Hellooooooooooo ! Et la petite suite du week-end, en ce moment les journées passent si vite que j'ai l'impression qu'une semaine dure à peine quelques heures ! Cette suite est longue, pleine d'informations pour vous préparer à la suite, j'ai mis du temps à l'écrire, tout simplement parce que couper au milieu pour en faire deux chapitres ne me convenait pas.
Comme je l'ai dit auparavant, jusqu'à au moins mi-novembre, les chapitres seront un peu plus long à venir, mais je ne lâche pas la fiction pour autant !
J'espère en tout cas que vous prenez toujours du plaisir à me lire, merci de reviewer, un petit mot face à un long chapitre, c'est raisonnable comme demande ? lol
Melancholy : merci de ta review, ça m'a fait plaisir de te relire ! j'espère que tu resteras toujours aussi surprise par la suite ! :D
Light of soul : merci encore de ta review, de tes remarques et de tes compliments !
Justine : tu es adorable, merci mille fois, ton enthousiasme fait chaud au cœur !
Bonne lecture et à bientôt pour la suite !
Hermione prit une profonde inspiration lorsqu'elles arrivèrent en transplanant devant la maison de tante Muriel. Grace aux potions de Ginny, transplaner avait été moins douloureux que prévu, mais de toute façon, elle avait tant insisté pour pouvoir de nouveau transplaner qu'elle se voyait mal se plaindre ensuite. Elle regarda devant elle. Il s'agissait d'un ravissant petit cottage blanchi à la chaux, perdu dans les collines, et à peine visible tant les alentours étaient arborés. Mrs Weasley pressa le pas dans l'allée recouverte de graviers qui faisaient crisser chacun de ses pas. Hermione jeta un coup d'œil rapide aux Aurors qui les accompagnaient. Un rappel permanent que rien n'était normal, que si sa vie était un tant soit peu normale, elle serait en ce moment même dans son bureau au Ministère, ou en conférence, et elle rentrerait chez elle le soir, pour attendre Ron qui la rejoindrait quelques heures plus tard et la ferait rire en lui racontant sa journée. Il lui manquait tellement, son travail lui manquait tellement, agir lui manquait tellement… Elle aurait bien eu besoin de ses bras, de son humour douteux, pour l'aider à affronter le dragon qui lui servait de tante… Elle baissa la tête vers ses chevilles, et se dit que décidemment, non, elles n'étaient pas trop maigres…
_Tu te sens bien ? demanda Ginny, soucieuse.
Hermione hocha nerveusement la tête. Elle se sentait stupide, être terrifiée à ce point par la vieille tante de son fiancé, c'était absurde, elle devrait être fière de ce qu'elle était, de ce qu'elle avait accompli… Elle emboita vaillamment le pas à Ginny, en espérant vaguement que la tante Muriel ne les surveillait pas de derrière la fenêtre et ne la voyait pas claudiquer. Mais à peine Mrs Weasley avait-elle atteint la porte que celle-ci s'ouvrit brusquement sur une sorcière d'aspect ratatiné, mais dont le visage austère orné d'un nez crochu, était incroyablement animé.
_Molly, quelle surprise, je t'attendais il y a vingt minutes, je n'y croyais plus…
_Ça commence, marmonna Ginny avant d'adresser un sourire forcé à la vieille dame.
_Bonjour tante Muriel…
_Ginouina, aurais-tu grossi ? Tu n'es pas enceinte alors que tu n'es même pas mariée, j'espère ? La famille n'a pas besoin de ça, avec Ronald qui fréquente cette fille de moldus…
Ginny, furieuse, ouvrit la bouche mais un regard de sa mère la retint.
_Tante Muriel ! protesta sèchement Mrs Weasley. Hermione est là ! Et elle fait partie de la famille, peu importe l'origine de ses parents, qui sont très charmants par ailleurs !
La sorcière sembla enfin remarquer la présence d'Hermione et la jaugea d'un œil critique. Elle émit un drôle de bruit, à mi-chemin entre un éternuement et un grincement, puis fit volteface pour disparaitre à l'intérieur de la maison.
_Je suis navrée ma chérie, elle perd un peu la tête, s'excusa Mrs Weasley, dépitée.
_Ce n'est rien, murmura Hermione.
Elle le pensait, Mrs Weasley n'y était pour rien, elle agissait comme une mère avec elle et n'était en rien responsable des agissements de sa vieille tante.
_Un peu ? rétorqua Ginny avec une grimace. Elle aurait pu être Mangemort vu ses remarques ! Tu crois que si quelqu'un la dénonçait, elle finirait à Azkaban ?
Elle avait eu du mal à masquer l'espoir qui perçait dans sa voix.
_Ginny, gronda Mrs Weasley sur un ton d'avertissement. C'est ta tante, tu lui dois le respect, surtout après l'aide qu'elle nous a apporté pendant la guerre…
Ginny rejeta ses longs cheveux sur son dos et haussa les épaules. Elles entrèrent à leur tour et Hermione fut assaillie par une odeur de myrte et d'encens qui lui piqua le nez.
Elles trouvèrent la vieille dame assise dans un grand fauteuil au velours brodé abîmé par le temps. Le salon était surchargé de peintures en tout genre, de bibelots, de livres rongés, mais d'aucune photographie. Un plateau de thé était posé sur la table et une assiette de biscuits rassis les attendait.
_Le thé est sans doute froid depuis le temps qu'il est là… fit remarquer Muriel sans quitter Hermione des yeux.
_Ce n'est rien, fit Mrs Weasley, je vais le réchauffer et nous servir…
Pendant qu'elle s'exécutait, l'attention de tante Muriel se reporta sur Ginny.
_Alors, tu dois avoir fini les préparatifs ? Les journaux ne parlent que de ça ! Je dois reconnaître que tu t'en sors bien, Harry Potter est un bon parti, et son père venait d'une grande lignée…
Ginny serra les poings sans répondre, tandis qu'Hermione se tortillait à côté d'elle, mal à l'aise. Elle savait que la tante Muriel était fière de sa lignée, mais elle ignorait qu'elle y accordait autant d'importance, surtout après avoir contribué à sa façon à combattre Voldemort en cachant les Weasley pendant la guerre.
_Nous allons au chemin de Traverse tout à l'heure, répondit Mrs Weasley comme Ginny restait muette.
_De mon temps, les mariages étaient des choses très bien organisées, aucune fausse note, aucun faux pas, mais maintenant, tout est fait à la va vite, il n'y a qu'à voir le mariage de Bill…
Mrs Weasley se tendit, la bouche si pincée que ses lèvres se voyaient à peine.
_Le mariage de Bill n'a pas souffert d'un manque d'organisation mais d'une attaque de Mangemorts, rétorqua-t-elle de sa voix la plus froide.
La tante Muriel l'ignora tandis qu'Hermione commençait à sentir l'agacement la gagner. Elle était certes impressionnée par la vieille sorcière, mais son manque criant de sensibilité la mettait en colère. Elle s'enfonça dans le silence, fixant résolument le breuvage brunâtre dans sa tasse. Elle devait laisser son esprit s'évader, comme elle le faisait lorsque Malefoy ou ses sbires se moquaient d'elle et qu'elle voulait éviter que Ron ou Harry ne se retrouve en fâcheuse position en voulant la défendre. Elle faisait le vide dans sa tête, s'échappant loin, là où rien ne pouvait plus l'atteindre, dans un univers qui n'appartenait qu'à elle_fait de livre, d'odeur d'herbes fraichement coupées et de cheveux roux_ gardant ainsi son sang-froid pour calmer ses amis.
_Et Ronald ? demanda Muriel.
Hermione tendit une oreille attentive, soudain ramenée à la réalité.
_Comment ça Ronald ? questionna Mrs Weasley en fronçant les sourcils.
Muriel la regarda comme si elle avait été la dernière des idiotes.
_Et bien, où en est-il ? Toujours célibataire ? Rien de vraiment sérieux en tête en dehors de cette idée étrange de fréquenter une Moldue ? Aucune sorcière respectable ?
Hermione leva la tête, tellement choquée que sa bouche formait un « o » bien arrondi. Elle fixait la vieille femme, qui évitait soigneusement de la regarder. Ginny avait avalé son thé de travers, et toussait bruyamment en dardant un regard noir sur sa tante. Mrs Weasley prit un air féroce et répliqua.
_Hermione est la sorcière la plus douée de sa génération et elle et Ron sont FIANCES… Donc oui, il a quelque chose de sérieux en tête !
La tante Muriel regarda alors Hermione des pieds à la tête et eut l'expression d'une personne qui avait gouté à quelque chose d'extrêmement mauvais. Elle rappela presque Mrs Malfeoy à Hermione.
_Oh… dit-elle d'une voix glaciale.
Un seul mot, lourd de sens, de significations qu'aucune d'elles n'ignorait. Elle n'ajouta rien, mais Hermione se sentit comme possédée lorsque sa bouche s'ouvrit malgré elle. Sa voix tremblait légèrement, ce qui ne fit qu'accroître sa colère.
_En fait, nous vivons déjà ensemble, depuis quelques temps déjà… Et je serai très fière d'être une Weasley…
La tante ricana, interrompant Hermione sans vergogne.
_Et bien, vous ne serez pas vraiment une Weasley… Et vous êtes bien trop chétive pour espérer porter un jour des Weasley… Les femmes Prewett sont faites pour avoir des enfants beaux et robustes…
Hermione, le cœur battant si fort que chaque pulsation semblait résonner dans toute la pièce, ouvrit la bouche pour répliquer mais Mrs Weasley fut plus rapide.
_Elle sera une Weasley, au même titre que Fleur ou Angelina, en fait, elle est déjà une Weasley et nous ne pourrions pas être plus fiers, ni rêver meilleure personne pour Ron. Et ils auront de beaux et magnifiques enfants. A présent, tante Muriel, nous allons devoir partir, je repasserai te voir bientôt…
Et à en juger l'air furieux qu'elle arborait, la visite aurait lieu plus tôt que ne l'escomptait surement tante Muriel. Laquelle sirotait désormais son thé comme si de rien n'était.
Elles sortirent sans un mot de la maison et transplanèrent avec leur escorte quand elles furent assez éloignées du cottage. Une fois arrivées devant le Terrier, Mrs Weasley marcha d'un pas rapide jusqu'à la maison. Hermione et Ginny échangèrent un regard puis lui emboitèrent le pas. Une fois à l'intérieur, Mrs Weasley se tourna vers Hermione et la saisit par les épaules. Elle avait la bouche toujours pincée et les sourcils froncés.
_Ma tante perd la tête, elle devient méchante, n'écoutes rien de ce qu'elle a pu dire ou de ce qu'elle pourra dire à l'avenir… Tu es un membre de notre famille, elle devra s'y faire… Je suis sincèrement désolée…
Hermione secoua la tête avec un sourire.
_Inutile de vous excuser, vous n'y êtes pour rien…
Mrs Weasley lui sourit tristement.
_Tu es gentille ma chérie… Tante Muriel a toujours été une fervente opposante de Voldemort, elle nous a aidés à nous cacher… Je ne comprends pas ce qui lui prend…
Hermione, elle, comprenait parfaitement. Tante Muriel était comme beaucoup : tolérante tant que rien ne se passait chez elle… Elle acceptait les Nés Moldus tant qu'ils ne se mélangeaient pas à sa propre famille… Elle était prête à lutter contre les Mangemorts mais gardait les Nés Moldus loin d'elle.
Mrs Weasley secoua la tête et soupira en prenant le pot qui était censé servir de portoloin, l'usage de la cheminée étant toujours vivement déconseillé pour Hermione.
_Allons sur le chemin de Traverse sans plus attendre, nous ne devrons pas rentrer tard, Bill et Fleur viennent dîner…
Lorsqu'elles arrivèrent au chemin de Traverse, la familiarité des lieux rasséréna quelque peu Hermione. Même si sa dernière visite avait eu une issue dramatique, le chemin de Traverse restait le symbole de son enfance, le souvenir de son excitation chaque été à l'idée d'acquérir de nouveaux livres et de commencer une nouvelle année avec Ron et Harry. Elle se tourna vers Ginny, qui avait les joues rouges et les yeux brillants. Un sourire flottait sur ses lèvres tandis qu'elle regardait autour d'elle.
_Je ne sais pas par quoi commencer !
_Par trouver une tiare ? suggéra Mrs Weasley en soupirant.
Ginny passa un bras autour des épaules de sa mère et l'embrassa.
_On va commencer par la robe maman… Je ne suis pas vraiment fan des tiares…
Mrs Weasley hocha la tête et elle et Hermione se laissèrent entrainer chez Mrs Guipure. Celle-ci se précipita vers elles dès qu'elles eurent franchi le seuil de la boutique.
_Mrs Weasley, Miss Granger, Miss Weasley, c'est un honneur de vous recevoir dans ma boutique !
D'un coup de baguette magique, elle fit surgir de la réserve une file de robes de mariées, toutes plus blanches et vaporeuses les unes que les autres. Hermione écarquilla les yeux et sentit son cœur s'emballer. Un jour, ce serait son tour. Un jour elle aussi viendrait choisir sa robe. En attendant, elle vit Ginny s'approcher et effleurer de la main les étoffes soyeuses des robes. Les yeux de Mrs Weasley brillaient de larmes. Elle se tourna vers Hermione.
_Tu pourrais peut être en essayer quelques-unes ? suggéra-t-elle d'une voix chargée d'émotion.
Hermione sentit son cœur se serrer et sa gorge de nouer. Elle secoua doucement la tête.
_Je… Je voudrais que ma mère soit aussi présente…
Mrs Weasley la saisit soudain dans ses bras et la serra contre elle.
_Bien sûr, je suis idiote, pardonnes moi ma chérie, je suis tellement impatiente, mais nous reviendrons dès que nous aurons fait revenir tes parents…
…..
Ron fit machinalement tournoyer sa baguette entre ses doigts en observant le camp autour de lui. Trois tentes en tout et pour tout, protégées par tous les charmes de dissimulation existants, et occupées par une douzaine d'Aurors. Ron connaissait la plupart, il avait souvent partagé des missions avec le responsable du camp, Adam Wales, un Ecossais de quelques années son cadet. Wales était un bon élément, qui vouait une grande admiration à Ron et Harry. Il avait participé à la grande Bataille, il n'était alors qu'en troisième année à Serdaigle.
Le temps se couvrait, Harry dormait encore et Ron n'avait qu'une hâte : se lancer dans les investigations.
_Bien dormi Mr Weasley ? s'enquit Djodar en venant s'asseoir à côté de lui, à même le sol.
_Ça va, merci, répondit Ron.
Il mentait, chaque première nuit dans un nouvel endroit était difficile, il ne parvenait jamais à s'endormir correctement, à chaque mission, la première nuit était une nuit blanche, à se tourner et se retourner, à ressentir avec une vive intensité le manque d'Hermione. La nuit prochaine serait meilleure…
_Nous avons rendez-vous dans deux heures avec le gérant du seul pub sorcier de la région… Il aurait des informations… expliqua Djodar.
Ron hocha la tête puis demanda.
_Et vous, bien dormi ?
Djodar haussa les épaules.
_Pas vraiment, confessa-t-il avec un sourire contrit. Mon épouse est enceinte et j'ai peur de ne pas être là pour la naissance…
Ron le dévisagea, stupéfait. Il ne savait pas pourquoi, mais il n'avait pas imaginé un instant que l'imposant Gardien puisse être un futur père impatient et ému.
_Oh… C'est votre premier enfant ?
Djodar secoua la tête et mit sa main dans sa veste pour sortir un cliché de sa poche intérieure. Il montrait une femme, petite et plantureuse, blonde, tenant dans ses bras un garçonnet brun au sourire édenté. A ses côtés, deux petites filles blondes souriaient timidement. Tous faisaient de grands signes à l'objectif.
_Mon quatrième, expliqua Djodar. Là c'est mon épouse Anita, dans ses bras, c'est mon fils Adrian, et voici nos deux filles, Dava et Desa… Et nous attendons une petite Elma pour ce mois-ci…
Ron contempla la famille de leur guide, et se demanda ce que ça faisait d'avoir sa propre famille… De voir son épouse enceinte de son propre enfant… Il sentit ses oreilles rougir tandis qu'il imaginait Hermione avec un ventre rond, Hermione avec un petit bébé aux cheveux roux dans les bras, Hermione dans une robe blanche…
_J'ai rencontré Anita après mes études à Durmstrang… commença Djodar.
Ron, surpris, s'exclama.
_Vous avez étudié à Durmstrang ?
Le Gardien hocha la tête avec un sourire.
_Vous connaissez Viktor Krum ? demanda précipitamment Ron.
C'était plus fort que lui. Viktor demeurait une pensée douloureuse, et demeurait, pour lui, celui qui avait volé le premier baiser d'Hermione, ce premier baiser que Ron avait rêvé de lui donner sans s'en même rendre compte… L'idée même de Viktor le renvoyait quelques années en arrière, à cette époque où il s'était rendu compte que de voir Hermione avec quelqu'un d'autre, de voir les mains d'un autre garçon sur elle, le rendait fou. Il avait eu du mal à mettre un nom sur cette folie qui grondait dans son ventre et enserrait son cœur dans un étau, tout ce qu'il savait, c'était qu'il voulait que cela cesse, qu'Hermione lui revienne, que rien ne change et ne vienne perturber le cocon que le trio s'était construit au fil des années. Et voici qu'un intrus invitait Hermione et la faisait danser, rire… Il se souvint que le lendemain du bal, il s'était réveillé avant tous les autres, et, dans la lumière du petit matin, il s'était contemplé dans la glace, lui, trop grand, encore trop maigre, trop roux, trop maladroit, trop pauvre, trop tout et pas assez Viktorien… L'idée même de rivaliser avec un grand et célèbre joueur de Quidditch, fort et bien bâti, était risible… Tous ses sentiments étaient alors confus, nouveaux et terrifiants… Et même plusieurs années après, même en étant fiancé à Hermione, en ayant été le premier à découvrir son corps, à vivre avec elle, ses incertitudes n'avaient pas totalement disparu. La seule certitude qu'il avait, c'était celle d'aimer profondément Hermione. Pour le reste…
_Viktor est devenu célèbre lorsque je n'étais déjà plus à Durmstrang, mais c'était un brave garçon… Il y a déjà une dizaine d'années j'ai intégré le département des Gardiens… répondit Djodar, Anita travaillait au Ministère, au sein du département des sports… Nous nous sommes mariés un an après…
_C'est rapide, commenta Ron, tandis qu'il méditait sur la scolarité du Gardien.
_Pourquoi attendre quand on a trouvé la bonne personne, répliqua le Gardien. Nous avons tout de suite voulu fonder une famille…
Il rangea sa photo avec un soupir de contentement.
_Vous avez une belle famille…
_Merci Mr Weasley… Adrian n'a que cinq ans mais il sait déjà tout ce que vous avez accompli, Dava et Desa sont de grandes admiratrices également…
Ron, gêné, hocha simplement la tête. Il ne savait jamais quoi répondre quand on lui faisait part de l'admiration qu'il suscitait. Il n'y était toujours pas habitué, contrairement à Harry, qui après avoir été toute sa vie sur la sellette, excellait dans l'art de masquer son embarras derrière une confiance feinte. Djodar hésita, puis ajouta :
_Vous avez une famille ?
_Oui, j'ai une sœur et…
_Non, je veux dire, une famille à vous ? Je ne lis pas beaucoup les journaux, je ne sais donc pas grand-chose en dehors de vos exploits pendant la guerre…
_Heu… Non, pas encore… Mais je suis amoureux…
Le dire à voix haute lui donnait toujours autant le tournis.
_C'est bien, commenta Djodar en hochant la tête avec approbation.
Ron sentit les mots lui échapper sans qu'il ne puisse les contrôler.
_Elle est merveilleuse… C'est la sorcière la plus intelligente et la plus douée et la plus brillante du pays, peut-être même du monde sorcier… Et elle est belle, vraiment vraiment belle… Elle a des yeux incroyables, et son sourire, j'adore son sourire… Nous nous connaissons depuis des années, depuis l'enfance… Nous étions amis avant que je ne me rende compte… avant que je ne réalise…
_Je crois que j'en ai entendu parler… Une certaine Miss Ganger, c'est ça ?
_Granger, corrigea Ron. Oui, c'est elle… Parfois je me demande pourquoi elle m'a choisi…
Il ne savait pas pourquoi il se confiait comme ça à un homme qu'il connaissait à peine, lui qui avait mis des années à reconnaître ses propres sentiments. Mais c'était comme s'il ne contrôlait plus vraiment ce qui sortait de sa bouche.
_C'est une sorcière intelligente vous dites ?
_La plus brillante de tous…
_Alors j'imagine que si elle vous a choisi, c'est qu'elle avait des raisons de le faire, Monsieur Weasley…
Ron sourit à Djodar. Etrangement, il ne ressentait plus aucun embarras.
_Je l'aime… Et, oui, je crois qu'elle m'aime aussi…
_C'est bien répéta Djodar avec un sourire, l'amour est sans doute le plus grand pouvoir qu'on puisse avoir…
Lorsque Harry sortit de la tente, frais et reposé, Djodar bondit sur ses jambes.
_Il est temps de déjeuner, nous irons ensuite à la rencontre de Besar Destan…
…..
Hermione regarda Ginny tournoyer dans sa robe. Une robe blanche, simple, épurée, qui semblait faite pour elle. Elle était resplendissante, les yeux brillants, elle leur offrit un sourire éclatant.
_Ce sera celle-ci…
Mrs Weasley, qui n'avait cessé de se tamponner les yeux au fil des essayages, soupira de contentement.
_Tu es ravissante ma chérie, tu es magnifique...
_Tu es superbe Ginny, renchérit Hermione.
_Très bon choix Miss Weasley, cette robe met en valeur la finesse de votre taille, ne bougez pas, je vais prendre les mesures…
Armée d'aiguilles, Mrs Guipure s'attela à la tâche, pinçant les lèvres à chaque fois que Mrs Weasley intervenait pour rectifier les choses. Plusieurs clientes entrèrent, les regardant avec curiosité. Hermione s'éloigna d'elles et s'approcha de la réserve, dans laquelle plusieurs robes étaient entreposées. Elle hésita puis finit par entrer. Elle admira avec émerveillement les étoffes aux couleurs chatoyantes, le raffinement des broderies. Ginny avait déjà choisi les robes des demoiselles d'honneur mais refusait de les montrer à Hermione, elle voulait que la surprise soit totale.
_Mais si, je te dis que c'est Ginny Weasley !
Hermione tendit l'oreille vers la voix qui lui parvenait depuis la réserve.
_Je le sais, son frère est sorti avec ma cousine, Lavande, lorsqu'ils étaient à Poudlard… Ils étaient faits l'un pour l'autre mais une maudite Née Moldue lui a mis le grappin dessus !
Hermione, les yeux écarquillés de stupeur, s'approcha sans faire de bruit de la porte. Elle se pencha légèrement et jeta un coup d'œil. Deux jeunes filles, aussi blondes l'une que l'autre, étaient dissimulées derrière un portique et observaient Ginny discrètement.
_Jasmin, ne dis pas de bêtises, Lavande et lui c'était voué à l'échec, même elle, elle le reconnait !
La dénommée Jasmin décocha un regard furieux à son amie.
_Elle dit ça parce qu'elle est blessée, je l'ai vue après leur rupture, elle était effondrée… Crois-moi Maria, ils sont faits l'un pour l'autre ! Elle ne l'a pas oublié, elle ne peut pas !
L'autre jeune fille haussa les épaules.
_Elle l'a forcément oublié depuis, et puis j'ai entendu dire qu'il allait surement épouser Hermione Granger !
Jasmin eut un rire de mépris.
_Cette Sang de Bourbe, pouah !
Maria la toisa avec sévérité.
_Ne dis plus ça, tu pourras avoir de gros ennuis ! Mon cousin est né Moldu je te rappelle, et Hermione Granger est une héroïne, bref, fais ce que tu veux, moi j'ai trouvé ma robe, je vais rejoindre mes parents et finir mes achats pour la rentrée !
Elle tourna les talons et s'éloigna. Hermione secoua la tête avec dépit. Elle se fichait bien qu'une adolescente ne la porte pas dans son cœur, en revanche, ce qu'elle disait l'interpellait. Et si elle disait vrai ? Et si Lavande n'avait pas oublié Ron ? Hermione tenta de se raisonner, elle avait toujours été quelqu'un de rationnel, Lavande était de l'histoire ancienne, elle avait mis des mois à se remettre des blessures infligées par Greyback, et elle était ensuite partie, elle ne venait même pas aux cérémonies de commémoration à Poudlard. Et puis Ron l'aimait, cela elle n'en doutait pas, alors non, rationnellement, elle n'avait aucune inquiétude à avoir. Seulement voilà, dès qu'il s'agissait de Ron, elle oubliait parfois d'être raisonnable…
_Hermione ?
La voix de Ginny la tira de ses pensées. Elle sortit de la réserve et constata que la jeune fille avait disparu. Ginny avait ôté sa robe et semblait sur le départ. Elle rejeta ses longs cheveux roux en arrière et sourit à son amie.
_Un petit tour au Ministère, ça te dit ?
Quelques instants plus tard, Mrs Weasley avait rejoint le Terrier, tandis que Ginny et Hermione, toujours escortée par les Aurors, parcouraient les couloirs du Ministère. Dire que le Ministère lui avait manqué était un euphémisme. Hermione parcourait les couloirs de son service, scrutant avidement chaque porte, chaque mur, chaque sorcier de passage. Ginny, derrière elle, souriait avec amusement. Hermione arriva enfin devant la porte de son bureau, et le cœur battant, l'ouvrit.
_Miss Granger !
Jack se leva du bureau, de son bureau à elle, derrière lequel il était assis, et était visiblement en plein travail à en juger les parchemins qui s'étalaient par dizaine sur la surface du bureau.
_Je suis heureux de vous revoir sur pied… Mais j'ignorais que vous repreniez, on ne m'a pas prévenu !
Et à en juger le rictus qui lui barrait le visage en guise de sourire, il n'était pas spécialement ravi de la revoir si tôt. Il inclina toutefois la tête vers Ginny et elle pour les saluer.
_Non…Heu, non je ne reviens pas, pas aujourd'hui en tout cas…
_Je… Je suis chargé du département pendant votre absence, expliqua le jeune homme.
Hermione essaya de calmer l'étrange frustration qu'elle sentait poindre. Il était évident que le département devait continuer de tourner, elle ne s'était pas battue toutes ces années pour le voir simplement cesser d'exister si elle n'était pas en mesure de le gérer. Mais voir Jack assis à son bureau lui avait fait un choc, et elle avait encore plus hâte de reprendre son travail, et d'aider à nouveau les Aurors dans leur enquête, n'en déplaise à Ron.
_Sur quoi travaillez-vous Jack ? demanda Hermione, en mettant tout le détachement dont elle était capable dans sa voix.
Jack sembla un instant réticent, puis, contraint par le regard d'Hermione, il répondit de mauvaise grâce.
_Nous avons réouvert le Dobby's Institute depuis quinze jours, les travaux sont terminés, je suis en train de valider les dernières transformations, et nous préparons une intervention dans la forêt Interdite…
Hermione haussa les sourcils, intriguée.
_Pour quelle raison ?
Jack hésita une nouvelle fois. Mais il savait pertinemment que s'il refusait de parler, Hermione irait s'informer bien plus haut et il risquait alors sa place.
_Une menace de guerre entre les loups-garous et les centaures…
_Comment ? Que s'est-il passé enfin ? Nous étions parvenus à un accord !
Hermione était indignée. Avec la mort de Remus Lupin, elle s'était fait un point d'honneur à rappeler à tous que les loups-garous étaient avant tout des hommes, et que tous n'étaient pas aussi mauvais que Greyback, qu'il existait aussi des hommes admirables, comme le défunt professeur. Parvenir à un accord entre ceux-ci et les centaures n'avait pas été une mince affaire, les centaures refusant l'idée même de parlementer avec un être humain et de partager leur territoire avec des créatures qu'ils jugeaient maléfiques. Mais Hermione avait su se rendre convaincante, obtenant alors une paix fragile.
_Les centaures accusent les loups garous d'avoir tué l'un des leurs…
_Comment cela a-t-il pu arriver ? s'écria la jeune femme, horrifiée.
La jeune femme se dirigea vers le bureau, Jack eut un mouvement pour dissimuler les parchemins mais il se ravisa à temps lorsqu'Hermione lui jeta un regard surpris et contrarié.
_Heu… Hermione ? dit Ginny avec hésitation.
La jeune femme ne quitta pas les parchemins des yeux, lisant les rapports et préconisations du Ministère au sujet de cette affaire.
_Mmh… Oui ?
_Tu es sensée être encore en repos…
Hermione leva enfin les yeux vers Ginny et son enthousiasme retomba comme un mauvais soufflé. Elle reposa les parchemins et soupira de dépit.
_Oui, tu as raison…
Une fois dans le couloir, Hermione demeura silencieuse alors qu'elles se dirigeaient avec leur escorte vers l'aire de transplanage. Si elle était honnête avec elle-même, Hermione devait reconnaitre qu'elle en voulait à Jack, d'être assis à sa place, de travailler à sa place… Et s'il se montrait plus efficace qu'elle ? Tant de lois avaient surement changé, elle allait devoir travailler d'arrache-pied pour rattraper son retard. Et elle ignorait tout de l'enquête des Aurors au sujet de l'Héritier, lui et ses sbires ne faisaient plus parler d'eux et Hermione pressentait un terrible danger derrière ce calme apparent. Elle était frustrée, après tout, sans elle, personne n'aurait su que quelque chose se tramait, alors être tenue à l'écart lui paraissait profondément injuste et ce même si c'était pour son bien.
_Je suppose que tu as hâte de jeter ce petit arriviste hors de ton bureau, fit remarquer Ginny, l'air de rien.
Hermione, interdite, regarda son amie, qui haussa les sourcils.
_Quoi ? Ne me dis pas qu'il ne t'a pas agacée ? J'avais la baguette qui me démangeait pour ma part…
_Il veut juste aider… dit doucement Hermione, plus pour se convaincre elle que pour convaincre Ginny. Laquelle eut l'air sceptique.
_Il veut surtout être gobelin à la place du gobelin si tu veux mon avis…
Hermione hocha pensivement la tête puis s'arrêta soudain.
_Je crois… Je crois que je vais passer voir Kinglsey… Il est temps que je reprenne…
….
Le pub de Besar Destan était aussi sinistre que ce à quoi Ron et Harry s'étaient attendus. Situés dans une petite ville aux rues sombres et désertes, il affichait une devanture miteuse qui ne faisait qu'annoncer le délabrement de l'intérieur. Un bar sale et poussiéreux, auquel étaient attablés quelques rares sorciers aux épaules voutées et au regard vitreux, envahissait une majeure partie de la salle. Les rares conversations se turent lorsqu'ils firent leur entrée. Tous les regards se tournèrent vers eux et Ron scruta les différents visages qui lui faisaient face dans une espèce de semi obscurité. Djodar s'avança et ils lui emboitèrent le pas. Un homme grand et décharné, au sourire auquel il manquait quelques dents, sortit de derrière le bar en jetant un vieux chiffon noir de crasse par-dessus son épaule.
Il échangea quelques mots à voix basse avec Djodar puis leur fit signe de le suivre. Ils traversèrent la salle, suivi par une dizaine d'yeux curieux, puis disparurent dans l'arrière salle. Ron regarda autour de lui. L'arrière salle était principalement occupée par des caisses en bois et des cadavres de bouteilles. Une épaisse couche de poussière recouvrait le sol et chaque pas soulevait un nuage qui blanchissait leurs chaussures. L'homme leur fit signe de s'asseoir, en montrant une table bancale entourée de quatre chaises dépareillées. Ils s'installèrent et l'homme les observa un instant. Ron ne l'aimait pas. Son regard fouineur lui rappelait celui de Mondingus Fletcher. Il se mit à parler et Djodar éocuta attentivement avant de se tourner vers les deux jeunes Aurors.
_Il dit qu'il y a trente ans, alors que son père gérait encore le bar et que lui-même avait douze ans, un homme est venu pendant plusieurs jours d'affilé. Il s'asseyait au fond de la salle et ne commandait rien, personne ne pouvait voir son visage, caché sous une grande capuche. Lorsqu'on essayait de l'aborder, il ne répondait pas, et ne laissait paraître que ses yeux, des yeux terrifiants, personne n'osait plus l'approcher, les clients ont même déserté le bar… Et puis un jour il a cessé de venir, et ce jour même, une femme a disparu… Une femme qui venait tout juste d'avoir un enfant… Personne ne l'a jamais retrouvée, des battues ont été organisées un peu partout, ça n'a rien donné… La plupart des gens se sont dit que cet homme l'avait enlevée et tuée… Quelques années plus tard, on a entendu parler de Lord Voldemort, une rumeur disait qu'il venait régulièrement dans le coin, il existe une zone, à quelques kilomètres au nord, où personne n'ose plus s'aventurer depuis que tous els voyageurs qui sont passés par là ont disparu…
L'homme se tut et Djodar le remercia. Ron et Harry échangèrent un regard.
_Il nous y emmènerait ? demanda Harry.
L'homme sembla comprendre sans traduction et répondit immédiatement, traduit par Djodar.
_Il peut vous emmener jusqu'à la zone, mais il ne nous accompagnera pas là-bas…Et il nous conseille d'y aller avec plus d'hommes… Il nous attendra devant le pub demain à l'aube…
Lorsqu'ils quittèrent le bar, ils savaient que le lendemain serait une longue journée…
