Bonjour ! Un nouveau chapitre, qui annonce un petit peu de calme pour les chapitres suivants. L'intrigue n'est pas terminée, loin de là, j'espère que vous continuerez à apprécier cette fiction dans laquelle je prends beaucoup de plaisir ! Kate, Justine, merci de vos messages !
Kate, hahaaaaa t'aimerais bien savoir hein ? moi aussi lol ! Mais sinon, je suis une grande romantique, il y aura donc des chapitres un peu plus « légers »
Justine : ton message c'est juste du bonheur à lire, ton enthousiasme me va droit au cœur ! Merci beaucoup !
Ron sentit Harry retenir sa respiration sur le coup de la surprise. Dire qu'ils étaient abasourdis aurait été un euphémisme. Déstabilisés, ils devaient pourtant rapidement reprendre leurs esprits. Quand, comment, avec qui ? Autant de questions qui se bousculaient dans l'esprit du jeune homme, des questions qu'il put lire sur le visage d'Harry quand il lui jeta un bref coup d'œil. Il imaginait sans mal l'état d'esprit de son ami… Une vie à être menacé directement par le plus grand mage noir de tous les temps, une victoire au prix de nombreuses pertes…dont Fred… Pour finir par se retrouver face à un enfant caché prêt à tout pour ressusciter son père… Ils avaient prévu qu'il resterait une résistance Mangemort, ils avaient prévu qu'il faudrait plusieurs années avant de vivre dans une paix pérenne et sereine… Mais l'idée même d'un retour possible de Voldemort ne leur avait pas effleuré l'esprit une seconde… Seule Hermione y avait pensé… Mais sa clairvoyance avait un prix…
Il reporta rapidement son attention sur l'Héritier, qui guettait leur réaction à travers les fentes de son masque. Ron essaya de se redonner contenance, masquant tant bien que mal sa stupeur derrière une indifférence feinte. Il n'en était pas de même pour Harry, dont le regard ne lâchait celui de leur ennemi. Son visage n'exprimait rien d'autre qu'une foule d'interrogations qui étaient sans aucun doute l'écho de celles de Ron.
_Maintenant, déposez vos baguettes sur le sol, vous n'avez aucune chance contre nous…
Harry et Ron échangèrent un regard. La tension était à son comble, lorsque soudain, plusieurs « cracs » sonores retentirent au beau milieu des rangs Mangemorts. Les renforts étaient arrivés, menés par Neville, semant la panique chez l'ennemi. Ron vit l'Héritier se faufiler par la porte dérobée, escorté par des Mangemorts, il se lança aussitôt à sa poursuite, esquivant plusieurs sorts sur son passage. Le combat faisait rage mais il devait le suivre. La porte dérobée donnait sur un petit couloir, étroit et bas, qui semblait serpenter dans les entrailles du château. L'obscurité était telle que le jeune homme pointa sa baguette devant lui.
_Lumos…
Ron se mit à courir, il sentit plus qu'il ne vit Harry lui emboiter le pas et tous deux se hâtèrent, suivant le bruit de cavalcade qui les précédait. Ils ne pouvaient pas se perdre, le couloir n'offrait aucune intersection, mais bientôt, il se mit à monter. Ron mit toute sa colère dans cette course effrénée, il n'avait pas le droit de le laisser s'échapper, pas après ce qu'il avait fait à Hermione…
La lumière extérieure le prit par surprise et la soudaine bouffée d'air frais qui envahit ses poumons fut presque douloureuse. Il pleuvait toujours, une bruine glacée qui les détrempa rapidement. Ils étaient au sommet d'une tourelle dont les créneaux laissaient apercevoir le bosquet dans lequel ils avaient établi leur camp.
L'Héritier était là, leur faisant face, entouré de quatre Mangemorts, lesquels brandirent leurs baguettes, mais Harry et Ron furent plus rapides.
_Stupefix !
Deux Mangemorts s'effondrèrent quelques mètres plus loin, tandis que les deux autres hésitaient, leur regard allant des jeunes Aurors à son maître. Celui-ci éclata de rire.
_Mon père avait raison, vous auriez fait de bonnes recrues, dommage que vous soyiez des traitres à votre sang… Nous nous reverrons très bientôt…
Un mouvement de tête imperceptible et les Mangemorts attaquèrent Ron et Harry.
_Avada Kedavra ! rugirent-ils.
Ron plaqua Harry au sol, le sort passa au-dessus de leurs têtes, lequel se releva aussitôt en brandissant sa baguette.
_Expelliarmus !
_Stupefix ! cria Ron en visant l'Héritier mais soudain, celui-ci se volatilisa dans un « crac » trop familier.
Ron bondit sur ses jambes, et quand il vit qu'il ne restait que les Mangemorts, il sentit sa rage affluer, comme une gigantesque vague qui le submergea. L'Héritier avait transplané, il avait fui.
Avec un cri de rage, il se jeta de nouveau dans la bataille. Mais alors qu'Harry et lui prenaient l'avantage, les Mangemorts transplanèrent soudain, les laissant seuls au sommet de la tour. Essoufflés, Ron et Harry revinrent sur leurs pas pour rejoindre leurs compagnons, lesquels, appuyés par les renforts, étaient en train d'évacuer les quelques prisonniers qui n'avaient pas réussi à transplaner et deux Aurors qui avaient été blessés durant l'opération.
_Les autres ont transplané, expliqua Bill, quand il vit son jeune frère scruter les alentours. Où est le chef ?
_Il nous a échappé, annonça amèrement Harry, il a transplané…
Ron se tourna vers Kingsley. Une seule chose importait désormais, rejoindre Hermione au plus vite.
_Je demande la permission de…
_Allez-y, le coupa Kingsley, allez-y vite…
Ron hocha la tête avec gratitude et transplana aussitôt.
…
_Ron !
Ron vit sa sœur se précipiter vers lui dès son arrivée dans le service. Elle portait la blouse des médicomages et avait l'air épuisée. De larges cernes violettes soulignait son regard et son chignon était à moitié défait.
_Ginny, où est-elle ? Comment va-t-elle ? s'écria le jeune homme.
Il ne voulait qu'une chose, s'assurer qu'Hermione allait s'en sortir, il ne respirerait que quand on lui confirmerait qu'elle était en vie et qu'elle le resterait, il était terrorisé, et, toute l'adrénaline redescendue, il sentait ses jambes trembler, prêtes à se dérober sous son poids. Il avait failli ne pas réussir à franchir la double porte à battants qui marquait l'entrée du service. Le bruit de son cœur affolé l'avait rendu sourd à tout ce qui l'entourait, tandis qu'il avait contemplé les gens aller et venir, cherchant en lui le courage d'affronter sa pire peur, celle de perdre Hermione.
Ginny l'enlaça en hochant la tête.
_Elle va s'en tirer, Ron…
Il resta un instant figé, comme s'il essayait s'assimiler l'information, osant à peine y croire, puis il lui rendit son étreinte, avec une envie de rire et de pleurer, de crier sa joie et d'exorciser sa peur, son soulagement, sa colère… Ginny s'écarta de lui et eut un faible sourire.
_Aucune fonction vitale n'a été touchée, mais Ron, elle est très faible…Ils… Ils…
Elle éclata soudain en sanglots. Ron, la gorge nouée, l'emmena s'asseoir.
_Oh Ron, je n'ai jamais vu ça, ce qu'ils lui ont fait, oh Ron…
Ron ne dit rien, se contentant de la serrer contre lui. La femme qu'il aimait plus que tout au monde avait été torturée…une nouvelle fois. Et il n'avait pas su la protéger…une nouvelle fois. Ce constat le plongeait dans un désarroi qui égalait sa fureur. Il était un Auror, un héros de guerre, il avait combattu, mené des missions dangereuses à bien, et il était incapable de protéger sa raison de vivre…
Soudain, la question qui lui trottait dans l'esprit s'imposa de nouveau à lui. Il craignait la réponse, mais ne pas savoir était pire. Il prit une profonde aspiration.
_Ginny, je dois savoir…
La jeune femme s'écarta de nouveau et le regarda avec attention en essuyant ses joues humides. Il était livide, et son regard trahissait une peine qui lui fit mal au cœur.
_Est-ce que… Hum… Est-ce qu'ils l'ont… Je veux dire, est-ce qu'elle a… Est-ce qu'ils l'ont…touchée ?
Les yeux de Ginny s'écarquillèrent d'horreur et elle secoua vivement la tête.
_Non, non Ron, rien de tout ça…
Ron hocha simplement la tête. Evidemment. Pour la plupart des Mangemorts, toucher une « sang de bourbe » était une ignominie. Pour une fois, son statut de sang avait protégé une partie d'elle. Ron le savait, elle aurait été détruite… Mais ne l'était-elle pas déjà ? Il devait la voir, s'assurer qu'elle était encore là, qu'Hermione vivait toujours dans ses prunelles chocolat.
_Je veux la voir…
_Oh, Ron, ils ont interdit les visites…
Ron bondit sur ses jambes, poings serrés…
_Ginny, je dois la voir, j'ai besoin de la voir, personne ne me l'interdira, c'est la femme que j'aime par Merlin !
_Ron, je sais, mais son organisme est extrêmement faible, et le moindre microbe pourrait lui être fatal… Nous avons préféré prendre cette précaution, elle a trop de plaies, de nombreuses fractures, elle va avoir besoin de temps pour que son corps soit de nouveau capable de se défendre seul… Nous lui avons donné une potion pour la maintenir endormie, la guérison peut être douloureuse et…et elle a assez souffert comme ça…
_Mais… Mais nous sommes des sorciers par Merlin, vous ne pouvez pas faire quelque chose, lui donner une potion qui la protégerait ?
Ginny eut un sourire triste.
_Ron, ce n'est pas aussi simple, je voudrais bien t'expliquer, mais Hermione est bien plus douée que moi pour ça…
Ron sentit les larmes lui échapper malgré lui. Il voulait la voir, la toucher… Ce manque était comme la pire des douleurs, surtout après tout ce qui s'était passé… Ce fut au tour de Ginny de le prendre dans ses bras tandis qu'il se mettait à sangloter sur son épaule.
_Oh Ron, on va sortir de tout ça, on s'en est toujours sorti, Hermione est forte, elle… elle se remettra, elle arrivera à surmonter tout ça… On va s'en sortir…
_Ron ! Ginny !
Ils relevèrent la tête vers Harry, qui avait franchi les portes en courant, et était auprès d'eux avant même qu'elles aient fini de claquer. Lorsqu'il vit le visage ruisselant de larmes de Ron, il devint blême et il dut soudain s'appuyer au mur pour ne pas tomber.
_Elle est… Elle est…balbutia-t-il, la voix étranglée.
Ginny bondit vers lui pour le serrer dans ses bras.
_Non Harry, elle va s'en sortir, elle est très faible mais elle va s'en sortir…
Harry se passa une main sur le visage et déglutit sans quitter Ron des yeux par-dessus l'épaule de Ginny. Laquelle se détacha de lui pour se tourner vers son frère et lui prendre la main.
_Viens, venez tous les deux…
Ils lui emboitèrent le pas suivant le couloir silencieux jusqu'à s'arrêter devant une chambre, surveillée par des Aurors, qui les saluèrent brièvement. Le mur de la chambre donnant sur le couloir était équipé d'une large vitre, ce qui leur permit de la voir. Ron, le souffle coupé, le cœur battant, tendit une main, qui rencontra la surface froide et lisse du verre. Il posa ses deux mains dessus et s'approcha lentement, sans la quitter des yeux. Elle était là, petit corps mutilé perdu dans un grand lit. Elle aurait semblé dormir, si son visage tuméfié et ses nombreux bandages ne leur rappelaient pas le calvaire qu'elle venait de vivre. Un halo rougeâtre entourait son corps, Ginny lui expliqua qu'il s'agissait d'un ensemble de sorts qui étaient là pour la soigner petit à petit et qu'il fallait renouveler toutes les heures. Ron appuya son front contre la vitre, sans la quitter du regard, les yeux embués. Comme il haïssait ce verre qui les séparait, il voulait lui prendre la main, lui dire qu'il était là et s'assurer par lui-même qu'elle respirait encore…
_Il va falloir être patient Ron, dit doucement Ginny, comme si elle avait lu dans ses pensées.
Harry s'était approché aussi, voir sa meilleure amie dans cet état le bouleversait. Mais il devait être là pour Ron, c'était à son tour d'être fort et de soutenir ses amis. Il posa une main sur l'épaule de Ron, lequel eut un petit mouvement de la tête pour marquer sa gratitude.
_J'ai envoyé un hibou à papa et maman, pour leur expliquer qu'on ne rentrerait peut être pas cette nuit… J'attends la réponse d'une minute à l'autre… Neville a fait envoyer des patrouilles, une horde de journalistes commençait à envahir le hall de transplanage, alors ils les ont évacués… Nous devrions être tranquilles…
_Merci… chuchota Ron avec reconnaissance.
Ils restèrent ainsi sans un mot, tous les trois face à leur amie, quand le silence fut brisé par une voix familière.
_Les enfants !
Ils se retournèrent tous les trois. Arthur, Molly, Luna et Fleur avançaient à grands pas vers eux.
_Papa ? Maman ? Mais que faites-vous là ? s'exclama Ginny en se laissant embrasser par ses parents.
Mr Weasley donna une accolade à son fils, ému. Son épouse attrapa le visage de son fils entre ses mains. Elle avait les larmes aux yeux en le dévisageant.
_Oh mon chéri… Mon petit garçon chéri…
Elle le serra à l'en étouffer dans ses bras.
_Luna, Angelina et moi étions au Terrier, expliqua Fleur, dès que nous avons reçu le hibou, nous sommes venus par cheminette, Angelina garde Victoire et Julia…
Harry hocha la tête, puis l'intention de Mrs Weasley fut attirée par la chambre d'Hermione.
Elle s'approcha lentement, une main sur la bouche, horrifiée.
_Oh par Merlin, pauvre petite…
Les larmes roulèrent lentement sur ses joues. Elle aimait tendrement Hermione, elle avait toujours su qu'elle aurait un rôle à part dans la vie de Ron, et ce depuis la première fois qu'elle les avait vu ensemble. Et elle maudissait tous les jours les Mangemorts de ternir leur bonheur, eux qui avaient mis tant de temps à se trouver. Et elle pensait aux parents de la jeune fille, qui étaient loin et ignoraient que leur petite fille était mal en point…qui ignoraient qu'ils avaient une fille tout court… Elle se disait qu'ils avaient le droit de savoir, mais entrer en contact avec eux revenaient à une condamnation, ils étaient toujours sous étroite protection. Elle reporta son attention sur son plus jeune fils, lui si grand, si fort, ressemblait au petit garçon perdu d'il y a quelques années. Le visage torturé, les épaules voutées, il avait l'air si fragile, si vulnérable qu'elle réprima avec force une envie instinctive de le prendre à nouveau dans ses bras, comme elle le faisait quand il n'était qu'un enfant, pour le protéger de ses cauchemars. Mais à présent, son fils était un homme et ses cauchemars, ses fantômes étaient bien trop puissants, bien plus puissants que des peurs d'enfant. Comment ses bras pourraient-ils le protéger quand celle qu'il aimait plus que tout, celle autour de qui sa vie tournait désormais, était dans un lit d'hôpital. Une cruelle impression de déjà vu se dégageait de ce couloir immaculé, de cette chambre inaccessible. Alors elle lui prit la main, et la serra, espérant transmettre dans ce geste tout son amour de mère. Ron passa un bras autour de ses épaules, il la dépassait d'une bonne tête alors il posa doucement son menton sur la tête de sa mère.
Un médicomage approcha, et fronça les sourcils en voyant tant de monde rassemblé.
_Hum… Vous êtes de la famille ? Ses parents ?
_C'est tout comme, répliqua Molly.
_Je suis Ronald Weasley, son…son fiancé…
Il ignora les regards surpris qui se braquèrent sur lui et poursuivit.
_Et ce sont mes parents et mes belles sœurs et Harry Potter…
Le médicomage vit enfin Ginny et sembla reconnaître les Weasley. Il soupira.
_Miss Weasley a dû vous expliquer que les visites sont interdites pour le moment… Nous vous ferons savoir quand elles seront de nouveau autorisées…
_Comment va-t-elle ? demanda Arthur.
Le médicomage les regarda tour à tour. Il semblait hésiter, mais l'uniforme d'Auror de Ron sembla le décider.
_Elle a eu de la chance, je ne comprends pas comment elle a pu survivre, elle a subi une trentaine de doloris, et une dizaine de sortilèges autres, elle a la jambe et le coude fracturés, plusieurs côtés cassées, elle souffre également d'un traumatisme crânien, elle est cependant incroyablement résistante, lorsque Miss Granger et votre collègue l'ont amenée, elle était éveillée, elle n'arrêtait d'appeler Ron, j'imagine que c'est vous…
Le jeune homme hocha la tête, une grosse boule obstruant sa gorge.
_Il faudra plusieurs semaines, mais elle s'en sortira, reprit le médicomage. Je vous avoue avoir rarement vu un tel niveau de cruauté, même au temps de Vous-savez-qui… D'ailleurs, on pourrait croire que c'est lui qui a fait ça… Maintenant, veuillez m'excuser, nous devons renouveler les sortilèges de guérison, Miss Weasley ?
Ginny lui emboîta le pas. Ils se placèrent devant la porte tandis que les gardes s'écartaient.
_Protegus Sanitarus…
Une lumière d'un vert soutenu sortit de la baguette du médicomage pour venir balayer son corps et celui de Ginny. Ils rentrèrent ensuite et à travers la vitre, les Weasley, Luna et Harry les regardèrent agir pour renouveler les sorts. Lorsqu'ils eurent fini, le médicomage prit congé et Ginny resta avec eux. Molly pointa un panier en osier.
_J'ai amené des sandwichs, venez vous asseoir…
Tous obéirent et s'installèrent sur les sièges qui étaient le long du mur, faisant apparaître ceux qui manquaient. Harry mordit sans conviction dans son sandwich, pourtant délicieux, écoutant d'une oreille distraite les conversations.
_Je devrais dire au médicomage que les larmes de Hugarik sont très efficaces pour les plaies… lança la voix chantante de Luna.
Harry vit Fleur sourire avec un air crispé tandis que Ginny haussait un sourcil surpris. Elle se demandait sans doute si Luna utilisait ce genre de remède sur ses enfants. Luna se leva pour aller envoyer un hibou à son père et lui demander de leur en envoyer.
Ron mâchonna, sans appétit, sans envie. Puis, n'y tenant plus, il reposa son sandwich quasiment intact et se leva pour se rapprocher à nouveau de la vitre. Il ne savait plus comment apaiser la douleur qu'il ressentait, Hermione seule avait ce pouvoir, sa voix lui manquait, son rire, leurs disputes. Il ne sut combien de temps il resta là à la regarder, mais petit à petit, sa famille prit congé, encouragée par Ginny qui leur promit de les tenir informés du moindre changement. Harry resta et s'installa sur un siège pour somnoler. Installée auprès de lui, Ginny regarda son frère, qui lui tournait le dos. Elle osait à peine croire à ce qui c'était passé. Il y avait eu trop d'horreurs déjà, de souffrances, ils méritaient la paix, Ron et Hermione les premiers. Avec Harry, ils avaient vécu une année d'errance, dans la peur, au cœur du combat, ils méritaient d'être heureux. Ginny savait que la vie était injuste, la mort de Fred était un exemple parmi d'autres, elle l'avait pleuré pendant des semaines, mais cette fois ci, elle en avait presque des larmes de rage. Elle se leva, elle savait que ce qu'elle s'apprêtait à faire était strictement interdit, mais elle prenait le risque.
_Ron ?
Le jeune homme tourna légèrement la tête. Ginny le prit par la main et l'entraîna résolument jusque devant la porte. Les Aurors, médusés, la virent sortir sa baguette.
_Protegus Sanitarus…
La lumière verte les enveloppa Ron et elle.
_Mais, Ginny ? Que fais-tu ? s'exclama Ron, stupéfait.
_Chut, sois discret veux-tu ?
Ron hocha précipitamment la tête, le cœur battant et débordant de gratitude pour sa petite sœur.
Ginny ouvrit la porte et laissa passer Ron avant de refermer derrière elle. Elle se dirigea vers la vitre et en tira le store avant de se retirer dans un coin et d'attendre.
Ron s'approcha du lit et constata enfin par lui-même qu'Hermione respirait bel et bien. Malgré tout, rien ne soulageait sa peine. Il tendit la main à travers le halo de guérison, et effleura le visage, les lèvres de la jeune femme. Il osait à peine la toucher, elle était sérieusement blessée. Mais pourtant, son visage semblait paisible, et il fut reconnaissant aux médicomages pour lui éviter de nouvelles souffrances.
Il s'assit et prit doucement sa main. Il posa sa tête sur le rebord du lit et laissa ses larmes couler en silence. Ginny resta en retrait, son frère avait besoin de ce moment-là.
_Est-ce qu'elle m'entend ? demanda-t-il enfin entre deux reniflements, la tête toujours contre le lit.
_Parles lui, elle t'entend peut être, répondit Ginny, et Ron… Tout ira bien…
Il n'en était pas aussi sûr, les Mangemorts couraient toujours, et il ignorait combien de répit ils leur laisseraient. Et toutes ces questions qu'il leur restait à résoudre : ce Mangemort était-il vraiment qui il prétendait être ? Qui était sa mère alors ? Et pourquoi personne n'avait eu vent de son existence jusque-là ?
Mais Ginny avait raison, si Hermione vivait alors tout irait bien.
