Coucou ! Voilà la suite, avec du retard pour cause de visites familiales ! Quoiqu'il en soit j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira, j'ai une loooongue liste de choses qui vont leur arriver à mettre noir sur blanc !
Light of Soul : merci merci merci ! Ton commentaire me fait vraiment plaisir, je suis ravie que l'histoire te plaise !
Justine : ne t'excuses surtout pas, merci de me lire avec autant d'enthousiasme, c'est très motivant pour moi ! Je n'ai pas d'autres fanfics, je m'y suis mise très récemment, j'avais besoin d'entrainement en écriture et je me suis prise au jeu ! j'espère qu'il y en aura d'autres, une fois celle-ci terminée !
Bonne lecture à toutes et à tous !
Harry fixait distraitement les étincelles multicolores qui dansaient devant lui, jaillissant de sa baguette. Il avait renoncé à suivre du regard Ron, qui faisait les cent pas dans leur bureau d'Auror. Il avait commencé à lui donner le tournis.
_Il est quelle heure ? demanda le rouquin en s'immobilisant.
_La même heure qu'il y a 10 secondes Ron… soupira Harry.
Ron se mit à se mordiller nerveusement le pouce, le regard anxieux. Il reprit son va et viens, et Harry reporta son attention sur sa baguette. Il trouvait aussi que le temps se faisait long, et cela le troublait d'être celui qui attend après avoir été pendant tant d'année le centre des conspirations des Mangemorts. Cela lui conférait un tel sentiment d'impuissance, quand il y pensait. Cette fois ci, aucun rêve, aucune prophétie. Et si la douleur de sa cicatrice ne lui manquait pas, il aurait été prêt à tout pour prendre la place de sa meilleure amie. Kingsley était dans son bureau de directeur et gérait les missions du QG, il leur avait promis de les informer s'il avait du nouveau.
_Et là il est quelle heure ?
_Ron, si tu continues, je vais te faire avaler ma montre…
_Il est quelle heure Harry, je suis sérieux !
Harry vit au visage tendu de son ami qu'il était pour l'instant dépourvu de tout sens de l'humour.
_Moi aussi je suis sérieux, grommela-t-il pour lui-même avant de donner l'heure à Ron.
_14 heures 36… Tu sais que tu as une montre au poignet en ce moment même Ron ?
Le rouquin ne répondit pas et poursuivit ses allers retours tandis qu'Harry replongeait dans ses pensées. Les notes de service voletaient autour d'eux sans qu'aucun ne se décide à les ouvrir.
_Ron…
Ron tourna la tête vers Harry. Celui-ci, l'air soudain gêné, évitait soigneusement son regard.
_Je sais que le moment n'est pas vraiment bien choisi, mais j'aimerais vraiment te parler de quelque chose…
Ron fronça les sourcils et attendit. Harry se sentit rapetisser devant le regard de son ami.
_Alors en fait…Disons que… bredouilla-t-il, perdant soudain tous ses moyens.
Mais l'attention de Ron se détourna soudain de lui. Hermione venait d'apparaître dans l'encadrement de la porte. Echevelée, pâle, elle leur offrit un faible sourire.
_Salut…
Ron se précipita vers elle et la prit dans ses bras avec un air horrifié devant le sang séché qu'elle avait à la commissure des lèvres.
_Tu es blessée ! Vite, il faut aller à Sainte Mangouste ! s'écria-t-il en s'apprêtant à transplaner avec elle.
_Calmes toi Ron, ce n'est pas mon sang, répliqua fièrement Hermione.
Ron, incrédule, la regarda avec de grands yeux ronds, tandis qu'Harry se levait pour embrasser son amie avec soulagement.
_Où sont les autres ? demanda-t-il.
Hermione perdit aussitôt son sourire.
_L'un d'eux, Grant je crois, a été sérieusement blessé, il a été transporté à Sainte Mangouste, et les autres sont avec Kingsley pour faire leur rapport.
Ron et Harry la dévisagèrent, surpris.
_Mais…Et les prisonniers ? demanda Harry avec hésitation tandis que Ron plissait les yeux sans la quitter du regard.
Hermione se mordilla la lèvre en baissant la tête. Ron déglutit avec difficulté en voyant des cheveux arrachés qui s'étaient accrochés à la chevelure de la jeune femme. Le silence sembla durer une éternité.
_Tu veux dire que… Tout ça pour rien ? Et qu'est-il arrivé à tes cheveux ? demanda Ron.
Il avait croisé les bras, ses oreilles avaient pris leur habituelle teinte écarlate tandis que ses narines frémissaient. Hermione s'enfonça dans son mutisme. Pour une fois, elle ne savait que répondre, mais fort heureusement, Kingsley fit son entrée.
_Vous aurez tout le loisir de lire le rapport dans quelques heures Weasley, lança l'Auror en dardant sur lui un regard qui n'admettait aucune contestation.
Il se plaça auprès d'Hermione et poursuivit.
_Comme vous l'a surement dit Miss Granger, cette mission ne s'est pas déroulée comme prévu…Nous avons sous-estimé leurs forces… Grant a été sérieusement blessé… Nous avons commis l'erreur de croire que trois Aurors accompagnés de Miss Granger suffiraient.
Ron ferma brusquement les yeux, refrénant une violente envie de hurler. Hermione évita soigneusement de le regarder, elle savait qu'elle ressentirait autant de culpabilité que de colère devant son obstination à faire comme si elle était incapable de se défendre seule.
_Cependant, grâce au portrait-robot établi par Miss Granger sur le Mangemort qui a tenté de l'emmener de force…
Ron rouvrit aussitôt de grands yeux paniqués, son regard allant de Kingsley à Hermione dans un va et vient frénétique.
_Nous avons pu identifier Travers…
Harry crut que Ron allait littéralement imploser.
_C'est Travers qui t'a fait du mal ? Ce maudit ver à crasse, quand je l'aurai retrouvé, je…
_Ron ! protesta Hermione.
Kingsley prit le parti de l'ignorer.
_Autre chose, reprit-il, l'interrogatoire de Ryan n'est pas terminé, Londubat et Finnigan sont toujours sur le coup… Vous vous chargerez donc vous-même de la protection de Miss Granger…
Hermione tourna un regard effaré vers Kingsley. L'idée ne l'enchantait pas. Quand Ron était en mission, elle n'avait aucun moyen d'identifier les dangers auxquels il était exposé, ils n'étaient que purement théoriques dans sa tête, elle était toujours inquiète bien sûr, mais là, le danger était parfaitement concret, elle en mesurait pleinement l'étendue et de savoir Ron et Harry impliqués directement ne la rassurait pas.
_Mais que faites-vous de notre implication, s'étonna Harry.
_Après le fiasco d'aujourd'hui, j'ai revu mon jugement, je me demande si finalement vous n'êtes pas la meilleure protection de Miss Granger…
Pour la première fois depuis longtemps, Ron avait retrouvé le sourire et semblait ravi.
_Miss Granger, rentrez vous reposer… Et terminer la traduction… Les Mangemorts ont l'air déterminés, nous devons agir vite… Et Weasley, Potter, merci de vous rendre à l'air de transplanage, nous avons encore reçu une plainte du Ministre des Transports Magiques…
Sur ces paroles, Kingsley sortit. Harry échangea un regard avec Ron et Hermione.
_Comme au bon vieux temps, dit-il avec un sourire.
Ssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssss ssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssss s
Ron lut et relut le rapport de la mission jusqu'à le connaître par cœur. Aucun détail n'avait été omis, et il en avait la nausée. Imaginer Hermione entre les mains de Travers le remplissait d'effroi et de colère. Il se passa une main dans les cheveux en laissant échapper l'air qu'il avait retenu sans s'en rendre compte pendant la lecture du rapport. Il leva son regard sur Hermione, plongée dans ses parchemins. Assise en tailleur sur sa chaise, elle se tapotait le menton avec sa plume, sourcils froncés, puis se remettait à écrire sans relever la tête. Il avait toujours adoré la regarder travailler. C'était l'une des raisons pour laquelle il lui demandait si souvent de l'aider à faire ses devoirs, lorsqu'ils étaient encore à Poudlard. Il pouvait ainsi la regarder à son aise, et imprimer dans sa mémoire le moindre détail, comment ses cheveux retombaient autour de son visage, comment elle fronçait les sourcils lorsqu'elle se concentrait, comment elle se passait la langue sur les lèvres avant de se les mordiller, comment elle remettait ses cheveux derrière ses oreilles… Par Merlin, l'inquiétude qu'il ressentait l'étouffait, il avait l'impression qu'il allait éclater, il avait envie de partir à la recherche des Mangemorts et de tous les éliminer pour être sûr qu'Hermione ne court plus aucun danger. Il était effrayé par ses propres pensées, mais rien n'aurait su surpasser la peur qu'il avait de la perdre. Pendant tant d'années, il s'était contenté de refouler ses sentiments, de regarder les autres lui tourner autour avec une haine non dissimulée, il s'était même jeter dans les bras de Lavande Brown, espérant se prouver à lui-même qu'il n'avait pas besoin d'Hermione, souhaitant effacer ses sentiments avant qu'il ne puisse plus leur échapper. Sauf qu'il était déjà trop tard… Il était totalement et irrémédiablement épris d'elle, et ce depuis aussi longtemps qu'il s'en souvenait à partir du moment où ils s'étaient croisés dans le Poudlard Express.
Hermione poussa soudain un petit cri. Ron se releva brusquement, laissant tomber le rapport sur la banquette tandis qu'Harry se précipitait dans le bureau.
_Hermione ? dirent-ils d'une seule voix.
La jeune femme, livide, les regarda sans parler. Ron la prit par les épaules, son regard la passant au crible, à la recherche d'une blessure.
_Que se passe-t-il Hermione ? Où as-tu mal ? demanda-t-il d'une voix blanche.
La jeune femme secoua la tête.
_J'ai traduit le passage… J'ai compris ce qu'ils veulent faire…
Harry jeta un oeil aux parchemins qui recouvraient le bureau mais il renonça et attendit.
_Lorsque j'ai feuilleté le livre, il y avait ce passage, mais aussi un pentagramme… Une étoile à cinq branches…Cinq branches pour cinq années…
Harry et Ron se figèrent. Hermione confirma ce qu'ils n'avaient formulé à haute voix.
_Oui, cinq années comme les cinq années qui se sont écoulées depuis qu'Harry a vaincu Voldemort… Il s'agit d'un rituel très ancien, qui a été repris, modifié, interprété, depuis des siècles, sans qu'il ne soit efficace, car le rituel original a été perdu… Il s'agit de ressusciter un mort aux cinq ans de sa disparition…Le texte que j'ai traduit est une version très ancienne, très proche de l'originale, je pense, ma datation est approximative…
_Tu veux dire que tu as daté ce truc ? demanda Ron, les yeux ronds.
_Oui, plus ou moins, je me suis basée sur les caractères utilisés et la syntaxe des phrases m'a permis…
_Droit au but Hermione, l'interrompit Harry tandis que Ron passait un bras autour des épaules de la jeune femme, en lançant un regard courroucé à Harry.
_Ils veulent ressusciter Voldemort le jour même des cinq ans, mais pour cela, ils ont besoin de sang… De ton sang Harry…
Le silence s'installa, lourd, pesant. Harry déglutit avec peine. Il pensait en avoir fini, il pensait pouvoir vivre normalement… Il sentait le regard de ses amis sur lui, d'une manière qui lui était douloureusement familière.
_Harry, reprit Hermione, ils ne le savent pas encore ! Ils ne peuvent pas le traduire, pas sans moi ! Nous avons toutes les cartes en main, nous allons les trouver et mettre fin à tout ça !
La jeune femme se sentait tellement coupable, si seulement elle avait pu garder tout cela secret comme elle l'avait prévu !
_Il va falloir prévenir Kingsley, ajouta Hermione, il faudra toutes les forces de sécurité possibles pour la commémoration…
Elle sentit le bras de Ron se crisper autour de ses épaules. Tous les ans depuis bientôt cinq ans, une cérémonie de commémoration avait lieu dans les jardins de Poudlard, en mémoire à tous ceux qui avaient perdu la vie ce jour-là… Fred, Remus, Tonks, et tant d'autres. Et tous les ans, Ron vivait très mal cette date anniversaire, celle qui rappelait à leur souvenir une plaie encore béante.
_La commémoration a lieu dans deux mois, cela nous laisse de la marge… fit remarquer Harry.
Le dîner fut inhabituellement silencieux. Ils avaient fait parvenir un message à Kingsley, et Hermione avait eu du mal à supporter de voir le chagrin dans les yeux de Molly quand ils leur avaient fait part de ses découvertes. Monsieur Weasley l'avait prise dans ses bras.
_Rien ne nous empêchera de célébrer la mémoire de notre fils, avait-il dit doucement, la voix étranglée.
Hermione fut soulagée que George ne soit pas là. Si sa vie de jeune papa le comblait, il semblait toujours aussi incomplet, comme s'il lui manquait un membre, un bras, une jambe… Rien n'avait plus jamais été pareil… Hermione suivit Ron à l'extérieur tandis que Ginny allait se blottir dans les bras d'Harry, sur le canapé.
Ron prit la jeune femme dans ses bras mais resta silencieux.
_A quoi tu penses ?
Ron ne répondit pas tout de suite. Il soupira.
_A tous les moyens possibles et imaginables de te protéger… Je n'aurais jamais du te laisser participer à cette mission…
_Ron ! Tu n'aurais rien pu faire pour m'en empêcher ! C'était une bonne idée et tu le sais pertinemment. Cela ne s'est juste pas déroulé comme prévu…
Beaucoup de choses ne se déroulaient pas comme prévues en ce moment, pensa la jeune femme.
Ron lui passa une main dans ses cheveux, Hermione tressaillit, elle avait encore le cuir chevelu sensible. Elle espéra que Ron n'avait rien remarqué, mais c'était sans compter son sens de l'observation, qui s'était considérablement développé avec sa formation d'Auror. Elle vit son visage se durcir.
_Ron, pourquoi n'admets-tu pas que je suis capable de me défendre ! Avant, tu n'envisageais pas une seconde de me laisser derrière, qu'est ce qui a changé Ron ? Je suis toujours la même, je suis toujours aussi capable de maîtriser un Mangemort ! Tu ne m'as jamais sous-estimée, au contraire !
Ron s'écarta d'elle en secouant la tête.
_Hermione, tu veux savoir ce qui a changé ? Là, c'est toi qu'ils visent ! Toi ! Je ne te sous-estime pas, loin de là, mais ils en ont après toi, tu comprends, jusque-là, tu n'étais qu'une amie d'Harry… J'étais inquiet pour Harry bien sûr, mais je savais que tu pourrais survivre…
_Je suis une Sang de Bourbe, j'ai toujours été une cible de choix pour eux ! l'interrompit Hermione, pourquoi crois-tu que Bellatrix Lestrange m'ait choisie moi plutôt que l'un de vous ?
Ron blêmit à ce souvenir. Il n'oublierait jamais les cris d'Hermione, il en faisait encore des cauchemars.
_Ron, si ça peut te rassurer, dis-toi que nous sommes tous en danger… fit Hermione, espérant le faire sourire.
Sa bouche tressaillit, et Hermione vit qu'il luttait pour ne pas sourire.
_Allons-nous coucher Ron, proposa la jeune femme en lui prenant la main.
Ron la suivit en silence, même s'il savait qu'il ne dormirait pas cette nuit.
