Bonsouaaaaaaar :-D

Et hop hop hop l'aventure continue avec notre trio favori ! J'espère que vous aimerez ce chapitre autant que moi j'ai aimé l'écrire !

Charliee3216, Melancholy, que vous dire sinon MERCIIIIIII ! Vos reviews ont été un véritable booster de motivation ! Alors merci merci merci !

Bonne lecture et REVIEWEZ ! Si vous aimez, laissez-moi un petit mot, (et si vous n'aimez pas, laissez un petit mot aussi, mais soyez gentils hein)

A très vite !

Un lourd silence régnait dans le bureau du Grand Gardien. Celui-ci, debout devant la cheminée, fixait les flammes avec un air sévère. Harry, bras croisés, avait le regard perdu dans le vide, et Ron, assis sur une chaise, se tenait la tête entre les mains. Les trois hommes étaient immobiles, comme si le temps avait été suspendu et que le moindre mouvement risquait de rendre tout ceci trop réel. Quelqu'un toqua à la porte, les faisant tous les trois sursauter. Le Grand Gardien ouvrit la porte, et l'un de ses hommes lui annonça quelque chose en albanais. Il affichait une mine sinistre, et un regard éteint. La disparition de Djodar avait été un véritable choc pour l'ensemble des Gardiens. Le Grand Gardien hocha la tête puis se tourna vers les Aurors, l'air profondément triste.

_L'épouse de Djodar Saliran, Anita, est là, elle rendait visite à ses collègues, nous l'avons faite venir dans nos bureaux… Ça ne vous dérange pas si je… Elle n'est pas encore au courant…Je tiens à le lui annoncer en personne…

Harry et Ron hochèrent la tête en signe d'approbation. Le grand Gardien ouvrit la porte en grand et au bout de quelques minutes, une femme blonde, de petite taille, au ventre rond proéminent, portant un petit garçon que Ron reconnut comme étant Adrian, entra dans la pièce. Elle était livide, et semblait perdue, son regard affolé allant de Ron à Harry avant de se poser sur le patron de son époux. Elle posa précipitamment une question, refusant de laisser son fils au gardien qui l'avait menée jusqu'au bureau, et refusant la chaise que lui désignait Pjetër. Celui-ci soupira, puis parla d'une voix douce, comme s'il mesurait chaque mot qu'il prononçait. Ron et Harry ne comprenaient pas ce qu'il disait, mais ils virent le visage d'Anita se décomposer petit à petit, et ses yeux s'écarquiller de douleur. Elle poussa alors un long cri déchirant, une plainte désespérée qui glaça le sang des jeunes Aurors, et elle s'effondra à genoux, secouée de sanglots, criant en serrant son fils contre elle d'un bras, l'autre bras crispé autour de son ventre. Ron ne pouvait pas détacher son regard de la scène, du petit garçon qui s'accrochait à sa mère en pleurant et en appelant son père. Le jeune homme sentit les larmes lui brûler les yeux, mais il refusait de les laisser couler, il n'avait pas le droit, pas devant tant de douleur, pas quand en face de lui, une femme pleurait son mari et un enfant pleurait son père. Harry était bouleversé et avait les mains qui tremblaient. Le Grand Gardien s'agenouilla pour se mettre au niveau d'Anita et posa une main sur son épaule, en lui parlant doucement. Deux Gardiens, une femme et un homme, surgirent dans le bureau, ils relevèrent Anita avec délicatesse, la femme prit Adrian dans ses bras tandis que l'homme soutenait sa mère, et ils sortirent de la pièce. Le silence revint, encore plus douloureux, comme une plaie à vif… Le Grand Gardien resta immobile un instant, comme figé, puis il se passa une main sur le visage et se tourna vers les Aurors.

_Djodar était un Gardien exceptionnel…dit-il d'une voix étranglée.

_Nous devons aller récupérer son corps, nous ne pouvons pas le laisser entre les mains des Mangemorts, s'écria Ron.

Pjetër hocha la tête.

_Une dizaine de Gardiens se sont déjà portés volontaires pour cette mission, ils sont prêts à partir…

_Nous voulons en faire partie ! annonça Harry, dont la voix tremblait légèrement.

Le Grand Gardien eut un sourire triste.

_Mr Potter, Mr Weasley, merci de nous proposer votre aide, mais un portoloin pour Londres vous attend déjà, et cette mission… Mes hommes voudront agir seuls, sans aide extérieure…

_Mais c'est de notre faute si Djodar est… Est mort…

Le Grand Gardien secoua la tête.

_Non, Mr Weasley, ce n'est pas de votre faute, ne pensez pas cela, les seuls responsables sont les traîtres qui vont ont attaqué, et ils paieront pour leurs crimes soyez en surs… Nous avons fait envoyer les rapports de l'interrogatoire directement à Londres, étant donné les circonstances…

Ron se leva et sortit de la pièce. L'une des premières règles qu'on leur avait enseignée pendant leur formation d'Auror était de ne jamais laisser un membre de l'équipe derrière soi. Et ils avaient failli. Djodar était mort et ils étaient partis, l'abandonnant. Il s'appuya un instant au mur, pris de nausées. Djodar allait avoir un enfant, une petite fille qui ne connaitrait jamais son père, il avait une femme, des enfants, une famille… Sa mort n'avait aucun sens, Ron le connaissait depuis peu et pourtant, sa disparition le rendait malade. Il entendit soudain en sanglot et se redressa. Le petit garçon était sorti d'une pièce voisine et s'était recroquevillé dans un coin, la tête contre ses genoux, luttant pour pleurer silencieusement. Ron sentit son cœur se serrer à cette vision. Il se dirigea vers lui, stoppa un instant devant l'embrasure de la porte, jetant un regard dans la pièce. Anita gémissait de douleur dans les bras d'une Gardienne, qui, le visage baigné de larmes, lui murmurait des paroles de réconfort. Ron sentit une nouvelle boule se former dans sa gorge. Il s'accroupit auprès d'Adrian.

_Hé… Adrian…

Le petit garçon leva un visage malheureux vers Ron, qui eut un coup au cœur.

_Je sais que tu t'appelles Adrian, ton papa m'a parlé de toi… Tu ne comprends pas ce que je dis, n'est-ce pas ? Ce n'est pas grave mon grand, moi, je m'appelle Ron Weasley…

A ce nom, Adrian écarquilla de grands yeux incrédules. Ron lui sourit en hochant la tête, comme pour confirmer les pensées du jeune garçon.

_Je sais que tu vis quelque chose d'horrible en ce moment… Mais tu t'en sortiras, tout finira par aller bien, je te présenterai mon ami, Harry Potter, il sait mieux que quiconque ce que tu vis…

Il l'aida à se relever, et spontanément, Adrian tendit les bras vers Ron, lequel hésita avant de se pencher pour le prendre dans ses bras. Il entra silencieusement dans la pièce, Anita leva les yeux tandis que la Gardienne se levait pour saisir le petit garçon.

_Merci… murmura Anita à l'adresse de Ron.

Le jeune homme, interdit, ne put que fixer ses yeux rouges et immensément tristes. La peine qu'il y lisait ne faisait qu'attiser son sentiment de culpabilité.

_Merci, répéta Anita, je ne parle pas très bien votre langue… Mais merci, mon fils vous admire beaucoup, vous et Monsieur Potter…

_Je suis désolé, dit Ron dans un souffle.

Anita se leva avec difficulté et s'approcha de Ron pour lui prendre les mains.

_Mon mari est un héros, ce sont eux qui l'ont tué, pas vous, ne soyez pas désolé, ce sont eux, mon mari est un héros…

Sa voix se brisa et elle se remit à pleurer. Ron la serra maladroitement contre lui. A cet instant, il aurait tout donné pour avoir un retourneur de temps et empêcher Djodar de se sacrifier…

oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo ooooooooooooooo

_Hermione !

La jeune femme sourit en voyant Hagrid se précipiter vers elle. Elle venait tout juste d'arriver à Poudlard, accompagnée du Ministre et de toute une escorte d'Aurors qui scrutaient les alentours à la recherche du moindre signe suspect. La silhouette du château, familière et rassurante, se découpait dans le ciel d'un bleu limpide.

_Hagrid !

Il la serra contre lui et lui ébouriffa les cheveux dans un geste affectueux. L'odeur de bois brûlé et de soupe au potiron qui émanait de lui la ramena des années en arrière, quand il l'avait consolée après qu'elle ait été insultée par Malefoy, et que Ron se soit retrouvé à cracher des limaces en voulant la défendre.

_Je suis content de te voir Hermione ! J'ai eu si peur quand tu as été enlevée, tu dois être plus prudente !

Son ton bourru se voulait chargé de reproches mais ses yeux pétillaient de la joie de revoir l'une de ses trois élèves préférés.

Hermione eut un petit sourire contrit en acquiesçant.

_Je suis désolée Hagrid…

_Bah, oublies ça, l'essentiel c'est que tu ailles bien, je n'ai jamais rencontré de sorciers qui s'attiraient autant d'ennuis que vous trois, tu aurais vu Ron, il faisait peine à voir, penses à lui ! Et à nous tous !

La jeune femme rougit, puis vit le professeur McGonagall qui venait vers eux. La directrice de Poudlard n'avait pas changé, comme si le temps n'avait plus de prise sur elle. Elle portait son éternelle robe noire et avait les cheveux plus tirés que jamais. Elle salua le Ministre et sourit avec bienveillance à Hermione.

_Miss Granger, je suis vraiment heureuse de vous revoir sur pieds ! Bien que j'aurais aimé vous revoir dans d'autres circonstances…

Hagrid eut une expression sinistre.

_Ronan a été assassiné…annonça-t-il.

Hermione écarquilla les yeux de stupeur. Les rapports ne précisaient pas l'identité de la victime, mais Ronan était l'un des centaures les plus pacifiques, il leur avait sauvé la vie à Harry et elle lorsqu'ils avaient entraîné le professeur Ombrage dans la forêt Interdite, sans quoi ils auraient probablement péri piétinés par Bane et les autres. Ronan s'était également montré très conciliant quand les loups garous s'étaient installés dans la forêt. Elle était bouleversée quand elle repensait aux conditions de sa mort.

_Par Merlin, j'ignorais que… Ronan était quelqu'un de bien… Les loups-garous le respectent…le respectaient…

Hagrid hocha tristement la tête.

_C'est une grande perte, mais depuis, les centaures perdent la tête, ils accusent tout et tout le monde… La vérité, c'est que nous ne savons rien, et si Rodrigue dit que lui et les autres n'y sont pour rien, alors je le crois…

Rodrigue s'était imposé naturellement comme le meneur du groupe de loups garous qui vivaient dans la forêt Interdite. Si la plupart des personnes qui avaient été mordues par des loups garous préféraient disparaître, d'autres avaient décidé de le vivre pleinement. Cela avait été accepté à certaines conditions, notamment celle de ne pas quitter la forêt Interdite les semaines de pleine lune, et prendre les précautions nécessaires pour qu'ils soient enfermés pendant la transformation. Ils avaient également l'obligation de prendre scrupuleusement leur potion tue-loup afin d'atténuer leur transformation. En dehors des périodes de pleine lune, ils entretenaient le parc du château de Poudlard et s'avéraient être des personnes très agréables, avec lesquelles Hagrid avait fort sympathisé.

Rodrigue vivait à Pré au Lard quand il avait croisé le chemin de Fenrir Greyback pendant la guerre, alors qu'il cherchait à rejoindre Poudlard avec le reste des habitants, pour se battre le soir de la grande bataille. Ce point commun avec le professeur Lupin l'avait rendu aussitôt sympathique aux yeux d'Hermione.

_Ils refusent de m'écouter, poursuivit Hagrid, ils n'ont même pas voulu laisser le professeur McGonagall leur parler !

_Par précaution, nous avons annulé tous les cours qui nécessitaient d'être aux abords de la forêt… Les élèves ont l'interdiction formelle d'approcher d'ici…

Hagrid émit un grognement de frustration en se grattant la barbe. Hermione retint un sourire. Elle imaginait sans mal la déception d'Hagrid à l'idée de ne pas pouvoir emmener ses élèves à la découverte des « adorables » créatures vivant dans la forêt…Et elle devinait sans mal le soulagement des élèves…

_Ils n'acceptent de parler qu'avec vous Miss Granger, la relation de confiance que vous avez établi avec eux est unique…

En disant cela, le professeur McGonagall couvait Hermione d'un regard fier et affectueux.

Hermione acquiesça en fixant la silhouette des arbres, de plus en plus sombres au fur et à mesure que son regard s'enfonçait dans la forêt. Elle sentit une boule d'angoisse oppresser sa poitrine, l'obligeant à prendre de profondes aspirations. La dernière fois qu'elle s'était tenue debout parmi ces arbres, elle était en compagnie du sosie d'un élève mort dont le cadavre pourrissait dans une cave.

La dernière fois, elle avait été kidnappée et torturée. La dernière fois, elle avait failli mourir.

Hagrid posa une de ses larges mains sur son épaule, débordant sur son dos.

_Tout ira bien Hermione, personne ne te fera de mal, on est là, et les Aurors sont là…

La jeune femme jeta un coup d'œil aux Aurors qui l'accompagnaient. Neville lui fit un clin d'œil en souriant, sans quitter sa position. Hagrid lui tapa amicalement dans le dos, le projetant contre un autre Auror. Hermione avait eu la surprise de découvrir que Lucinda Romwell avait été affectée à cette mission. La dernière fois qu'elle l'avait vu, c'était après que la jeune Auror lui ait envoyé un souaffle en pleine tête. Lucinda évitait soigneusement le regard d'Hermione, et semblait mortifiée, pourtant cela faisait des mois…

_Ne les faisons pas attendre, allons-y ! lança Hagrid en ouvrant la marche.

Hermione lui emboita le pas, imitée par le ministre et les Aurors, lesquels les entouraient, baguette à la main. Le professeur McGonagall les regarda s'éloigner, puis, quand leurs silhouettes disparurent dans les profondeurs de la forêt, elle retourna au château.

Plus ils avançaient dans la forêt, plus le soleil avait du mal à percer l'épais feuillage des arbres. Le silence se fit de plus en plus imposant, troublé seulement par le bruit de leurs pas et de leurs respirations. Hermione enjamba une souche d'arbre et se rendit compte qu'elle avait de plus en plus de mal à suivre le rythme. Elle n'avait pas totalement récupéré, Hagrid sembla s'en rendre compte et sans un mot, il la saisit et l'installa sur son dos. Reconnaissante, Hermione ne dit rien et se contenta de s'agripper tant bien que mal au manteau d'Hagrid. Au bout de ce qui lui sembla être des heures, mais qui en réalité étaient de longues minutes, la forêt s'éclaircit et ils arrivèrent dans une petite carrière qui lui était familière. Hagrid la fit descendre et lui sourit avec entendement.

_Tu te souviens de cet endroit… Graup vivait ici…

La jeune femme sourit au souvenir du demi-frère géant d'Hagrid. Elle secoua la tête, ces six années à Poudlard avaient été fantastiques et tellement chargées d'évènements extraordinaires qu'il semblait parfois qu'elle avait simplement rêvé, que rien de ce qu'elle avait vécu n'était réel. Mais la pensée de la Bataille de Poudlard était là pour lui rappeler que l'école n'avait pas été que le terrain d'une bataille sans merci, mais également la maison qui abritait ses plus beaux souvenirs d'enfant et d'adolescente. « Sans malheur, il n'y a pas de bonheur » avait l'habitude de dire sa mère…

Un martèlement lointain se fit entendre, Hermione tendit l'oreille tandis que les Aurors se mettaient en position. Le son se fit de plus en plus proche jusqu'à ce qu'elle reconnaisse le bruit caractéristique des sabots. Peu à peu, des silhouettes sombres se découpèrent dans l'obscurité qui les entourait, révélant les centaures.

Tandis que la majorité de la horde restait à l'ombre des arbres, celui qu'Hermione reconnut comme étant Bane s'approcha et pointa un doigt accusateur vers le Ministre et les Aurors en s'exclamant d'une voix forte.

_Que font-ils là ? Vous n'avez pas confiance en nous, vous pensez sans doute que nous sommes des bêtes sauvages qui avons demandé à vous voir pour vous tuer !

Hermione s'était attendu à cette réaction, elle répondit le plus calmement du monde.

_Nous avons confiance en vous, mais d'autres personnes me veulent du mal, j'ai été enlevée dans cette forêt il y a quelques temps… Ces personnes sont là pour assurer ma sécurité.

Bane ne décoléra pas, il pointa à nouveau son doigt vers le Ministre.

_Que fait votre Ministre ici alors ? Il est venu espionner, voir s'il peut nous mater ?

_Vous vous méprenez, intervint alors le Ministre en avançant d'un pas, je suis venu en paix, nous savons que vous êtes des hommes de confiance et…

Bane se redressa sur ses pattes arrière avec un cri de rage, Hermione sentit que les Aurors étaient près à bondir mais d'un geste de la main, elle leur intima de ne pas bouger. Le Ministre, lui, avait reculé de plusieurs pas, mais Hermione ne bougea pas.

_Nous ne sommes pas des hommes, gronda Bane, comme si le Ministre venait de l'insulter.

_Je… Je ne voulais pas vous offenser, j'ai le plus grand respect pour vous…

Il décida de se taire et de laisser Hermione faire. La jeune femme regarda Bane dans les yeux.

_Je suis là parce que vous l'avez demandé…

Bane la jaugea un instant du regard. Puis déclara fermement.

_Les Loups-garous doivent quitter la forêt.

Hermione garda un air impassible.

_Bane, vous savez comme moi que c'est impossible. Nous avons un accord…

_Nous avions un accord. Qui est mort avec Ronan…

_Rien ne prouve que ce soit eux qui l'aient attaqué, nous devons attendre la prochaine pleine lune pour faire un relevé d'empreinte, tous les loups garous se sont portés volontaires pour être maîtrisés par un sort dès leur transformation, nous pourrons ainsi relever les empreintes de tout le groupe et…

_Ce sont des foutaises ! Nous connaissons les créatures de ces bois, et seul un loup-garou peut avoir commis une telle ignominie ! Ronan était le meilleur d'entre nous !

Alors, pour la première fois, dans le regard réputé insondable du centaure, Hermione put y lire une profonde peine. Les autres centaures sortirent de l'ombre et vinrent se positionner derrière Bane, faisant front ensemble. Hermione reconnut Magorian parmi eux.

_Les loups garous sont victimes d'une terrible réputation, mais ils sont comme vous et moi, ils n'aspirent qu'à une chose, vivre en paix ! Rodrigue est un homme bien, il ne mentirait jamais, surtout sur quelque chose d'aussi dramatique ! plaida Hermione.

_Epargnez moi ce discours, je le connais déjà, répliqua Bane, ce sont des meurtriers, des créatures viles sans aucune morale !

_Bane ! gronda Hagrid, en restant toutefois en retrait. Son parti pris pour Firenze, le centaure qui vivait toujours à Poudlard, ne lui avait été complétement pardonné.

Hermione sentit son sang bouillonner. Elle pensa à Remus Lupin qui était sans doute la personne la plus honnête, intègre et altruiste qu'elle ait jamais rencontré. Bane était injuste.

_Comment pouvez-vous dire ça, Bane, alors que vous-même avez été victimes de discrimination et de tous ces préjugés ! Je me bats au quotidien pour changer ça, mais si vous-mêmes vous adoptez ce type de comportement, comment faire ?

_Ne laisses pas cette humaine te parler comme ça ! rugit un centaure en dardant un regard meurtrier sur Hermione. Laquelle masqua sa frayeur derrière un air indigné alors que l'attention des Aurors se focalisait maintenant sur lui.

_Je me suis toujours battue pour l'égalité de tous, même lorsque je n'étais qu'une élève à Poudlard, alors je me battrais pour que les loups-garous ne soient plus pointés du doigt ! Ils n'ont pas choisi leur condition !

_Ce Greyback…

_Greyback était un monstre ! Cela ne signifie pas qu'il faille tous les cataloguer comme tel ! Il y a du bon et du moins bon chez tout le monde, à vous de choisir de quel côté vous voulez être !

_Les centaures ne sont d'aucun côté, la seule chose qui nous importe, c'est de vivre librement…

_Ce n'est pas vrai…

Tous retinrent leur respiration. Bane, tremblant de fureur, semblait sur le point de laisser éclater son courroux. Accuser un centaure de mensonge était un crime à leurs yeux, mais Hermione, consciente de cela, le cœur battant, poursuivit rapidement.

_Vous êtes venus, il y a cinq ans… Vous vous êtes battus à nos côtés… Vous êtes du côté du bien…

Bane rua nerveusement, mais Hermione le regarda, imperturbable, du moins en apparence.

_Le bien et le mal sont les deux parties d'un même être, la frontière entre les deux n'est qu'une chimère que vous avez créée pour vous rassurer vous-même. Nous ne croyons qu'en ce que les astres nous disent, la seule réalité est dans les étoiles, dans la lune… Nous sommes venus parce qu'il menaçait notre sécurité…

_C'est exact, pour Voldemort, vous ne signifiez rien à ses yeux… Mais la forêt est vaste, et il avait d'autres ambitions que celle de vous poursuivre, vous auriez pu vivre en paix… Et vous avez choisi de vous battre avec nous, de nous porter vers la victoire… Je vous demande une seule chose, un délai. La pleine lune est dans à peine plus d'une semaine…

Lorsque Bane reporta son regard sur la jeune femme, elle ne vit plus la même colère, mais plutôt une frustration, et elle sut qu'elle avait gagné la partie. Mais elle n'eut pas le temps de se réjouir. Un Auror poussa un cri d'alerte alors que plusieurs silhouette noires se matérialisaient. Ils étaient attaqués.

oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo ooooooooooooooooo

Ron et Harry se regardèrent en silence. Cette mission avait été un désastre. Ils revenaient bredouilles, avec comme seule certitude le fait que l'Héritier avait bien été élevé en Albanie. Un Gardien était tombé sous le feu des Mangemorts et leur seul témoin était décédé à peine avaient-ils franchi le seuil du manoir. Ron commençait même à se demander si elle ne s'était pas laissée entrainer dehors volontairement, elle devait savoir ce qu'elle risquait en sortant, peut-être n'avait-elle pas eu le courage jusque-là de franchir le seuil seule…

Ils sortirent de l'ascenseur et pénétrèrent dans leur département.

Kingsley était en rendez-vous, il préparait sa succession au Ministre de la Magie, et les bureaux étaient quasiment vides. Ron haussa un sourcil, surpris.

_Ils sont tous en mission?

Harry haussa les épaules et se dirigea vers son bureau. Il leva machinalement le regard pour consulter le planning des Aurors. Il s'agissait d'un tableau magique qui répertoriait les missions et affectations de tous les Aurors, ce tableau n'était visible que par les Aurors habilités, la plupart des missions étant classées confidentielles. Harry fronça les sourcils et se leva pour s'approcher du tableau.

_Heu… Ron ?

Le jeune homme avait le regard perdu, il devait soumettre son rapport, mais il ne savait pas par quoi commencer, comment mettre des mots sur ce qui s'était passé. Il revoyait sans cesse les yeux larmoyants du petit garçon qui avait perdu son père…C'était injuste, si injuste que des enfants comme Adrian, comme Teddy Lupin, ou encore comme Harry il y a quelques années, se voient privés de leurs parents d'une manière aussi brutale. Au moins, Adrian avait sa mère…

_Ron, tu devrais venir voir ça…

_Mmm…

_Vraiment Ron…Tu devrais venir voir…

Ron releva la tête, surpris par le ton alerté d'Harry. Il vit que son ami fixait le planning avec un mélange de surprise et d'inquiétude. Il approcha de lui et regarda à son tour le planning.

_Quoi, qu'est-ce qu'il…Nom de… Par la barbe de Merlin !

Les plannings de plusieurs Aurors affichaient la même mission : « Forêt Interdite. Escorte Granger ».

Ron réfléchit à toute allure, il devait y avoir plusieurs Granger au Ministère, ce n'était pas possible autrement, Hermione n'avait pas repris, elle était au Terrier, en sécurité et sous bonne garde. Il n'y avait qu'un moyen d'en avoir le cœur net. Il sortit en trombe du bureau, hâtant le pas vers l'aire de transplanage. Il avait été très tenté par l'idée de transplaner immédiatement au Terrier, mais il était à deux doigts de la suspension après une dizaine de transplanage non réglementaires.

_Oh, Mr Weasley, vous tombez bien ! l'interpella une voix qu'il ne connaissait pas.

Il se tourna et vit une femme trottiner jusqu'à lui. Elle était petite et âgée et son visage lui était étrangement familier. Elle sourit quand elle vit que Ron ne la reconnaissait pas.

_Je suis Rowina Peterson, j'ai travaillé avec Miss Granger sur quelques projets… Pouvez-vous lui dire que nous avons besoin de sa signature pour ratifier le nouveau projet de loi concernant les licornes… Elle est en extérieur, la note que je lui ai envoyée est revenue dans mon bureau…

Ron, interdit, secoua la tête. Il refusait d'y croire, Hermione n'avait pas repris…Les Médicomages avaient été formels, elle avait encore besoin de repos…

_Vous devez faire erreur, Hermione n'a toujours pas repris…

Ron sentait que sa voix manquait de conviction. La sorcière eut l'air surpris.

_Ah bon ? Nous avons pourtant reçu une note hier nous informant que désormais, il faudrait nous adresser à elle concernant les… Mais où allez-vous ?

Ron s'était élancé dans le couloir et ne lui répondit pas. Lorsqu'il arriva devant l'aire de transplanage, il vit qu'Harry l'attendait, bras croisés.

_Tu en as mis du temps ! On y va ?

Les jeunes Aurors se dirigèrent d'un pas ferme vers l'aire d'urgence, à la vue de leur uniforme, les agents s'écartèrent pour les laisser passer.

_J'ai prévenu le professeur McGonagall de notre venue, elle n'a pas semblé surprise…

Quelques minutes plus tard, ils faisaient face à la forêt interdite. Harry laissa glisser son regard du château vers la cabane d'Hagrid, qui avait été reconstruite, puis vers le lac, qui semblait scintiller sous un ciel sans nuages. Il se sentait chez lui, un sentiment inexplicable de bien être l'envahissait dès qu'il était à Poudlard, comme si plus rien ne pouvait l'atteindre, et ce malgré l'horrible bataille qui avait eu lieu dans ces murs. Il regarda Ron, qui se dirigeait déjà vers la forêt. Ron avait très mal vécu la mort de Djodar, et Harry le soupçonnait de faire encore de terribles cauchemars. Il était désemparé devant le désarroi de son meilleur ami, et il n'aimait pas ça. La dernière fois qu'il l'avait vu aussi tourmenté, c'était à la Chaumière aux Coquillages, tout de suite après avoir échappé au Manoir des Malefoy. Les nuits avaient été difficiles, l'un comme l'autre étaient hantés par les cris de leur meilleure amie, et Harry voyait bien que la douleur de Ron à ce souvenir avait une toute autre dimension que la sienne.

_Bon Harry, tu viens ?

Harry s'empressa de le rejoindre et lui emboita le pas à travers les bois. Ils avancèrent en silence, laissant leurs yeux s'habituer à la semi obscurité qui régnait dans la forêt. Ils progressèrent trop lentement au goût de Ron. Il fulminait, Hermione était censée se reposer, après tout ce qui s'était passé, il ne comprenait pas qu'elle puisse être aussi négligente envers sa propre santé. Et pourquoi le Ministère avait-il autorisé sa reprise ? N'avaient-ils pas lu les derniers rapports des Guérisseurs de Sainte Mangouste ? Et en même temps, il était inquiet, allait-elle bien ? Elle lui avait tellement manqué, pourquoi ne pouvait-elle pas rester tranquille ? C'est pour ça que tu l'aimes…chuchota une voix dans sa tête. Il en était conscient. Hermione était une Gryffondor, elle avait un courage sans pareil, elle était sensible, altruiste, généreuse et indéniablement courageuse. Comment le lui reprocher quand c'était en parti ce qui l'avait fait tomber amoureux d'elle ?

Il fut interrompu dans ses pensées par ce qui ressemblait à des cris.

_Tu entends ? fit Harry en fronçant les sourcils.

Ils s'immobilisèrent et tendirent l'oreille. Des cris, des bruits sourds, des craquements sinistres… Le sang de Ron se glaça. Harry était devenu livide lui aussi, ils échangèrent un rapide regard et se mirent à courir en direction des bruits, essayant de se repérer parmi les arbres. Ils entendirent un cri qui résonna dans leurs oreilles. Hagrid… Harry jura et accéléra le pas. Lorsqu'ils déboulèrent dans la clairière, ils n'eurent pas le temps d'intégrer ce qui se passait, des sorts se dirigèrent aussitôt vers eux et ils plongèrent en avant, baguettes brandies. Ron se jeta à corps perdu dans la bataille, le chaos était tel qu'il n'arrivait pas à repérer Hermione, pourtant elle était là, il en était sûr. Il avait vu Hagrid, qui se battait en poussant des cris de rage, et Neville désarmer un Mangemort avant de l'immobiliser et de se précipiter pour prêter main forte à deux Aurors. Il vit avec effroi que les Mangemorts n'étaient pas seuls. Deux loups-garous les accompagnaient. Ils n'étaient pas transformés mais conservaient une apparence quasi animale qui lui rappela Fenrir Greyback, lequel purgeait sa peine à Azkaban. Quelque chose siffla à son oreille et il vit une flèche se planter dans la poitrine d'un Mangemort qui se jetait sur lui. Le Mangemort s'effondra et Ron se tourna pour voir Bane bander à nouveau son arc en visant dans une autre direction. Les centaures gardaient leurs distances, tapis dans l'ombre de la forêt qui entourait la clairière, mais visaient les Mangemorts avec précision dès qu'ils en avaient l'occasion. Leurs flèches ne manquaient jamais leurs cibles.

Lucinda le repéra, elle esquissa un sourire puis se reconcentra sans perdre une seconde sur la bataille.

C'est à ce moment-là qu'il la vit. De l'autre côté de la bataille, elle bondissait, à quelques pas de Lucinda, esquivant les sorts, se battant avec hargne. Elle maîtrisa un Mangemort et se retourna, ses yeux rencontrant soudain ceux de Ron.

Son regard s'illumina mais ils n'eurent pas le temps de s'attarder l'un sur l'autre. Le Ministre passa près de Ron, poursuivant un Mangemort désarmé. Ron tenta, tant bien que mal, de rejoindre Hermione, le cœur battant. Il n'avait pas le temps de penser, l'adrénaline semblait avoir anesthésié tous ses sentiments, laissant la place uniquement au soulagement de la voir vivante et à l'horreur de la voir au beau milieu d'une bataille sans merci. Ce temps-là était censé être révolu…

Il vit qu'Harry était tout près de lui, et, dos à dos, ils entreprirent de maîtriser le maximum de Mangemorts. Ron n'aurait su dire combien ils étaient, mais ils semblaient surgir de nulle part, combattant inlassablement.

Alors qu'ils ne furent plus qu'à quelques pas d'Hermione, ce qu'ils virent les glaça d'effroi. Hermione combattait furieusement deux Mangemorts à la fois, mais dans son dos, un loup-garou avait brusquement surgi sans qu'elle ne le voie.

_HERMIONE ! hurlèrent Ron et Harry d'une seule et même voix.

La jeune femme se retourna au moment où le loup-garou s'apprêtait à mordre, mais Lucinda surgit derrière lui.

_Expulso !

Le loup garou fut projeté dans les airs, et atterrit lourdement contre un tronc d'arbre. Il se releva aussitôt et bondit à nouveau en direction d'Hermione. Lucinda fit barrage tandis qu'Hermione essayait tant bien que mal de repousser les Mangemorts qui lui faisaient face. D'un puissant geste du bras, il envoya Lucinda valdinguer à plusieurs pas de là. Sa main aux griffes acérées avaient lacéré le cou et la moitié du visage de la jeune femme, qui se mit à perdre énormément de sang, à peine consciente sur le sol.

_Non ! s'écria Harry.

Mais Ron et lui devaient toujours repousser les assauts des Mangemorts. Plusieurs centaures visèrent le loup-garou, sans doute dans un esprit de revanche. Il fallut une trentaine de flèches pour que la créature finisse par s'effondrer, face contre terre.

Ron et Harry arrivèrent enfin au niveau d'Hermione pour lui prêter main forte. Les flèches des centaures fusaient dans tous les sens, Hagrid et les Aurors avaient pris le dessus. Les Mangemorts se rendirent compte de leur désavantage et sans se concerter, ils se mirent à courir dans la direction opposée aux centaures, s'enfonçant dans l'obscurité de la forêt. Plusieurs Aurors partirent à leur poursuite tandis qu'Hermione se précipitait vers Lucinda, talonnée par Harry et Ron, qui se laissa tomber à genoux auprès de la jeune Auror.

_Lucinda, tiens bon, nous allons t'emmener à Sainte Mangouste…

Ron avait la voix brisée, une mare de sang auréolait le visage de Lucinda, qui remua faiblement en ouvrant les yeux. Hermione s'agenouilla avec un sanglot.

_Je suis désolée, tellement désolée… gémit la jeune femme.

L'Auror regarda Ron, puis la regarda dans les yeux.

_Vous avez…de…de la chance…d'être…d'être aimée à…ce point…

Hermione sentit ses yeux se remplir de larmes. Elle avait détesté cette femme, parce que celle-ci était de toute évidence amoureuse de Ron. Comment avait-elle pu être aussi stupide ? On ne faisait pas exprès de tomber amoureux, Lucinda n'avait sans doute pas choisi d'aimer un homme qui en aimait une autre. Elle se sentait injuste, méchante et terriblement coupable.

Harry essaya de repousser la cape qui masquait en partie la blessure, il écarta le tissu poisseux de sang et ce qu'il vit lui souleva l'estomac. L'oreille et une grande quantité de chair avait été arrachée. Ron déglutit avec difficulté tandis qu'Hermione retenait sa respiration.

_C'est…c'est moche hein ? souffla Lucinda.

_On… On va t'emmener à Sainte Mangouste Lucinda, tu dois rester éveillée… répondit Harry en évitant son regard. Si sa voix était restée égale, ses mains tremblaient alors qu'il remettait la cape en place.

_Je…Je veux juste que…que vous disiez à mes parents…que je pars…que je pars sans regrets…

_Oh, Lucinda, sanglota Hermione en cachant son visage dans ses mains.

Lucinda trouva le regard de Ron. Elle essaya de sourire, ses lèvres étaient grises et son visage blême.

_J'ai froid… Je… Je ne sens plus rien… Ron… Tiens-moi la main…

Lorsqu'elle sentit la main chaude de Ron saisir la sienne, elle ferma les yeux. Au bout de quelques secondes seulement, son visage se décrispa et Ron sentit sa main se relâcher. Elle était partie.

Hermione sanglotait doucement, Harry avait passé un bras autour de ses épaules. Du revers de sa manche, Ron essuya ses larmes et se releva. Hermione leva les yeux vers lui, elle se dégagea de l'étreinte d'Harry et essaya de prendre les mains de Ron. Mais celui-ci recula d'un pas et la regarda. Hermione eut l'impression qu'il l'avait giflée. Son regard n'exprimait plus que de la fureur.

_Comment peux-tu être aussi égoïste… commença le jeune homme d'une voix basse et sourde qui ne présageait rien de bon.

_Ron… tenta faiblement Hermione.

_COMMENT AS-TU PU ? POURQUOI ES-TU ICI ? TU NE DEVAIS REPRENDRE QUE DANS PLUSIEURS SEMAINES ! DES PERSONNES SONT MORTES A CAUSE DE TOI ! COMMENT PEUX-TU TE MONTRER AUSSI EGOISTE ?

Hermione recula d'un pas, les yeux écarquillés de douleur.

_Ron, calmes toi, tenta Harry.

_NE ME DIS PAS DE ME CALMER ! DES GENS SONT MORTS PAR MERLIN, TOUT CA PARCE QU'ELLE N'EST PAS CAPABLE DE…DE…

_Monsieur Weasley, je suis le seul responsable, je lui ai demandé de venir nous avions besoin d'elle, le monde sorcier a besoin d'elle… intervint le Ministre.

Ron tourna vers lui un regard chargé de colère.

_J'AI BESOIN D'ELLE, D'ACCORD ? J'AI BESOIN D'ELLE ! VOUS POUVEZ VIVRE SANS ELLE, MAIS PAS MOI, VOUS ENTENDEZ ? ET ELLE…ET ELLE…

Il tourna soudain les talons et se précipita à la suite des Aurors qui étaient partis à la recherche des Mangemorts.

Hermione resta figée, fixant l'endroit où Ron avait disparu. Elle pleurait silencieusement, abasourdie.

Harry posa une main sur son épaule.

_Il ne pensait pas ce qu'il a dit… Enfin, pas tout, ce n'est pas de ta faute si Lucinda est…est partie…

Seul un sanglot lui répondit. Harry soupira.

_Notre mission en Albanie ne s'est pas très bien passée… Nous avons été bernés… Et un homme est mort…

_Il… Il se sent coupable ? dit Hermione, la voix saccadée.

Elle tourna enfin la tête vers lui. Harry sembla réfléchir, il hésita puis répondit.

_Je ne sais pas vraiment… Mais une nuit, Ron s'est réveillé complétement paniqué, j'ai eu beaucoup du mal à le calmer, il était… Je ne l'avais jamais vu comme ça… Il a fait un cauchemar… Il a rêvé que tu étais tuée par les Mangemorts…

_Oh…

Ce fut le seul mot qui lui vint à l'esprit tant elle était surprise. Harry poursuivit.

_Je crois qu'il a du mal à s'en remettre… Alors te savoir ici… Puis la mort de Lucinda…

_Je n'avais pas le choix… Je devais intervenir…

_Je sais, soupira Harry, je le sais, et tu étais bien escortée, mais on dirait bien qu'ils ont décidé de te suivre à la trace…

_Harry, il doit revenir… Et s'il lui arrivait quelque chose…

_Je vais les suivre…

_Hum…

Harry et Hermione se retournèrent. Le Ministre s'approcha d'eux.

_Les Aurors deviennent nerveux, Miss Granger, nous devons vous évacuer vers Sainte-Mangouste pour un check-up, puis vers le Ministère pour un débriefing…

Hermione jeta un coup d'œil autour d'elle. Les centaures étaient repartis…

_Je… Je ne peux pas partir sans Ron…

_Miss Granger, dit doucement le Ministre, Mr Weasley est un Auror, il fait ce qu'il a à faire… Vous devez nous suivre…

Harry lança un regard appuyé à Hermione. La jeune femme hocha la tête à contrecœur. Hagrid portait un Auror blessé, et les autres resserrèrent les rangs autour d'elle. Ils se dirigèrent vers le parc de Poudlard tandis qu'Harry disparaissait à son tour parmi les arbres.