Une petite suite pour bien commencer cette semaine de rentrée ! J'espère que vous prenez autant de plaisir à lire ma fic que moi à l'écrire !

Kate : je dirais même que c'est un ouragan, mais la fic est loin d'être finie et il y aura des petits moments de paix (petits j'ai dit haha)

Justine : je suis ravie que tu sois toujours au nombre des lecteurs et lectrices, merci beaucoup de tes encouragements et compliments, ça motive !

Bonne lecture et une bise à vous, les lecteurs anonymes ! :)

Lorsque Ron fut précipité dans le cachot, il ne prêta aucune attention aux Mangemorts qui fermèrent bruyamment la porte, et se précipita vers Hermione, qui avait été jetée au sol avant lui. Il s'agenouilla et lui souleva doucement la tête pour la poser sur ses genoux. Ses mains tremblaient, il balaya son corps meurtri du regard. Aucune parcelle n'avait été épargnée, ce constat lui rappela cette rage profonde qui bouillonnait dans ses entrailles, et il dut faire un effort considérable pour maîtriser sa voix.

_Hermione… Mon amour, Hermione, réponds moi s'il te plait…

Les yeux de la jeune femme papillonnèrent faiblement, puis son regard trouva celui de Ron. Elle aurait donc la chance de regarder ses beaux yeux bleus une dernière fois…

_Hermione, je suis là, je vais te sortir de là, je t'en fais le serment, Hermione, je t'aime, accroches toi, ne me laisses pas, tiens bon…

_Ron… Tu n'aurais pas dû… souffla la jeune femme, une larme roulant sur sa joue.

Ron secoua la tête en l'essuyant avec douceur. Ses joues étaient couvertes d'entailles et de bleus, chaque blessure qu'il voyait était comme un coup de poignard.

_Hermione, je ne suis rien sans toi, tu es ma vie, tu dois tenir bon… Regardes moi Hermione, tiens bon…

Drago, recroquevillé dans un coin, les observait sans un mot. Ron releva la tête vers lui et l'interrogea du regard. Drago hocha simplement la tête. Ron soupira avec soulagement puis il se pencha sur elle pour lui chuchoter à l'oreille.

_Je ne suis pas seul… Nous allons sortir de là…

Il tâtonna le long de sa jambe, releva son pantalon et sortit une baguette, celle du gardien qu'il avait maîtrisé dans les égouts. Drago, stupéfait, redressa la tête.

_C'est de la…de la folie… Ron, ils vont te tuer…

Les yeux d'Hermione s'écarquillèrent d'effroi. Elle poursuivit cependant, la voix brisée.

_Je… Je vais leur donner ce qu'ils veulent !

Ron secoua la tête avec vigueur.

_Non, il en est hors de question, ils te tueront aussitôt ! Laisses moi te soigner, ne….

_Non, Ron…écoutes… S'il te plait, écoutes moi…Je… Je vais…leur faire une offre… Qui…Qui nous sauvera la vie… Ron…Fais-moi confiance…

Elle se tut, épuisée, fermant les yeux. Ron déglutit avec peine.

_Quelle offre Hermione ? Je t'interdis de te sacrifier pour moi, tu entends, je te l'interdis ! Oh Hermione, que t'ont-ils fait ?

C'était trop, un sanglot s'échappa du jeune homme, faisant ouvrir aussitôt les yeux à Hermione.

_Ron… Je t'aime…Ne…Ne pleures pas… Ca va aller…

Elle voulait lever la main, lui caresser la joue, lui ravir ces larmes qu'elle ne voulait plus voir dans ses yeux, mais cet effort lui parut surhumain… Elle soupira, consciente que son corps réclamait un repos qu'elle ne voulait pas encore lui accorder. Elle sentait les forces la quitter, mais elle devait rester éveillée, encore un peu…

_Ron… Demandes le moi…

Le jeune homme la dévisagea avec stupeur, sans comprendre.

_De…Quoi ? Te demander quoi ?

_Demandes le moi Ron… insista la jeune femme dans un souffle en s'agrippant à sa main.

Leurs regards se trouvèrent à nouveau et alors soudain, ce fut évident. Elle l'avait su depuis le début, Harry avait raison. Ron secoua la tête avec force.

_Non, pas comme ça, pas ici…

Il refusait que cela sonne comme un adieu, il refusait de cautionner son pessimisme.

_Ron…S'il te plait…

_Hermione, je le ferai dans les règles, quand nous serons hors d'ici, et alors nous passerons nos vies ensemble à jamais…

_Ron… Je ne sais pas si…Si je…Si je vais….tenir…

Le jeune homme regarda la femme qu'il aimait, son regard suppliant, son souffle rauque et saccadé, et il dut retenir ses larmes une nouvelle fois. Il avait imaginé ce moment depuis des années, alors qu'il n'était encore qu'un étudiant à Poudlard. Il avait vu une terrasse illuminée de bougies et recouvertes de lis, la fleur préférée d'Hermione, il s'était vu un genou à terre, mettant son monde aux pieds de celle qu'il aimait depuis toujours. Il n'avait jamais parlé de ça à personne, pas même à Harry, de peur qu'il se moque de lui, trouvant tout ça un peu trop fleur bleue pour le grand gaillard qu'il était, mais il savait que ça lui plairait à elle… Il avait imaginé une Hermione radieuse, resplendissante, il n'aurait pas imaginé un instant la tenir brisée dans un cachot pour ce moment… Mais la supplique qu'il lisait dans ses yeux eut raison de lui. Il se pencha un peu plus vers elle.

_Hermione… Je t'aime, je t'aime plus que ma vie, et je ne veux pas, je ne peux pas vivre sans toi, Hermione, veux-tu devenir ma femme ?

Un murmure dans l'oreille, simple, sincère, qui leur ressemblait. Hermione sourit en fermant les yeux.

_Oui, souffla-t-elle.

Elle était apaisée, elle voulait être sure de connaître ce moment au moins une fois dans sa vie. Il se pencha et déposa un léger baiser sur ses lèvres.

_Tu fais de moi le plus heureux des hommes…

_Je… Je vais dormir… murmura Hermione en se laissant aller contre lui.

Ron la serra doucement dans ses bras et sentit son corps se détendre.

_Quand, souffla-t-il à l'adresse de Drago, qui n'avait rien perdu de l'échange mais qui restait à l'écart.

_20 minutes… Ensuite, je suis allé boire et c'est là que les effets du polynectar ont pris fin, au beau milieu des cuisines…

Ron resta un instant silencieux, puis la question franchit ses lèvres malgré lui.

_Tu étais là… Tu les as vus faire ?

Même dans la semi obscurité qui régnait, Ron vit Drago devenir livide. Il ne répondit pas, se contentant de regarder ses mains.

_Tu les as vu faire ? insista Ron, tandis qu'une petite voix le suppliait de ne pas poser de question, de ne pas chercher à savoir.

Drago hocha la tête en fuyant le regard du rouquin.

_Ecoutes, je ne pouvais rien faire, ils étaient trop nombreux, et ce qu'ils lui faisaient, c'était… C'était…

Il ne trouvait pas ses mots. Il avait vu des horreurs avec Voldemort, il pensait que personne ne pourrait atteindre ce niveau de cruauté, il s'était visiblement trompé… Ron, tête baissée, ne répondit pas.

_Elle a du cran, ajouta Drago après une hésitation, elle ne leur a rien dit…

Il vit alors que Ron pleurait et il se tut. Ron regardait la jeune femme dormir sur ses genoux, le corps détruit par ces monstres. Une autre question le taraudait, mais il ne pouvait pas la poser, pas maintenant, pas à Malefoy. Il apposa la baguette sur Hermione et murmura des enchantements de guérison, mais seules quelques blessures se refermèrent, les autres, étant trop profondes, nécessitaient l'intervention d'un médicomage. Il déposa lentement la tête d'Hermione au sol et se précipita vers la porte du cachot. Drago bondit sur ses jambes et le regarda faire, prêt à déguerpir.

_Alohomora…

Rien ne se produisit. Ron fronça les sourcils et insista.

_Alohomora

Toujours rien. Drago se rassit avec un lourd soupir.

_Inutile, ça doit encore être un truc de Gobelin… lâcha-t-il, amer.

Ron balaya le cachot des yeux, cherchant une issue, une échappatoire.

_Si tu pouvais te rendre utile Malefoy, et chercher avec moi comment sortir de là au lieu de parler pour ne rien dire… grogna Ron.

A contrecoeur, Drago se leva et inspecta la cellule avec le jeune Auror. Ils se regardèrent finalement, vaincus. Aucune issue, trois trous minuscules permettaient à l'air de circuler, Ron essaya vainement de les agrandir pour créer une issue. Le cachot semblait avoir été capitonné de sorts pour empêcher quiconque d'user de la magie pour sortir. Ils étaient condamnés à attendre.

_Ecoutes… Quand ils viendront nous chercher… Une fois hors de la cellule, je stupefixerai les mangemorts et toi, tu devras prendre Hermione et la sortir d'ici…

_Je ne peux pas transplaner avec elle, tu as vu son état, je ne vais pas la porter quand même ! protesta Drago en croisant les bras.

Ron le foudroya du regard et le saisit par le col pour le plaquer sur la pierre froide de la cellule. Drago sentit l'humidité pénétrer ses vêtements pour atteindre sa peau, il frissonna.

_Ecoutes moi bien petit parasite, tu vas la porter et transplaner, Ginny est dans la forêt, elle pourra l'emmener à l'hôpital… Toi, tu iras au Ministère, inutile d'essayer de t'enfuir, tu as la Trace des prisonniers sur toi, je te retrouverai en un rien de temps…

Ron eut un sourire satisfait devant l'air mécontent et résigné de Drago. Il le lâcha et retourna auprès d'Hermione. Il lui caressa doucement les cheveux. Pâle, la mâchoire serrée, il était à l'affût du moindre bruit indiquant que leurs geôliers revenaient. Il était Auror, il connaissait cette méthode : interroger, remettre en cellule, interroger, remettre en cellule, le meilleur moyen de déstabiliser le prisonnier, de le rendre vulnérable, de l'affaiblir. C'était ce qu'ils avaient fait à Hermione, en plus de l'avoir torturée… Il ne l'acceptait pas, il ne parvenait pas à l'intégrer, il se sentait sur le point d'imploser tant son chagrin, sa colère, l'étouffait, le consumait de l'intérieur.

_As-tu réussi à avoir des informations sur cet « Héritier » ? finit-il par demander.

Drago secoua négativement la tête, l'air renfrogné.

_Ma mission, c'était juste de trouver Granger et de vous le signaler, mission accomplie, lança-t-il avec ironie.

Ron eut une soudaine envie de le frapper mais il se retint. Des pas résonnèrent soudain et Ron sentit tout son corps se tendre tandis qu'Hermione était toujours inconsciente. Il glissa rapidement la baguette dans sa manche et scruta l'obscurité des marches, retenant presque sa respiration. Drago avait reculé, se plaquant au mur, essayant de se confondre avec la paroi rocheuse de la cellule. Il vit deux silhouettes approcher, descendant vivement les dernières marches, puis il retint une exclamation de surprise. Harry et Neville ! Tous deux étaient échevelés et portaient quelques égratignures, comme s'ils sortaient d'un combat.

_Bon sang, c'est bon de vous voir ! fit Ron en s'approchant de la porte.

_Weasley, tu es vraiment le roi des imbéciles parfois ! s'exclama Harry, en souriant malgré tout, soulagé. Un sourire qui s'effaça dès qu'il aperçut Hermione.

_Par Merlin, elle est… souffla Neville, tandis que Harry retenait sa respiration, tétanisé par l'angoisse, en scrutant le regard de Ron.

_Non, mais il faut l'évacuer au plus vite…

Harry observa son ami pendant que Neville s'évertuait à ouvrir la cellule avec le trousseau fraichement dérobé à la garde, qui gisait, inconsciente, quelques marches plus haut. Ron était blême, ses yeux avaient virés au bleu nuit, ses poings serrés témoignaient de la rage qu'il s'efforçait de maintenir en lui tant qu'Hermione ne serait pas en sécurité. Harry vit qu'au-delà de la colère, une tristesse infinie et une peur sans nom, hantaient son regard.

Une fois la porte ouverte, Ron se tourna vers Neville.

_Prends Hermione, rejoins Ginny au campement et emmenez-la à Sainte Mangouste au plus vite, et demandez du renfort, nous allons en avoir besoin…

Neville hocha la tête et s'approcha d'Hermione pour la saisir avec précaution, masquant tant bien que mal son horreur face à l'état de son amie. La jeune femme gémit doucement.

_Ron…

Ron l'embrassa sur la joue avec douceur.

_Shhh, tout va bien, nous t'emmenons à Sainte Mangouste, c'est fini…

Il se tourna vers Harry.

_Où sont les autres ?

_Là-haut, ils nous couvrent, nous ignorons combien ils sont, nous avons cherché les cachots directement… Nous avons maîtrisé la garde mais nous pouvons être repérés à n'importe quel moment !

_Nombreux, ils sont nombreux, mais nous devons capturer le chef…

Harry hocha la tête devant la détermination farouche de son ami. Ils sortirent de la cellule et remontèrent quelques marches, enjambant les corps de trois Mangemorts, pour apercevoir Kingsley et Seamus qui montaient la garde. Bill et Georges étaient un peu plus loin dans le couloir, ils eurent tous les deux un air soulagé lorsqu'ils virent leur jeune frère apparaitre. Ron se tourna vers Neville, et caressa les cheveux d'Hermione.

_Vas-y, fais vite…

_Attendez, et moi ! Je veux partir avec lui ! s'exclama Drago avec une voix paniquée.

Ron et Harry échangèrent un regard entendu.

_ Nous allons te garder sous les yeux…

_Quoi ? Mais je n'ai même pas de baguette, ils me l'ont prise !

Harry sortit alors une baguette de sa poche et la tendit à Malefoy avec un sourire narquois.

_Voilà qui est résolu, c'était la baguette d'un des gardes.

Drago la prit, ses mains tremblant de nervosité.

_Ecoutez, je n'aime pas jouer les héros comme vous, je ne vous serai pas utile…

_Tu sais très bien te battre quand ça t'arrange, répliqua Harry, et crois-moi, là, ça va t'arranger !

Puis, se tournant vers Neville.

_Vas-y, et reviens au plus vite avec du renfort !

Neville hocha la tête et disparut aussitôt, emportant Hermione avec lui. Ron eut l'impression qu'on lui avait enlevé une chape de béton de ses épaules. Elle n'était plus entre leurs mains, c'était tout ce qui importait pour le moment. Même si une angoisse sourde menaçait de le submerger, allait-elle survivre à ses blessures ? Il chassa cette pensée, lui interdisant de semer le doute dans son esprit, il devait rester concentré. Il expliqua brièvement ce qui s'était passé à ses compagnons.

_Je n'ai pas vu son visage, mais c'est lui qui est derrière tout ça, nous devons absolument l'arrêter, sinon…

Sinon, Hermione n'était pas hors de danger, et cela, il ne pouvait pas le permettre. Ses compagnons hochèrent la tête.

_Mais je ne comprends pas, d'après Hermione, le rituel devait absolument avoir lieu le jour même des cinq ans, et c'était hier, il est trop tard pour eux… demanda Bill, sourcils froncés.

Tous se regardèrent, la même perplexité inscrite sur leur visage.

_Je pense que ça, ils l'ignorent, finit par dire Ron, mais peu importe, la priorité est d'arrêter cet « Héritier »…

Un éclat de rire les fit sursauter et ils se mirent aussitôt en position de combat. Des dizaines de Mangemorts apparurent soudain de part et d'autre du couloir, les encerclant, baguettes pointées vers eux, tandis que l'Héritier sortait d'une porte dérobée, et se plaçait face à eux, mains dans le dos, le visage toujours dissimulé par un masque.

_Tu nous as donc amené des invités, Weasley ? Comme c'est plaisant, Potter est même là, en personne, c'est trop d'honneur !

Ron, yeux plissés, évalua rapidement la situation. Ils étaient à un contre dix, il espérait que les renforts seraient rapides. Hermione n'avait rien dit, et ils avaient été incapables de traduire le livre par eux-mêmes, donc à priori ils ne savaient pas qu'ils avaient besoin du sang d'Harry pour leur rituel. Il vit les yeux dans les fentes du masque les regarder un à un.

_Où est Granger ? demanda-t-il soudain.

Ron eut un sourire mauvais mais ne répondit pas.

_Qui êtes-vous ? Montrez votre visage si vous avez une once de courage, tonna Kingsley.

L' « Héritier » éclata de rire.

_Alors comme ça, Weasley, tu as sauvé ta Sang de Bourbe ? Mais sais-tu que mes hommes la ramèneront vite et on reprendra là où on en était…

Les Mangemorts ricanèrent, Ron se retint de se jeter sur lui. Cela aurait été du suicide, et il aurait alors condamné ses compagnons.

_Vous n'avez aucune chance, toi Weasley, tu as de la chance, je vais te garder en vie, ça déliera la langue de ta Sang de Bourbe…Quant à vous autres…

_Qui êtes-vous ? répéta Kingsley, sans se laisser impressionner par la vingtaine de baguettes pointées sur eux, prêtes à lancer le sortilège de la fin.

_Je suis l' « Héritier », celui par qui le Seigneur des Ténèbres renaîtra…

_Vous êtes quoi, une espèce d'illuminé qui veut faire joujou avec la magie noire? railla George, sans baisser sa garde.

L' « Héritier » leva le bras pour arrêter des Mangemorts qui s'apprêtaient à lancer un sort à George.

_Vous n'avez donc pas compris…

Les compagnons échangèrent un regard. L' « Héritier » rit doucement.

_Je suis l' « Héritier », son héritier, son fils, je suis Salazar Jedusor…