Light of Soul, Kate, merci de vos messages ! Voici un nouveau chapitre Bonne lecture !

Hermione ne pouvait plus parler. Elle en était persuadée, si elle ouvrait la bouche, elle fondrait en larmes et serait incapable de se calmer, d'écouter quoique ce soit. Livide, elle serrait les photos dans ses mains jusqu'à les corner, et sans le bras réconfortant de Ron qui l'enveloppait, elle aurait eu l'impression de se désagréger, de tomber en lambeaux. Cela faisait cinq ans qu'elle n'avait pas vu ses parents, lorsqu'elle les avait envoyés en Australie sous une nouvelle identité et avec de faux souvenirs, elle pensait que ce serait provisoire, le temps de quelques mois, le temps pour Harry de battre Voldemort. Puis les quelques mois s'étaient transformés en quelques années, face à la menace permanente des Mangemorts, les faire revenir aurait équivalu à une condamnation à mort. Ils lui manquaient terriblement, ils étaient en vie sans avoir idée qu'ils avaient une fille et elle se sentait incontestablement orpheline. Pourtant, Mrs Weasley était une seconde mère pour elle, mais Hermione voulait ses parents à elle, même si elle aimait les Weasley de tout son cœur.

Kingsley s'éclaircit la gorge avant de poursuivre.

_Miss Granger, nous avons envoyé une patrouille pour assurer leur protection en Australie, à couvert… Pour l'instant, rien n'indique qu'ils soient directement menacés, nous pensons qu'il s'agit plus d'une tentative d'intimidation, ils veulent vous pousser à bout afin de provoquer un faux pas…

_Ils savent tout de même où sont ses parents, protesta Ron, et Hermione lui fut reconnaissante de formuler à haute voix ce qu'elle-même voulait crier.

_La patrouille en question se charge de brouiller les pistes, ne vous inquiéter pas, nous ferons tout ce qui est nécessaire pour assurer leur protection, il ne faut pas tomber dans leur piège et céder à la panique, gardez la tête froide Miss Granger…

_Comment va Mélissa Gordon ? réussit enfin à articuler Hermione, la voix cassée.

Un silence pesant se fit, Harry et Kingsley échangèrent un regard.

_Elle a succombé à ses blessures… annonça Harry, la mine sombre.

Hermione se cacha le visage dans les mains, Ron la serra contre lui, ravalant la colère que suscitait en lui la souffrance de la jeune femme. Il détestait se sentir impuissant, il détestait ne rien pouvoir faire pour soulager sa peine, il détestait ne pas pouvoir être certain qu'elle était bien en sécurité. La jeune femme puisa dans son contact, dans son odeur qui l'enveloppait, la force de ne pas craquer. Il y avait trop de morts, trop de victimes, et elle ne pouvait s'empêcher de penser dans un mélange de terreur et de honte que s'ils avaient eu ce qu'ils voulaient dès le départ, à savoir elle, il n'y aurait pas eu tous ces massacres. Elle savait pourtant que la traduction signerait le début d'une nouvelle guerre, sans que l'issue ne leur soit nécessairement favorable. C'était trop, tellement trop, elle avait toujours été là pour porter Harry et Ron, pour les soutenir, sans faillir, être leur pilier lui avait conféré un tel sentiment d'invulnérabilité, et voici que tout s'effondrait autour d'elle, voici qu'elle avait amené le chaos, la souffrance, l'horreur, auprès des gens qu'elle aimait, réveillant par là des plaies douloureuses. Tous ces morts, Ron blessé, ses parents menacés, le gouffre se creusa dans son cœur, dans ses tripes.

_Ron, souffla-t-elle.

_Je suis là…

Trois mots, deux bras, un tout qui la maintenait debout et la faisait avancer.

_Miss Granger, dit doucement Kingsley, vos découvertes sont capitales, et nous permettront de sauver des milliers des vies…

_A quel prix… fit Hermione d'une faible voix.

Ron lança un regard appuyé à sa jeune sœur.

_Hermione laisses moi te soigner, dit Ginny avec douceur.

Elle prit son amie par la main, et l'entraîna hors de la pièce. Hermione semblait porter tout le poids du monde sur les épaules, tête baissée, elle suivit Ginny sans protester. Molly se leva également.

_Je vais lui préparer une potion, pauvre chérie…

Elle disparut dans la cuisine. Ron se tourna à nouveau vers Harry et Kingsley.

_Ses parents sont-ils en danger immédiat ?

_Nous l'ignorons, répondit Kingsley, nous allons faire notre possible pour les garder saufs…

_Ils sont prêts à tout, gronda Ron, où en est l'enquête ?

Harry soupira.

_Les interrogatoires nous font tourner en rond, on dirait que rien ne les effraie… Les perquisitions n'ont rien donné, ni sur le chemin de Traverse ni à Godric's Hollow... Aucune trace, aucun indice pour remonter jusqu'à la source, qui que ce soit, il est très fort…

Il ôta ses lunettes et se massa les yeux. Ron fronça les sourcils, son ami semblait épuisé, les épaules voûtées, il arborait un visage blafard et un air alerté qu'il n'avait pas eu depuis longtemps… Depuis bientôt cinq ans en fait. Kingsley se leva.

_Je dois y aller, nous avons une réunion dans une heure avec le Ministre et votre père Ronald, afin de préparer au mieux les cérémonies de commémoration. Inutile de me raccompagner, je vais saluer Molly, nous nous verrons demain Potter…

Kingsley les salua et se dirigea vers la cuisine. Ron soupira, Harry et lui échangèrent un regard.

_Ils veulent l'obliger à se livrer en s'attaquant à tout ce qui lui tient à cœur…

_Ça n'arrivera pas, déclara Ron, poings serrés, jamais !

Harry acquiesça. Il était inquiet, il connaissait Hermione, elle était pourvue d'un altruisme qui dépassait l'entendement, elle devait être dévastée, et en même temps, déterminée à faire le nécessaire pour protéger les siens. Comment être sûr qu'elle ne fasse pas de bêtises quand elle était le cerveau du groupe, quand toutes les idées ou presque venaient d'elle ? Comment la devancer pour assurer sa sécurité ? Elle était trop brillante pour son propre bien… Il n'osait pas faire part de son inquiétude à Ron, celui-ci était déjà suffisamment soucieux, à juste raison.

Quelqu'un toqua à la porte avant de l'ouvrir à grande volée. George entra, suivit d'Angelina et de leur fille. Molly accourut pour les accueillir.

_Oh mais regardez-moi cette petite merveille, elle est parfaite, hein tu es parfaite ma puce! s'exclama-t-elle émue en chatouillant la fillette de quelques mois qui rit aux éclats.

_Salut frangin, salut Harry, vous en faites une tête ! Bill est là ?

Ron secoua la tête et vit avec horreur Angelina venir vers lui avec sa nièce.

_Tiens regardes qui est là mon ange, tonton Ronny ! Le tonton que tu ne vois jamais ! Il ne va pas nous échapper cette fois !

Harry ne put s'empêcher de pouffer de rire tandis que Ron lui lançait un regard mauvais.

_Tiens, prends-la Ron, dit Angelina avec autorité en mettant son bébé dans les bras de Ron avant d'aller rejoindre George sur le canapé. Tous les deux se tapèrent dans la main en signe de victoire.

_Opération « Ron pouponne » réussie ! clama George en riant.

Ron osait à peine bouger tandis que sa nièce le dévisageait avec curiosité. Maladroitement, il essaya de la caler sur ses genoux, la fillette se mit à gigoter, et Ron, pris de panique, regarda son frère et sa belle-sœur avec effarement.

_Je vais la faire tomber, aidez-moi !

_Tu te débrouilles très bien Ron ! répliqua Angelina.

Elle n'avait rien perdu de son autorité depuis Poudlard. Les bras croisés, elle le regardait avec un air amusé.

_Vous êtes des parents indignes ! Je le lui ferai savoir plus tard ! s'exclama Ron, paralysé de peur.

_Bon qu'est ce qui nous valait ces têtes d'enterrement ? demanda George en se tournant vers Harry.

Harry lui fit un résumé de la situation tandis que Ron continuait à fixer sa nièce sans oser bouger, avec un mélange de peur et de tendresse. La fillette babillait en lançant ses petits poings dans les airs. Elle avait quelques cheveux roux et de grands yeux noirs, et Ron finit par être fasciné par les expressions de son visage, qui changeaient toutes les secondes. Petit à petit il se détendit et se surprit à faire quelques grimaces pour faire rire sa nièce. Jusque-là, il avait réussi à éviter toutes les situations qui impliquaient de prendre un bébé dans les bras, il en avait une peur bleue, ils étaient bien trop fragile pour ses grands bras maladroits. Angelina l'avait pris par surprise mais finalement, il ne regrettait pas.

Lorsqu'Hermione revint, son visage ayant retrouvé un aspect normal, elle surprit Ron en pleine conversation avec sa nièce. Elle sentit son cœur se serrer, à la fois d'envie et d'espoir. Pourrait-elle un jour assister à cette scène chez eux, avec leur enfant, vivrait-elle assez longtemps pour voir Ron père… Ron releva la tête et lui offrit un sourire radieux. Par Merlin, il était si beau, elle en avait parfois le souffle coupé, comme là, quand ses yeux bleus étaient plus lumineux que jamais, quand son sourire éclairait son visage d'une manière presque surréaliste. Elle alla le rejoindre et s'installa à ses côtés.

_Je peux ? demanda-t-elle en tendant les bras vers le bébé.

_Oui, mais fais bien attention, il faut tenir la tête, répondit Ron, provoquant l'hilarité de George.

Hermione leva les yeux au ciel et prit la fillette dans ses bras. Ron sembla hypnotisé par la scène d'Hermione tenant sa nièce dans ses bras, ce qui ne passa pas inaperçu.

_Alors, Roninouchet, ton instinct de reproduction se réveille, c'est maman qui va être contente ! s'exclama George.

Ron rougit violemment, les joues d'Hermione rosirent légèrement mais elle sembla amusée.

_La ferme Georges, marmonna Ron.

_Surveilles ton langage Weasley, répliqua Angelina, il y a des oreilles un peu jeunes pour ça ici !

Le jeune homme, les oreilles toujours écarlates, décida d'ignorer son frère. Lorsque Bill arriva, accompagné de Fleur et de Victoire, Hermione remarqua que l'aîné des Weasley avait l'air tourmenté. Son regard ne cessait d'aller de Ron à elle, avant de replonger dans des pensées qui assombrissaient son visage. Ginny somnolait dans un canapé tandis que Victoire rebondissait inlassablement sur les genoux de George en riant, Angelina avait repris sa fille et la berçait contre elle en discutant avec Fleur. Hermione observa le tableau qui s'offrait à elle, tous ceux qu'elle aimait, installés dans le salon confortable et douillet du Terrier, Molly qui retrouvait enfin un semblant de sérénité en riant avec sa petite fille, des odeurs délicieuses qui embaumaient l'air, tout semblait si normal à cet instant. Pourtant rien ne l'était, à cause d'elle, ils étaient tous en danger, et cette pensée lui était insoutenable. Voir Harry et Ron bavarder gaiement lui semblait si incongru. Ses parents étaient peut être aux mains des Mangemorts, comment faisaient-ils pour garder ce sang froid… Elle se leva discrètement et quitta la pièce. Ron voulut la suivre, mais d'un geste de la main, Bill l'arrêta et emboita le pas à la jeune femme.

Une fois dans la cuisine, Hermione s'appuya sur le plan de travail et remarqua que ses mains tremblaient. Elle regarda sans les voir la vaisselle qui se rinçait et s'empilait seule, la cuillère en bois qui mélangeait régulièrement le contenu d'une marmite. Molly réutilisait la magie, c'était plutôt bon signe…

_Hermione ?

La jeune femme se retourna et se retrouva face à Bill.

_Comment te sens-tu ?

La jeune femme évita de croiser son regard.

_Ça va…

_Hermione, c'est normal de ne pas aller bien…

Elle leva finalement les yeux vers lui. Il semblait réellement soucieux.

_Hermione…

Il soupira, sembla chercher ses mots.

_Tu es comme une petite sœur pour moi, tu le sais… Je te demande donc d'être prudente, les Mangemorts sont comme un seul et même animal amputé, blessé et dangereux… Peut-être même plus dangereux que pendant la guerre, ils sont désespérés et prêts à tout…

Hermione acquiesça.

_Et il y a Ron…ajouta le jeune homme.

_Ron ?

Bill se passa une main dans les cheveux, c'était de lui que Ron tenait cette manie.

_Ron t'aime, je crois bien qu'il t'a toujours aimé, nous l'avions simplement deviné bien avant lui…

Il eut un sourire affectueux.

_Il est littéralement fou amoureux de toi, tu le sais…

Elle le savait, mais l'entendre d'une tierce personne lui conférait une sensation de bienêtre incomparable, comme si ce qu'elle croyait trop beau pour être vrai prenait tout son sens.

_Je suis inquiet pour lui, avec toute cette histoire, il est littéralement terrifié à l'idée de te perdre, nous sommes tous inquiets évidemment, mais tu l'aurais vu lorsque tu as été blessée… Ce que je veux dire, c'est que si tu prends soin de toi, tu prends soin de lui en même temps… Si tu vas bien, il ira bien… Il y a un lien entre vous que je ne comprends pas, que personne ne comprend, qui n'appartient qu'à vous et qui nous dépasse de beaucoup je crois, ce qui est sûr c'est que pour votre bien à tous les deux, tu dois être prudente…

Hermione déglutit avec difficulté. Elle savait Bill soucieux de son jeune frère, elle était touchée de voir qu'il s'inquiétait pour elle aussi, mais elle ne pouvait pas faire de promesses qu'elle ne tiendrait pas. Alors elle se contenta d'hocher la tête. Bill la dévisagea un instant, soupira et finit par sourire.

_Allez, allons rejoindre les autres ou Ron va être jaloux !

Hermione lui rendit son sourire et se détourna de lui.

_Je vous rejoins…

Bill hésita puis finit par sortir de la pièce. Hermione entendait les rires de Victoire, mêlés à ceux de Molly, de George et de Bill désormais. La jeune femme monta à l'étage et se réfugia dans la chambre de Ron. Elle referma la porte derrière elle et alla s'asseoir sur le lit. L'inquiétude la rongeait, ses parents lui manquaient tellement, pourraient-ils mourir sans qu'elle n'ait eu la chance de les revoir ? Kingsley s'était montré rassurant, mais la jeune femme était persuadée qu'il avait simplement voulu l'épargner. Elle ramena ses genoux sous son menton, entourant ses jambes de ses bras pour leur éviter de trembler. Elle pensa à ses recherches, qui ne donnaient rien, rien qui puisse leur donner une idée de comment arrêter le processus d'une résurrection, les informations étaient si rares à ce sujet tant il relevait d'une magie des plus noires. Et être consignée ne l'aidait pas, jusque-là, elle avait toujours trouvé toutes les réponses dans les livres, à force de flâner dans les rayons, de fouiller par elle-même, guidée par un instinct que semblait lui conférer l'odeur du vieux papier, le contact des reliures usées. Ce qui n'était plus possible, et elle se sentait désarmée.

Elle ne fut pas surprise de voir Ron entrouvrir la porte et passer la tête. Lorsqu'il la vit, il entra et referma la porte en silence. Il l'observa un instant, son joli visage fatigué et cerné, sa masse de cheveux indomptables, la détresse dans ses yeux lui serra le cœur… Il claudiqua jusqu'au lit et s'assit auprès d'elle, croisant ses longues jambes et s'appuyant au mur. Sans rien dire, il attendit, une main posée dans le bas de son dos. Hermione finit par lâcher ses jambes et aller se blottir contre lui.

_J'ai peur… murmura-t-elle.

_Je sais… Hermione, fais nous confiance, d'accord ?

La jeune femme ne répondit pas mais se serra d'avantage contre lui. Ron s'éclaircit la gorge.

_Tu sais, j'ai peur aussi…

La jeune femme leva les yeux vers son visage… Sa mâchoire carrée, mal rasée, ses lèvres pleines, ses yeux qui regardaient droit devant lui… S'il n'y avait cette tension présente dans ses muscles, elle aurait presque oublié…

_Je n'aime pas te savoir comme ça… Triste… Hermione, tu sais que je suis là, n'est-ce pas ? Je sais que parfois je suis un peu maladroit, mais je t'aime, et je ferais tout pour toi…

_Ron… C'est juste que j'ai un mauvais pressentiment…

_Ne dis pas ça ! On est là, et je ne laisserai personne te faire du mal…Pas cette fois…

La panique dans la voix de Ron alerta la jeune femme. Elle vit à son visage torturé qu'il était revenu cinq ans en arrière, dans cette cave sombre et humide, cerné par ses hurlements de douleur…

_Ron, tu es la raison pour laquelle je suis encore là… Tu m'as sauvée, de toutes les façons possibles… N'y pense plus s'il te plait…

_C'est impossible Hermione, tu le sais bien…

Ron resserra son étreinte, la gorge nouée. Il avait une telle soif de vengeance qu'il en était presque effrayé, Bellatrix Lestrange était morte, laissant cette soif gronder en lui depuis toutes ces années, il n'arrivait pas à oublier, à vivre avec l'idée qu'Hermione avait subi le Doloris, qu'elle aurait pu finir comme les parents de Neville, ou morte… Ils avaient encore tant de choses à vivre, et cette menace qui planait sur eux ne faisait qu'attiser sa colère.

La jeune femme s'agrippa au tee-shirt de Ron, et ferma les yeux, essayant d'oublier la terreur sourde qui menaçait déborder, d'oublier l'amertume et la peur dans la voix de Ron, d'oublier cette voix qui lui disait qu'elle ne leur échapperait pas, pas cette fois…

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Harry se glissa sur la pointe des pieds dans la chambre de Ron. Dans la pénombre, il vit ses amis enlacés, endormis dans les bras l'un de l'autre, et il fut soudain gêné d'être là, à les regarder dormir. Il avait longuement hésité, terrifié à l'idée de les découvrir dans une position compromettante, ou alors simplement nus. Mais il n'avait pas le choix, il devait prévenir Ron. Il s'approcha lentement du lit, tendit la main vers l'épaule de son ami…et en une fraction de seconde, se retrouva plaqué au sol, un bras contre sa gorge, une baguette pointée sur son front, sans que rien ne vienne troubler le silence. Etranglé, il ne pouvait pas parler, et il vit Ron écarquiller les yeux, son regard passant de la colère froide à la surprise.

_Par Merlin Harry qu'est-ce que tu fabriques ! chuchota-t-il furieusement en se relevant et en aidant son ami à se lever.

Harry toussota, essayant de reprendre son souffle, Ron l'attrapa pas le bras en jetant un coup d'œil à Hermione qui dormait toujours et l'entraina hors de la pièce, prenant soin de refermer la porte derrière lui. Le couloir était sombre et silencieux, tout le monde dormait.

_Je vois que tu n'as rien oublié de nos entrainements, fit Harry, la voix cassée.

_Mais qu'est-ce que tu es venu faire ? Il est quelle heure ? demanda Ron à voix basse.

_Deux heures du matin je crois… Ecoutes, je sais que Kingsley veut te laisser hors de ça le temps que tu te remettes bien de tes blessures, mais j'ai pensé que tu aimerais être au courant…

Ron attendit, sourcils froncés.

_Je viens de recevoir un hibou de Seamus… Ils ont capturé Malefoy…

Harry voyait mal le visage de son ami, mais il devina la stupéfaction de celui-ci. Malefoy avait disparu depuis cinq ans avec ses parents, et rien n'avait permis de retrouver leurs traces, ils en étaient même venus à penser que les Mangemorts les avaient fait disparaitre… Cette soudaine apparition constituait un espoir, celui de découvrir qui se cachait derrière ces attaques….

_Je dois aller au Ministère, j'ai pensé que tu aimerais venir avec moi…

_Bien pensé ! répliqua Ron. Allons-y, je laisserai un mot à Hermione…

_Inutile, Ginny est prévenue, elle passera le message demain matin, et heu…. Ron ?

_Quoi ?

_Enfiles un pantalon, tu veux ?

Ron baissa les yeux sur son caleçon élimé, et les oreilles écarlates, tourna les talons.