Bonsoir !

Tout d'abord, merci pour les reviews très encourageantes et vraiment vraiment touchantes ! Je suis ravie que ma fic plaise autant, et lire vos impressions, votre enthousiasme, c'est grisant, vraiment, alors merci encore !

Après des chapitres mouvementés, je suis sur des chapitres plus calmes, centrés sur les sentiments de notre couple préféré !

Melancholy : merci pour tes messages, je ne compte pas abandonner cette fic, j'y ai trop pris goût et je n'aime pas l'inachevé !

Light of soul : non non, pas de fin encore, rassures toi pour savoir quel visage se cache derrière le masque il va falloir attendre encore un peu ! Merci en tout cas de toujours suivre ma fic avec enthousiasme !

Justine : à chaque fois, tes reviews me donnent la banane, un vrai bonheur ! Alors merci !

Kate : et oui, je suis sur des chapitres qui sont plus dans l'émotion que dans l'action, et que ça te touche c'est une belle récompense ! Merci !

Merci à tous, à mes amies qui me lisent et m'encouragent, à mes adorables lectrices pour leurs reviews toujours bienveillantes et aux lecteurs anonymes !

Bonne lecture ! Bises !

_SURPRISE !

Hermione écarquilla les yeux et fut heureuse que le bras de Ron soit noué autour de sa taille, elle serait sans doute tombée à la renverse sinon. Elle serait d'ailleurs tombée tout court sans le bras de Ron. Après dix semaines d'hospitalisation, de rééducation, de potions, elle retrouvait enfin l'air libre, mais toujours pas l'usage complet de sa jambe. Elle s'était attendue à rentrer dans un Terrier calme, à se retrouver sur le canapé avec Mrs Weasley et Ron aux petits soins, il était tellement soucieux de sa santé ! Alors de se retrouver ainsi, face à tous ces visages familiers, aimés et souriants, faisant surgir un tas de confettis et serpentins de leurs baguettes, la surprise était complète. Elle se mordilla la lèvre, les larmes aux yeux, ne sachant que dire, tandis que tout le monde se précipitait pour l'embrasser. Il y avait là les Weasley au complet, Harry bien sûr, les Londubat, Seamus et sa nouvelle petite amie que Hermione reconnut comme étant Parvati, il y avait tous les membres de l'Ordre du Phénix, mais également les anciens membres de l'Armée de Dumbledore, du moins ceux qui avaient survécus à la bataille de Poudlard.

Tandis qu'elle avançait au milieu des bras et embrassades, toujours escortée jalousement par Ron, elle se rendit compte que les Weasley avaient vu les choses en grand : tous les meubles semblaient avoir disparu, le salon cosy laissant la place à une grande salle décorée de grandes banderoles qui chantaient en cœur « Bienvenue Hermione ». De grandes tables le long des murs étaient chargées d'un buffet qui aurait pu aisément nourrir toute l'école de Poudlard.

Georges se jucha sur une chaise et leva son verre en l'air.

_Votre attention s'il vous plait ! Votre attention !

Tous les regards se tournèrent vers lui et les rires s'éteignirent peu à peu.

_Merci à tous d'avoir répondu présent pour souhaiter un bon retour à ma très chère future belle-sœur…

Hermione sentit ses joues chauffer, elle était sure qu'elle devait être à peu près aussi rouge que Ron.

_Mais également à mon petit frère, poursuivit Georges, puisqu'il a passé autant de temps au chevet d'Hermione…

Les regards amusés se braquèrent sur le jeune couple.

_En tout cas, nous savons désormais que Ron ferait une parfaite infirmière, si jamais la carrière d'Auror t'ennuie petit frère, penses-y !

Les éclats de rire fusèrent et Ron secoua la tête en souriant.

_Je pense parler au nom de tous ici en te disant ça Hermione : je sais que tu aimes bien risquer ta vie, tout ça, mais si tu pouvais t'abstenir pour les quelques décennies qui viennent, tu nous rendrais un grand service et tu éviterais quelques cheveux blancs à Ron ! A Hermione !

_A Hermione ! reprirent les invités en chœur.

Les discussions reprirent, tandis que Mrs Weasley faisait taire les banderoles après avoir houspillé Georges à propos d'une chanson vulgaire que l'une d'elle avait entamée joyeusement.

Hermione leva la tête vers Ron. Le jeune homme lui sourit, radieux.

_Je n'en reviens pas, un vrai discours sans chercher à m'embarrasser !

Hermione ne put s'empêcher de rire, malgré la douleur encore présente de ses côtes brisées.

_C'est toi qui as fait ça ? demanda la jeune femme avec un petit sourire.

Ron secoua la tête, gêné.

_Non, c'est ma mère, moi je voulais que tu te reposes ! Si tu veux monter te coucher, tu peux, tu sais ! Personne ne t'en voudra !

Il la suppliait presque du regard. Hermione se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa tendrement sur la joue.

_Ron, je vais bien, après toutes ces semaines à l'hôpital, je suis heureuse d'être là, c'est une belle surprise, vraiment…

Elle espérait que son sourire suffirait à rassurer le jeune homme. Il avait été d'un soutien sans faille, demandant un congé exceptionnel à Kingsley, lequel le lui avait accordé sans hésiter, Harry et Neville se chargeant de poursuivre les recherches pour retrouver l'Héritier. Il avait mis de côté sa soif de vengeance pour veiller sur la jeune femme, l'accompagner dans chaque étape de sa guérison. Les médicomages avaient été plus que rassurants, elle retrouverait l'usage complet de sa jambe avec le temps et ne garderait aucune séquelle. Ron aurait aimé le croire. Il aurait aimé ne pas voir cette ombre persistante dans le regard de celle qu'il aimait, même quand elle souriait. Mais il la voyait, il la voyait sursauter au moindre bruit étranger, il la voyait parfois les yeux perdus dans le vague avec une expression douloureuse sur le visage, et c'était sans compter ses cauchemars… Il la regarda, installée entre Ginny et Luna, bavardant gaiement. Et il vit ses mains, qu'elle triturait sans même s'en rendre compte. La haine qu'il ressentait pour l'Héritier n'avait fait que croître tout au long de ces semaines à regarder la femme qu'il aimait se relever doucement de ce qu'elle avait vécu.

Ron s'éclipsa discrètement dans la cuisine. Il avait été moyennement convaincu par l'idée de sa mère d'organiser une grande fête. Nonobstant celle-ci avait estimé qu'en l'absence de ses parents, Hermione aurait besoin de se sentir entourée…

Mais il connaissait Hermione, elle détestait se trouver au centre de l'attention. Si pour défendre les droits des créatures magiques, elle s'avérait être une oratrice de talent, être célébrée était pour elle un supplice. Mais elle avait cependant semblé heureuse de voir tous ses amis…

Harry le rejoint rapidement, et s'appuya sur un mur pour regarder son ami, comme s'il plongeait dans une Pensine simplement en sondant son regard.

_Comment vas-tu Ron ?

Le jeune homme haussa les épaules.

_Je suis heureux qu'elle soit là, j'ai failli la perdre, mais par Merlin, je suis….en colère, et je n'arrive pas à me débarrasser de ça… Je veux retrouver ce…ce…

Disant cela, il avait serré les poings de rage. Harry hocha la tête avec compréhension. L'amour qu'il portait à Hermione était certes différent, mais son besoin de la protéger était le même.

_Alors…hum…Fiancés, hein ?

Personne jusque-là n'avait posé la question à Ron, pourtant il savait qu'ils en brûlaient tous d'envie. Mais le rétablissement d'Hermione était la priorité de Ron, alors ils avaient apporté leur soutien, sans faillir, attendant simplement qu'il soit prêt à annoncer la nouvelle, une fois Hermione remise.

Ron sourit à son ami, le voile de peur et de fureur qui recouvrait jusque-là son visage sembla se dissoudre pour laisser la place à un sourire franc que lui rendit Harry.

_Je suis heureux pour vous mon vieux ! Vous comptez l'annoncer quand ?

Ron soupira. Il revit le visage grisâtre d'Hermione quand il lui avait fait sa demande, il ne voulait pas garder ce souvenir en tête pour se remémorer ce moment magique de leur vie. Il ne voulait pas que sa demande soit entachée par tout ça.

_Pas maintenant… répondit-il simplement.

Puis il ajouta :

_Tu avais raison, elle avait deviné…

Harry rit de bon cœur. Il traversa la pièce et serra son ami sans ses bras.

_Je suis vraiment heureux pour vous Ron…

_Merci Harry… Bientôt, nous serons tous des Weasley !

Ils éclatèrent de rire. Mrs Weasley entra dans la cuisine et sourit, émue, à la vue de son fils et de celui qu'elle considérait comme tel depuis tant d'années, riant, dans les bras l'un de l'autre. Mais elle devait interrompre ce moment fraternel.

_Mon chéri, Hermione te cherche…

Ron remercia sa mère et s'empressa de se diriger vers la fête mais Mrs Weasley posa une main sur son bras tandis qu'Harry quittait la pièce.

_Attends Ron… Comment va Hermione ?

Le jeune homme haussa les épaules avec un sourire amer.

_Tu la connais, elle ne veut rien montrer… Physiquement, elle se remet… Mais pour le reste…

_Il lui faudra du temps mon garçon… Et de l'amour…

Ron acquiesça. De l'amour, il en avait à revendre, il n'aurait pu trouver de mots pour décrire, pour expliquer à quel point elle lui était précieuse. Il espérait simplement que cela suffirait…

La jeune femme était toujours assise, Ginny avait rejoint Harry et Luna était monté changer ses enfants. Hermione était confortablement installée, un plaid sur ses jambes, mais elle avait pâli depuis tout à l'heure. Ron se précipita pour s'agenouiller devant elle et la dévisager avec inquiétude.

_Hey, tu te sens bien ?

La jeune femme passa soudain ses bras autour de son cou et l'étreignit, manquant le faire basculer en arrière. Il l'enlaça à son tour, surpris.

_Restes avec moi… souffla Hermione dans son cou.

Ron resserra son étreinte en fronçant les sourcils.

_Je ne vais nulle part Hermione…dit-il doucement, avec un pincement au cœur.

Cela ne lui ressemblait pas, et il voyait qu'elle en avait conscience, ce qui augmentait son sentiment de frustration. S'il avait pu trouver une formule pour soulager sa peine, sa peur, sa douleur, il l'aurait utilisée sans hésitation. S'il avait pu prendre sa place, s'il avait su la protéger… Il ferma les yeux, la culpabilité ne rongeait mais elle avait besoin de lui. Elle s'écarta soudain, et lui offrit une mine contrite.

_Je suis désolée… C'est juste que… J'ai besoin de toi…

Ron l'embrassa sur le front et se releva pour s'assoir auprès elle.

_Ne t'inquiètes pas, tu es en sécurité, je suis là et je serai toujours là…

Il passa le reste de la soirée un bras protecteur autour de ses épaules. Petit à petit, les invités prirent congés, ils voyaient Hermione lutter contre le sommeil alors ils s'éclipsèrent discrétement. Lorsque Bill et Fleur, portant leur fille endormie, eurent disparu dans les flammes vertes de la cheminée, Mrs Weasley s'empressa de se tourner vers les sièges, où, la tête contre l'épaule de Ron, Hermione avait du mal à garder les yeux ouverts. Harry et Ginny avaient commencé à ranger la salle à l'aide de leurs baguettes tandis que Mr Weasley faisait réapparaitre le mobilier du salon.

_Vous devriez monter, suggéra Molly en regardant la jeune femme avec tendresse.

Ron hocha la tête tandis qu'Hermione réagissait à peine. Il se leva et la prit dans ses bras. Elle n'eut même pas la force de protester et se laissa aller contre sa poitrine, les bras noués autour de son cou, les yeux fermés.

_Bonne nuit maman, murmura le jeune homme, et merci pour la soirée…

_De rien mon chéri, bonne nuit…

Lorsqu'il posa Hermione sur le lit, avec précaution pour ne pas réveiller les douleurs de ses blessures, la jeune femme eut du mal à accepter de dénouer ses bras du cou de Ron. Même à travers les méandres de son sommeil, elle avait besoin de sentir sa présence. Le jeune homme s'empressa de se déshabiller et se glissa auprès d'elle, la laissant se nicher contre lui. Il caressa pensivement ses cheveux. Hermione avait pris une potion pour le sommeil dans la soirée, il espérait que cette fois ci, elle serait efficace. Il avait décidé de retourner au bureau dans quelques jours, Hermione était entre de bonnes mains avec sa mère, et il trépignait d'impatience à l'idée de traquer l' « Héritier », espérant ainsi étancher sa soif de vengeance et arrêter ses projets de résurrection. Jusque-là, les Aurors, menés par Harry et Neville, avaient réussi à débusquer sept Mangemorts qui étaient présents ce jour-là au château. Ils n'en avaient tiré aucune information, un seul regard de Kingsley les avaient dissuadés de penser, ne serait-ce qu'une seconde, utiliser du Veritaserum. Les perquisitions du château avaient toutefois permis de récolter de précieux indices et Ron n'avait qu'une hâte, les voir et travailler dessus. Seul le fameux livre demeurait introuvable.

Il soupira, sentir Hermione contre lui, en vie, était grisant, et pourtant, dès qu'il fermait les yeux, il revoyait son corps meurtri, il entendait ses hurlements, il la voyait dans son lit d'hôpital. La chape de plomb était revenue une fois que le sentiment de soulagement s'était estompé, alourdissant son cœur d'une peine qu'il s'efforçait de garder pour lui.

Epuisé, il finit par s'assoupir, bercé par la respiration d'Hermione.

Un hurlement perçant le fit brutalement bondir de son lit. Il manqua tomber sur le plancher mais se stabilisa de justesse. Les yeux écarquillés de peur, il vit Hermione qui hurlait et se débattait dans les draps, toujours endormie. Ses cris étaient déchirants, et chacun d'eux était comme une blessure physique pour le jeune homme. Les mains tremblantes, Ron se précipita pour essayer de la calmer tandis qu'une cavalcade dans les escaliers indiquaient qu'elle avait réveillé la maisonnée.

_Hermione, Hermione, je suis là, calmes toi !

_Non, non, laissez-moi, je vous en supplie, laissez-moi !

Elle poussa un nouveau cri qui déchira la nuit, glaçant le sang de Ron. Bouleversé, il comprit alors qu'elle était en train de revivre sa torture. Au bord des larmes, il alluma la lumière et essaya tant bien que mal de garder ses petites mains dans les siennes tandis que, les yeux toujours fermés, elle se débattait de plus belle. Harry, Ginny, Mr et Mrs Weasley, en robes de chambres et pyjamas, blêmes et échevelés, surgirent dans la chambre, baguettes pointées en avant. Ron leur jeta un regard désemparé, tout en continuant à parler à Hermione.

_Hermione, mon amour, Hermione écoutes moi, réveilles toi, ce n'est qu'un cauchemar, un cauchemar, réveilles toi s'il te plait, ouvres les yeux…

Il se maudit quand il entendit les tremblements dans sa voix. Il devait être fort, pour elle, il ne devait pas craquer. Savoir qu'elle revivait en ce moment même les douleurs qu'elle avait vécues le plongeait dans un profond désarroi. Sa mère s'assit sur le rebord du lit avec un air soucieux et essaya aussi de saisir Hermione, en vain.

_Elle a pourtant pris sa potion, ce n'est pas normal, s'exclama-t-elle tandis qu'un nouveau cri de douleur s'échappait des lèvres de la jeune femme.

Harry semblait choqué et incapable du moindre mouvement, Mr Weasley paraissait perdu et ne savoir que faire de ses mains et de sa baguette, Ginny, elle, était partie en courant chercher sa mallette et se précipita au chevet d'Hermione. Elle sortit une petite fiole, la déboucha et après plusieurs tentatives, réussit à une glisser une goutte sur la langue de son amie. Hermione toussa violemment pendant quelques minutes, puis soudain, ouvrit de grands yeux perdus, affolés. Haletante, en sueur, elle se redressa et fixa sans comprendre les mains de Ron qui maintenaient fermement les siennes.

_Ron ?

Sa voix était faible, cassée. Ron relâcha ses mains et la prit dans ses bras.

_Chhh, tout va bien, je suis là…

Elle releva la tête et sembla enfin remarquer la présence des autres. Ses yeux s'embuèrent.

_Oh je suis tellement désolée, je vous ai réveillés, je suis vraiment désolée…

Mrs Weasley soupira tristement et lui caressa tendrement les cheveux.

_Oh ma chérie, tu n'as pas à être désolée, c'est moi qui suis navrée que la potion n'ait pas eu l'effet escompté…

Ron sentait la jeune femme trembler contre lui. Chaque cauchemar qu'elle faisait le réduisait à un état d'impuissance qu'il supportait mal. Quand elle était en proie à ses souvenirs, plus rien n'avait de prise sur elle, comme si sa douleur la rendait inaccessible, comme si rien ne pouvait la sauver. Et cette simple idée lui était insoutenable.

Ginny soupira en refermant sa malle.

_Hermione, tu as déjà le dosage maximal des potions anti-rêves, je t'avoue que je ne sais pas quoi te donner d'autres… J'en parlerai à Sainte Mangouste demain…

Hermione hocha faiblement la tête. Mrs Weasley se leva.

_Retournons au lit les enfants, Hermione, est-ce que tu voudrais une tasse de thé ? Une tisane ?

La jeune femme secoua la tête.

_Non, non merci Molly… souffla-t-elle.

Ils sortirent un à un, Harry hésita puis alla déposer un baiser sur le front de son amie. Il savait ce que c'était que d'être en proie aux cauchemars à peine les yeux fermés, mais là, cela allait au-delà. Il avait eu un aperçu de ce qu'avait vécu Hermione. L'avoir entendue hurler il y a quelques années au manoir des Malefoy, constater ensuite les dégâts, tout ceci était en deçà du fait de la voir se tordre de douleur en hurlant. Même s'il ne s'agissait que d'un cauchemar, cet aperçu avait été comme une gifle.

Une fois la porte refermée sur Harry et l'obscurité revenue, Ron s'allongea, en gardant toujours Hermione serrée contre lui.

_Dors maintenant, dit-il dans un murmure de peur de trahir les larmes qui menaçaient de déborder.

Ils restèrent un long moment allongés sans un mot, la respiration d'Hermione s'apaisa et devint régulière, tant et si bien que Ron crut qu'elle s'était rendormie. Mais la jeune femme se mit à parler.

_Ron… Pardon, pardon pour tout ça, pour ne pas avoir pris tout ça au sérieux, pour ne pas avoir été prudente…

Ron déglutit et resserra son étreinte sans pouvoir répondre. Il s'efforça de calmer les sanglots qu'il sentait poindre.

_Je n'étais pas là, je n'étais pas là pour te protéger Hermione, c'est moi qui te demande pardon, j'avais juré de ne plus jamais t'abandonner, et pourtant c'est ce que j'ai fait, ils t'ont torturée et je n'étais pas là pour te protéger…

Il sentit Hermione se tendre et se relever en échappant à ses bras. Elle leva des yeux peinés vers lui.

_Ron, c'est faux, tu ne m'as pas abandonnée…

Le jeune homme secoua la tête. La boule dans sa gorge ne faisait que grossir et chaque mot menaçait de faire rompre le barrage qu'il s'efforçait de maintenir en lui.

_Hermione, je t'aime, par Merlin je t'aime tellement que ça me fait peur, j'ai peur de ne pas être à la hauteur… Et je t'ai une fois de plus abandonnée, j'aurais dû être avec toi, j'aurais dû les empêcher de te faire du mal, je… Je t'ai laissée tomber, encore une fois…

Il sentit une larme rouler sur sa joue alors il se tut. Hermione était effarée.

_Ron, tu penses encore à ça ?

Devant l'absence de réponse du jeune homme, Hermione soupira et posa une main sur ses genoux.

_Ron, je t'ai pardonnée il y a longtemps maintenant, quand est-ce que tu vas te pardonner à toi-même ?

_Jamais… murmura Ron en la regardant avec gravité.

Hermione lui caressa la joue, essuyant au passage sa larme.

_Ron, tu nous as sauvés tellement de fois et de tellement de façons différentes… Tu n'as jamais hésité à te sacrifier pour nous, pourquoi est-ce que tu ne vois pas ce que je vois ? Un homme bon, fort et courageux…

_Mais si je ne vous avais pas abandonnés, peut être que nous n'aurions pas été dans cette forêt à ce moment-là, nous n'aurions pas été capturés, et peut être que tu n'aurais pas été torturée…

_Et peut être que tu n'aurais pas été là pour sauver Harry et détruire le médaillon, répliqua Hermione.

Ron ne put s'empêcher de sourire, il aimait voir cette Hermione là, celle qui avait toujours le dernier mot, celle qui ne se laissait pas démonter. La jeune femme se blottit de nouveau contre lui.

_Hermione, qu'est-ce que je peux faire pour t'aider ?

_Arrêter de te torturer l'esprit ?

_Je suis sérieux… marmonna le jeune homme.

Hermione se tut un instant, pour souffla, si doucement que Ron faillit ne pas l'entendre.

_Restes juste avec moi…

Elle avait peur. Peur de s'endormir et de replonger dans ses cauchemars, de revivre chaque scène, chaque torture, dans les moindres détails, jusqu'à avoir l'impression de sentir de nouveau le Doloris déchirer chaque cellule de son corps. Et elle ne pouvait nier cette angoisse qui l'habitait depuis son réveil. Celle de tomber à nouveau dans un piège qui la renverrait dans les mains de ses bourreaux. Si un simple élève avait réussi à endormir sa méfiance et celle des Aurors, comment ne pas scruter le moindre visage avec anxiété, comment ne pas sursauter au moindre bruit suspect… Elle s'exhortait au courage, elle avait toujours affronté les dangers avec bravoure auprès de Ron et Harry, alors la simple idée de se trouver réduite à une pauvre fille incapable de prendre soin d'elle était une idée qui la révulsait.

Elle devait reprendre les choses en main, ils avaient gagné sur son corps, qui avait dû se reconstruire morceau par morceau, mais elle ne les laisserait pas gagner sur son âme. Ron était là, les Weasley, Harry et tous leurs amis…Elle avait de la chance et elle en était consciente.

Lorsqu'elle sentit la fatigue alourdir à nouveau ses paupières, elle ne lutta pas, à quoi bon, et se laissa glisser lentement dans le sommeil.

Lorsque Ron sentit le corps de la jeune femme se détendre, il sut qu'elle s'était endormie. Les médecins leur avaient dit qu'il faudrait du temps pour apaiser le traumatisme subi, Hermione s'était déjà montrée exceptionnellement forte, mais cela il n'en avait pas douté. Pourtant, il n'oublierait jamais les images d'Hermione torturée, et il savait à cet instant qu'il ne trouverait certes jamais la paix, car il lui était impossible d'accepter ce qui c'était passé, mais qu'il ferait tout pour retrouver l' « Héritier », même si ce devait être la dernière chose qu'il ferait dans sa vie.