Et hop, une petite suite pour la route, pleins d'idées en stock, mais chaque chose en son temps
Merci de me lire et merci de laisser des reviews, c'est un peu le moteur des auteurs de fanfictions je dirais
Kate : je suis aussi une guimauve ! looool ! pour la bague, il a pris celle qu'il avait acheté pour Hermione, les autres étant les diverses bagues de la famille qui ont obéi au sort en venant aussi à lui merci beaucoup de ton message !
Charliee3216 : je suis une grande fan de JKR et je veux que ma fiction soit la plus fidèle possible à son univers (à l'exception de Luna que je veux définitivement voir avec Neville !), donc oui, tout finira bien ! merci beaucoup de ta review !
Bonne lecture !
_Allez ! On se lève ! Debout !
Hermione grogna en enfouissant son visage dans l'oreiller de Ron. Il était parti à l'aube, et elle avait aussitôt enfilé un de ses tee-shirt et pris sa place pour dormir encore un peu. Merlin, son odeur lui donnait tellement envie de l'avoir avec elle et de ne plus jamais le lâcher… Elle grogna de plus belle alors que Ginny ouvrait les volets dans un geste théâtral.
_Allez, Hermione, nous avons une journée chargée et…
Hermione s'était assise et Ginny s'interrompit en fixant son tee-shirt orange avec un air narquois.
_Je ne te savais pas aussi sentimentale…
Hermione, les cheveux ébouriffés, l'air ensommeillé, la foudroya du regard. Ginny se mit à rire puis tira les draps, découvrant les jambes d'Hermione qui protesta d'un cri.
_Allez, lèves toi ! Nous avons à faire aujourd'hui !
_Tu ne devais pas travailler aujourd'hui ? soupira la jeune femme en se levant.
Elle avait espéré elle-même se remettre à travailler, du moins en restant au Terrier. Elle devait garder son esprit occupé, ou elle finirait par devenir folle en imaginant les pires scénarios auxquels Ron et Harry pourraient être confrontés durant leur mission en Albanie. Elle avait escompté des jours à rattraper son retard sur un nouvel amendement sur la protection des Licornes, sur la réorganisation de l'aide aux Elfes libres, sur la restitution d'objets volés aux Gobelins, mais surtout, sur un moyen de définitivement empêcher l'Héritier de parvenir à ses fins. Travailler lui manquait, elle en avait assez de cette convalescence qui lui donnait le sentiment d'être emprisonnée dans son propre corps. Lorsqu'elle pensa au retard accumulé, elle sentit une angoisse familière l'envahir.
Ginny secoua la tête avec un sourire qui lui mit du baume au cœur.
_Aujourd'hui, je ne travaille pas, nous allons nous occuper de l'évènement du siècle, à savoir, mon mariage avec Harry !
Hermione sentit son humeur remonter d'un cran.
_Oh Ginny, c'est si merveilleux ! Tu aurais imaginé ça il y a quelques années ? Harry et toi sur le point de vous marier !
Ginny ne répondit pas, elle fixait la main d'Hermione avec des yeux si ronds que la jeune femme crut pendant un instant qu'ils allaient finir par sortir de leurs orbites et rouler au sol. Ginny poussa un cri suraigu et se jeta au cou d'Hermione qui gémit de douleur.
_Par Merlin ! Tu comptais me le dire quand ! s'écria-t-elle en s'écartant et en levant la main gauche d'Hermione sous leurs nez.
Hermione rougit et se dandina nerveusement.
_Il m'a fait sa demande cette nuit, enfin techniquement, il m'avait déjà fait sa demande, mais cette fois ci, il avait une bague…
_Je n'arrive pas à y croire ! Ronald Weasley a réussi à aligner plus d'une phrase !
_Ginny ! réprimanda Hermione en fronçant les sourcils.
_Excuses moi, j'aime mon frère bien sûr, mais on ne peut pas dire que ce soit le roi de la communication quand il s'agit de sentiments!
_Il a bien changé sur ce point, répliqua Hermione, les joues d'un rose soutenu.
Ginny lui retourna un sourire éclatant.
_C'est fabuleux ! Maman va pouvoir bondir de joie maintenant que c'est officiel, elle s'est retenu pendant des semaines, j'avais parié avec George qu'elle vous sauterait dessus au bout de quinze jours, j'ai perdu dix Gallions !
Elle grimaça et Hermione éclata de rire.
_Mais j'y pense ! Nous pourrions peut-être nous marier le même jour !
Ce fut au tour d'Hermione de grimacer. Elle connaissait Ron, et elle savait qu'il n'apprécierait pas l'idée de voir son mariage dans l'ombre de celui de l'Elu, il voudrait son propre jour, son moment de gloire… De plus, il était hors de question de se marier tant que ses parents ne seraient pas de retour sain et sauf.
_Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée…
Ginny perdit son sourire au profit d'une moue déçue.
_Ron voudra surement avoir son jour, et mes parents sont encore loin… s'empressa d'expliquer Hermione.
Ginny hocha la tête avec compréhension. Puis elle tapa dans ses mains.
_Bon, quoiqu'il en soit, aujourd'hui, nous allons au chemin de Traverse, Maman connaît quelques boutiques de mariage !
Hermione observa son amie avec un sourire amusé.
_Tu m'as l'air bien enthousiaste, toi qui déteste faire les magasins !
Ginny haussa les épaules en se dirigeant vers la porte.
_Je me dis qu'il vaut mieux que je prenne les choses en mains si je ne veux pas me retrouver affublée d'une robe meringue comme une vulgaire poupée !
Lorsqu'Hermione descendit à sa suite après s'être douchée, elle arriva au beau milieu de ce qui semblait être une dispute entre Ginny et Mrs Weasley.
_Maman, tu pourrais y aller pour moi ! Je ne comprends pas pourquoi tu tiens à ce que je vienne avec toi !
Mrs Weasley posa une pile d'assiettes un peu brusquement sur la table, et la tasse de thé d'Hermione se renversa. Elle essuya soigneusement la table tout en essayant de comprendre la conversation.
_Parce que c'est pour toi, parce que c'est SA tiare, et parce qu'il s'agit de TA tante !
Ginny leva les yeux au ciel.
_Mais elle ne m'aime pas ! Et de toute façon, je peux me passer d'une tiare !
_Tu dis des bêtises ! soupira Mrs Weasley en resservant du thé à Hermione qui lui sourit avec hésitation. Elle avait un air si féroce qu'Hermione n'osait pas ouvrir la bouche.
_Maman, elle ne se souvient jamais de mon prénom !
_Ginevra est ton prénom ! Ginny n'est qu'un surnom !
_Mais elle m'appelle Ginouina ! Ginouina, maman ! Ce n'est même pas un prénom !
Hermione vit les coins de la bouche de Mrs Weasley tressaillir, comme si elle s'empêchait d'éclater de rire.
_C'est arrivé une fois ! Ta tante est de plus en plus âgée ! répliqua-t-elle en agitant sa baguette vers une poignée de cuillères à thé qui s'empressèrent d'aller se ranger dans un ordre parfait dans leur tiroir.
_Ça arrive tout le temps maman ! Sauf quand au mariage de Bill, il a s'agit de faire remarquer devant tout le monde que mon décolleté ne lui convenait pas, là, oui, elle se souvenait très bien de mon prénom ! protesta Ginny.
_Ton décolleté était trop profond en effet, tu avais trafiqué ta robe jeune fille ! affirma sa mère.
Ginny lança un regard désespéré à son amie, laquelle plongea le nez dans sa tasse en évitant soigneusement de la regarder. Ginny plissa les yeux puis sourit soudain avec un air machiavélique.
_Mais maman, au fait, jettes un œil à la bague que Ron a offerte à Hermione !
Hermione émergea aussitôt de sa tasse, mortifiée, tandis que Mrs Weasley lâchait tout pour se précipiter sur elle et lui prendre la main. Elle écarquilla les yeux en voyant la bague glissée à son annulaire, et sa bouche s'arrondit de surprise. Ses yeux s'emplirent de larmes.
_Alors ça y est… Vous êtes fiancés…
Hermione répondit à ce murmure par un timide hochement de tête. Mrs Weasley la serra contre elle de toutes ses forces et la jeune femme se mordit la langue pour ne pas montrer sa douleur.
_Oh ma chérie, je suis tellement heureuse pour vous, et fière de vous ! J'ai toujours su que vous finiriez par vous marier, même si j'ai douté pendant un moment avec les articles que cette horrible bonne femme écrivait, comment s'appelait-elle déjà ? Ah oui, Rita Skeeter ! Pendant un moment j'ai cru que mes deux enfants auraient le cœur brisé à cause d'Harry et toi ! Entre Ron qui ne voyait que par toi et Ginny qui était déjà folle d'Harry !
Ginny rougit, et Hermione pensa à Ron avec un pincement au cœur. Elle se souvenait parfaitement que l'hostilité que Mrs Weasley avait manifesté à son égard cette année-là.
_Mais par Merlin, j'ai vite compris que cette Rita avait tout faux, il suffisait de vous voir tous les deux !
Elle regarda Hermione avec une telle tendresse que celle-ci se sentit gagner par la même émotion.
_Tu sais que tu fais déjà partie de la famille à nos yeux… Mais quel bonheur de pouvoir te compter officiellement parmi nous ! Oh, mon petit Ronny va se marier ! Il faut que tu viennes avec nous chez Muriel, elle sera ravie j'en suis sûre ! Nous irons ensuite chez Mrs Guipure et chez Brides&Groom…
Mrs Weasley retourna à l'évier après un dernier sourire ému et Hermione soupira, résignée. Sa dernière rencontre avec tante Muriel remontait à cinq ans auparavant, au mariage de Bill et Fleur, et l'expérience n'avait pas été très concluante. Ron l'avait rassurée en lui assurant que la tante Muriel n'aimait personne, mais elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une vive appréhension. Lorsque Mrs Weasley sortit étendre une lessive, Hermione se tourna vers Ginny.
_Je ne te remercie pas ! gronda la jeune femme.
_Il n'y a pas de raison que je sois la seule à subir tante Muriel, ce sera bientôt ta tante par alliance après tout, rétorqua Ginny.
_Elle ne m'aime pas beaucoup je crois… soupira Hermione.
Ginny haussa les épaules et lui sourit.
_Elle n'aime personne ! Elle avait même déshérité Fred et George, et il y a deux ans, elle a même dit à George « au moins maintenant, je ne risque plus de vous confondre ! »…
Ginny eut une moue dégoutée et Hermione la dévisagea, horrifiée.
_Elle a vraiment dit ça ?
Ginny hocha la tête avec la même mine écoeurée.
_Elle est horrible, et méchante, et sénile ! Et je me passerais bien de cette stupide tiare, mais maman dit que c'est la tradition !
Hermione se mit à se mordiller le pouce. Qu'allait penser tante Muriel du fait que son petit neveu au « sang pur » épouse une sorcière née moldue comme elle ? Elle était surement au fait des attaques dont elle était victime et elle était à peu près sure que la vieille femme serait tout sauf compatissante.
….
Lorsque Ron sentit ses pieds entrer en contact avec le sol, la première chose qu'il vit fut une grande étendue verte dominée par un ensemble de massifs montagneux dont les sommets rocheux disparaissaient presque derrière une légère brume. Il lâcha la vieille carafe qui avait servi de portoloin et se tourna vers Harry qui avait atterri à genoux et se relevait pour épousseter son pantalon. Ils réajustèrent leurs sacs à dos tandis qu'un homme venait vers eux, les bras ouverts. Grand et massif, il avait des airs d'Hagrid et leur sembla aussitôt sympathique.
_Bienvenue, bienvenue en Albanie ! dit-il avec un gros accent. Monsieur Potter, Monsieur Weasley, c'est un grand honneur pour nous de vous accueillir…
Il leur serra chaleureusement la main et les invita à le suivre.
_Nous allons devoir prendre un autre portoloin, ensuite nous poursuivrons à pied, votre camp est au sud du pays, vos collègues sont prévenus de votre arrivée… Quel honneur pour moi de vous guider ! Je m'appelle Djodar Saliran, je suis un gardien, l'équivalent des Aurors chez nous… dit-il en montrant sa robe rouge sombre… Nous avons suivi la guerre de près, nous savons tout ce que vous avez fait pour notre monde…. Monsieur Potter, ici les gens ne parlent que de vous, quand mes enfants sauront que je vous ai rencontré !
Le guide continua de déblatérer sur son admiration pour Harry. Amusé, Ron se pencha vers l'oreille de son ami et chuchota.
_Je crois qu'il est à deux doigts de te demander en mariage…
Harry grimaça et lui mit un coup dans l'épaule.
_Très drôle ! En parlant de ça, je vous ai vu Hermione et toi cette nuit…
Ron s'empourpra jusqu'à la racine des cheveux. Harry sourit de plus belle.
_Alors… Félicitations ?
Ron hocha la tête avec un sourire ébahi.
_Elle a dit oui, je n'arrive pas à le croire…On va se marier, tu te rends compte ? Elle a dit oui…Enfin, je crois, j'étais fatigué, je venais de me réveiller… Tu crois qu'elle a dit non et que j'ai mal compris ? Elle a peut-être dit non par Merlin !
Le sourire de Ron s'était transformé en une grimace affolée. Harry éclata de rire et leur guide les regarda avec un air interrogatif.
_Ron, tu es vraiment incroyable ! Bien sûr qu'elle a dit oui ! Elle doit attendre ça depuis au moins aussi longtemps que toi !
Ron eut l'air vaguement soulagé puis il se remit à sourire en revoyant le visage d'Hermione. Elle avait surement dit oui… Elle allait officiellement devenir une Weasley, sa femme, sa femme, cette pensée était si agréable…
_Nous y voilà ! annonça Djodar en pointant du doigt une vieille roue de bicyclette rouillée appuyée contre un tronc d'arbre couvert de mousse verdâtre.
Il sortit une montre à gousset de sa veste et hocha la tête.
_Plus que deux minutes, nous sommes dans les temps… Monsieur Potter, Monsieur Weasley, tenez vous prêts…
Harry et Ron échangèrent un sourire amusé. Leur guide semblait prendre sa mission très au sérieux.
_Maintenant !
Ils saisirent la roue et eurent aussitôt la sensation familière d'être entrainés dans un tourbillon. Quelques secondes suffirent pour atterrir au beau milieu d'un champ. Ron lâcha la roue, se releva et examina les alentours tandis qu'Harry faisait de même.
_Où est le camp ? interrogea le jeune homme en scrutant l'horizon.
Comme aucune réponse ne venait, ils se tournèrent vers le guide qui regardait autour de lui, l'air dépassé.
_Djodar, que se passe-t-il ?
_Je… Je ne comprends pas… Nous ne sommes pas du tout au bon endroit… J'ignore où nous sommes, peut être à l'ouest du pays… Mais nous devions arriver sur une plage, à quelques kilomètres du camp…
Harry et Ron brandirent aussitôt leurs baguettes, les sens en alerte. Quelqu'un avait piégé le portoloin, c'était la seule explication possible. Djodar sortit également sa baguette, incertain.
_Nous sommes exposés, nota Harry en regardant la vaste étendue d'herbes qui les entourait .
_Ce doit être une erreur de réglage, poursuivit leur guide sans grande conviction.
_Pouvons-nous transplaner au campement d'ici ? demanda Ron.
Djodar secoua la tête.
_J'ignore où nous sommes, mais sans doute trop loin…
_Qui est au courant de notre arrivée ? interrogea Harry sans cesser de surveiller les alentours.
_Notre Ministre de la Magie et le Grand Gardien, notre chef… Et mon unité, nous sommes quatre, les autres sont au campement avec vos collègues…
Ron perçut soudain un mouvement sur sa droite, il bondit en se tournant, mais s'il ne vit personne, une lumière verte se dirigeait soudain droit sur Harry.
_Attention ! s'écria-t-il en se jetant sur son ami pour le plaquer au sol juste à temps.
Djodar se jeta également au sol tandis qu'une autre lumière verte les survolait sans qu'ils ne puissent distinguer l'auteur. Ron, le cœur battant sourdement à ses oreilles, jura en se redressant légèrement pour regarder du côté d'où le sort avait été lancé. Harry réajusta ses lunettes et l'imita.
_Tu me feras penser à te remercier, marmonna-t-il.
_Pas de quoi, répondit Ron dans un souffle, tu vois quelque chose ?
Harry perçut le bruissement de l'herbe et jura à son tour en apercevant une silhouette sombre se glisser à leur gauche.
_Stupefix !
Le sort atteignit sa cible de plein fouet, mais leur attention fut aussitôt captée par une autre silhouette qui approchait à droite.
_Stupefix ! s'écria Ron alors que Djodar se retournait soudain pour lancer le même sort à une troisième silhouette qui les prenait à revers.
Cette fois ci, ils manquèrent leurs cibles qui transplanèrent simultanément. Ils restèrent un instant tapis dans l'herbe, guettant le moindre mouvement ou son qui leur indiquerait la présence d'un nouvel intrus. Mais rien ne vint, alors ils se relevèrent avec précaution, sans ranger leurs baguettes.
_Quelque chose me dit que l'erreur du portoloin n'était pas une erreur, dit Ron en approchant de l'assaillant qu'Harry avait stupefixé.
Effondré dans l'herbe, immobile, son regard figé semblait ne pas les voir. Mince, le teint halé, il leur était complétement inconnu. Djodar poussa une exclamation indignée en découvrant son visage.
_Vous le connaissez ? demanda Harry.
Leur guide hocha la tête, sourcils froncés.
_Un adepte de la magie noire, activement recherché, ils nous donnent du fil à retordre depuis des années et des années, certains d'entre eux ont émigré vers l'Angleterre quand Voldemort a pris le pouvoir… D'autres ont attendu leur heure ici, en commettant des crimes… Celui-ci est l'un des plus sanguinaires…
Ron et Harry se regardèrent et chacun vit dans le regard de l'autre les mêmes interrogations. S'agissait-il d'un acte isolé ? Ou alors était-ce l'Héritier qui était derrière tout ça ? Se pourrait-il qu'ils soient déjà au courant de leur présence ?
_Nous allons transplaner à Divjakë… Nous y avons une base…
Il saisit le bras du criminel tandis que Ron et Harry attrapèrent son autre bras.
Ils arrivèrent dans une ruelle déserte, envahie d'énormes conteneurs à poubelles. L'odeur nauséabonde qui y régnait arracha une grimace à Ron. Djodar se dirigea vers un grand conteneur au couvercle d'un rouge criard et sale, et l'ouvrit. Il se jucha à l'intérieur, devant les regards interloqués des deux jeunes hommes.
_Il est hors de question que je monte dans un conteneur plein d'ordures ! Mes sinus vont déjà mettre des mois à se remettre de cet endroit ! s'écria Ron en reculant d'un pas.
_Venez, vous ne craignez rien ! fit la voix sourde de Djodar, de l'intérieur du conteneur.
_Wingardium leviosa…
_Que… commença Ron en regardant son ami.
Harry avait pointé sa baguette sur leur prisonnier et le fit léviter dans le conteneur jusqu'à ce que Djodar s'exclame.
_Je l'ai !
_Tu comptes vraiment… ? demanda Ron en montrant le conteneur du doigt.
Harry haussa les épaules.
_On n'a pas vraiment le choix…
Il s'aida d'une poubelle pour grimper et rejoindre Djodar à l'intérieur.
_Saleté de boulot, grommela Ron en lui emboitant le pas.
Lorsqu'il atterrit dans le conteneur, le bruit de ses chaussures résonna contre les parois. Stupéfait, il constata que le conteneur était vide et lorsque Djodar referma le couvercle, les forçant à s'accroupir, même l'odeur avait disparu. Dans l'obscurité, leur guide tapota le fond du conteneur de sa baguette et soudain, ce fut comme si une trappe géante s'était ouverte sous leurs pieds pour les avaler. Ils se mirent à dévaler un toboggan géant pour atterrir ensuite brusquement sur un gigantesque matelas rouge qui amortit leur chute.
Devant eux se trouvait un large hall dont le plafond était si haut qu'ils le distinguaient à peine. Tout était couvert d'enluminures et de peintures vivantes, dans un gigantesque mélange bariolé de rouge et or qui leur rappela la tour des Gryffondors. Des sorciers allaient et venaient, bavardant, s'interpellant, les bras envahis de dossiers.
Ils se relevèrent et Djodar leva le bras en appelant un homme qui portait le même uniforme rouge sombre que le sien. L'homme accourut vers eux et Djodar se mit à lui parler dans ce qui devait être de l'albanais. Il écarquilla les yeux en les dévisageant et en hochant lentement la tête. Puis son regard se fit plus sévère lorsqu'il vit leur prisonnier, toujours figé. Il pointa sa baguette sur lui et le fit léviter devant lui en s'éloignant d'eux.
_Mon collègue l'emmène dans nos quartiers, l'alerte a été donnée lorsqu'ils ne nous ont pas vu arriver au campement, le Grand Gardien va nous recevoir…
Il les entraina dans un dédale de couloirs richement décorés, Ron regardait partout autour de lui, impressionné.
_Je pensais que notre Ministère était grand…fit-il remarquer à Harry.
Le jeune homme hocha la tête en contemplant les murs, visiblement impressionné lui aussi.
_Ce n'est pas comparable, expliqua Djodar, ce bâtiment abrite les Ministères de nombreux pays, et pas seulement de l'Albanie…
Devant l'air surpris des deux Aurors, il poursuivit ses explications.
_Dans certains pays de l'Est, les autorités Moldues ne sont pas aussi favorables à notre monde qu'elles le sont dans votre pays… Alors nous centralisons tout ici…
_Comment ça, les Autorités Moldues ne sont pas favorables ?
Djodar soupira.
_Dans certains pays, les autorités Moldues refusent tout simplement de reconnaître notre existence… Certains de nos voisins sont même encore victimes de chasse aux sorcières…
Stupéfait, Harry s'arrêta. Ron semblait tout aussi interloqué que lui.
_Mais… Comment est-ce possible ? Je veux dire, les sorciers ont des baguettes, ils peuvent facilement se défendre !
Leur guide s'arrêta devant ce qui semblait être un ascenseur.
_C'est une pratique qui a des millénaires, les Moldus ont trouvé des failles et arrivent, nous ne savons comment, à nous piéger… En réaction, la pratique de la magie noire a explosé, nous devons faire face aux deux, en Albanie, c'est encore gérable, mais si vous allez en Moldavie, par exemple, les sorciers vivent dans la peur…
_Mais enfin, c'est absurde ! s'écria Ron, nous sommes aussi des êtres humains ! Et nous sommes de leur côté !
_Ils brûlent les sorciers ? demanda soudain Harry, en repensant à ses cours d'Histoire quand il était encore dans une école Moldue avant Poudlard.
Ron le regarda, effaré, comme s'il avait perdu la tête. Puis il se rappela vaguement avoir entendu parler de telles pratiques en histoire de la magie… Il fut parcouru d'un frisson.
_Non, cela fait quelques années déjà que ce n'est pas arrivé, les autorités Moldues ne permettent pas ce genre d'actes malgré tout, mais les vieilles croyances ont la vie dure par ici…soupira Djodar.
Ron secoua la tête, sous le choc. Il avait toujours vu le fait d'être un sorcier comme un gage de force, comparé aux Moldus qui étaient selon lui sans défenses sérieuses… Il n'avait pas imaginé un instant qu'à certains endroits, le rapport de force puisse être inversé, au point de créer une véritable hostilité à l'égard des sorciers. Il pensa à Hermione, et fut heureux qu'elle soit loin. Entre les sorciers hostiles aux nés Moldus et les Moldus hostiles aux sorciers, il serait sans doute devenu fou d'inquiétude si elle les avait accompagnés.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et ils s'y engouffrèrent. Le trajet fut bref et ils arrivèrent rapidement au bureau du Grand Gardien. Des éclats de voix leur parvinrent et ils suivirent Djodar à l'intérieur.
Un petit homme trapu, les cheveux d'un blanc immaculé, vociférait en marchant de long en large devant deux Gardiens à l'air penaud. Il semblait réellement furieux et Ron aperçut des postillons asperger les deux gardiens qui n'osèrent pas bouger. Lorsqu'il les aperçut, il s'interrompit, puis donna sèchement un ordre. Les deux hommes se redressèrent, droits comme des piquets, et quittèrent la pièce en leur lançant des regards chargés de curiosité.
_Monsieur Potter, Monsieur Weasley, c'est un honneur ! Je suis Pjetër Balsha, Grand Gardien… Je tenais à vous présenter nos plus sincères excuses, ces idiots auraient dû être plus rigoureux dans la vérification et la surveillance des Portoloins !
Il leur fit signe de s'asseoir. Ron et Harry prirent place dans de larges fauteuils en velours vert, tandis que Djodar saluait son responsable et allait se placer derrière lui.
_Vous êtes très connus chez nous, et vous êtes à la hauteur de votre réputation ! Vous avez capturé Bujar Loredan, un adepte de la magie noire, recherché pour de nombreux crimes, plus d'une dizaine, sa spécialité était le meurtre de Nés Moldus…
Les deux amis se tendirent et froncèrent les sourcils.
_Je connais la teneur de votre mission, nos deux pays collaborent sur ce dossier, un serment inviolable garantie la totale confidentialité de ce que nous mettrons en œuvre pour vous aider…
_Pensez-vous que ce… Bujar, aurait pu être envoyé par l'Héritier…
_C'est possible, concéda Pjetër… Nous allons l'interroger d'ici quelques heures, le temps que le sortilège se dissipe…
_Ils sont coriaces, il ne parlera peut être pas, grogna Ron.
Pjetër le dévisagea, surpris.
_Nous utilisons du veritaserum sur nos prisonniers, il ne pourra pas ne pas parler… déclara-t-il simplement.
Ron et Harry ouvrirent de grands yeux ronds. L'usage du veritaserum était incroyablement réglementé en Angleterre, et même les Aurors ne pouvaient y avoir recours que très rarement, après des semaines de paperasses et d'autorisations à compléter. Visiblement, les règles en Albanie étaient différentes et Ron n'allait pas s'en plaindre.
_Djodar va vous accompagner au campement, un portoloin a été préparé à votre attention…
Il montra un vieil abat-jour posé sur une table dans un coin de la pièce.
_Nous vous ferons parvenir le rapport suite à l'interrogatoire… En attendant, mes hommes sont à votre disposition… Les investigations ont donné de premiers résultats, deux témoins sont prêts à être auditionnés dès votre arrivée…
Ron sentit l'impatience le gagner. Il avait eu du mal à quitter Hermione, mais une fois sur le terrain, il ne souhaitait plus qu'une chose : entrer dans le cœur de l'action et traquer l'Héritier envers et contre tout.
_Veuillez-vous avancer, le portoloin part dans…
Il sortit la même montre à gousset que possédait Djodar.
_Dans cinq minutes…
Ils entourèrent la table et saisirent l'abat-jour au signal donné par le Grand Gardien.
Quelques secondes plus tard, ils étaient au beau milieu d'un bois qui leur rappela vaguement la forêt de Dean. Djodar sourit avec soulagement en reconnaissant les lieux. Il montra la lisière du doigt.
_Le campement est par là, suivez-moi…
…
