Light of Soul : merci beaucoup ! Rassures toi, moi aussi j'aime écrire plusieurs chapitres d'affilé, c'est que moi aussi j'ai hâte de connaître la suite en fait ! lol merci en tout cas de tes encouragements et de m'avoir lue !

Bonne lecture !

En état de choc. Hermione était en état de choc. Elle avait entendu l'infirmière le dire à Kingsley et Harry, puis à Molly et Arthur Weasley, suivis de près par Georges, Bill, leurs épouses, Percy arrivait le lendemain par portoloin d'Irlande.

Hermione se sentait vidée. Comme asséchée de l'intérieur, elle n'avait plus de larmes, juste la tête lourde, le cœur en miettes, un nœud permanent dans la gorge qui rendait sa voix faible et étranglée.

Ron était soigné au service des Sortilèges impardonnables, Ginny avait fait des pieds et des mains pour être admise dans ce service, en vain. Elle devait donc se contenter de regarder aux côtés de sa famille, simple spectatrice quand ses doigts la démangeaient d'agir pour tenter de soigner au mieux son frère. Hermione et elle étaient assises à son chevet, Molly, les yeux rouges, finit par rentrer se reposer sur l'insistance de son mari. Monsieur Weasley jeta un long regard à Hermione, puis lui posa une main sur l'épaule.

_Il va s'en remettre, tu le sais ?

Hermione hocha la tête, incapable de prononcer le moindre mot.

Il finit par sortir derrière son épouse, laissant les deux jeunes femmes seules.

_Hermione, papa a raison, il est tiré d'affaire grâce à toi, tu as eu le sang-froid nécessaire pour…

Hermione ferma les yeux, se concentra sur le bourdonnement des conversations à l'extérieur de la chambre et la voix de Ginny se noya dans le bruit de fond. Hermione déglutit, elle ne supportait pas qu'on lui dise qu'elle avait sauvé la vie de Ron, s'il était là, c'était à cause d'elle, et uniquement d'elle. Certes elle n'avait pas lancé le sort, mais les Mangemorts la voulaient elle, et cela avait déjà fait tant de victimes… Elle avait essayé de se convaincre que ce n'était pas de sa faute, si elle tombait, Harry risquait de tomber aussi, et des milliers de victimes seraient alors à déplorer… Mais avec le massacre du foyer elle commençait à douter. Et maintenant Ron… La douleur qui creusait ses entrailles était si insupportable, pourrait-elle survivre s'il était mort, que serait-elle devenue ? Elle ne se souvenait même plus avoir vécu sans lui à ses côtés, comme ami d'abord, puis très vite, comme centre de son monde. Exaspérant, drôle, touchant, maladroit, courageux, loyal, il était beaucoup de choses et il avait su se rendre indispensable au trio qu'ils formaient à Poudlard. Mais surtout il était indispensable à son bonheur. Elle rouvrit les yeux, avec la désagréable sensation de pleurer sans larmes, ses yeux secs se mirent à piquer. Ron soupira, elle reporta immédiatement son attention sur lui, sans même se rendre compte que Ginny était sortie et que Harry avait pris sa place. Ron ne bougea plus, toujours plongé dans un sommeil artificiel créé par des potions afin de lui éviter toute souffrance. Légèrement grisâtre, il fallait attendre que ses réserves de sang se régénèrent et que ses plaies cicatrisent. Il avait de longues semaines de convalescence devant lui, et Hermione savait qu'il le vivrait mal. Mais au moins il vivrait. Elle reprit la main du jeune homme, rêvant de la sentir serrer la sienne, mais rien ne se passa. Elle finit par se rendre compte de la présence d'Harry à la place qu'occupait Ginny.

_Elle a dû retourner travailler, expliqua Harry dans un souffle.

Pâle, il n'en menait pas large non plus. La rage menaçait de le consumer, les poings serrés, il contemplait son meilleur ami, si imposant habituellement et pourtant si vulnérable en cet instant. Il avait l'impression d'être prisonnier d'un cauchemar, où tout avait recommencé, les attaques, les meurtres, l'histoire allait-elle se répéter si les Mangemorts parvenaient à leurs fins et faisaient revenir Voldemort ? Plus jeune, il ne s'était jamais projeté dans l'avenir étant donné ses minces chances de parvenir à l'âge adulte, mais quand Voldemort avait fini par être vaincu, petit à petit, il s'était permis de s'imaginer, plus tard, dans dix, vingt ans, avec Ginny, avec des enfants. Est-ce que tous ses rêves seraient chassés comme un vulgaire nuage de fumée ? Harry secoua la tête, pour tenter de chasser ces pensées. Hermione, immobile, fixait toujours Ron avec un air dévasté. Harry eut l'impression que la scène qu'il avait vécue il y a quelques semaines, lorsque Hermione avait été attaquée, s'était inversée. Il se pencha à l'oreille de Ron.

_Hé vieux, chuchota-t-il, il va falloir que tu te remettes vite, Hermione a bien envie de te faire passer tes envies d'héroïsme je crois… Alors guéris vite, histoire de pouvoir l'affronter… Et au fait, l'autre jour, je voulais te demander…Enfin te dire que j'allais demander Ginny en mariage… J'en profite, tu ne peux pas me poursuivre et me coller une raclée…Sérieusement Ron, remets toi vite, j'ai besoin d'un témoin qui tienne debout… Enfin si elle dit oui…

Hermione, qui avait tout entendu, attrapa le bras d'Harry et se serra contre lui avec un petit sourire.

_Elle dira oui, c'est certain…Harry, je suis tellement heureuse pour vous…

Harry se redressa et la serra contre lui.

_Merci… Taches de dire oui, toi aussi, quand il le fera…

Hermione sentit à nouveau ses yeux réclamer douloureusement des larmes. Elle se mit à trembler.

_Harry, j'ai peur… Quand nous étions à Poudlard, j'ai eu le temps de me préparer à l'éventualité de la guerre, à l'idée de perdre l'un de vous… Mais là… Je pensais que nous en avions fini, je ne suis pas prête, je…Harry, et si je ne résistais pas au Doloris ? Et si je leur révélais tout ? Les parents de Neville ont su résister, mais je crois que je ne suis pas aussi forte, j'ai peur de craquer…

Harry, horrifié, la dévisagea.

_Hermione, tu parles comme si tu étais déjà condamnée, arrêtes, personne ne te lancera de Doloris, tu entends ? Nous sommes là, tu crois que Ron le permettrait, il préférerait mourir !

_C'est justement le problème…

Hermione se tut et Harry ne sut pas quoi lui dire. Hermione aimait tout contrôler, préparer et planifier les choses, et ce qui leur tombait dessus était si inattendu qu'elle perdait pied. La seule idée qu'elle soit torturée lui arracha un frisson, Hermione était la sœur qu'il n'avait jamais eue, et il était prêt à tout pour la protéger. D'autant qu'il savait qu'en perdant l'un ou l'une de ses meilleurs amis, il perdrait les deux.

Une personne entra soudain et se figea lorsqu'elle les aperçut. Hermione reconnut la jeune Auror qui était venue chez les Weasley.

_Ho Heu….excusez-moi, bredouilla-t-elle devant le regard hostile d'Hermione.

Le regard d'Harry alla de l'une à l'autre et il fut presque soulagé qu'à cet instant, Hermione soit incapable de lancer un sortilège informulé.

_Que veux-tu Lucinda ? demanda le jeune homme.

_Heu, on se demandait, enfin les autres et moi, on voulait avoir des nouvelles et heu…

_Kingsley est juste devant, il sera très heureux de vous en donner, les visites sont réservées aux proches… répliqua froidement Hermione.

Elle n'aimait pas cette Auror, qui venait papillonner autour de Ron même dans sa chambre d'hôpital.

Lucinda rougit et repartit à reculons en bafouillant des excuses. Lorsque la porte se referma derrière elle, Harry se tourna vers Hermione, à la fois surpris et amusé.

_Elle t'a fait quelque chose ?

_Elle tourne autour de Ron… C'est largement suffisant, répondit sèchement son amie.

Harry se mit à rire.

_Je mentirais si je te disais que c'est faux… Mais rassures toi, Ron sait à peine qu'elle existe, il n'aime que toi, même quand il était avec Lavande, il n'aimait que toi, et ça ne changera jamais…

Hermione resta silencieuse, priant pour que Harry ait raison.

Lorsque Ron fut sorti de son sommeil artificiel, trois jours plus tard, toute la famille était réunie dans la chambre d'hôpital. L'infirmière avait protesté, craignant que Ron ne soit désorienté avec tout ce monde, mais elle comprit vite qu'il ne servait à rien de lutter contre les Weasley. Elle versa quelques gouttes d'une fiole dans la bouche de Ron et attendit. Hermione sentit sa main dans la sienne se tendre, s'animer. Les yeux du jeune homme frémirent avant de s'ouvrir soudainement. Il parcourut des yeux les visages l'entourant, cherchant Hermione du regard, puis il ouvrit la bouche mais seul un croassement en sortit. Il se racla la gorge et retenta de parler.

_Salut…

Molly fondit en larmes quand elle entendit la voix cassée de son fils et se jeta sur lui. Ron lui tapota maladroitement le dos d'une main en grimaçant de douleur. Molly se redressa brusquement.

_Oh excuses moi mon chéri, j'étais tellement inquiète, Ronald, ne me refais plus jamais ça ! s'exclama-t-elle en essuyant ses larmes.

Ron grimaça de nouveau, et Harry se demanda si c'était de douleur ou si c'était le fait que sa mère l'ait appelé « Ronald ».

Hermione garda sa main dans la sienne, sans un mot elle regarda les Weasley étreindre le jeune homme, elle vit leurs sourires heureux et soulagés, Harry lui-même s'était laissé gagner par l'euphorie du moment. Ron, lui, répondait à leur joie avec le peu d'énergie qu'il avait, serrant la main d'Hermione et l'observant entre deux embrassades.

_Au fait Harry, fit Ron en tournant la tête vers son ami, c'est super, vraiment vraiment super je veux dire…

Le visage d'Harry s'éclaira d'un sourire large et sincère tandis que Ginny les interrogeait du regard.

_De quoi vous parlez tous les deux ?

_De rien ! répondit précipitamment Harry sans se départir de son sourire.

Ginny haussa les épaules et adressa un signe qui se voulait discret aux autres Weasley. Tous se mirent alors à trouver des prétextes pour sortir.

_Je vais chercher à boire, lança Georges.

_Je t'accompagne ! répondirent Bill et Percy d'une même voix.

_Nous allons nous occuper de la paperasse mon chéri, reposes toi ! ajouta Molly en poussant son mari devant elle.

Harry se racla la gorge, mal à l'aise.

_Heu Ginny, justement, je pourrais te parler en privé ?

Ginny fronça les sourcils mais le suivit sans protester. Hermione était enfin seule avec lui.

_Hermione…Comment vas-tu ? demanda Ron, inquiet de la voir si silencieuse, si immobile.

La jeune femme le regarda, surprise par cette question. Comment pouvait-il encore se soucier d'elle alors que son corps était recouvert de cicatrice et qu'il avait perdu tant de sang. Ses yeux s'embuèrent.

_Ho Ron ! Je suis tellement, tellement, tellement désolée, tout est de ma faute, non Ron ne dis rien, si je n'étais pas tombée, tu n'aurais pas eu à te sacrifier ! Ho Ron pourquoi as-tu fait ça ? Il y a tellement de dégâts à cause de moi, tu aurais pu mourir, Ron, si tu m'avais abandonnée, je n'aurais pas pu continuer… Les elfes n'avaient rien demandé et…oh Ron, ne refais plus jamais ça, je ne m'en remettrai jamais s'il t'arrivait quoique ce soit…

Hermione se rendait bien compte que ce qu'elle disait était décousu, confus, précipité, à l'image de ce qu'elle ressentait, mais elle ne contrôlait plus vraiment les mots qui sortaient de sa bouche.

_Hermione, dit Ron avec douceur.

La jeune femme se tut, à bout de souffle.

_Hermione, le seul responsable c'est ce salopard, ce ver à crasse de Mangemort… Tu n'y es pour rien, grâce à toi nous allons pouvoir agir sur quelque chose qui nous avait échappé jusque-là ! Tu as sans doute sauvé des milliers de vie ! Alors ne te blâmes pas…Et Hermione, je t'aime, si c'était à refaire, je le referai, sans hésiter, je ne peux pas concevoir que qui que ce soit te fasse du mal…

Hermione éclata en sanglots dans ses bras, appuyée sur le lit. Ron posa une main sur son avant-bras et attendit qu'elle se calme. Elle releva un visage baigné de larmes vers lui.

_Ron, je t'aime et de te voir blessé, d'avoir ton sang sur mes mains…Ron c'était le pire moment de ma vie…

_Shhh, c'est fini, murmura le jeune homme.

Hermione nota que ses cernes s'étaient creusées et qu'il semblait à bout de forces. Elle se releva d'un bond.

_Ho Ron, je suis désolée, tu dois te reposer !

Le jeune homme ne répondit pas, épuisé, et hocha faiblement la tête. Quand elle voulut sortir, il la retint d'un geste. Il attrapa péniblement sa baguette posée près de lui.

_Accio lit…

Le lit voisin s'approcha dans un horrible grincement qui leur arracha une grimace.

_Restes…chuchota Ron avant de fermer les yeux et de s'assoupir.

Hermione le regarda un instant, puis grimpa sur le lit et prit la main de Ron en s'allongeant. Cet homme représentait tout pour elle. Et il était prêt à mourir pour elle, pour la sauver. Elle était prête à faire la même chose pour lui, mais elle avait du mal à admettre qu'elle pourrait causer sa perte. Elle n'était généralement pas du genre pessimiste, mais cette fois, elle avait du mal à garder foi en l'avenir. Elle sentait qu'elle ne pourrait indéfiniment pas leur échapper, l'enquête pour trouver la source de tout ça piétinait, plus le temps passait, plus la menace grossissait. La paix qu'ils pensaient acquise s'avérait finalement si fragile. Une seule solution s'imposait pour préserver cet équilibre encore fragile, si jamais les choses tournaient mal. Sa décision était prise, et au lieu de la remplir de terreur, elle se sentit étrangement apaisée.

Elle finit par s'endormir, et lorsque Ginny revint, une nouvelle bague brillant à son annulaire, les joues roses et le sourire aux lèvres, elle referma aussitôt la porte, repoussant Harry qui arrivait derrière elle, l'air aussi heureux. Harry passa un bras autour de sa taille et tous deux contemplèrent leurs amis endormis au travers de la vitre qui les séparait.

Ssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssss ssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssss

Lorsqu'Hermione entra dans le service, elle entendit aussitôt la voix de Ron, visiblement contrarié, qui lui parvenait de sa chambre.

_Mais puisque je vous dis que c'est capital que…

_Non Monsieur Weasley ! Inutile d'insister !

_Mais enfin c'est absurde, je vous demande juste un traitement, c'est votre métier !

_Ron calmes toi ! Tu sais comme nous que c'est ridicule !

Hermione reconnut la voix de Ginny. Elle accéléra le pas. Elle était venue, accompagnée d'une escorte d'Aurors, récupérer Ron qui sortait aujourd'hui de l'hôpital. Le jeune homme avait refusé, ne voulant pas qu'elle prenne de risques inutiles, mais Hermione ne lui avait pas laissé le choix. Elle devenait folle à tourner en rond au Terrier, elle n'arrivait pas à se concentrer sur ses recherches, pourtant capitales. Lorsqu'elle arriva à la chambre, elle vit le rouquin, assis sur le bord de son lit, le visage rouge de colère et l'air boudeur, aux prises avec un Médicomage et avec sa sœur.

Lorsqu'il aperçut Hermione, ses traits s'adoucirent aussitôt. Il se leva pour venir vers elle mais la jeune femme vit comme cet effort lui coûtait.

_Ron restes assis ! s'exclama Hermione en se précipitant vers lui.

Ron se renfrogna et s'assit à contre cœur.

_Que se passe-t-il ? demanda la jeune femme en les regardant tour à tour.

Ron détourna le regard tandis que Ginny poussait un long soupir. Le Médicomage lança un regard furieux au jeune homme avant de tourner brusquement les talons pour sortir à grands pas sous le regard surpris d'Hermione.

_Ce grand benêt harcèle tout le monde pour avoir une potion Mangefeu…

Hermione pâlit et Ron secoua la tête, agacé. Evidemment, elle savait ce que c'était ! Etre amoureux d'une personne aussi intelligente qu'elle n'avait pas que des avantages…

_Ron, pourquoi ? Tu sais à quel point c'est dangereux ? Tu peux mourir, cela a des effets dévastateurs sur le cœur !

Ron la regarda avec une expression indéchiffrable puis haussa les épaules.

_Peu importe, je DOIS être remis au plus vite et cette potion garantit une guérison en 4 jours seulement…

Hermione écarquilla les yeux avec indignation.

_Comment ça « peu importe » ? Tu plaisantes ? Tu penses à moi ? Tu as déjà failli perdre la vie je te signale !

Ron resta silencieux en évitant leur regard à toutes les deux. Hermione fulminait devant son égoïsme. Elle l'aida à finir sa valise, jetant dedans avec rage ce qui lui tombait sous la main. Ron ne disait rien, Ginny, elle, finit par intervenir.

_Hum, Hermione, peut être qu'un coup de baguette pourrait être un peu plus, disons, efficace…

Hermione finit par capituler et laissa Ginny finir, bien trop énerver contre le jeune homme, qui évitait toujours soigneusement son regard. Le retour au Terrier se fit dans le silence, fort heureusement Molly les accueillit avec tant de joie que sa conversation suffisait à meubler le silence tendu qui s'était installé entre les jeunes gens. Jusqu'à ce qu'elle décide qu'elle devait commencer à préparer le déjeuner et qu'elle les abandonna dans le salon. Hermione jeta un œil par la fenêtre, les Aurors patrouillaient toujours, Harry, Monsieur Weasley et Percy étaient au Ministère, Ginny à Sainte Mangouste, Georges a sa boutique, Bill avait démissionné de chez Gringotts, savoir que son plus jeune frère avait failli finir rôti par un dragon avec ses amis à cause d'un gobelin l'avait poussé à reconsidérer son poste au sein de la banque. Et sa décision avait semblé soudain évident, il travaillait désormais avec Georges. La maison semblait si vide, Hermione aurait presque souhaité aller faire la conversation avec la goule du grenier si son inquiétude pour la santé de Ron n'avait pas été si forte. Celui-ci était installé sur un divan près de la cheminée dans laquelle flambait un feu réconfortant malgré le printemps qui était censé commencer à s'installer. Il regardait les flammes sans les voir, plongé dans ses pensées. Hermione soupira et finit par venir s'asseoir près de lui.

_Ron, tu n'envisageais pas sérieusement de prendre de la potion Mangefeu ?

Le jeune homme ne répondit pas, Hermione l'observa, il semblait si étrange depuis qu'il s'était réveillé.

_Ron ?

Il finit par tourner son regard vers elle.

_Hermione, tu ne comprends pas…

La jeune femme s'agenouilla à même le sol afin de se retrouver face à lui.

_Ron, cette potion est très rarement utilisée à cause du danger qu'elle représente, elle peut détruire ton cœur Ron !

_Tu ne comprends pas ! La seule chose qui peut réellement détruire mon cœur, Hermione, c'est toi ! s'écria soudain Ron.

La jeune femme ouvrit la bouche, mais la stupeur la laissa sans voix. Les oreilles de Ron avaient pris une teinte cramoisie et son regard était devenu orageux.

_Hermione, la seule chose qui peut me détruire, c'est te perdre, alors je t'en conjure, laisses moi gérer, je dois pouvoir te protéger au plus vite !

La jeune femme comprit alors d'où lui venait son empressement. Elle s'avança et pris les mains de Ron dans les siennes.

_Ron, la maison est encerclée par les Aurors, cette fois ci le Ministère a mis le paquet…

_Je devrais être parmi eux…

_Et tu le seras, mais pas maintenant, dans quelques semaines… Tu dois te reposer d'abord !

Ron s'enfonça dans un silence lourd de sens. Le repos équivalait à une punition pour lui. Avant il aurait considéré ses blessures comme une occasion de rester au lit en se faisant choyer. Mais depuis la mort de Fred, depuis que les Mangemorts avaient repris leurs attaques, chaque instant de répit constituait une véritable torture, car il ne pouvait alors plus échapper à ses pensées les plus sombres, à ses peurs les plus profondes. Il s'était consacré à sa carrière d'Auror, qui ne lui laissait pas le loisir de trop réfléchir à ce qui le hantait, et le soir venu, il était soit trop occupé avec Hermione, soit tellement épuisé qu'il s'effondrait dans leur lit et s'endormait aussitôt. Et même si Hermione lui promettait de ne pas sortir du Terrier, il savait que les prochaines nuits seraient peuplées de cauchemars.