte, et dirent:
—A ton avis, triple-buse?
Rowling a terminé son histoire par le mot "cicatrice", et je termine la mienne par "triple-buse"...ah non, c'est vrai, moi aussi, il me reste un épilogue!
Ciao à tous!
