Coucou ! Un nouveau chapitre pour la route ! J'ai pas mal écrit ces derniers temps et ce chapitre était initialement plus long, mais j'ai finalement préféré le couper en deux et vous poster la suite un peu plus tard ! Ne me maudissez pas hein en tout cas, les reviews sont évidemment les bienvenues, j'adore lire vos impressions !
Et une mention spéciale pour Justine, merci mille fois !
Merci de me lire et bonne lecture !
Arrivé devant le Terrier, Ron hésita puis tourna les talons pour se diriger vers les champs. Les blés lui arrivaient jusqu'aux coudes et frémissaient sur son passage, il avançait, sans savoir où il allait, s'éloignant juste de la maison biscornue où l'attendait Hermione. Il n'était pas prêt. A la voir, à affronter son regard aimant, pas après ce à quoi il venait d'assister. Il avait manqué à son devoir, quel genre d'homme se montrait aussi incapable de protéger les siens ? Il arriva au sommet d'une petite colline qui surplombait une étendue de champs balayés par le vent, lequel aplatissait impitoyablement les hautes herbes. Il faisait presque nuit, et de lourds nuages noirs et menaçants assombrissaient d'avantage le temps.
Il avait envie de hurler sa colère au monde entier, de laisser libre court à sa rage. Il avait toujours été colérique, il en était conscient, mais cette fois ci, c'était comme un feu destructeur qui le rongeait de l'intérieur. Sa famille avait tant sacrifié à cette guerre, il avait tant sacrifié, il avait enterré un frère, failli perdre son meilleur ami, et à présent, la femme qu'il aimait avait souffert au-delà de l'imaginable et était en danger constant, et il ne pouvait rien faire pour changer ça… Il aurait voulu trouver un retourneur de temps, et repartir dans le passé, d'abord au manoir des Malefoy, pour tuer Bellatrix et l'empêcher de laisser libre court à sa démence et sa cruauté sur Hermione, puis il sauverait son frère, le mettant à l'abri, et il traquerait tous les Mangemorts et les éliminerait un par un afin qu'aucun d'eux ne s'en prenne à Hermione… Seulement, c'était impossible. Il entendit un bruissement derrière lui, indiquant que quelqu'un avançait vers lui. Bill approcha doucement et contempla avec Ron la vue magnifique que leur offrait la colline. Le temps orageux faisait ressortir les couleurs des champs et des arbres qui composaient le paysage. Au loin, ils pouvaient apercevoir le toit de la demeure des Lovegood.
_Comment as-tu su que j'étais là ? finit par demander Ron, la voix rauque.
_Maman t'a vu arriver… Je savais que tu serais là, on aimait bien venir s'asseoir ici et discuter quand tu étais encore à Poudlard et que je venais vous rendre visite…
Ron hocha silencieusement la tête. A l'époque, il n'était qu'un adolescent qui devait affronter une guerre qui le dépassait de loin mais dans laquelle il avait foncé tête la première par amitié…et par amour…
_Tu me parlais souvent d'elle, tu disais qu'elle était agaçante et la minute d'après tu me disais que c'était la personne la plus incroyable que tu connaisses… Et tu avais cet air quand tu parlais d'elle, tu as toujours cet air quand tu parles d'elle d'ailleurs… Ron, je suis désolé que tu aies à vivre tout ça…
Bill regardait son jeune frère avec une émotion visible. Il n'aimait pas lire la souffrance dans le regard de Ron, le voir rongé par la colère et une culpabilité qui n'était pourtant pas sienne. Il aurait aimé revoir le petit garçon jovial aux folles mèches rousses, mais au fur et à mesure des années, au fur et à mesure que les personnes qu'il aimait étaient exposées au danger, il s'était assombri, pourtant Bill savait que le Ron prêt à rire de tout était encore là, il espérait simplement que la vie l'épargnerait afin de ne pas éteindre cette lueur.
_Ron, que s'est-il passé ? Hermione n'a rien voulu dire, Harry a transplané quelques minutes après toi, il avait l'air bouleversé, puis quand il a vu Hermione, il s'est mis à pleurer… Je ne l'avais jamais vu ainsi…
Ron sentit ses propres larmes lui bruler les yeux. Quels mots mettre sur l'horreur à laquelle il venait d'assister ? Etait-ce seulement descriptible ? Les images se suffisaient à elles-mêmes, il n'aurait pas pu raconter…
_Nous avons vu… Nous les avons vus l'interroger… La Pensine…
Sa voix se brisa et les larmes s'échappèrent. Glacé d'effroi, Bill passa un bras autour des épaules de son jeune frère, secoué de sanglots. Un grondement de tonnerre effraya une nuée d'oiseaux qui les survolèrent en piaillant.
_Ron, tu n'y es pour rien, tu ne peux pas sauver tout le monde, les seuls responsables ce sont eux…
_J'ai sauvé un tas d'inconnus depuis que je suis Auror, et je suis incapable de protéger…de la protéger… lâcha Ron, le visage caché dans ses bras.
_Ron, ne laisses pas la culpabilité t'aveugler, tu fais tout ce qu'il faut, mais tu ne peux pas la protéger de tout, je suis désolé, c'est comme ça… Hermione est forte, elle se remettra, elle a déjà commencé à se remettre… Vous devez être là, vous devez vous battre pour éliminer cette menace… Et tu le sais, Georges et moi, nous sommes prêts à vous aider, Ginny aussi, et Charlie n'hésitera pas non plus… Nous sommes tous avec vous…
Ron lui lança un regard chargé de reconnaissance. Il réalisait pleinement la chance qu'il avait d'être entouré par sa famille, en dépit de ce qu'il avait dit à Hermione. Et il comprenait mieux le point de vue de celle-ci quand elle lui parlait de son enfance.
Lorsqu'ils retournèrent au Terrier, Hermione les attendait devant la porte, scrutant le champ qui lui faisait face. Elle parut soulagée lorsqu'elle vit Bill en surgir, suivi par Ron. Bill la dépassa en lui adressant un sourire empreint de compassion et entra dans la maison. Ron s'immobilisa à quelques pas d'elle, il semblait en proie à un débat intérieur et ne quittait pas la jeune femme des yeux. Celle-ci parcourut les quelques mètres qui les séparaient, en boitant, et lorsqu'elle arriva enfin à son niveau, elle leva un regard inquiet vers lui.
_Ron… Est-ce que ça va ?
Ron retint un soupir. Comment pouvait-elle se soucier de lui alors qu'elle… Les images s'imposèrent à nouveau dans son esprit, et sa vue se brouilla une nouvelle fois. Hermione porta une main légèrement tremblante à son visage et la posa sur sa joue avec une infinie tendresse. Il ferma les yeux à ce contact.
_Je suis désolé, souffla-t-il en posant sa main sur la sienne.
_Oh, Ron, voilà pourquoi je ne voulais pas que tu regardes, je savais que tu t'en voudrais… Ron, tu n'y es pour rien… S'il te plait, ne t'en veux pas, je ne le supporterais pas…
_Hermione… Ce que j'ai vu… Ce qu'ils t'ont fait… Je te fais le serment qu'ils paieront, tous sans exception…
Il avait ouvert des yeux dont le bleu avait presque viré au gris acier, tant sa rage était palpable. Hermione n'eut pas le temps de protester, Harry apparut derrière eux, le visage tiré.
_Ron, Kingsley m'a envoyé pour te ramener, nous avons du travail…
Le jeune homme hocha la tête puis se pencha vers Hermione pour poser ses lèvres sur les siennes. Il noua ses bras autour de sa taille et la souleva légèrement du sol. Lorsqu'ils se séparèrent, il lui déposa un baiser sur le front.
_Je dois y aller…
_Sois prudent, s'il te plait…Reviens moi en un seul morceau…
Elle regarda Harry et ajouta.
_Veillez l'un sur l'autre, ne prenez pas de risques inconsidérés, ça n'en vaut pas la peine…
Les deux amis se regardèrent, interloqués.
_Ne dis plus jamais que ça n'en vaut pas la peine Hermione, plus jamais tu entends ! s'exclama Harry avec colère.
Ron lui attrapa le menton et lui tourna la tête vers lui avec douceur. Les yeux de la jeune femme brillaient de larmes.
_Hermione, tu es la personne la plus incroyable, la plus forte, la plus brillante et la plus belle que je connaisse, tu es inestimable, et si nous devons les traquer jusqu'au bout du monde, nous le ferons…
_Alors je viendrai avec vous ! répliqua la jeune femme en se ressaisissant.
_Tu es blessée Hermione, et tu es leur cible, tu sais comme moi qu'il en est hors de question ! Et je ne pourrais pas me concentrer sur une mission si je te sais exposée !
_Tu l'as déjà fait, lorsque nous recherchions les horcruxes, et pendant la bataille… Et je suis la première concernée !
Ron secoua la tête, coupant court à la conversation. La jeune femme poussa un soupir exaspéré.
_Par Merlin, ce que tu es borné !
_J'ai du sang irlandais, ne l'oublies pas, rétorqua le jeune homme avant de lui déposer un léger baiser sur les lèvres.
Il se dirigea avec Harry vers la clôture et ils transplanèrent alors même que les premières gouttes de pluie s'écrasaient sur le sol.
….
L'orage avait éclaté dans tout le pays, comme une annonce en fanfare de l'été qui commençait… Le chemin de Traverse était vide, des torrents d'une pluie boueuse dévalaient les rues, les rares personnes qui étaient encore dehors en cette heure indue avaient trouvé refuge dans les pubs les plus proches. Dans une ruelle faiblement éclairée par un réverbère, dont la lumière hésitante semblait sur le point de s'éteindre, Ron attendait, tapis dans l'obscurité d'un renfoncement. Le visage à l'abri d'une large capuche, il était aux aguets. Ses sens en alerte captaient chaque son, chaque mouvement, chaque odeur. Le bruit étouffé d'une conversation, la course précipitée d'un rat dont il ne percevait que le regard rougeâtre dans le noir, l'odeur de soufre qui caractérisait ce côté-là du quartier. Il savait que Harry et Seamus étaient proches, prêts à bondir au premier signal. Ils avaient passé des heures à analyser de manière poussée chaque image des souvenirs d'Hermione, analyse menée par Kinglsey lui-même, soucieux d'éviter à ses hommes le revisionnage de ces images insoutenables. Et une description avait frappé Ron et Harry au même moment. Le Mangemort qui avait giflé Hermione portait un tatouage sur le dos de la main. Un pentagramme entouré d'un serpent qui se mordait la queue. Un tatouage qui leur parut étrangement familier, et il leur suffit d'un regard échangé pour que ça leur revienne : l'un des libraires qu'ils avaient interrogé, pour retrouver Hermione après son escapade sur le chemin de Traverse, avait le même tatouage. Ils avaient rapidement trouvé son nom et son adresse. Il ne restait plus qu'à attendre… L'un des indicateurs de Seamus leur avait fait savoir que cet homme était rentré la veille même d'un long séjour…
Ron sentait l'adrénaline courir dans ses veines et la rage tendre chacun de ses muscles. Ses doigts étaient si serrés autour de sa baguette que ses articulations étaient blanches et douloureuses… Mais peu importait, l'envie d'en découdre était bien trop violente, bien trop pressante.
Un bruit de pas attira son attention. Il se colla d'avantage contre le mur ruisselant de pluie et plissa les yeux vers la silhouette qui approchait avec empressement. Un homme, enveloppé dans une cape, la capuche rabattue sur sa tête, une démarche claudicante… Ron sentit son cœur s'emballer, et se tint prêt. L'homme approcha de la porte et un bruit de clefs se fit entendre. La foudre éclaira brièvement la main tendue vers la serrure, et il aperçut aussitôt le tatouage. Ron n'attendit pas d'avantage. Il bondit sans un bruit et pointa sa baguette vers l'homme, lequel se jeta au sol en brandissant sa baguette à son tour.
_Expelliarmus ! hurla Ron.
_Protego ! Stupefix !
Ron esquiva habilement le sort et se jeta à mains nues sur le Mangemort, qui, pris par surprise, laissa tomber sa baguette au sol avec un cri de colère. Harry et Seamus avaient surgi à leur tour, et pointaient leurs baguettes sur eux, essayant tant bien que mal de suivre le combat malgré l'obscurité ambiante brièvement éclairée par l'orage, sans oser lancer un sort de peur de toucher Ron. Celui-ci poussa un cri de rage et finit par parvenir à projeter l'homme au sol. Il le saisit par le col et écrasa son poing sur sa figure en le retenant par le col.
_Ca, c'est pour la gifle, siffla-t-il à son oreille avant de le stupefixer.
Harry dut se contenir pour ne pas faire la même chose. Il échangea un regard avec Ron. Essoufflé, la lèvre en sang, le jeune homme rabattit sa capuche et ils finirent par laisser Seamus transplaner avec le Mangemort, le suivant de près.
…..
_Hermione, tu dors ?
La jeune femme se tourna sans son lit avec un soupir et fixa le plafond.
_Non, je n'y arrive pas…
A l'extérieur, un temps d'apocalypse faisait rage, le tonnerre faisait régulièrement trembler les murs de la chambre, et les éclairs projetaient des ombres inquiétantes au plafond. L'orage grondait et semblait ne devoir jamais finir. Hermione n'aurait pas pu dormir de toutes les manières. C'était la première nuit qu'elle passait sans Ron depuis son retour de l'hôpital, et elle supportait mal le vide à côté d'elle. Ginny et elle avaient décidé de partager la même chambre pour la nuit, et Hermione avait l'impression d'être revenue des années en arrière, quand elle dormait dans la chambre de Ginny à chaque séjour au Terrier tandis qu'Harry héritait du lit de camp de la chambre de Ron. Elles avaient passé des heures à chuchoter entre elles, Ginny parlant d'Harry et elle-même de Ron… Elle sourit à ce souvenir.
_Tu te souviens quand tu m'as demandée si Harry avait vraiment une cicatrice en forme d'éclair sur ses…
_Oh ça va ! Fred et Georges m'avaient juré l'avoir vu dans les douches des vestiaires après les matchs de Quidditch ! se défendit Ginny avant d'éclater de rire.
_Cela dit, maintenant je sais que c'est faux ! ajouta-t-elle en riant de plus belle.
Hermione se mit à rire elle aussi, toujours allongée sur le dos puis elle fit mine de vomir.
_Tu sais qu'il y a des choses que je préfère ignorer hein ! Tu n'aimerais pas que je te demande quelque chose au sujet de Ron et de son… Bref !
_Dois-je te rappeler que tu m'as harcelée pendant un certain temps au sujet du tatouage de Ron justement ! lui rappela son amie avec un sourire malicieux.
Hermione sentit ses joues s'enflammer.
_C'était de ta faute, si tu n'avais pas raconté cette histoire de tatouages !
Elles rirent de bon cœur. Hermione dut faire un effort pour ne pas gémir de douleur. Mais la foudre éclaira son visage à ce moment-là, et Ginny se releva aussitôt sur un coude.
_Hermione, ça va ? Tu as l'air crispée, tu as mal ? s'enquit-elle sur un ton soucieux.
La jeune femme soupira en reprenant contenance.
_Ça va Ginny, je t'assure…
Ginny secoua la tête avec un claquement de langue impatient.
_Hermione, enfin, arrêtes de vouloir jouer les braves, nous le savons tous que tu es courageuse, ça ne veut pas dire que tu n'as pas le droit d'avoir mal, particulièrement après ce qui…ce qui t'es arrivée…
Hermione ne répondit pas. Elle avait effectivement toujours eu le sentiment de ne pas devoir faillir, d'être celle qui devait tenir bon, un pilier, sur lequel ses amis pouvaient compter, elle avait toujours mené plusieurs combats de front, enchainant les heures de travail sans jamais se plaindre, elle avait toujours eu cette impression de devoir prouver sa valeur en travaillant deux fois plus, peut-être parce qu'elle était une fille, la seule fille d'un trio qui attirait tous les regards, des regards, féminins surtout, dans lesquels elle avait trop souvent le sentiment de lire de l'incompréhension. Pourquoi l'Elu et un Weasley, populaire même si c'était malgré lui, perdaient-ils du temps avec une Née Moldue pas spécialement jolie et trop intelligente pour être de bonne compagnie ? Révoltée, elle travaillait d'arrache-pied pour légitimer son appartenance au trio. Se rendant indispensable par son érudition et son bon sens.
_Je ne sais pas… finit par dire Hermione, être la seule fille coincée entre l'Elu et ton frère qui ne se rendait même pas compte que les filles se pâmaient sur son passage, disons que ce n'était pas forcément facile…
Ginny ricana et s'assit en croisant ses longues jambes.
_Tu oublies que tu parles à la cadette d'une famille qui comportait six garçons jusque-là ! Alors crois-moi, je sais ce que c'est de devoir faire ses preuves !
Hermione sourit, Ginny avait raison, elle était la mieux placée pour comprendre ce sentiment. Entre les aînés charismatiques, les jumeaux farceurs et Ron surprotecteur, elle imaginait sans mal à quel point son amie avait dû jouer des coudes pour faire sa place au même titre que les autres, mais heureusement pour cela, elle avait hérité du tempérament de sa mère !
Ginny se leva soudain de son lit.
_Bon je vais te préparer une autre potion ! Des côtes cassées c'est très douloureux et très long à guérir, tu ne vas pas souffrir comme ça longtemps sans rien nous dire !
Elle revint quelques instants après avec une tasse dans laquelle elle mélangeait vigoureusement une mixture verdâtre dont la simple odeur arracha une grimace de dégoût à Hermione.
Mais elle la bût sans rechigner.
_Il faudra que je remercie le professeur Chourave pour ces décoctions…
Ginny hocha la tête et attendit qu'Hermione avale la totalité du breuvage. Puis elle reprit la tasse, souffla « tergeo » en pointant sa baguette pour la nettoyer avant de la poser sur le bureau et de retourner dans son lit. Elle reprit sa position initiale et Hermione s'allongea. Il y a eu un court silence, dominé par le martèlement de la pluie sur la maison.
_Ce sera le 31 juillet…
Hermione porta son regard sur son amie, croyant avoir mal entendu, les yeux agrandis par la surprise, puis par la joie. Elle avait immédiatement compris de quoi parlait Ginny.
_Oh, je suis tellement heureuse pour vous ! s'exclama-t-elle, les larmes aux yeux, en s'asseyant avec précaution. Mais par Merlin, ça va vite être là ! C'est dans moins de deux mois ! Ta mère va être dans tous ses états !
Ginny haussa les épaules. Dehors la pluie avait redoublé tandis que les coups de tonnerre s'espaçaient un peu.
_On ne le lui a pas encore annoncé, on aimerait profiter de nos derniers instants de paix !
Hermione ne put s'empêcher de rire, légèrement honteuse. Mrs Weasley était comme une mère pour Harry et elle-même.
_Et… Hermione, est-ce que tu voudrais bien être ma demoiselle d'honneur ?
_Oh, Ginny ! Bien sûr, j'en serais honorée !
Elle voulut se lever, mais découragée par la douleur lancinante de ses côtes, elle tendit les bras vers Ginny, qui vint l'embrasser et s'assit à côté d'elle.
_Je vais demander à Luna aussi !
_Ta tante Muriel va surement apprécier, une née moldue et une Lovegood !
Ginny sourit de toutes ses dents.
_Justement !
Elles rirent ensemble puis Ginny retourna s'allonger. Au bout de quelques instants, la voix d'Hermione s'éleva à son tour, plus faible et plus tremblante qu'elle ne l'avait voulu.
_Tu crois qu'ils vont bien ?
_J'en suis sure… Ils doivent aller bien de toutes façons, parce qu'il est absolument hors de question qu'ils aient survécu à Voldemort pour se faire tuer par des Mangemorts à moitié Troll !
Hermione se pelotonna sous sa couverture. Elle avait un besoin viscéral de Ron, il avait une telle influence sur elle, en l'espace de quelques minutes il pouvait la faire fondre de tendresse la faire rire, la mettre en colère, la surprendre, jamais elle ne se sentait exister autant qu'en sa présence.
Alors Ginny avait raison, oui, ils devaient aller bien, il devait aller bien…
….
Ron se passa la main dans les cheveux une énième fois. L'orage semblait se calmer à l'extérieur, mais il avait perdu la notion du temps et n'aurait su dire l'heure qu'il était. Harry, les pieds croisés sur son bureau, somnolait dans son siège, bras croisés et la tête renversée en arrière. Ron haussa un sourcil et soupira. Au moins, il avait la consolation de voir son ami dormir paisiblement sans grimacer ou hurler de douleur en se tenant sa cicatrice. Il ne put s'empêcher de sourire en voyant un filet de bave au coin de la bouche d'Harry, lequel sembla sentir le poids de son regard puisqu'il sursauta soudain et regarda autour de lui avec un air ensommeillé et hagard.
_Ca y est, c'est fini ? demanda-t-il avec une voix pâteuse.
Ron secoua négativement la tête.
_Toujours pas, maugréa-t-il, si nous nous en étions occupés nous-mêmes, ce serait probablement fini…
_Et tu serais probablement suspendu pour violence envers un prisonnier… commenta Harry en se frottant les yeux.
Puis il se leva et s'étira tandis que Ron s'était réfugié dans un silence boudeur.
_Crois-moi, c'est mieux comme ça, tu n'aurais pas pu te contenir, et il y a de bonnes chances pour que moi non plus ! Kingsley sait ce qu'il fait, Seamus et lui auront tôt fait de lui faire cracher le morceau.
Ron ne répondit pas mais poussa un soupir éloquent en se passant de nouveau la main dans les cheveux.
_Tu vas finir chauve à ce rythme… Un café ? Un thé ?
Le jeune homme refusa d'un geste de la main et replongea dans ses pensées. La plupart étant tournée vers Hermione, vers la femme époustouflante qui avait accepté de l'épouser… Dire que pendant des années, il avait refusé en bloc ses sentiments, les enfouissant au plus profond de lui-même, persuadé qu'ils ne seraient que source de souffrance puisqu'à sens unique… Et aujourd'hui, elle avait accepté de porter son nom, d'être liée à lui aux yeux du monde. Il osait à peine y croire, et en même temps, il était terrifié, ces derniers mois avaient été cauchemardesques, comme si une ombre maléfique avait décidée de s'étendre sur leur avenir.
_Ron, est-ce que tu es libre le 31 juillet ? demanda soudain son ami entre deux gorgées de thé.
Ron fronça les sourcils puis sourit.
_Je serais probablement occupé à fêter ton anniversaire mon vieux, pourquoi ?
_Je risque d'avoir besoin d'un garçon d'honneur ce jour-là…
Ron bondit sur ses jambes pour donner une accolade à Harry en riant.
_C'est formidable Harry ! J'en serais honoré, vraiment !
_Je sais que le moment n'est pas idéal, mais bon, je crois qu'avec ces derniers évènements, les moments idéaux vont manquer !
_Hum…
Harry sourit au nouvel arrivant.
_Neville, je croyais que tu étais en repos forcé après ta blessure en Ecosse, ton bras va mieux ?
Ron sortit de sa rêverie concernant son propre futur mariage et regarda à son tour. Neville les fixait avec de grands yeux arrondis par ce qui semblait être de la stupeur. Il était plus pâle que d'ordinaire et Harry remarqua soudain qu'il portait encore ses chaussons aux pieds.
_Heu…Neville ? Tout va bien ? Luna et les enfants vont bien ? s'inquiéta soudain Ron.
Neville hocha la tête en silence et s'écarta de l'entrée pour laisser passer une personne que sa haute silhouette avait dissimulée jusque-là. Harry écarquilla les yeux, hébété, tandis que Ron sentit son cœur manquer un battement et l'adrénaline soudain pulser dans ses veines.
Narcissa Malefoy.
