Bonsoir !
Une longue suite à nouveau, qui je l'espère vous plaira ! Vue l'heure, je fais vite fait, un énoooooooooooooooorme merci à chapou69, light of soul et charliee3216 pour vos reviews extrêmement encourageantes !
Bonne lecture et n'oubliez pas de laisser une review
Hermione soupira en s'étirant, faisant craquer les jointures de ses doigts. Cette journée penchée sur de vieux grimoires et des manuscrits avait été une épreuve pour son corps encore meurtri, mais au moins, elle avait eu le sentiment d'avancer et elle se sentait bien mieux en se rendant utile. Elle trempa sa plume dans l'encre et s'apprêtait à apposer sa signature au nouveau projet de loi sur lequel elle avait travaillé quand une secousse la fit déraper, laisser une large trainée d'encre noir au travers du parchemin. Elle grogna, agacée.
_Oh zut !
Elle voulut faire disparaitre la trace avec sa baguette lorsqu'une nouvelle secousse, plus violente cette fois ci, la fit tomber de sa chaise.
_Par Merlin, que…
Elle entendit des cris de panique dans le couloir suivi de nombreuses détonations qui firent trembler les murs de son bureau, la bouteille d'encre se renversa et des livres et parchemins tombèrent au sol. Elle sentit son sang se glacer dans ses veines, la peur s'insinuant en elle à chaque respiration. Le cœur battant, elle se rua sur la porte et se précipita dans le couloir, la baguette fermement serrée dans sa main tremblante. Elle vit des sorciers et sorcières suffoquer dans l'air chargé de fumée, elle vit des corps à terre, des gens courir en hurlant de peur. Et à travers le nuage opaque qui la prit aux poumons, elle aperçut, au fond du couloir, des silhouettes sombres qui regardaient dans sa direction. Ils étaient là, ils étaient là pour elle. Les yeux écarquillés par la peur, elle recula d'un pas alors que l'un d'eux la pointa du doigt.
_Elle est là !
Elle fit volte-face et se mit à courir. Ils sont là, ils attaquent le Ministère, ils sont là pour moi… Elle essayait d'assimiler l'information, qui tournoyait sans fin dans sa tête. Elle n'arrivait pas à y croire et pourtant, elle courrait aussi vite qu'elle le pouvait, essayant de mettre le plus de distance possible entre elle et les assaillants.
_Endoloris !
Le sort la rata de peu mais atteignit un jeune sorcier qui fuyait, il se mit à se tordre de douleur au sol en hurlant.
_Non ! s'écria Hermione, horrifiée, en se précipitant vers lui. Elle se tourna vers les Mangemorts.
_Expelliarmus !
Le sort frappa un Mangemort en pleine poitrine, la baguette vola dans les airs tandis que son propriétaire basculait en arrière sous la violence du sortilège.
_Saleté de Sang de bourbe, endoloris ! vociféra l'un de ses compagnons.
Hermione se jeta sur le côté, échappant une nouvelle fois au sortilège, elle bondit sur ses jambes, abandonnant le jeune sorcier qui avait cessé de se tordre et qui avait perdu connaissance. Il ne risquait rien, c'était elle qu'ils voulaient, elle seule. Elle se mit à courir, le sang battant furieusement à ses oreilles. L'adrénaline avait anesthésié chacune des douleurs dont elle souffrait encore, elle ne ressentait plus que la peur et la colère, elle devait leur échapper, elle refusait d'être capturée à nouveau…
_Atakunto ! hurla-t-elle en brandissant sa baguette sans cesser sa course.
Un autre Mangemort fut frappé de plein fouet par le sort d'Hermione, et fut propulsé dans les airs pour retomber lourdement quelques mètres en arrière, figé.
Elle sentait la terreur lui tordre le ventre, et tourna dans un couloir sans cesser de courir, talonnée par les Mangemorts.
Elle n'entendit pas le sort, ne le vit pas, mais soudain, le sol se déroba sous ses pieds et le plancher s'effondra, l'emportant dans un hurlement de terreur. Au milieu des débris, désorientée et encore étourdie par la chute, elle essaya de se relever tant bien que mal, mais une douleur vrilla et son regard se porta à sa jambe ensanglantée, plusieurs échardes de bois étaient plantées dans sa chair, perçant la toile de son pantalon. Elle gémit de douleur et tenta une nouvelle fois de se lever. Malgré sa chute, elle fut soulagée de constater qu'elle n'avait pas lâché sa baguette. Autour d'elle, tout n'était plus que chaos, elle entendait encore des hurlements, l'air était chargé d'une fumée blanchâtre due aux explosions, des morceaux de plâtre tombaient autour d'elle, la couvrant d'une épaisse poussière blanche. Hermione entendit un ricanement, elle leva les yeux et les vit, penchés au-dessus du trou béant du plancher, la regarder avec des rictus victorieux.
_Alors Sang de Bourbe, la course est finie ?
Hermione poussa un cri de rage, elle se battrait jusqu'au bout, elle ne se laisserait pas faire, elle brandit sa baguette, les prenant par surprise.
_Stupefix !
Le sortilège atteignit le Mangemort en plein visage et il bascula dans le vide, s'écrasant juste à côté d'Hermione dans un craquement sinistre, la nuque rompue. Horrifiée, Hermione ne put détacher son regard des yeux sans vie du Mangemort. Elle n'avait encore jamais tué jusque-là, pas même pendant la Bataille de Poudlard… Elle se sentait salie et prise de nausée. Son corps se mit à trembler et elle dut faire un effort considérable pour ne pas lâcher sa baguette.
Les Mangemorts poussèrent un cri de rage, et l'un d'eux pointa sa baguette sur elle.
_Endoloris ! Sang de Bourbe, tu vas payer pour ça !
La douleur, familière, cruelle, l'enveloppa toute entière, elle hurla, se tordant pour échapper à la sensation d'être brûlée vive qui irradiait de chacune de ses cellules. Puis la sensation cessa, la laissant avec une douleur lancinante dans tout le corps. Elle gémit, et elle se rendit compte qu'elle pleurait. Elle essaya de ramper hors de portée, mais les débris de bois l'empêchaient de progresser suffisamment. Elle était à leur merci. Elle laissa échapper un sanglot.
_Ron, aides moi, Ron…
_Tu vas mourir Sang de Bourbe !
_Stu… Stupéfix !
Le Mangemort esquiva facilement le sort et pointa à nouveau sa baguette sur elle, et la douleur revint, violente, puissante, la déchirant de tous les côtés.
_Ron ne me laisses pas, aides moi… murmura la jeune femme lorsque le sort fut levé, la laissant gisante sur le sol. Elle était tétanisée par la peur, par la douleur, elle n'arrivait plus à penser de manière cohérente, elle voulait juste Ron, juste lui, juste ses bras, son sourire, ses yeux bleus, son odeur…
_Fini de jouer, Sang de Bourbe, et rassures toi, nous enverrons ton cadavre à ces traîtres à leur sang de Weasley !
Elle vit la baguette pointée sur elle et elle eut envie de hurler de terreur. Elle ne voulait pas mourir, pas encore, pas maintenant, c'était trop tôt, tellement tôt…
_Ron, au secours, aides moi ! Au secours !
Son cri fit rire de plus belle les Mangemorts.
_Tu es seule et tu es finie ! Avada…
_Ron…
_...kedavra !
La lumière verte ne dura qu'une fraction de seconde, puis ce fut le noir.
….
_Nooooooooooooon ! Non ! Hermione ! Non ! Non !
_Ron ! Ron ! Réveilles toi !
Harry vit son ami se cambrer dans son lit en hurlant de douleur, le visage déformé par un désespoir sans nom et les joues couvertes de larmes. Il essaya de l'attraper pour le secouer, en vain, Ron gesticulait beaucoup trop.
_Ron, tout va bien, c'est Harry, réveilles toi, Ron ! cria Harry.
Le jeune homme se réveilla soudain et se redressa. Ses yeux, humides, paniqués, regardèrent autour de lui avant de se poser sur Harry. Celui-ci, les cheveux encore plus désordonnés que d'habitude, les lunettes de travers, semblait être tombé du lit, et le contemplait avec inquiétude. Ron posa une main sur sa poitrine et sentit son cœur battre plus vite qu'il ne l'avait jamais fait. Il était à bout de souffle, les images lui revinrent, il revit Hermione, blessée, et cette funeste lumière verte lui ôter la vie. Son cœur se tordit de douleur.
_Non, non, gémit-il en se prenant la tête entre les mains.
Harry s'agenouilla auprès de lui.
_Ron, Ron, que se passe-t-il ? C'était juste un cauchemar, Ron !
Ron déglutit avec difficulté en se passant une main sur le visage, les yeux fermés. Il voulut parler mais il n'y arrivait pas, ses mains tremblaient et un frisson le parcourut.
_Ron, est-ce que ça va ?
_Hermione… Elle…Le ministère était attaqué… Elle était là-bas… Ils l'ont…Ils ont…Elle est…
Il ne put achever sa phrase et laissa échapper un sanglot de détresse. Harry posa une main sur son épaule et chercha son regard.
_Ok, Ron, regardes moi, Hermione va bien, ce n'était qu'un cauchemar, elle va bien, elle est au Terrier, elle ne risque rien…
Ron ouvrit à nouveau les yeux pour trouver ceux d'Harry, troublés. Celui-ci vit dans le regard de Ron une peur qui surpassait celle qu'il avait déjà pu apercevoir au Manoir des Malefoy alors qu'Hermione était torturée, ou encore lorsque Hermione était hospitalisée.
_Je l'ai vue… Je l'ai vue mourir… souffla Ron, la gorge nouée.
Cette seule idée suffisait à le briser. Il ne savait pas comment vivre sans elle, il ne se rappelait plus de comment il vivait sans elle avant sa première année à Poudlard, et il ne voulait pas le savoir, il ne voulait pas, il ne pouvait pas la perdre.
_Je dois rentrer, je dois aller là-bas, elle a besoin de moi…
Harry, stupéfait, se remit debout.
_Ron, nous avons une mission, elle est en sécurité, elle…
_Mais tu ne comprends pas ! s'écria Ron avec colère, en se levant à son tour. Je l'ai vue mourir, j'ai vu ces salauds la tuer, elle ne vivait plus Harry, elle m'appelait au secours et ensuite… Je dois y aller !
Il se mit à faire les cent pas dans la tente, prenant un vêtement, le reposant, en prenant un autre pour le reposer également, complétement paniqué et perdu.
_Ron ! Ressaisis-toi ! répliqua Harry en le prenant par les épaules pour le forcer à lui faire face. Ce n'était qu'un cauchemar, ce n'est pas réel, ça n'arrivera pas, Hermione est en sécurité au Terrier, elle doit dormir à l'heure qu'il est…
Ron fixa un instant son ami, oscillant entre se dégager ou l'écouter, puis il se laissa tomber sur le lit de camp, la tête de nouveau entre les mains. Harry hésita puis s'assit auprès de lui. Ils restèrent un instant silencieux. La respiration de Ron se calma petit à petit, son souffle se faisant plus régulier.
_J'ai un mauvais pressentiment Harry, ce cauchemar… C'était si réel… Je pouvais même sentir l'odeur de brûlé, j'entendais les cris, j'ai vu Hermione…Harry, j'ai peur de la perdre…
_Je sais mon vieux, et moi aussi j'ai peur pour elle…Mais tu ne pourras rien faire de plus là-bas, ici nous avons une chance d'obtenir des informations qui nous permettrons de retrouver ces monstres…
Ron s'essuya les yeux, encore humides de larmes. Lorsqu'il parla de nouveau, sa voix était brisée.
_Harry, si je la perds… J'en mourrais… Je ne peux pas la perdre… Nous devons renforcer la sécurité au Ministère…
Harry hocha la tête avec compréhension.
_Ecoutes, nous ferons parvenir un message à Kingsley dès demain matin, en attendant, nous ferions mieux de retourner nous coucher pour être un minimum en forme demain…
Ron acquiesça en silence tandis qu'Harry regagnait son propre lit après avoir éteint les lumières.
Ron s'allongea, fixant la toile de la tente au-dessus de lui. Il ferma les yeux mais aussitôt, les images de son cauchemar l'assaillirent, aussitôt, il entendit la voix d'Hermione… Ron, ne me laisses pas, aides moi… Ron au secours, aides moi, au secours… Il avait l'impression de devenir fou, il savait que la seule chose qui aurait pu l'aider à s'endormir aurait été de voir Hermione, de la sentir contre lui, saine et sauve, mais c'était impossible… Avec un soupir, il se tourna sur le côté. Harry dormait déjà à en juger la respiration profonde et régulière qui lui parvenait de son lit, et pour la première fois depuis des années, il ressentit de la jalousie à l'égard de son ami.
Le lendemain matin à l'aube, lorsqu'Harry se réveilla, il vit que le lit de Ron était vide. Celui-ci était déjà réveillé et était assis devant la tente, contemplant pensivement le lever de soleil en faisant tournoyer sa baguette entre ses doigts. Harry se prépara hâtivement et rejoignit son ami. Il l'observa du coin de l'œil, et vit que Ron avait les yeux rouges et cernés.
_Tu n'as pas beaucoup dormi, hein ?
Ron secoua la tête sans le regarder. Harry soupira. Il pouvait aisément se mettre à la place de Ron, ne serait-ce que parce qu'il aimait lui aussi Hermione, certes d'une façon complétement différente, mais il l'aimait et il n'imaginait pas une vie dans laquelle elle ne serait plus.
Djodar sortit de sa tente et vint vers eux tandis que le camp s'éveillait petit à petit. Le Gardien fronça les sourcils lorsqu'il vit le visage épuisé et marqué par l'angoisse de Ron. Il lança un regard interrogateur à Harry, mais ce fut Ron qui répondit, éludant la question.
_Juste un cauchemar… Nous sommes prêts…
Il avait pu demander à Adam Wales de faire parvenir un message urgent au Ministère, mais il n'en ressentait aucun soulagement. A présent, tout ce dont il avait besoin, c'était d'agir pour mettre fin à cette traque et en finir définitivement avec le souvenir de Voldemort. Il n'aspirait qu'à une chose : épouser Hermione, fonder une famille, oublier cette peur au ventre qui ne le quittait plus. Il songea à tout ce qu'Harry, Hermione et lui avaient traversé, sacrifié, et il ne put s'empêcher de ressentir un profond sentiment d'injustice. Ils méritaient la paix, eux plus que quiconque…
Quatre Aurors s'approchèrent, tous les quatre accompagneraient Ron et Harry dans la zone interdite. Harris Dunam, Charles Day, William Miller et Malicia Fergusson étaient des Aurors expérimentés, ils étaient un peu plus âgés que Ron et Harry mais leur loyauté à leur égard n'était plus à prouver, ils avaient eu de nombreuses occasions de travailler ensemble dans leurs premières années en tant qu' Aurors… Harry et Ron restaient pour eux les héros incontestables de la guerre.
Ils transplanèrent directement à l'endroit où Besar Destan les attendait. Il portait une longue cape verte sombre, rongée par les mites, et son regard s'attarda longuement sur Ron avant qu'il ne leur fasse signe de le suivre. Ils suivirent la rue principale, déserte, et se dirigèrent vers la sortie de la ville. Une fois à l'extérieur, Besar Destan tendit ses deux mains en silence, et tous les saisirent. Harry et Ron échangèrent un regard, ils demeuraient aux aguets, prêts à bondir. Ils ne connaissaient pas Besar, et malgré la confiance que lui manifestait Djodar, ils restaient sur leurs gardes. Il transplana, les emmenant avec lui, et ils atterrirent au milieu d'un champ de blé qui leur offrait une vue dégagée sur les alentours. Besar Destan ne bougea pas mais tendit le bras et leurs regards suivirent la direction qu'il montrait. Ron et Harry froncèrent les sourcils. A quelques centaine de mètres de l'endroit où ils se trouvaient, le champ noircissait petit à petit jusqu'à disparaitre complétement, comme si toute végétation avait été brûlée progressivement jusqu'aux racines, laissant un sol noir comme du charbon, et infertile, qui courait jusqu'à l'horizon. Besar adressa quelques mots à Djodar, qui écouta attentivement avant de se tourner vers eux.
_Il dit que le mal a rongé cette terre, et au loin, après l'horizon, il y aurait une maison, les gens ici pensent que c'est là que Voldemort se trouvait et que cette maison est hantée… Besar ne nous accompagnera pas plus loin… Cela fait des années que plus personne n'ose s'y aventurer…
Harry remercia alors l'homme, qui hocha simplement la tête en fixant de nouveau Ron. Il parla et Djodar fronça les sourcils avant de lui répondre en arménien. Besar insista puis Djodar finit par traduire.
_Il vous demande si vous êtes surs de vouloir y aller… Il vous demande de renoncer…
Ron cessa de fixer l'horizon et se tourna vers lui.
_Ils veulent la femme que j'aime… Ils veulent anéantir tout ce pour quoi on s'est battu…Alors oui nous sommes sûrs…
Djodar hocha la tête avec approbation et traduisit la réponse de Ron. Besar soupira et répondit quelque chose qui fit répliquer Djodar abruptement.
_Qu'a-t-il dit ? demanda Ron, intrigué par la colère de Djodar.
Celui-ci lança un regard meurtrier à Besar mais répondit :
_Il dit que votre amour sera votre tombeau…
Ron croisa le regard de Besar. Ils se regardèrent dans les yeux pendant quelques instants, puis Besar sourit de son étrange sourire édenté. Il recula de quelques pas et transplana.
_Allons-y, lança Djodar en ouvrant la marche.
Harry et Ron lui emboitèrent le pas, suivis de leurs compagnons. Tous gardaient leur baguette en main et leurs sens en alerte. Ils se retrouvèrent rapidement à marcher au travers des terres au sol sec et aride. Autour d'eux, il n'y avait plus aucun signe de vie. Aucune végétation, même minime, aucun bruit, aucun insecte, aucun chant d'oiseau, juste un silence menaçant, oppressant, surnaturel.
_Tu la sens… souffla Harry.
Ron hocha la tête. Cette terre était marquée par la magie noire, elle émanait de chaque pierre, de chaque infime grain de terre. Elle flottait autour d'eux, malfaisante, et Ron sut alors que les habitants disaient vrai. Voldemort avait fait cette terre sienne, sa présence hantait encore l'air autour d'eux.
Ils marchèrent de longues heures, sous un ciel d'un gris, aussi morne et triste que le sol qu'ils foulaient. Ron laissa ses pensées s'égarer, et soudain, il revit Hermione à terre, blessée, implorant son aide, Hermione sans vie… Il suffoqua, comme si respirer était devenu douloureux, et Harry lui lança un regard soucieux. Ron s'efforça de chasser ces images de son esprit, il devait rester concentré, et garder les paroles d'Harry en tête. Hermione allait bien, elle était au Terrier, elle ne risquait rien, elle devait aller bien, le contraire était inenvisageable.
_Là bas ! s'exclama William, le tirant de ses pensées, en montrant du doigt une vague silhouette, sombre et massive, qui commençait à se dessiner à l'horizon.
Une heure de marche plus tard et la silhouette leur apparaissait cette fois ci clairement. Un manoir qui leur rappela étrangement le Manoir des Malefoy. Haut, sombre, imposant, sans artifices, aucune douve ni aucune muraille ne le protégeait. Mais l'aura maléfique qui s'en dégageait aurit suffi à dissuader tout assaillant. Ils stoppèrent à bonne distance et passèrent les alentours au crible. L'endroit semblait désert et abandonné, mais il était hors de question de s'y aventurer à l'aveuglette. Leur plan était simple, attendre la tombée de la nuit pour aller explorer le château. Harry avait déjà lancé les sorts de protections autour d'eux et ils attendirent, le regard fixé vers le manoir, que le soleil se couche.
…
_C'est inadmissible ! Absolument inadmissible !
Marchant de long en large, les mains croisées derrière le dos, le Ministre de la Magie fulminait. Hermione se mordilla nerveusement la lèvre tandis que Jack se décomposait à ses côtés.
Kingsley, appuyé contre le bureau, intervint calmement.
_Nous allons trouver une solution…
Le Ministre stoppa net et s'exclama, en posant un regard furibond sur Jack, qui sembla vouloir disparaitre derrière Hermione.
_La solution est toute trouvée ! Miss Granger prend la suite !
Jack eut l'air d'avoir reçu une gifle, il se ressaisit et protesta.
_Mais enfin, c'est moi qui ai mené les négociations jusque-là !
_Et avec quel succès ! répliqua le Ministre avec ironie. C'est la 11ème délégation !
_Mais…
_Les centaures ne veulent parlementer qu'avec Miss Granger !
_Mais enfin, nous ne devons pas laisser le choix à ces créatures ! s'écria Jack, furieux.
Hermione ouvrit de grands yeux ronds tandis que le visage de Kingsley se durcissait.
_Voilà qui sonne comme une démission, n'est-ce pas Jack ? dit froidement le Ministre.
Hermione était si choquée qu'elle se contenta de regarder Jack quitter le bureau en claquant la porte. Comment un homme qui parlait des centaures avec autant de mépris pouvait-il travailler dans son département ? Pourtant, jusque-là, il avait été un stagiaire modèle, enthousiaste, intéressé, avec une soif de connaissance qui avait ravi Hermione. Et qui avait suscité un bon nombre de moqueries de la part de Ron.
Le Ministre soupira et se laissa tomber sur le premier siège venu. Il regarda Kingsley avec un sourire.
_Il est temps que vous preniez le relai mon vieil ami, il me tarde…
Puis il se tourna vers Hermione.
_Miss Granger, Kingsley m'a fait part de votre souhait de reprendre votre place, je dois vous avouer que jusque-là, j'étais réticent à cette idée, après tout ce que vous avez traversé, je trouvais cela trop tôt, tout est prêt pour votre retour, mais je pensais attendre quelques semaines encore…Néanmoins, étant donné les récents évènements, c'est moi qui vous le demande, pouvez-vous reprendre votre place ?
Hermione se retint de sauter de joie. Elle avait été exaucée, elle allait pouvoir reprendre son travail, retrouver son bureau, avancer dans ses recherches sur l'Héritier… Même si Harry et Ron lui avaient défendu de s'y pencher, arguant que c'était là le travail des Aurors et qu'elle en avait assez fait pour les aider.
_Oui, Monsieur le Ministre, j'en serais ravie…
_La situation est grave Miss Granger, les centaures sont de plus en plus menaçants, et les loups garous réagissent assez mal aux accusations qui leur sont portées… Nous avons bien entendu suspendu tous les cours donnés à proximité de la forêt, mais certains parents s'inquiètent déjà de la proximité de Poudlard, et craignent que les loups garous ne décident de quitter la forêt… Il faut ramener les centaures à la raison !
Hermione pensa à Hagrid et se dit que celui-ci devait être extrêmement déçu de ne pas pouvoir emmener ses élèves dans la forêt. Elle ne put réprimer un sourire mais reprit ensuite son sérieux.
_Je vais lire les rapports des précédentes délégations…
_Elles ont toutes échoué, répondit amèrement le Ministre, mais lors de la dernière, ils ont fait savoir qu'ils ne s'adresseraient qu'à vous…
_Je vais donc me rendre dans la forêt ?
Le Ministre hocha la tête. Hermione se mordilla le pouce. Sa dernière visite dans la forêt Interdite avait failli lui couter la vie, et elle ressentait de l'appréhension.
_Avec une escorte bien entendu, je mettrai le bureau des Aurors à votre disposition… Avec ce qui s'est passé en Mai, des Aurors vous suivront à la trace… Mais cette visite est indispensable…
Hermione et Kingsley échangèrent un regard et la jeune femme sut qu'ils avaient pensé à la même chose. Ron n'allait pas apprécier la nouvelle…
_Autre chose, poursuivit le Ministre, nous avons reçu tôt ce matin un message de notre QG en Albanie…
Le cœur d'Hermione manqua un battement. Pourvu que ce ne soit pas de mauvaises nouvelles… Etre ainsi privée de Ron, ne pas pouvoir lui parler ni lui envoyer de courrier, elle ne s'y habituerait jamais…
_L'Auror Ronald Weasley nous demande de renforcer la sécurité du Ministère…
Hermione fronça les sourcils, intriguée.
_Il ne précise pas les raisons de cette demande, mais je n'ai aucune raison de mettre en doute les préconisations de Mr Weasley, nous passons donc au niveau 3 d'alerte… J'ai déjà fait le nécessaire…
Le Ministre se leva et eut un sourire las.
_Je ne vous remercierai jamais assez Miss Granger… Je sais que Mr Weasley ne sera pas du même avis, alors je vous en suis d'autant plus reconnaissant…
_Je prends mes décisions seules quand il s'agit de mon travail, Monsieur le Ministre, répliqua Hermione, légèrement agacée qu'on puisse envisager qu'elle avait besoin de la permission de Ron pour faire son travail.
Le Ministre hocha la tête avec compréhension puis prit congé. Kingsley n'avait pas bougé de sa place, il sourit à Hermione.
_Je vous propose de m'accompagner au Bureau des Aurors, nous allons affecter nos meilleurs éléments à cette mission… Je vais également prévenir le Professeur McGonagall de notre arrivée demain…
Hermione soupira. Elle était donc une « mission », elle n'aimait pas cette idée mais elle n'avait guère le choix, et surtout, cette fois ci, elle ne redirait rien sur le nombre d'Aurors qui seraient désignés pour assurer sa protection. Pas après ce qu'elle avait vécu…
Hermione passa le reste de la journée à étudier les différents rapports soumis par les précédentes délégations. Elle secoua la tête, affligée par les termes utilisés pour parler des centaures et des loups garous, il n'était pas étonnant que les négociations aient échouées les unes après les autres s'ils avaient traité les habitants de la forêt interdite avec le même mépris qui transparaissait dans les écrits. Jack et l'équipe qu'il avait composée pendant son absence avaient failli réduire à néant tout ce qu'elle avait mis des années à construire, en termes de confiance, de crédibilité. Malgré la guerre, bon nombre de sorciers n'en tiraient aucune leçon et s'entêtaient dans un sentiment de supériorité qui ne les rendait que plus haïssables aux yeux des autres êtres magiques.
Elle se tapota le menton avec sa plume, sourcils froncés. Ce meurtre de centaure l'intriguait, ce n'était encore jamais arrivé, surtout pas sur leur territoire. Le rapport à ce sujet disait que la gorge du centaure avait été sectionnée par ce qui ressemblait à des dents extrêmement pointues… Il aurait fallu comparer les empreintes dentaires des loups garous avec celles retrouvées sur le corps de la victime, mais la prochaine pleine lune n'avait lieu que dans quelques jours, alors l'enquête piétinait et en attendant, les tensions allaient en s'aggravant entre les deux communautés.
Quelqu'un toqua à la porte et elle vit Ginny passait sa tête dans l'encadrement.
_Je me suis dit que je passerais te prendre, annonça-t-elle avec un sourire.
Hermione lui rendit son sourire et s'étira, grimaçant tant ses côtes étaient encore douloureuses.
_Le Ministre m'a chargé de faire un check-up complet de ton état de santé dès demain matin, j'ai cru comprendre que tu reprenais ton poste !
Hermione hocha la tête tandis que son sourire s'élargit.
_Je dois aller négocier avec les centaures demain…
Elle n'aurait pas eu l'air plus heureuse devant une pile de cadeaux de Noel. Ginny fronça les sourcils.
_Ce n'est pas un peu risqué ? Les centaures sont imprévisibles…
_Ils ont de quoi l'être vu la manière dont ils sont perçus par les sorciers, répliqua Hermione en roulant ses parchemins.
Ginny la contempla avec scepticisme.
_Moui, tu ne m'enlèveras pas l'idée que ce n'est pas très prudent !
_Ne t'en fais pas, à priori, une armée d'Auror m'accompagnera, répondit Hermione en jetant un coup d'œil aux Aurors qui montaient la garde dans son bureau et devant sa porte. Fort heureusement, des années passées à étudier en présence d'Harry et Ron l'avaient habituée à se concentrer sur son travail malgré la présence d'autres personnes dans la même pièce.
_Ron sera sûrement ravi !
_Ce qu'il ne sait pas ne peut pas lui faire de mal, rétorqua Hermione en rougissant. Et puis je ne risque rien, Hagrid sera surement là, il y aura une vingtaine d'Aurors, et je suis une sorcière qui ne se débrouille pas si mal il me semble !
_Une sorcière douée mais encore blessée, Hermione… Mais comme de toute façon, tu n'en feras qu'à ta tête, je te propose de rentrer !
Hermione sourit avec triomphe à son amie. Le traumatisme de ce qui lui était arrivée était toujours là, toujours bien présent, mais agir était comme une thérapie, en attendant de retrouver les bras de Ron. Il lui tardait d'être au lendemain et de renouer avec l'adrénaline.
…
Ron n'entendait que le faible bruit des pas de ses compagnons alors qu'ils approchaient le château dans l'obscurité la plus totale. C'était une nuit sans lune, au ciel couvert, la chance était de leur côté. Il sentait l'adrénaline courir dans ses veines, comme à chaque fois qu'il était en mission. Les muscles tendus, il perçut le souffle d'Harry à sa droite, quand soudain, une faible lueur apparut à une fenêtre, attirant son attention.
_Regardez !
La lueur ne dura que quelques secondes, mais cela suffit à leur faire resserrer les rangs et stopper leur avancée.
_Qu'est-ce que c'était, souffla Malicia.
_Regardez, à droite ! chuchota précipitamment Harris.
La lueur était apparue cette fois à quelques fenêtres de sa première apparition, sur la droite.
Il y avait quelqu'un, c'était la seule explication possible. Ils continuèrent à avancer, leurs yeux scrutant l'obscurité, guettant la moindre lumière, le moindre mouvement. Une fois arrivés devant la porte, Harry fit signe à Harris, William et Malicia de faire le tour pour passer par derrière. Harry tendit la main vers la poignée et la tourna lentement, tandis que Ron, Charles, et Djodar se tenaient prêts à bondir. Harry fut surpris de constater que la porte n'était pas verrouillée. Il repoussa la porte, qui s'ouvrit sans un bruit sur un corridor plongé dans le noir.
_Hominum Revelio, souffla Harry, avant de se tourner vers Ron.
_Il y a quelqu'un, à l'étage…
Ron hocha la tête et ils avancèrent lentement tandis que Charles et Djodar couvraient leurs arrières.
_Lumos, chuchotèrent les Aurors les uns après les autres, illuminant leur baguette pour éclairer leur avancée.
L'escalier de marbre était couvert de poussière mais ils pouvaient clairement distinguer de nombreuses traces de pas, comme si une seule et même personne était montée et descendue à de nombreuses reprises.
Ils montèrent le plus silencieusement possible et arrivèrent dans un large couloir qui desservait une dizaine de chambres réparties de part et d'autre. Soudain, à la faible lueur des baguettes, une silhouette voutée sortit d'une des chambres, portant une lampe à huile dont la lumière vacillante éclairait légèrement son visage alors qu'elle se tournait vers eux. Un visage émacié, ridé, celui d'une vieille femme. Elle portait un foulard crasseux sur la tête dont s'échappaient quelques mèches blanches, et une large cape l'enveloppait.
Le cœur battant, Ron et Harry se tinrent prêt à se défendre et approchèrent lentement.
_Qui êtes-vous ? lança Harry.
Le visage de la vieille femme demeura impassible, et ses yeux sombres, profondément enfoncés dans leurs orbites, semblaient ne pas les voir.
_Elle ne parle peut être pas notre langue, suggéra Charles.
Djodar hocha la tête et interpella l'inconnue en arménien, mais elle ne réagit pas non plus. Lorsqu'ils parvinrent à son niveau, ils virent qu'elle ne possédait pas de baguette, toutefois Harry songea à Bathilda Tourdesac et demeura sur ses gardes. Nagini était peut être mort, mais si l'Héritier était bien le fils de Voldemort, alors il ne valait mieux pas se fier à l'air inoffensif de la vieille femme. Il garda sa baguette pointée sur elle, alors qu'elle levait enfin les yeux vers eux. Djodar réitéra sa question, et en guise de réponse, la vieille femme entra dans la chambre à sa gauche en leur faisant signe de la suivre.
Les Aurors et le Gardien se regardèrent, méfiants. Mais ils n'avaient guère le choix, cette vieille femme semblait être le seul être humain vivant dans la demeure et sans doute, leur seul témoin.
Ron écarquilla les yeux et leva sa baguette pour mieux éclairer la chambre. C'était une chambre d'enfant, il y avait un berceau dans un coin, et un petit lit dans un autre coin. Une vieille armoire bancale semblait sur le point de s'effondrer dans un autre coin de la pièce. Tout était des plus rustiques et rudimentaires, Ron imaginait mal un enfant grandir dans un environnement aussi effrayant. La vieille femme désigna le berceau, puis se désigna elle.
Djodar fronça les sourcils et lui posa une question en arménien. La vieille femme secoua la tête et montra de nouveau le berceau.
_Je lui ai demandé si sa famille et elle vivaient ici, elle m'a répondu que non…
_Demandez-lui si elle a gardé un enfant ici, si elle était la nurse… dit soudain Ron.
Harry et lui se regardèrent, ils avaient pensé à la même chose. Djodar s'exécuta et la vieille femme hocha la tête.
_C'était elle… La nurse, celle qui a élevé l'Héritier…dit Harry en ne la quittant pas des yeux.
_La jeune mère qui a été enlevée il y a une trentaine d'années… ajouta Ron.
Djodar eut l'air sceptique.
_Elle a l'air beaucoup trop âgée pour être cette disparue…
_Posez lui la question, insista Ron.
Djodar obéit et ouvrit de grands yeux surpris lorsqu'elle hocha la tête.
_Pourquoi est-ce qu'elle ne parle pas ? demanda Harry.
Djodar posa la question et la vieille femme ouvrit alors la bouche, révélant une langue sectionnée.
Un frisson les parcourut. Elle avait eu la langue coupée et elle faisait au moins vingt ans de plus que son âge présumé. Qui savait de quelles horreurs elle avait été témoin, de quelles souffrances elle avait été victime… La cruauté de Voldemort ne connaissait pas de limites, ce qu'il avait fait vivre à cette femme en était la preuve… Horrifiés, ils virent la vieille femme prendre un morceau de papier qui était posé dans le berceau, puis elle s'approcha de Ron et le lui tendit.
Surpris, ils regardèrent un instant l'enveloppe dans la main tremblante de la vieille femme. Ron leva le bras et s'en saisit.
_Attention, c'est peut être un piège, intervint Harry, sourcils froncés.
Il pointa sa baguette et murmura quelques sortilèges sans que rien ne se produise. Ron la décacheta alors et sortit une lettre qu'il déplia. Un simple mot y était inscrit.
« Surprise ».
Ron jura en tendant le papier à Harry.
_C'est un message de l'Héritier, il n'est pas là, gronda Ron, nous devons rentrer, il est en Angleterre !
Il avait serré les poings et sentait une onde glacée courir dans ses veines. Il était en Angleterre, comme Hermione, et cette seule pensée était inacceptable. Il devait rentrer, au plus vite, son cauchemar lui revint en tête comme une gifle. Il sentit la panique s'insinuer en lui et dut lutter pour ne pas perdre son sang-froid. Hermione est au Terrier, elle ne risque rien, elle est au Terrier, elle ne risque rien…
Harry hocha la tête avec approbation et jeta un coup d'œil à la vieille femme, qui semblait être retombée dans un état léthargique.
_Nous ne pouvons pas la laisser là !
Ron acquiesça et Charles se saisit d'un bras de la vieille femme, qui se laissa entraîner sans opposer la moindre résistance. Ils descendirent rapidement et se dirigèrent vers la sortie.
Dès qu'ils eurent franchi le seuil du manoir, la vieille femme se figea, ses yeux roulèrent dans leurs orbites et elle s'effondra. Charles eut du mal à la retenir dans sa chute, puis il s'agenouilla et posa une main sur son cou pour vérifier son pouls. Il leva un regard stupéfait sur Ron, Harry et Djodar.
_Elle est morte !
_Quoi ? Comment est-ce possible ! s'écria Harry en vérifiant le pouls à son tour.
_Elle était sans doute victime d'un sort, elle était prisonnière et devait mourir si elle quittait le manoir… répondit Djodar.
_Mais comment ? s'exclama Ron, épouvanté, sans quitter du regard le corps sans vie de la vieille femme.
_La magie noire…
Djodar n'eut pas le temps de finir sa phrase. Un sortilège fit exploser une enluminure en granit près de sa tête, le blessant légèrement.
_A terre ! Couchez vous ! cria Harry en plongeant au sol.
Ron vit plusieurs silhouettes se découper à quelques mètres du manoir. Ils étaient encerclés par les Mangemorts.
_C'était une embuscade ! s'exclama Charlie en esquivant un sortilège.
_Nous devons contre attaquer ! s'écria Djodar tandis que les sorts sifflaient au-dessus de leurs têtes, faisant exploser plusieurs pans de façade.
Puis il se tourna vers Ron.
_Il faut ramener le corps à a famille, ils ont le droit de connaître la vérité !
Ron approuva de la tête puis se redressa.
_Stupefix ! Stupefix ! Expelliarmus !
L'obscurité s'était transformée cette fois en désavantage et seul un de ses sorts atteignit sa cible. Il voyait autour de lui ses co-équipiers lancer sortilèges sur sortilèges, ils avaient été rejoints par William, Harris et Malicia. Les Mangemorts demeuraient à bonne distance mais ils étaient au moins une dizaine.
Ron vit Djodar faire volte-face.
_Je vais attirer leur attention ! Vous devez transplaner ! lança le Gardien avant de disparaitre à l'intérieur du manoir.
_Non Djodar, revenez, non ! beugla Ron, mais il dut rapidement reporter son attention sur le combat qui faisait rage.
Un éclair rouge atteignit Harris, qui poussa un cri de douleur avant de s'effondrer. Malicia se précipita sur lui sans cesser de lancer des sorts coup sur coup en direction des Mangemorts. Harry et Charles protégeaient tant bien que mal le corps de la vieille femme.
_Stupefix ! Petrificus Totalus ! Nous devons transplaner ! hurla Harry.
_Quand tu veux ! répliqua Ron sans cesser de se battre et de jeter des coups d'œil anxieux autour de lui, à la recherche de Djodar.
Soudain, un éclair surgit de derrière les Mangemorts et atteignit l'un d'eux qui s'écroula. Ron les entendit pousser un cri de rage et son cauchemar lui revint avec violence, le prenant au cœur, tandis que les Mangemorts tentaient de se battre sur les deux fronts. Malicia avait réussi à traîner Harris jusqu'à la vieille femme sans arrêter de lancer des sorts.
_Nous allons pouvoir transplaner ! avertit Harry.
_Pas sans Djodar ! rétorqua Ron, par Merlin, où est-il passé !
Tout en parant les attaques, il approcha lentement du reste de l'équipe. Soudain la voix de Djodar s'éleva derrière les Mangemorts.
_Alors bande de lâches, voyons voir ce que vous avez dans le ventre !
Epouvanté, Ron vit Djodar faire face aux Mangemorts qui s'étaient tournés vers lui.
_Non ! Djodar !
Il ne sentit pas William lui saisir le bras pour l'entraîner vers les autres tout en continuant à se défendre contre les Mangemorts qui leur prêtaient toujours attention.
Djodar fut atteint par un premier sort, qui le projeta à quelques mètres, mais, titubant, il se releva et répliqua avec force, atteignant deux Mangemorts.
_Djodar ! Revenez ! Djodar ! hurla Ron.
Puis Ron sentit une main lui agripper le coude, le tirant un arrière, et alors qu'il sentait ses pieds décoller du sol pour transplaner, il vit un éclair vert frapper Djodar de plein fouet. Le Gardien s'écroula, sans vie.
