Bonsoir !

Une nouvelle suite pour la route, un peu plus légère, et fluffy comme disent nos voisins outre-atlantique !

A l'heure où je publie ce chapitre, il y a eu en tout 11 023 passages sur ma fiction depuis sa première publication. Je ne sais pas si c'est beaucoup à l'échelle de la fanfiction, mais en tout cas, pour moi, c'est énorme ! Alors vraiment un grand merci à tous les lecteurs/lectrices !

N'hésitez pas à laisser des reviews ou des messages privés, tous les auteurs de fanfiction sont des amateurs, notre salaire, ce sont vos commentaires, le partage de vos impressions, de vos questions, etc. Alors pensez-y ! : )

Charliee3216 : si j'arrive à te toucher à ce point juste en écrivant, c'est vraiment une récompense qui n'a pas de prix ! Merci beaucoup pour ton message !

Amandine : déjà bienvenue et merci beaucoup pour ton adorable commentaire !

Light of Soul : merci de me suivre, merci de toujours laisser un petit mot, ça compte, ça met vraiment du baume au cœur ! et comme je te disais, en effet, Hermione est suivie à la trace, mais l'explication viendra plus tard, patience :D

Voilà, je vous souhaite une bonne lecture et à la semaine prochaine pour la suite

Lorsqu'Hermione sortit du bureau du Ministre, toujours sous bonne escorte, elle soupira de soulagement. Son passage à Sainte Mangouste avait été bref dans la mesure où elle n'avait pas été blessée, elle n'avait même pas eu le temps de voir Ginny. En revanche, elle avait croisé les Aurors qui avaient rapatriés Lucinda. Voir le corps sans vie de la jeune Auror recouvert d'un drap avait été un véritable choc. Elle avait ensuite été rapidement entraînée vers la zone de transplanage, emportant avec elle cette vision funeste. Une fois dans le bureau du Ministre, Kinglsey les avait rejoints pour débriefer sur la situation dans la forêt interdite, mais également sur l'embuscade. Hermione avait craint un instant être renvoyée chez elle par sécurité, mais le Ministre était resté sur sa position : elle devait reprendre son poste, la situation des différentes communautés était suffisamment préoccupante pour lui permettre de retrouver son bureau, pour son plus grand contentement.

Kinglsey avait annoncé que des relevés d'empreintes allaient être faits sur les loups garous capturés avec les Mangemorts, il semblait plutôt évident que Ronan avait été tué par ces loups garous complices des Mangemorts, et non pas par les loups garous de Poudlard.

_Hermione !

La jeune femme vit Harry se diriger vers elle. Elle regarda par-dessus l'épaule du jeune homme mais ne vit nulle trace de Ron. Elle masqua tant bien que mal sa déception, mais ne put taire son inquiétude.

_Harry, est ce que tout va bien ? Où est Ron ?

Harry semblait épuisé, il portait une profonde entaille sur la joue et boitait légèrement. Il se passa une main dans ses cheveux et soupira.

_Ça va… Nous avons réussis à capturer la plupart, les autres ont disparus dans la forêt…

_Pourquoi n'ont-ils pas transplané, ils avaient réussi la…la dernière fois…

_Nous ne savons toujours pas comment ils ont fait, alors la barrière anti-transplanage a été renforcée… les abords de la forêt sont surveillés, ils ne pourront pas en sortir sans être vus…Ils se montreront un jour ou l'autre, sauf si les centaures mettent la main sur eux avant, en attendant, les élèves sont consignés dans le château…

Hermione hocha la tête, la mine soucieuse, les joues plus pâles que d'habitude. Harry lui prit la main et la serra.

_Ecoutes Hermione, je sais que tu ne peux pas juste rester enfermée et attendre, et je sais que tu as beaucoup du travail et qu'on a besoin de toi ici… Je sais aussi que tu as pris toutes les précautions nécessaires…

_Alors pourquoi est-ce qu'il…souffla la jeune femme, à nouveau au bord des larmes en repensant aux paroles de Ron et à son regard chargé de colère.

_Parce qu'il t'aime d'une façon beaucoup moins rationnelle que moi… Il a une peur panique de te perdre, il a beaucoup pris sur lui pendant la guerre, mais depuis que tu as été torturée dans le Manoir des Malefoy, c'est devenu de plus en plus difficile pour lui, et avec la fin de la guerre, il espérait ne plus jamais te voir sur le front, c'est aussi pour ça qu'il est devenu Auror, pour s'assurer que toi, les autres aussi, mais toi surtout, tu n'aies plus jamais à mettre ta vie en danger… Alors ce qui se passe depuis quelques mois, c'est un cauchemar pour lui… Et ensuite, ton enlèvement, la mort de Djodar, puis celle de Lucinda… C'est beaucoup à encaisser…

Hermione sentit quelques larmes s'échapper et rouler sur sa joue…

_Où est-il ? dit-elle dans un murmure.

_Au Terrier, il est rentré directement, il n'avait aucune blessure, mais il était…abattu, je lui ai dit que je m'occupais des rapports… Tu devrais aller le voir…

Hermione serra Harry dans ses bras.

_Merci Harry…

_Pas de quoi…

Hermione le relâcha, puis sembla hésiter un moment, laissant son regard dériver loin de celui de son ami. Puis elle prit une profonde aspiration et regarda Harry dans les yeux.

_Harry… Je voudrais vous aider à traquer l'Héritier…

Harry grimaça.

_C'est notre travail, Hermione, tu nous as déjà beaucoup aidés, et ce serait inutilement t'exposer…

Hermione attrapa Harry par le bras et l'entraîna à l'écart des Aurors.

_Ecoutes, dit-elle à voix basse, il ne sait pas encore qu'il a besoin de toi pour…pour faire ce qu'il veut faire… Mais ce n'est qu'une question de temps, il cherche à mettre la main sur moi, mais je sais qu'en même temps, il cherche un autre moyen de traduire le livre… Et s'il y arrive, tu seras en grand danger…

_Voilà qui serait nouveau dans ma vie ! railla Harry avec un petit sourire.

_Harry ! réprimanda Hermione, toujours à voix basse. Je ne plaisante pas… Je ne te demande pas d'aller sur le terrain avec vous, je le sais, je ne suis pas Auror, j'ai fait un choix il y a cinq ans et je m'y tiendrais, mais je voudrais avoir accès à tous les rapports des missions lancées pour le localiser, je pourrais trouver des indices en recoupant les informations…

_C'est ce que nous faisons déjà, fit remarquer Harry.

_Je sais, fit Hermione, exaspérée, mais j'ai besoin du maximum d'informations, il doit y avoir un moyen de l'arrêter…

Harry sembla ennuyé.

_Ecoutes, je ne sais pas… Tu as déjà accès à pas mal d'informations avec toutes les réunions qui ont eu lieu au Terrier…

_Harry, s'il te plait, le supplia la jeune femme, je ne te demande pas de m'emmener en mission, juste de me laisser l'accès aux informations confidentielles…

Harry soupira.

_Je vais y réfléchir, je vais en parler à Kingsley…

Hermione le serra à nouveau contre elle. Elle lui effleura la joue, sourcils froncés.

_Tu devrais aller faire soigner ça…

Harry haussa les épaules.

_J'ai vu pire… Je dois voir Kingsley et le Ministre, pour… Pour les funérailles de Lucinda…

Hermione blêmit et baissa la tête.

_Hermione… Ce n'est pas de ta faute, d'accord ?

La jeune femme acquiesça en évitant son regard. Rien de ce qu'il pourrait dire ne pourrait alléger sa culpabilité. Lucinda était morte en lui sauvant la vie, c'était un fait que rien ni personne ne pourrait jamais changer, et elle en était malade.

_Et, Hermione, tu sais, tu n'as pas à sauver le monde toute seule…

Hermione laissa échapper un faible rire.

_Venant de ta part, monsieur l'Elu, c'est très surprenant !

Harry rougit et eut un petit sourire.

_Il se trouve que ma meilleure amie disait souvent que je n'avais pas à porter le poids du monde tout seul… Et elle avait raison…

_Très futée cette amie, je la connais ? demanda Hermione en souriant, bras croisés.

Harry rit à son tour et l'embrassa sur la joue.

_On se voit au Terrier !

Hermione le regarda toquer et s'engouffrer dans le bureau du Ministre. Elle finit par suivre les Aurors vers la zone de transplanage, elle n'avait qu'une hâte, retrouver Ron. Ils avaient des choses à se dire…

Oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo ooooooooooooooooooooooo

Ron se laissa tomber, jambes croisées, dans l'herbe. Il laissa son regard vagabonder vers le Terrier, qui se dressait tant bien que mal un peu plus loin, puis vers les champs qui frémissaient en douceur dans la brise estivale. Merlin, qu'il aimait cet endroit… Toute son enfance était là, sa maison avait toujours résonné des rires de ses frères, Ginny et lui, ces champs avaient été spectateurs de leurs premiers vols en balais, ces murs avaient été témoins, au fur et à mesure des étés, de son amour naissant pour Hermione. Il arracha nerveusement une poignée d'herbe pour la jeter un peu plus loin, il respira profondément, puis il porta enfin sur regard sur la stèle blanche devant laquelle il était assis. Il ne venait pas souvent là… C'était en quelque sorte devenu le sanctuaire de George… Lui et leur mère venaient tous les jours voir Fred. Mrs Weasley restait assise silencieusement, parfois des larmes roulaient sur ses joues… George, lui, parlait pendant des heures, ils le voyaient parfois rire de loin… Leur père venait au moins une fois par semaine, et revenait les yeux humides pour s'isoler quelques temps dans son atelier… Ginny avait un peu plus de mal, elle regardait de loin, les lèvres remuant comme si elle se parlait à elle-même, puis elle tournait les talons pour rentrer en évitant de regarder qui que ce soit. Percy venait dès qu'il le pouvait, chaque passage au Terrier impliquait pour lui un passage sur la tombe de Fred, Charlie profitait également de ses visites au Terrier pour se recueillir… Bill, lui, était comme Ron… Il avait du mal à franchir le pas, mais parfois, il y arrivait, comme Ron aujourd'hui…

_Salut Fred…

Sa voix rauque mourut dans sa gorge. Il soupira et se racla la gorge pour finalement poursuivre.

_Je ne viens pas très souvent, je sais… Je ne sais jamais trop quoi dire en fait… Ça me fait bizarre de parler à une pierre, qui ne peut ni me répondre ni se moquer de moi… Hermione dit que quelque part, tu es toujours là… C'est ce que dit George aussi d'ailleurs… Tu as du recevoir de la visite ces derniers temps… Djodar est un homme bien, tu verras… Il avait une famille, des enfants… Et Lucinda, elle était vraiment gentille… Elle me faisait penser à Katie Bell… Ils sont partis trop tôt, comme toi… J'ai l'impression que ça ne finira jamais…

Ron se tut, la voix étranglée. Son cauchemar le hantait, jour et nuit, l'image d'Hermione sans vie était marquée au fer blanc dans son esprit…

_ Fred, je ne sais pas si là où tu es tu as un pouvoir quelconque… Mais, est-ce que tu peux veiller sur elle ? J'ai l'impression… J'ai l'impression de ne plus rien maîtriser… Des gens meurent, ils la veulent elle, puis ils risquent de vouloir Harry aussi… Et moi dans tout ça, je ne sais pas quoi faire pour l'empêcher… Je me sens… Je me sens impuissant… Je ne sais plus quoi faire pour les protéger… Et elle voudrait faire comme si la vie pouvait juste continuer…

Ron se frotta la nuque et soupira.

_Elle a raison, je sais qu'elle a raison dans le fond, je sais qu'elle ne peut pas vivre recluse, elle serait malheureuse et je ne veux pas qu'elle soit malheureuse… Elle a déjà une protection maximale… Je sais que je ne réagis pas comme un Auror… Et d'un autre côté, j'ai envie de la stupefixer et de l'enfermer dans ma chambre au Terrier…

Ron se tut quand il entendit des pas fouler l'herbe derrière lui. La brise lui apporta une odeur qui lui était douloureusement familière. Hermione s'arrêta derrière lui, il lui tournait le dos et ne bougea pas. Sans un mot, elle vint s'asseoir à côté de lui. Ron regarda par-dessus son épaule. Plusieurs Aurors, dont Seamus, étaient en faction à quelques pas de là, suffisamment près pour intervenir, mais suffisamment loin pour respecter leur intimité.

_Ta mère m'a dit que tu étais ici, dit doucement Hermione.

Il ne put s'empêcher de lui lancer un regard de côté. Ses boucles brunes voletaient autour de son visage, elle regardait pensivement la tombe de Fred, et ses mains trituraient nerveusement le bas de son tee-shirt. Malgré lui, il eut envie de la toucher, de l'embrasser, mais il se retint et reporta son regard sur l'horizon devant lui, au-dessus de la stèle.

_Ron… Je sais que tu es en colère contre moi… dit Hermione.

Sa voix trembla légèrement, et Ron dut faire un effort supplémentaire pour ne pas la prendre dans ses bras. Elle se mit à jouer avec sa bague de fiançailles, la faisant tourner autour de son annulaire. Ron nota son geste et son cœur s'emballa. Se pouvait-il qu'elle ait changé d'avis ? L'avait-il perdu ? Il avait crié sur elle, oui, mais ce n'était pas la première fois qu'ils se disputaient… Il resongea avec horreur à ce qu'il lui avait dit… Il n'avait jamais été aussi loin… Il avait été presque aussi stupide après le Bal en quatrième année, mais cette fois ci, il était allé bien plus loin…

_Ron, soupira Hermione, je n'avais pas le choix… Tu connais les Centaures aussi bien que moi, tu sais qu'ils n'auraient pas apprécié que je ne réponde pas à leur appel… Ils étaient prêts à traquer les loups garous, Rodrigue est un homme bien, lui et ses hommes ne méritent pas ça, je devais intervenir…

Ron ferma les yeux et pinça les lèvres. Il revit Hermione sur le champ de bataille, et ce loup garou surgir derrière elle… Il savait que sa colère était irrationnelle mais c'était plus fort que lui. Et en même temps, Hermione n'avait jamais été du genre à rester derrière et à attendre, et jamais il ne le lui avait demandé, du moins jusqu'à la fin de la guerre. Entre l'avoir auprès de lui pour veiller sur elle, et la laisser derrière en ignorant tout de son sort, le choix avait été rapide à faire… Mais c'était différent maintenant… Elle porta la main vers ses côtes puis la laissa retomber. Le geste avait été bref mais n'avait pas échappé à Ron.

_Tu es encore blessée… dit-il, la mâchoire serrée.

Hermione le regarda, il fixait toujours l'horizon mais il sentait son regard sur lui.

_Je vais mieux Ron… Bien mieux… Plusieurs semaines sont passées… Ron, je ne veux pas tomber entre leurs mains, je garderai une escorte tant que cela sera nécessaire, mais… Mais je dois travailler… Travailler du Terrier ne suffit pas, pas en ce moment, pas avec ce qui se passe…

_Est-ce que tu peux te mettre à ma place ? demanda Ron, toujours en regardant droit devant lui.

_Oui, Ron, répondit doucement Hermione, je te l'ai déjà dit, je le suis à chaque fois que tu pars en mission… Ron, la première fois que tu m'as annoncée que tu partais en mission… Tu étais si fier, si impatient… Et moi, j'avais l'impression qu'on m'arrachait le cœur… J'étais terrifiée, et tout le temps de ta mission, je n'ai pas pu travailler, je restais dans mon bureau, sans parvenir à faire quoique ce soit… Et lorsque tu es rentré, trois semaines après, tu avais l'air si heureux que j'ai décidé de ne rien dire… Nous exerçons tous les deux des métiers dangereux, je dois aussi être sur le terrain, tu le sais, mais ton métier à toi est bien plus dangereux, et jamais je ne te demanderais d'y renoncer… J'essaie juste de vivre avec, parce que je t'aime…

Ron déglutit. L'émotion lui noua la gorge. Il sentit la main d'Hermione se poser sur son avant-bras. Lorsqu'il reprit la parole, sa voix était étranglée.

_J'ai repensé à tout ça, à mon métier… Je ne sais pas si je ferai ça toute ma vie…

Hermione le dévisagea alors qu'il se tournait enfin vers elle. Elle semblait surprise et attendait qu'il poursuive.

_J'aime mon métier, être Auror, j'en ai rêvé longtemps, et je crois que j'avais besoin de ça, tu sais, avec la mort de Fred… J'avais besoin de les traquer… Mais… Mais un jour, nous aurons notre famille… Je ne veux pas te laisser, vous laisser… J'ai vu ce petit garçon pleurer son père… J'ai vu cette femme s'effondrer… Ils allaient avoir un bébé, Hermione, ils avaient déjà trois enfants… Ça n'a aucun sens…. Je ne veux pas être responsable de ça…

Il ne se rendit pas compte qu'il pleurait. Il semblait si triste, si abattu qu'Hermione en eut le cœur brisé. Elle se blottit contre lui.

_Oh, Ron… Nous en avons déjà parlé… Nous avons longtemps vécu sans savoir si le lendemain, nous serions toujours de ce monde… Nous ne pouvons pas continuer comme ça, tu ne peux pas Ron, ce serait injuste envers toutes les personnes qui ont perdu la vie dans cette guerre…

_J'ai parfois l'impression que la guerre ne finira jamais…

Hermione l'embrassa tendrement sur la joue et posa sa tête sur son épaule.

_La guerre est finie Ron, nous savions qu'il resterait des Mangemorts et qu'il faudrait quelques années pour définitivement clore la page… Alors oui, il y a eu des surprises, mais nous vaincrons, j'en suis sure…

Ron essuya ses larmes du revers de sa manche. Il posa son menton sur la tête d'Hermione et ferma de nouveau les yeux.

_J'ai peur Hermione… Si tu devais… Si je te perds… murmura le jeune homme.

Hermione trouva sa main et la serra dans la sienne.

_Je ressens la même chose pour toi Ron… Mais rien ne m'arrivera, le Ministère est sécurisé au maximum, les risques d'attaque sont vraiment minimes…

Ron secoua la tête, embarassé.

_Harry t'a racontée…

Hermione acquiesça.

_Le Ministère a déjà été attaqué par le passé, fit amèrement remarquer Ron.

_Je sais, mais aujourd'hui, nous sommes mieux préparés, Harry et toi êtes des Aurors entraînés, et moi, je sais toujours me battre…

Ron ferma les yeux alors que les images d'Hermione emportée par l'effondrement du plancher lui revinrent en tête. Il ne pouvait pas lui raconter, décrire son rêve à voix haute lui semblait impossible, c'était comme une malédiction, la formuler risquer de rendre les choses réelles, et cela, il ne pouvait pas l'imaginer…

_Je… Je ne pensais pas ce que j'ai dit…

_Je sais, et, Ron, j'aurais été en colère moi aussi…

_J'ai eu peur, et puis il y a eu Djodar, Lucinda…Je… Je ne trouve pas de sens à tout ça… Je veux juste que ça s'arrête…

Hermione se blottit contre lui en silence. Que répondre à ça ? Elle aussi souhaitait plus que tout que tout cela cesse, mais ils devraient se battre pour cela…

Ils restèrent assis en silence, regardant le soleil disparaître lentement derrière la colline. Puis Ron se redressa et tendit la main à Hermione pour l'aider à se relever.

_Rentrons avant que Maman ne lance un avis de recherche, plaisanta le jeune homme.

Il était un peu pâle mais son sourire illumina son visage. Hermione sentit son cœur palpiter alors qu'elle se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Un sifflement retentit, les faisant sursauter, et Seamus leur adressa un clin d'œil en riant.

_La ferme Seamus ! lança Ron, les oreilles écarlates.

Il se pencha vers Hermione et l'embrassa à son tour, ignorant Seamus qui sifflait de nouveau, hilare. Lorsqu'ils se séparèrent, Ron avait le visage rouge pivoine et souriait plus que jamais.

Ils redescendirent lentement vers le Terrier, main dans la main, suivi par l'escorte d'Aurors, et dès qu'ils furent à proximité de la maison, ils virent le visage de Mrs Weasley disparaître rapidement derrière la fenêtre de la cuisine. Ron eut un sourire ironique.

_Un vrai bonheur d'avoir une vie privée dans cette maison !

Hermione ne put s'empêcher de rire. Ron lui ouvrit la porte et la laissa passer devant, la faisant hausser les sourcils, étonnée.

_Depuis quand es-tu aussi galant ? Est-ce que tu t'es remis à lire « Douze moyens infaillibles de séduire les sorcières » ?

Ron manqua s'étrangler. Ecarlate, il la dévisagea alors qu'elle arborait un petit sourire satisfait devant sa réaction.

_Comment… Comment tu sais ? marmonna le jeune homme, embarrassé.

_Je l'ai trouvé en déballant un carton quand nous avons emménagé… Très intéressant ce livre, par contre, un conseil, quand ils disent « toutes les sorcières aiment les sorciers qui dominent et n'hésitent pas à imposer leur point de vue », dis-toi bien que ça ne s'applique pas à moi !

Elle se dirigea vers la cuisine, ravie de son effet. Ron, confondu, lui emboita le pas en grommelant.

_Je savais bien que c'était du n'importe quoi ce chapitre…

Lorsqu'ils arrivèrent dans la cuisine, ils furent surpris de découvrir que celle-ci était déserte.

_Bon alors, vous venez oui ou non ! lança la voix de George depuis le salon.

Ron et Hermione se regardèrent, surpris, et s'empressèrent d'aller dans le salon.

_Surprise !

Hermione porta les mains à sa bouche pour étouffer une exclamation de surprise. Une énorme banderole était suspendue au-dessus de la fenêtre, et l'on pouvait y lire « Ronald & Hermione, Félicitations ! ».

_Ron, c'est Ron, pourquoi mettre Ronald alors que Ron c'est plus rapide, marmonna Ron, les mains dans les poches en fusillant la banderole du regard

Hermione, émue, était muette. Par la fenêtre, ils pouvaient apercevoir une grande tente blanche qui avait été dressée dans le jardin, elle ressemblait beaucoup à la tente utilisée pour le mariage de Bill et Fleur, en plus petite. Le crépuscule baignait le tout d'une lumière dorée qui lui coupa le souffle. Mrs Weasley se précipita sur eux et les serra dans ses bras, les yeux pleins de larmes. Puis elle prit Hermione par les épaules.

_En attendant que toute la famille soit réunie pour fêter ça comme il se doit, il fallait quand même marquer le coup… En petit comité…

Hermione était si bouleversée par une telle attention qu'elle ne trouva pas les mots pour remercier celle qui était une seconde mère pour elle. Mrs Weasley finit par éclater en sanglots.

_Oh ma chérie, je suis si heureuse que tu sois entré dans sa vie, tu es la plus belle chose qui lui soit arrivée…

Elle les étreignit tous les deux à nouveau, Hermione pleurant elle aussi, et Ron vaguement gêné, mais les yeux brillants malgré lui.

_Hum, maman, c'est bon, tu peux nous lâcher…

Bien qu'embarassé, il était clairement ému. Il y avait là Bill, qui portait une petite Victoire surexcitée, Fleur avec son ventre arrondi, George et Angelina, qui avaient laissé leur fille aux parents de cette dernière, Ginny, qui souriait de toutes ses dents, Neville et Luna, Mr Lovegood, Percy et son épouse. Tous se bousculaient pour les féliciter. Seuls manquaient Harry et Mr Weasley.

_Ton père devrait arriver d'une minute à l'autre, expliqua Mrs Weasley en les entrainant dehors.

Les tables étaient chargées de victuailles, de plats débordants de nourriture en tout genre. Tout avait l'air appétissant, et Hermione se dit que cela aurait pu rivaliser avec le traditionnel festin de Poudlard.

Ginny serra Hermione contre elle.

_Tu étais au courant ?

Ginny hocha vigoureusement la tête, ravie.

_Mais… Vous aussi vous êtes fiancés… commença Hermione, mal à l'aise.

Ginny éclata de rire.

_Nous nous marions dans un mois, nous aurons notre compte à ce moment-là ! Harry va nous rejoindre plus tard, il a des…choses à régler…

Hermione hocha tristement la tête et regarda Ron, qui, plus loin, bavardait gaiement avec ses frères. Au moins, cette petite fête improvisée avait le mérite de le distraire de ses pensées. Dans un coin, un groupe avait commencé à jouer de la musique, et Bill tournoyait sur la piste, sa fille juchée sur ses pieds, devant le regard attendri de Fleur. Hermione se tourna vers Mrs Weasley.

_Mrs Weasley…

_Molly, appelles moi Molly…l'interrompit Mrs Weasley sur un ton chaleureux.

_Molly… Je ne sais pas comment vous remercier…

_Ne me remercie pas ma chérie, tu me remercie tous les jours en rendant Ronald plus heureux que jamais…

Hermione sentit à nouveau l'émotion la gagner. Elle n'aurait jamais soupçonné que ce rouquin au nez sale il y a douze ans serait l'homme de sa vie, et qu'elle gagnerait par la même occasion une famille absolument formidable. Ginny la prit par la main et l'entraîna derrière elle en direction de la maison.

_Mais… Ginny, où m'emmènes-tu ?

_Te changer ! Sans vouloir te vexer, Hermione, tu as besoin d'une bonne douche !

La jeune femme baissa le regard sur ses vêtements. Ils étaient pleins de poussière, et portaient quelques taches de sang séché. Le sang de Lucinda pour la plupart. Elle eut soudain hâte de se débarrasser de ses vêtements.

Lorsque les deux jeunes femmes redescendirent, Mr Weasley était arrivé et George était sur le point de faire un discours. Hermione s'empressa de rejoindre Ron et glissa sa main dans la sienne. Le jeune homme sursauta et se tourna vers elle. Il la regarda des pieds à la tête, détaillant la jolie robe lilas qu'elle arborait.

_Ah enfin, mais où… Wow, tu…tu es…wow…

_Merci ! répondit Hermione en l'embrassant sur la joue.

_Ah voilà la future mariée ! s'exclama George, juché sur une chaise. Je vais pouvoir commencer !

_Ça devient une habitude chez lui, les discours, marmonna Ron, en regardant son frère avec inquiétude.

_Je tenais à féliciter notre petit Ronnie qui devient enfin un homme, et qui, après plusieurs années à agir comme un parfait crétin…

_Hé ! protesta Ron, les oreilles virant au rouge.

Les invités se mirent à rire tandis que George poursuivait.

_... a enfin trouvé le courage de demander la main de celle qui le hante depuis toujours ou presque ! Et aussi incroyable que ça puisse paraître, elle a dit oui ! Tu as de la chance Ron, Hermione est une fille fantastique !

Hermione sentit le poids des regards sur elle et voulut disparaître sous terre tandis que tout le monde applaudissait.

_Je voudrais aussi adresser quelques mots à Fred…

Les regards se firent émus et Mrs Weasley regardait son fils avec des yeux larmoyants.

_Ca y est frangin, il a eu la fille, il l'a eue ! Tu me dois 10 gallions ! s'écria George en levant son verre vers le ciel.

Il y eut un éclat de rire général. George sourit de plus belle.

_Mais plus sérieusement, Ron, Hermione, vous êtes le symbole même de l'amour, ça en est écœurant, même quand vous vous hurlez dessus, alors toutes mes félicitations à vous deux !

Tout le monde applaudit et lorsque George descendit de sa chaise, Ron lui donna une accolade. George en profita pour clamer haut et fort.

_Maintenant, je vous propose que Ron nous fasse un discours !

Sa proposition fut acclamée tandis que Ron semblait absolument paralysé, plus rouge que jamais. Hermione se mordilla la lèvre, nerveuse, tandis que Ron se laissait entraîner vers la chaise, sur laquelle il se jucha sans conviction, tous les yeux braqués sur lui. Il promena son regard sur l'assemblée, incertain, comme s'il ne savait pas vraiment ce qu'il faisait là, puis il regarda Hermione, qui lui offrit un sourire encourageant.

_Heu… Hum… Merci maman pour cette petite fête surprise… Merci à vous d'être là…hum…Et…Heu… Je voudrais juste dire à Hermione… Je t'aime, je sais que je ne suis pas parfait, j'agis parfois comme un crétin…

_Ah tu vois ! s'exclama George en riant.

Ron le foudroya du regard et poursuivit en reportant son attention sur Hermione.

_Je suis jaloux, possessif, tu le sais, tu me connais mieux que quiconque… J'ai perdu beaucoup de temps pendant toutes ces années à Poudlard, je me disais juste que c'était impossible qu'une fille aussi brillante et aussi belle et aussi talentueuse et…

Hermione eut l'impression de brûler de l'intérieur, de la racine de ses cheveux jusqu'au bout de ses orteils… Elle était à peu près sûre que si on plongeait la tente dans le noir, on verrait son visage incandescent irradier.

_...enfin, je me disais que c'était impossible que tu puisses envisager de m'aimer…Je veux dire de m'aimer autrement… Mais je ne regrette pas ce temps perdu, parce qu'il m'aura permis de mieux apprécier la chance que j'ai aujourd'hui d'être aimée par toi…

Hermione sentit que les larmes débordaient de ses yeux. Elle sentit une main sur son épaule et se tourna légèrement pour voir qu'Harry était arrivé et lui souriait affectueusement. Il semblait pourtant exténué.

_Hermione, je ne peux pas te promettre qu'on ne se disputera plus, c'est juste nous, je ne peux pas te promettre que je n'agirai plus comme un idiot, mais je te promets une chose, c'est que tu ne trouveras jamais personne dans ce monde qui t'aime autant que moi je t'aime…

Il y eut un tonnerre d'applaudissements tandis que Ron rejoignait Hermione pour l'embrasser, mais la jeune femme se dégagea.

_Je voudrais dire quelques mots moi aussi…

Elle s'éloigna et se jucha à son tour sur la chaise, devant le regard stupéfait de Ron. Hermione vit que les convives la regardaient tous et le silence se fit bientôt, à son plus grand désespoir. Elle eut soudain la tête vide, pourtant, elle connaissait toutes les personnes présentes depuis des années, mais elle ne voyait plus que des yeux fixés sur elle. Elle aurait dû être habituée, vu le nombre de conférences qu'elle avait donné par le passé… Mais entre défendre les droits des autres êtres magiques et parler de ses sentiments, il y avait une différence non négligeable. Ron avait les yeux ronds comme des soucoupes et la bouche légèrement ouverte. Elle fut prise d'une furieuse envie de rire et cela eut le don de la détendre. Elle se racla la gorge et sourit aux invités.

_Hum… Bonsoir tout le monde… Je voudrais juste dire que…hum… Je me sens extrêmement chanceuse, je… Je me sens honorée de bientôt faire partie d'une famille aussi extraordinaire que la vôtre, et je… Je… Devenir la femme d'un homme aussi drôle, honnête, courageux et généreux que Ron, c'est juste… Je n'arrive pas à y croire, et… Et c'est moi qui aie de la chance… Oh, et merci d'être là, merci à tous ! acheva-t-elle précipitamment, les joues en feu.

Tout le monde se mit à applaudir de nouveau. L'ambiance était si légère, si loin de toutes leurs préoccupations, Hermione avait l'impression de flotter dans un autre monde… Comme si soudain, ils avaient été transportés dans une autre dimension dans laquelle personne n'était mort, dans laquelle aucun Mangemort ne subsistait. Il lui semblait presque impossible que quelques heures auparavant, elle était dans la forêt interdite, dans une embuscade, et que Lucinda… Elle chassa vite cette pensée, Mrs Weasley s'était donné du mal pour leur préparer cette soirée. Elle s'empressa de descendre de la chaise tandis que Ron se précipitait vers elle pour l'aider. Il la serra contre lui, le nez enfoui dans ses cheveux..

_Merci, chuchota-t-il dans son oreille, la gorge nouée par l'émotion.

Lui aussi partageait ce sentiment ambivalent, l'impression de naviguer entre deux mondes. La perte de leur collègue était toujours présente et la peine toujours aussi vive, et pourtant, tous ces visages souriants, détendus, aimants, semblaient alléger le poids de cette terrible journée.

Tout le monde se précipita vers eux et Hermione se retrouva dans les bras de Mrs Weasley une nouvelle fois.

_Ma chérie, il me tarde de vous voir vous marier !

La jeune femme lui sourit timidement.

_Mrs…Hum, Molly, est-ce que je peux vous demander quelque chose ?

_Bien sûr ma chérie, répondit Mrs Weasley, intriguée.

_Je… Je ne veux pas que vous vous fâchiez avec votre tante pour moi… Je sais qu'elle est l'une des rares familles qui vous reste, et je ne veux pas que vous ne l'invitiez pas à cause de moi…

Hermione avait noté l'absence de la tante Muriel, et elle s'en voulait, même si pour rien au monde elle ne souhaitait se retrouver à nouveau dans la même pièce qu'elle.

Le visage de Mrs Weasley se fit plus dur. Elle avait perdu ses frères, ses parents, sa tante était l'une des rares survivantes, mais elle était allée trop loin en s'en prenant à Hermione.

_Hermione, c'est gentil de t'en soucier, mais ma famille est là, autour de moi. Quant à tante Muriel, je ne suis pas prête à lui pardonner ce qu'elle t'a fait !

_Tante Muriel t'a fait quoi ?

Ron s'était dégagé de l'étreinte de Percy et fronçait les sourcils en regardant tour à tour sa mère et Hermione, laquelle rougit en regardant ses pieds. Il n'était pas au courant, elle ne voyait pas l'intérêt de lui en parler, à part le contrarier. Mais Mrs Weasley semblait en avoir décidé autrement.

_Figures toi que lorsque nous sommes allées lui rendre visite avec Ginny et Hermione, tante Muriel s'est montrée odieuse !

_Et où est la nouvelle ? fit George en haussant les épaules.

Mrs Weasley le fit taire d'un regard et poursuivit, les mains sur les hanches.

_Elle a ignoré Hermione, puis elle lui a fait clairement comprendre qu'elle pensait que son statut de sang la rendait indigne de toi !

Il y eut plusieurs exclamations choquées, tandis que Mrs Weasley fulminait en se remémorant la scène. Les oreilles de Ron avaient dangereusement viré au rouge.

_Elle… Elle a dit QUOI ? Cette… Cette vieille chouette… Cette…

Hermione soupira en prenant place avec les autres autour du repas.

_Ron, ne montes pas sur tes grands chevaux, je me suis occupée de la remettre à sa place, rétorqua Mrs Weasley.

_Un régal cette tante Muriel, commenta George, je devrais peut être lui envoyer une boîte de Pousse Rikiki… Quoiqu'elle a l'air déjà suffisamment coincée du…

_GEORGE WEASLEY ! rugit Mrs Weasley en posant si brutalement un plat de sauce sur la table que tout le monde fut éclaboussé.

_Message reçu, maman ! s'exclama Georges en se servant de la sauce comme si de rien n'était, tandis que tous nettoyaient leurs vêtements sans piper mot.

Le repas suivit son cours sans autre interruption, Ron marmonnait dans sa barbe, en jetant de temps à autre des regards à Hermione, qui l'évita soigneusement en se laissant absorber par un débat sur la meilleure façon de dégnomer un jardin.

Son attention fut attirée lorsqu'elle vit un Auror se diriger vers eux, après avoir été contrôlé par ses collègues chargés de la sécurité. Personne ne sembla le remarquer, Bill, Victoire endormie dans ses bras, parlait vivement avec Percy, tandis que Fleur et Angelina étaient plongées dans une conversation faite de layette, berceau et premier balai. Audrey, l'épouse de Percy, échangeait avec Mrs Weasley sur les recettes de famille. Luna et Ginny bavardaient gaiement, et Neville semblait sur le point de s'endormir.

L'Auror approcha alors d'Harry et se pencha vers son oreille pour lui murmurer quelque chose. Harry se redressa vivement et mit un coup de coude à Ron, qui détacha enfin son regard d'Hermione. Harry se pencha alors à son tour vers lui pour lui parler dans l'oreille. Hermione se concentra pour essayer d'entendre quelque chose, en vain. Les deux jeunes hommes se levèrent de table et s'éloignèrent avec l'Auror. Mrs Weasley, qui avait remarqué l'Auror, les suivit du regard, l'air soucieux, et Hermione s'excusa pour se lever et les suivre.

Les trois hommes s'étaient retirés dans le salon et se turent dès qu'ils virent Hermione arriver. Ron fronça les sourcils.

_Que fais-tu ici ?

_Je veux savoir ce qu'il se passe ! répondit fermement Hermione.

_C'est confidentiel et ça ne concerne que les Aurors…

Harry et l'autre Auror échangèrent un regard ennuyé. Hermione foudroya Ron du regard, et Harry s'attendit presque à le voir bondir en arrière. Mais Ron ne bougea pas et soutint le regard de la jeune femme.

_Je veux savoir ! Je veux savoir où est l'Héritier tout comme vous, je peux vous aider ! Et je veux savoir comment ils ont fait pour transplaner dans la forêt Interdite, et comment ils font pour me retrouver à chaque fois, je suis la principale concernée je te rappelle ! Vous avez besoin de moi !

_Hermione, ce temps est révolu, cette fois ci, il y a Harry et moi et les autres Aurors, toi tu travailles pour le département des elfes et compagnie !

Hermione poussa un cri indigné tandis qu'Harry levait les yeux au ciel avec un soupir. Il s'appuya sur un mur et croisa les bras en attendant avec un air las.

_Comment oses-tu ? Je travaille pour les droits de tous les êtres magiques, dans le département de Régulation des Créatures Magiques et non pas « elfes et compagnie » !

Ron haussa les épaules.

_Le résultat est le même, tu n'as pas le droit de…

Hermione avait les poings serrés et tremblait de fureur.

_Ne t'avises pas de m'interdire quoi que ce soit, Ronald Weasley ! J'en ai assez, je comprends que tu t'inquiètes pour moi, mais mets-toi à ma place ! Ils ne font pas que me suivre à la trace, mes parents sont loin, sont aussi menacés, tout le monde a l'air d'oublier ce détail, mais pas moi ! Je suis heureuse avec ta famille, Ron, mais j'ai besoin de mes parents, je dois vous aider, vous avez besoin de moi, vous avez toujours eu besoin de moi, je sais que je ne suis pas Auror, je ne vous demande pas de faire partie de toutes vos missions, mais là, là ça me concerne, j'ai le droit de… Ca fait cinq ans, cinq ans que je ne les ai pas vus…

Elle fondit subitement en larmes. Harry décroisa brusquement ses bras en bondissant vers elle, tandis que Ron restait immobile, l'air interdit. Il détestait se l'avouer, mais oui, il avait oublié les parents d'Hermione, omnibulé qu'il était par la sécurité d'Hermione. La culpabilité le frappa de plein fouet.

_Ecoutes Hermione, viens avec nous, d'accord ? Nous parlerons à Kingsley… dit doucement Harry en lui tapotant doucement dans le dos. Il jeta un regard d'excuse à Ron, qui finit par s'approcher de la jeune femme. Harry battit aussitôt en retraite. Ron avait beau savoir qu'Hermione et lui étaient comme des frères et sœurs, Harry préférait ne pas tester la jalousie de son meilleur ami.

Ron posa ses mains sur les épaules tremblantes d'Hermione, laquelle garda son visage dans ses mains, pleurant en silence.

_Excuses moi… chuchota le jeune homme.

Hermione renifla et leva des yeux larmoyants vers lui, sondant son regard, comme si elle cherchait à savoir s'il était vraiment sincère. Ron lui sourit tristement. Il était désolé d'avoir oublié ses parents, oui, mais il n'était en aucun désolé de vouloir la protéger.

_Matthew a été envoyé par Kingsley, nous devons nous rendre au Ministère… L'Héritier a été repéré…

Hermione retint son souffle et ses yeux s'agrandirent. Ron put y lire de l'attente, de l'espoir, et beaucoup, beaucoup d'appréhension.

_Hermione, je te promets que dès que tout ça sera fini, nous irons ensemble en Australie, et nous ramènerons tes parents…

Hermione hocha lentement la tête, touchée.

_Que se passe-t-il les enfants ?

Mr Weasley se tenait dans l'embrasure de la porte. Il les regarda tour à tour, et son regard s'arrêta sur son fils.

_Papa, nous devons y aller, Kingsley a besoin de nous…

Mr Weasley hocha lentement la tête.

_Soyez prudent… Je me charge de prévenir ta mère…

_Merci papa, merci pour tout, dit Ron en montrant la tente illuminée dans laquelle la musique avait repris de plus belle.

Ils apercevaient à travers la toile blanche, les ombres des invités se mouvoir en rythme, ils entendaient des rires, des discussions. Comme si la tente les maintenait hors du temps et à l'abri de tout. Hermione avait presque envie de s'y ruer et d'oublier tout ce qui se passait.

_Arthur ? Que se passe-t-il ?

Mrs Weasley passa à côté de son époux et dévisagea Harry, Ron et Hermione. Elle ne sembla même pas remarquer le troisième Auror, qui fit son possible pour se fondre dans le décor.

_Que faites-vous ici ?

Ron soupira.

_Nous devons partir maman…

_Comment ça ? Mais ce sont tes fiançailles ! Tu ne peux pas laisser Hermione le jour de vos fiançailles ! s'écria Mrs Weasley avec stupeur.

_Elle vient avec nous, répondit Ron à contrecœur.

Mrs Weasley ouvrit la bouche mais rien n'en sortit. Elle s'avança alors et d'un seul geste, elle les étreignit tous les trois.

_Soyez prudents, et revenez dès que possible…

Ron sourit à sa mère et l'embrassa. Il ne pouvait pas lui répondre qu'il ne rentrerait probablement pas avant plusieurs jours, elle s'inquiéterait plus qu'elle ne le faisait déjà depuis qu'Harry et lui étaient aptes au terrain.

Il n'avait plus qu'une hâte, être sur la piste de l'Héritier, il tenait là une occasion de mettre fin à tout ce cauchemar et il n'était pas prêt à laisser passer cette opportunité.