Bonjour ou bonsoir !

Voici la publication de la semaine ! Yiha ! Le dénouement final autour de l'Héritier approche, mais je pense néanmoins poursuivre ensuite avec des petits textes sur leurs vies respectives, le ton sera évidemment différent, je ne sais pas quand ces publications viendront mais j'espère que vous serez au rendez-vous !

Quoiqu'il en soit, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira, j'ai beaucoup aimé l'écrire, même s'il m'a donné du fil à retordre en terme de petites recherches annexes !

Laissez des reviews si vous aimez cette fiction, siouplééééééééééé :D

Charliee3216 , Light of soul, Melancholy, un énorme MERCI pour vos reviews ! j'ai le cœur qui fait des bonds dès que je vois le mail de fanfiction m'avertissant d'une nouvelle review ou d'un nouveau message !

Bonne lecture !

La première chose que vit Ron en traversant son bureau, derrière Harry et Hermione, pour se rendre dans celui de Kingsley, fut une petite enveloppe d'un bleu très pâle posée sur une pile de courrier qui s'était accumulé pendant leur mission. Seul son nom était indiqué. Dubitatif, il saisit l'enveloppe et son cœur sembla manquer un battement lorsqu'il vit le nom de l'expéditeur. De l'expéditrice en l'occurrence. Anita, l'épouse…la veuve de Djodar… Fébrile, il entreprit d'ouvrir le courrier tandis qu'Hermione s'arrêtait sur le seuil de la porte pour se tourner vers lui.

_Ron ? Tout va bien ?

Il ne répondit pas et contempla le cliché devant lui. Un minuscule bébé baillait et clignait des yeux d'un air surpris. Anita tenait le bébé dans ses bras et le contemplait avec un amour qui dépassait l'entendement. Au dos du cliché, elle avait annoté quelques mots : « Elma a vu le jour. Djodar aurait été fier et aurait voulu vous la présenter. A bientôt ». Il sentit les larmes affluer et lui brûler les yeux, il se maudit intérieurement d'être devenu aussi sensible, il était Auror par Merlin ! Il sentit la petite main d'Hermione entourer son poignet. Il ne l'avait pas entendue approcher, elle regarda la photo qu'il tenait dans une main tremblante, puis elle l'embrassa tendrement sur la joue.

_Elle est adorable…

_Elle va grandir sans son père, répliqua abruptement Ron en s'écartant.

Hermione eut l'air blessée, elle se mordilla la lèvre, et Ron se sentit coupable lorsqu'il vit une lueur de peine dans ses yeux. Elle n'y était pour rien, elle ne méritait pas d'être blâmée. Il se rapprocha d'elle avec un soupir et l'attira à lui par la taille. Il appuya doucement son front contre le sien et il la regarda dans les yeux, y cherchant le réconfort dont il avait besoin. Mais Hermione était aussi perdue et effrayée que lui…

_Je suis désolé, souffla le jeune homme.

Hermione eut un petit sourire, sans s'écarter, elle posa une main sur la poitrine du jeune homme, là où son cœur battait.

_Ce n'est rien Ron, je comprends, et c'est parce que tu es si soucieux des autres que je suis tombée amoureuse de toi…entre autres…

Il se pencha légèrement et effleura ses lèvres lorsqu'un raclement de gorge les poussa à se séparer. Harry les regardait depuis l'embrasure de la porte, l'air gêné.

_Hum… Est-ce que ça peut attendre ou est-ce que c'est une espèce de tradition chez vous de vous embrasser au pire moment ?

_Ça va Harry, tu devrais être habitué à nous voir nous embrasser depuis le temps ! lança Ron, les oreilles rougissant légèrement.

Harry grimaça et Hermione réprima une urgente envie de rire.

_Et bien non, toujours pas, répliqua Harry, est-ce que toi tu es habitué à me voir embrasser ta sœur ?

Ron poussa une exclamation indignée et eut une expression de profond dégoût. Harry sourit avec triomphe.

_Kinglsey nous attend…

Hermione lui emboita le pas, et Ron les suivit en maugréant dans sa barbe quelque chose qui impliquait Harry, un sort, et une démasculinisation.

En cette heure tardive, il y avait peu de monde. Neville était de repos et toujours au Terrier, et les quelques Aurors présents arboraient tous une mine sinistre. La nouvelle de la mort de Lucinda avait bouleversé tout le monde, et leur expression sembla brusquement ramener Ron à la réalité. Lucinda était morte, c'était un fait, et non pas une chimère. Les funérailles auraient lieu le surlendemain matin, à l'aube, conformément aux souhaits de sa famille.

_Bien, nous sommes au complet, commença Kinglsey, qui ne parut pas surpris de voir Hermione dans son bureau. Il se leva de son siège et s'approcha d'un mur sur lequel étaient épinglées de nombreuses cartes.

Hermione nota que sa sérénité habituelle avait cédé la place à un air soucieux qu'elle ne lui connaissait pas. Perdre un de ses agents l'avait affecté plus qu'il ne le laissait paraître. Le bureau des Aurors avait déjà subi trop de pertes pendant la guerre, et Kinglsey en avait été le témoin direct.

_J'ai envoyé deux agents nous amener Mr Malefoy, je pense qu'il pourrait nous être utile pendant cette mission… Si je vous ai fait venir, c'est parce que nos indics basés à Swansea, au pays de Galles, ont repéré un important foyer de magie au nord de la ville, dans la zone des grottes de Dan Yr Ogof… expliqua Kingsley en pointant avec sa baguette le sud du pays de Galles sur l'une des cartes.

Hermione haussa les sourcils avec étonnement.

_Mais… Ce sont des grottes très touristiques… J'y suis allée avec mes parents lorsque j'avais neuf ans… Les autorités Moldues auraient remarqué quelque chose…

Kingsley hocha lentement la tête.

_Très juste, mais la région regorge de grottes et de cavités non explorées… Notamment autour du village d'Ystradfelte… Nos indics sont formels, de la magie noire est pratiquée dans ce secteur…

_Mais…commença Hermione, en réfléchissant rapidement, est-ce que ça ne pourrait pas être un résidu ? Je veux dire, le pays de Galles est connu pour avoir vu naître de nombreux sorciers et sorcières adeptes de magie noire…

_Comme Gwenn Ellis ? demanda Kingsley avec un sourire.

Hermione secoua la tête.

_Sa culpabilité n'a jamais été prouvée, mais quoiqu'il en soit, la magie noire met des siècles à disparaitre d'une terre… Et depuis Gwenn Ellis, de nombreux autres sorciers ont pratiqué la magie noire…

Ron haussa un sourcil en échangeant un regard avec Harry.

_Mais de quoi est-ce que vous parlez ?

Hermione eut un soupir impatient et Ron eut la brusque sensation d'être revenu quelques années en arrière. Hermione avait cette expression, à la fois sérieuse et agacée, qu'elle avait toujours lorsqu'elle devait leur expliquer quelque chose qu'ils étaient censés savoir.

_Gwenn Ellis est la première sorcière à avoir été jugée par les Moldus pour usage de la magie au Pays de Galles, en 1594, elle aurait assassiné un Moldu… C'est dans Histoire de la Magie, dans le chapitre 24 sur la persécution dont les sorciers ont été victimes entre le 14ème et le 17ème siècle…

_Hum, d'accord, je suis content de l'apprendre, et donc ? lança Ron avec sarcasme.

Durant leur scolarité à Poudlard, Harry et lui n'avaient pas ouvert le manuel d'Histoire de la Magie plus que nécessaire, et la capacité d'Hermione à le citer mot pour mot des années après les laissait toujours perplexes.

_Nous l'avons appris en troisième année, Ron !

_Et est-ce que Gwenn Machin a quelque chose à voir avec l'Héritier ? répliqua Ron, nullement impressionné.

Hermione rougit. Elle ne pouvait pas s'empêcher de laisser libre court à son érudition dès qu'elle en avait l'occasion, c'était plus fort qu'elle. Et Ron était toujours là pour le lui rappeler, plus ou moins subtilement.

_Je ne crois pas, je disais juste que la magie noire n'est pas une nouveauté dans cette région… marmonna la jeune femme, mal à l'aise.

_C'est très juste, Miss Granger, reprit Kingsley, mais là il s'agit d'un foyer actif… Et nous savons, d'après le rapport de votre mission en Albanie que l'Héritier se trouve au Royaume Uni…

Il s'était tourné vers Ron et Harry, qui approuvèrent de la tête.

_La note n'était pas explicite, expliqua Harry, mais tout porte à croire qu'il se trouve à proximité… Du moins plus à proximité que l'Albanie… Nous pensons qu'il cherche toujours à traduire le livre, l'attaque dans la forêt Interdite le confirme…

_C'est exact, poursuivit Kingsley, ce qui nous amène à considérer l'organisation d'une expédition de grande envergure…

Ron hocha vigoureusement la tête. L'Héritier était à portée de main, ils devaient agir vite, il devait agir vite, la perspective de mettre fin à tout ça le rendait fébrile, impatient. Hermione, bras croisés, lui lançait de temps en temps des regards soucieux. Elle brûlait d'envie de les accompagner, voir Ron aussi enthousiaste à l'idée d'aller affronter le descendant de Voldemort ne la réjouissait guère.

_Nous poursuivons toujours nos efforts pour découvrir qui est la taupe… Quelqu'un est visiblement au courant des moindres faits et gestes de Miss Granger dès qu'elle quitte le Terrier… Aussi, Miss Granger, nous allons devoir vous demander de rester au Terrier tant que nous n'en saurons pas plus…

Hermione fronça les sourcils tandis que Ron arborait un air profondément soulagé.

_Mais enfin, je devais reprendre mon activité ! dit-elle, indignée.

Elle ne savait pas ce qui l'irritait le plus, la perspective d'être de nouveau consignée au Terrier, ou l'expression réjouie de Ron à cette nouvelle.

_Je suis désolé, Miss Granger, mais les risques sont trop élevés, le Ministère n'est pas à l'abri d'une attaque…

Le visage de Ron se décomposa, perdant son air ravi et soulagé. Il ne put réprimer un frisson en repensant au cauchemar qui le hantait…

_La mission devra partir après demain matin, après les funérailles de Lucinda

La voix de Kingsley se brisa imperceptiblement.

_Il s'agit d'une mission des plus confidentielles… Weasley, Potter, je vais avoir besoin de vos dons de stratège pour établir un plan, la mission est urgente, nous n'avons guère de temps…

Deux Aurors firent leur entrée, encadrant un Drago Malefoy renfrogné. Il écarquilla les yeux quand il vit Hermione et pâlit légèrement. La dernière fois qu'il l'avait vue, elle était dans un piteux état… Il ne pouvait pas détacher son regard de la jeune femme, ce qui eut le don d'énerver Ron.

_Comment oses-tu encore la regarder Malefoy ! cracha le jeune homme avec colère.

Drago sursauta et darda sur lui un regard glacial.

_Je n'ai rien fait à ta copine, Weasley !

Ron eut un rire mauvais.

_Tu n'as rien fait, c'est juste, tu n'as rien fait pendant que ta tantine chérie torturait Hermione… Elle la torturait sous tes yeux et tu l'as laissée faire !

A cet instant, il y avait un tel ressentiment dans la voix de Ron qu'Hermione resta en retrait. Elle savait que ce jour-là les hantait toujours, Harry, Ron et elle-même, mais elle était à chaque fois prise de court par l'ampleur de la peine qu'avait ressenti Ron et qu'il continuait à ressentir.

_Je ne pouvais rien faire ! s'écria Drago, poings serrés.

Ron s'approcha dangereusement de lui.

_Tu aurais pu nous libérer, me laisser arrêter tout ça…

Drago recula devant la fureur teintée de peine qui émanait du jeune homme. Hermione attrapa le bras de Ron.

_Ron, arrêtes, c'est le passé…

Elle détestait voir Ron souffrir de ce qui s'était passé cinq ans auparavant comme si c'était hier, elle détestait voir le fantôme de Bellatrix et l'écho de ses cris de douleur le hanter. Elle regarda furtivement Drago et crut voir quelque chose qui ressemblait à du remord. Mais il se ressaisit presque aussitôt.

_Qu'est-ce que vous me voulez ? demanda Drago en regardant tour à tour les Aurors.

Kingsley eut un mouvement de tête en direction d'Harry, lui laissant le soin d'expliquer la situation.

_Nous partons en mission, lui annonça Harry.

Drago recula d'un nouveau pas.

_Ce n'était pas dans le marché ! Je vous ai aidés, vous deviez me libérer !

_Nous risquons d'avoir besoin de toi, ou plutôt de ton tatouage, pour retrouver tes petits copains !

Drago porta une main à son bras dans un geste instinctif.

_Ecoutez , je ne suis pas un Mangemort, je n'ai jamais voulu…

_Tiens donc, on t'a sûrement forcé à porter la marque des ténèbres, l'interrompit Ron, narquois.

_Je vous l'ai dit, je n'ai pas eu le choix, si je pouvais m'en débarrasser, je le ferais sans hésitation ! Mais c'est impossible, j'ai tout essayé, c'est de la magie noire, je ne peux rien faire !

Hermione porta une main à sa bouche en étouffant une exclamation de stupeur. Ron se tourna aussitôt vers elle, ses mains se posant instantanément sur ses épaules.

_Hermione ? Hermione, ça va ?

La jeune femme fixait Drago avec effarement. Elle finit par regarder Ron, mais elle semblait ne pas le voir, son regard n'exprimait qu'une horreur sans nom. Ron, inquiet, saisit son visage dans ses mains, cherchant à capter son attention.

_Hermione, mon amour, qu'est-ce que tu as ? Tu as mal quelque part ? Hermione, réponds moi, tu me fais peur…

Ce fut le tremblement dans la voix de Ron qui sembla la ramener dans le bureau de Kingsley. Harry, Kinglsey et les autres Aurors la regardaient avec un air interrogateur. Ron, lui, avait juste un air terriblement inquiet.

_Je… Je dois vous parler… dit la jeune femme d'une voix blanche.

Kingsley haussa les sourcils avec étonnement.

_Juste à vous, Harry et Ron…

Les autres Aurors semblèrent mécontents mais obéirent lorsque d'un regard, Kingsley les invita à quitter le bureau en emmenant Drago avec eux. Une fois la porte refermée, Ron regarda Hermione avec anxiété.

_Miss Granger ? dit Kingsley, en voyant qu'elle ne réagissait pas.

La jeune femme releva brusquement sa manche, livrant à leur regard la cicatrice qui ornait son bras depuis cinq ans maintenant.

Ron blêmit en retenant son souffle, et s'efforça de garder contenance, d'ignorer la peine qu'il ressentait en repensant à ce que la personne qui signifiait tout pour lui avait vécu. Harry avait pâli, mais il regardait Hermione sans comprendre. Kingsley était horrifié par la cruauté du geste de Bellatrix Lestrange, il connaissait la cicatrice pour avoir lu avec attention le récit livré par Harry quelques jours après la fin de la guerre, mais il ne l'avait jamais vue. Elle avait certes blanchi, mais elle était toujours là, indélébile.

_Je… Je crois que la taupe, c'est moi, annonça Hermione, la voix tremblante.

_Comment ça ? s'exclama Harry, les yeux exorbités, tandis que Ron se rapprochait d'Hermione, terrifié d'entendre ce qu'elle avait à dire.

_Que voulez-vous dire, Miss Granger ? demanda prudemment Kingsley.

Hermione prit une profonde aspiration.

_Cette cicatrice… Je crois… Je crois qu'elle agit comme la marque des Ténèbres… Le couteau de Bel…Bellatrix Lestrange était imprégné de magie noire, c'est pour ça que la cicatrice ne part pas, même avec les meilleurs onguents… Et je crois… Je crois que l'Héritier est capable de la détecter, comme Voldemort pouvait détecter tous les porteurs de la marque des ténèbres… Et je crois, je pense que c'est comme ça qu'ils réussissent à me repérer où que j'aille…

Hermione ferma les yeux. Respirer était devenu douloureux, comment n'y avait-elle pas pensé ? Une cicatrice qui demeurait visible et douloureuse cinq ans après, comment n'y avait-elle pas songé ?

Ses mots résonnaient dans la tête de Ron. Il avait l'impression de suffoquer, comme si quelque chose pesait sur sa poitrine, et son estomac ne cessait de se retourner. L'idée que Bellatrix Lestrange avait marqué Hermione avec la magie noire le rendait malade, et l'idée que l'Héritier puisse la suivre à la trace le paralysait de peur.

La jeune femme rouvrit des yeux pleins de larmes. Elle se sentait…différente, comme salie jusqu'au plus profond d'elle-même. Elle avait toujours essayé de considérer cette cicatrice comme une marque de courage, une cicatrice de guerre, quelque chose dont elle pourrait être fière, mais aujourd'hui, aujourd'hui, tout ce qu'elle voulait, c'était ne plus jamais la voir… Mais c'était impossible, elle était gravée dans sa chair, elle était marquée comme un vulgaire Mangemort… Cette idée la révulsait, la dégoutait d'elle-même… Elle laissa échapper un sanglot et Ron bondit pour la serrer contre lui.

Harry semblait incapable de parler. Il regardait Hermione avec un air triste et désolé qui ne fit qu'accentuer le mal être de la jeune femme. Elle ne voulait surtout pas de pitié, elle voulait juste disparaitre, anesthésier son cœur et ne plus rien ressentir… Elle s'écarta soudain de Ron et s'éloigna en serrant ses propres bras autour d'elle, la tête baissée. Ron, bras ballants, la regarda faire sans savoir comment réagir. Il ne voulait pas la forcer, la brusquer, mais il ne voulait pas non plus qu'elle se sente seule face à cette découverte. Aucun des deux ne parla et Kingsley prit enfin la parole, troublé.

_Hum… Et bien… Cela expliquerait en effet beaucoup de choses… Comme le fait que le seul endroit où ils ne puissent pas vous repérer soit le Terrier en raison du secret dont Arthur est le gardien… Cependant, nous ne pouvons pas en avoir la certitude sans en parler à un Guérisseur, vous partirez avec une escorte à Sainte-Mangouste afin de faire les…tests nécessaires…

Hermione hocha lentement la tête sans la relever. Elle ne voulait croiser aucun regard, elle ne voulait pas que Ron la touche, elle voulait juste disparaître…

Oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooo

Ron faisait distraitement tournoyer sa baguette entre ses doigts. Il n'écoutait Harry, Kingsley et Seamus que d'une oreille tandis qu'ils étaient tous penchés sur de nombreuses cartes retraçant la topographie de la région d'Ystradfelte. Ce n'est que lorsqu'il envoya accidentellement des étincelles sur l'une des cartes, qui commença à prendre feu, qu'Harry s'agaça.

_Par la barbe de Merlin, Ron, écoutes, elle va revenir, est-ce que tu peux te concentrer s'il te plait ? Tu es l'un des meilleurs stratèges, nous avons besoin de toi !

_Désolé vieux, marmonna le jeune homme en reportant son attention sur le plan.

Il avait voulu l'accompagner, mais elle avait refusé, sans le regarder, évitant son regard et son contact. Kingsley lui avait également demandé de rester, mais il ne pouvait empêcher ses pensées de s'évader vers elle, l'inquiétude commençait à le rendre fou. L'idée qu'Hermione, la personne la plus sensible, la plus gentille, la plus pure qu'il connaisse, ait été « infectée » par de la magie noire lui donnait la nausée. Il essaya de reporter son attention sur ce qui se passait dans le bureau, mais alors qu'il commençait enfin à se concentrer, quelqu'un toqua à la porte. Un Auror passa sa tête dans l'entrebâillement de la porte.

_Excusez-moi, Miss Weasley souhaiterait voir Mr Weasley…

Ron échangea un regard surpris avec Harry et bondit sur ses jambes pour suivre son collègue à l'extérieur du bureau.

Ginny l'attendait dans le vestibule des visiteurs, elle faisait les cent pas, bras croisés.

_Ginny, qu'est-ce que tu fais ici ?

_C'est Hermione…

Le visage de Ron perdit toute couleur et Ginny s'empressa de le rassurer.

_Non, non, rassures toi, elle va bien, enfin je crois !

_Ginny, par Merlin, qu'est ce qui se passe ?

_J'ai repris mon service ce matin, et j'ai croisé Hermione, elle sortait du bureau du Guérisseur Principal, elle avait l'air abattu, elle m'a demandé s'il y avait un endroit où elle pouvait se laver car elle devait revenir au QG, je l'ai emmenée dans nos vestiaires, mais maintenant, elle ne veut plus sortir, elle s'est enfermée dans la douche, elle laisse l'eau couler, elle ne répond pas, et elle a tellement verrouillé la porte qu'il n'y a rien à faire, j'ai essayé tous les sorts ! J'ai appelé le Guérisseur Principal, il m'a demandée de sortir pour qu'il puisse lui parler, mais en vain… Je me suis dit que peut être que toi, tu pourrais la faire sortir… Je suis terriblement inquiète… Ron, que se passe-t-il ? Le Guérisseur n'a rien voulu me dire…

Le jeune homme, une boule dans la gorge, regarda sa jeune sœur en secouant la tête.

_Je te raconterai plus tard…

Ginny sembla vouloir protester, mais elle se ravisa et emboita le pas à son frère.

La salle de bain des Guérisseurs était pleine de vapeur d'eau chaude, et les miroirs couverts de buée. Ron entendait l'eau couler, mais rien d'autre. La peur étreignit sa poitrine alors qu'il s'approchait de la porte de la cabine de douche pour y toquer.

_Hermione ? Hermione, c'est moi, Ron…

Aucune réponse. Ginny, qui demeurait en retrait avec le Guérisseur, échangea un regard avec son frère. Ron insista en toquant de plus belle, le silence le rendait fou d'inquiétude et l'angoisse semblait s'étirer en lui, tendant chacun de ses nerfs.

_Hermione, si tu n'ouvres pas, je suis prêt à faire exploser cette porte s'il le faut…

Il avait tenté d'insuffler à sa voix la colère nécessaire pour la faire réagir mais cela fut vain. Son inquiétude prédominait malgré lui.

_Hermione, supplia-t-il, s'il te plait, je m'inquiète, ouvres moi…

_Vas-t-en…

La voix de la jeune femme était étranglée, en partie étouffée par le ruissellement de l'eau, mais Ron ressentit un profond soulagement.

_Hermione, laisses moi entrer…

_Non, Ron, laisses moi…

Le jeune homme se redressa, se délesta de sa cape et entreprit d'escalader la porte de la cabine. Elle était extrêmement glissante et trop haute pour qu'il puisse s'accrocher, mais le jeune homme ne s'avoua pas vaincu.

_Qu'est…Qu'est-ce que tu fais ? demanda Hermione.

_Je vais te rejoindre, d'une manière ou d'une autre, répliqua Ron en tentant une nouvelle fois de passer par-dessus la porte.

Après quelques vaines tentatives, Hermione parla de nouveau.

_Ron, tu vas te blesser…

_Alors ouvres moi, rétorqua le jeune homme.

Il y eut un silence, puis la voix de la jeune femme s'éleva, hésitante.

_Tu… Tu es seul ?

Ron lança un regard à sa sœur et au Guérisseur, qui s'empressèrent de sortir sans un bruit.

_Oui…

Il y eut plusieurs cliquetis, puis la porte finit par s'entrouvrir. Ron s'empressa de s'engouffrer à l'intérieur, indifférent à l'eau qui ruisselait à présent sur ses vêtements. La porte se referma aussitôt et Hermione se tourna lentement vers lui. Elle était toujours habillée, trempée jusqu'aux os par l'eau brulante qui se déversait du pommeau de douche. Elle avait les yeux rouges, injectés de sang, comme si elle avait pleuré pendant des jours, ses cheveux collaient à son visage blafard, elle tenait sa baguette d'une main tremblante, elle avait une manche relevée, et Ron vit avec horreur que la peau de son bras était si rouge qu'elle semblait avoir été brulée. Il dévisagea Hermione.

_Hermione… Que…

_Comment peux-tu te tenir aussi près de moi… coupa la jeune femme d'une voix brisée en évitant toujours de croiser son regard.

_Quoi ?

Ron était complétement perdu. Il tâtonna sans quitter Hermione des yeux et finit par trouver le robinet qu'il tourna pour fermer l'eau. Le silence s'abattit alors sur eux, assourdissant, rendant l'instant comme irréel. La vapeur était telle qu'Hermione était presque floue…

_Hermione, que se passe-t-il ?

_Ils… Ils ont fait les tests…Ma…Ma cicatrice est comme…comme imprégnée de magie noire…

Elle éclata en sanglots, Ron voulut la prendre dans ses bras mais elle le repoussa.

_Ne me touches pas, je suis imprégnée de magie noire, tu ne comprends pas ? Je suis… Je la hais, je la hais pour ce qu'elle m'a fait… Ron…

Elle se laissa glisser sur le carrelage de la douche, le visage entre les mains, les épaules tremblantes.

_J'ai essayé de l'enlever, gémit la jeune femme en tendant son bras rougi, j'ai frotté de toutes mes forces, j'ai essayé des sorts, mais ça ne part pas, ça ne partira jamais…

_Hermione…murmura Ron, bouleversé.

La détresse de la jeune femme était comme une douleur physique pour lui, son besoin viscéral de la protéger semblait rugir en lui, comme un animal blessé.

_Et si ça affectait nos enfants, hein ? Et si la magie noire les imprégnait à leur tour ? Ron, ne perds pas ton temps avec moi, ne…

_Hermione, tu vas m'écouter ! s'exclama Ron, sa voix résonnant dans la douche.

La jeune femme reprit son visage dans ses mains, pleurant de plus belle. Ron s'approcha d'elle, sans la toucher pour ne pas la brusquer.

_Hermione, je t'aime, et rien ne pourra changer ça, aucune cicatrice ni quoique ce soit, tu entends ? Et nos enfants ne seront pas imprégnés d'autre chose que de notre amour, Hermione, je t'aime, ne laisses pas ce monstre gâcher ce que nous avons…

_Mais à cause de moi, des gens sont morts, je pensais prendre suffisamment de précautions, mais en fait, à chaque fois je les conduisais à moi, j'exposais des innocents, je me sens horrible, je me sens sale, si sale…sanglota Hermione.

Elle tremblait à présent, frigorifiée, bouleversée. Ron se releva et ralluma la douche.

_Alors laisses moi te laver, et après, nous sortirons d'ici…

Ses oreilles étaient rouges, mais jamais il n'avait semblait aussi doux, aussi sérieux. Hermione se releva lentement, puis finit par se jeter dans ses bras, en larmes.

Lorsqu'il eut fini de la laver, gardant ses yeux dans les siens pour ne pas se laisser distraire, il l'enveloppa dans une serviette et la fit sortir de la douche. Elle leva les yeux vers lui et cela lui brisa le cœur de la voir si vulnérable, si triste. Il se pencha et déposa avec tendresse un baiser sur son front. Hermione soupira en fermant les yeux et se laissa aller contre lui.

_Merci Ron…

_Comment tu te sens ? demanda le jeune homme, soucieux.

_Mieux, répondit Hermione avec un faible sourire.

_Bien… Je vais demander à Ginny de t'amener des vêtements secs et ensuite…

_Et ensuite je vais rentrer au Terrier… acheva tristement la jeune femme.

Ron hocha la tête en silence.

Lorsque Ginny amena des affaires propres, Hermione insista pour se préparer seule. Ron rejoignit donc sa sœur et le Guérisseur dans le couloir.

_Pourquoi ça n'a pas été détecté avant ? demanda soudain Ron, rompant le silence qui s'était installé.

Ginny les regarda tour à tour sans comprendre, mais ne dit rien. Ron se sentait nauséeux, il repensait à toutes les situations où Hermione aurait pu être tuée, lorsqu'ils ne la pensaient pas encore en danger, lorsqu'ils ne pensaient qu'à reconstruire leur vie ensemble… Toutes les fois où elle avait été seule, seule chez eux, seule dans les rues, totalement exposée.

Le Guérisseur regarda longuement Ron, avant de répondre.

_Parce que nous n'avons jamais cherché à détecter de la magie noire… Ce sont des tests très spécifiques, et lorsque vous êtes venus pour un check-up après la bataille, Miss Granger a refusé de nous laisser toucher son bras. Elle nous a juste demandé de lui prescrire les meilleurs onguents pour les cicatrices… Jamais… Jamais nous n'aurions soupçonné…

Le Guérisseur déglutit, visiblement choqué. Pendant toutes ces années, Hermione avait si bien réussi à cacher sa cicatrice parce qu'après avoir raconté leur périple aux Weasley, en incluant sa torture, elle ne voulait plus en parler, elle ne voulait plus qu'on lui pose des questions, elle voulait juste tourner la page, oublier. Il n'y avait qu'avec Ron et sa famille qu'elle baissait la garde à ce sujet….

Ginny était livide, elle avait vaguement compris de quoi il en retournait et elle était horrifiée.

_Est-ce que… Est-ce que les cauchemars qu'elle fait parfois y sont liés ?

L'homme acquiesça.

_C'est très probable… Cela peut être un effet secondaire, au même titre que les douleurs qu'elle ressent…

Ron se figea, soudainement très pâle.

_Quelles douleurs ? demanda-t-il d'une voix blanche.

Le guérisseur secoua la tête, ennuyé.

_C'est à elle de vous le dire…

Il y eut un silence tendu, pendant lequel Ron essayait d'intégrer la nouvelle. Hermione souffrait… Depuis quand ? Pourquoi ne lui avait-elle rien dit ?

_Qui lui a fait ça ? demanda finalement le Guérisseur, toujours choqué.

_Bellatrix Lestrange…

Prononcer son nom ne faisait qu'alimenter la haine qu'il ressentait à son égard. Parfois, il souhaitait que sa mère ne l'ait pas tuée, pour pouvoir s'en charger lui-même… Dans ces moments-là, Hermione lui disait doucement que « la haine attire la haine »… Elle était tout bonnement incroyable…

Comme Hermione ne venait pas, il entra dans la salle de bain en toquant discrètement.

_Hermione ?

La jeune femme était toujours dévêtue, elle avait laissé tomber sa serviette et se fixait dans le miroir en face d'elle avec une expression indéchiffrable, un mélange d'une multitude d'émotions, mais lorsqu'elle tourna son regard vers lui, il put voir à quel point elle était perdue, anéantie.

_J'ai l'impression… J'ai l'impression que ce n'est plus mon corps, qu'il…qu'il ne m'appartient plus, je ne le reconnais plus… souffla Hermione.

Ron eut à nouveau une pressante envie de pleurer, de pleurer face à la détresse de celle qu'il aimait, mais il se ressaisit. Il s'approcha de la jeune femme et regarda son reflet dans la glace. Son corps couvert de cicatrices, vestiges des sorts impardonnables dont elle avait été victimes, vestiges des centaines de morceaux de verre qui avaient explosé sur elle lorsque le chandelier était tombé, vestiges des combats, de son enlèvement…

_Je suis horrible… Ce corps est horrible…

Les larmes menaçaient de déborder de ses grands yeux, alors Ron l'enveloppa de ses bras et l'embrassa tendrement sur la joue.

_Tu es la personne la plus merveilleuse, la plus belle, la plus attirante, la plus courageuse que je connaisse… Chacune de ces cicatrices le prouve, chacune d'elle montre à quel point tu es une Gryffondor, je suis si fier de toi Hermione…

_Ron… J'ai l'impression… Avec cette cicatrice, avoir cette trace de magie noire en moi, c'est comme si… Comme si je portais en morceau d'elle en moi, comme si elle allait me suivre à jamais…

Sa voix se brisa et Ron la serra d'avantage contre lui.

_Je suis là Hermione, quoiqu'il arrive, je suis là, et elle, cette…elle est morte, je ferais toujours tout pour te protéger, tu le sais…

Hermione s'écarta légèrement et Ron ramassa la serviette pour l'envelopper dedans.

_Ron, je n'ai pas peur… Je suis juste… Il me faut du temps pour accepter cette idée… J'avais accepté cette cicatrice, un peu comme une médaille, un souvenir de cette guerre… Mais là, je ne la vois plus de la même manière… De la magie noire Ron…

Elle essuya vivement ses yeux, où les larmes menaçaient de nouveau.

_C'est comme si je portais la marque des ténèbres… Tout ce temps, il pouvait me localiser comme il localise les Mangemorts… Si j'avais su…

Ron la fit taire d'un léger baiser sur les lèvres.

_Tu n'y es pour rien, d'accord ? Tu ne pouvais pas savoir, je veux dire… Bon sang, qui aurait pu deviner, imaginer… Hermione, pourquoi est-ce que tu ne m'as pas dit que tu avais mal ?

La jeune femme le dévisagea, surprise.

_Le Guérisseur m'a laissé entendre que tu avais des douleurs..

Hermione soupira.

_Ce n'est rien Ron, ça n'arrive que lorsque je fais des cauchemars… Je revis la scène… Je veux dire, je la revis vraiment… Et ma cicatrice, parfois aussi…

Elle baissa les yeux sur ses mains qu'elle tordait.

_Ce n'est pas rien Hermione ! Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?

_Parce que tu as tes propres fantômes à combattre Ron… Avec la mort de F… De Fred, avec tout à reconstruire, je ne voulais pas… Je voulais que tu ailles bien, que tu ne t'inquiètes plus…Ron, ça n'a pas d'importance, ça n'arrive pas tous les jours !

Ron ferma les yeux un instant pour se calmer. Comment pouvait-elle dire que ça n'avait pas d'importance. Etait-elle seulement consciente de l'importance qu'elle avait à ses yeux ? A ses yeux mais également aux yeux d'Harry et de tous les Weasley… Bellatrix aurait dû le choisir lui, il aurait dû plus insister, il donnerait tout pour remonter le temps et prendre sa place… Il lui semblait qu'aucune torture n'équivalait celle de voir Hermione souffrir…

_Hermione, si tu souffres, je veux le savoir, je t'aime, nous allons nous marier, nous devons pouvoir nous confier l'un à l'autre sans craindre de blesser…

Hermione haussa un sourcil, surprise par ce brusque élan de sagesse. D'habitude, c'était elle qui tenait ce genre de discours. Elle était toujours étonnée de voir que depuis la fin de la guerre, il arrivait parfois que les rôles s'inversent…

_Comme la lettre de menaces dont tu ne m'as jamais parlée ?

Ron devint écarlate et Hermione ne put s'empêcher de sourire.

_Ce n'est pas la même chose, grommela le jeune homme en enfonçant ses mains dans ses poches.

Hermione entreprit d'enfiler les vêtements apportés par Ginny, puis elle se tourna vers Ron.

_Je t'en prie, sois prudent…

Le jeune homme sourit malgré lui en hochant la tête.

_Comme toujours…

_Ron, il est vraiment dangereux, sois vraiment prudent s'il te plait, reviens moi entier, revenez entier Harry et toi…

Elle se mordillait le pouce, anxieusement, Ron lui prit la main et la serra dans la sienne.

_Je n'aime pas ça, Ron, rester derrière, ne pas vous accompagner… Il n'y a rien de pire que l'attente, ne pas savoir si vous allez bien, j'aimerais vous accompagner pour garder un œil sur vous… Comme avant…

Ron eut un petit rire.

_Hermione, je suis désolé, mais je ne regrette absolument pas « avant » ! Parce que « avant », je ne pouvais pas faire ça…

Il la prit dans ses bras et se pencha pour l'embrasser longuement… Hermione finit par avoir besoin d'air, elle sourit, mais Ron ne vit pas l'étincelle qui animait d'habitude son regard. Il l'embrassa tendrement sur le front.

_Hermione, je dois y aller… Je serai de retour très vite, et alors, nous pourrons ramener tes parents…

Elle se recula pour mieux le regarder et le détailler des pieds à la tête, comme si elle voulait graver les moindres détails de sa silhouette, de son visage, dans ses rétines. Ses multiples tâches de rousseur, sa barbe naissante, son uniforme gris sombre d'Auror avec cette veste qui lui allait si bien, son sourire… L'espace d'un instant, elle oublia la magie noire, sa cicatrice, tout, l'espace d'un instant, elle n'était plus qu'une adolescente amoureuse…

Oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooo

Ron n'aurait jamais espéré trouver les Mangemorts aussi facilement. Il n'aurait jamais imaginé que deux jours à parcourir les cavernes étroites et sinueuses qui s'enfonçaient dans la terre à quelques kilomètres à l'est d'Ystradfelte, deux jours auraient suffi à repérer leur campement, dans une galerie si large et haute de plafond qu'on avait du mal à croire qu'elle se situait sous terre.

Les funérailles de Lucinda avaient été très éprouvantes, et la détermination des Aurors à arrêter l'Héritier n'avait fait que croître.

La chance avait été de leur côté, après plusieurs heures à alterner les positions debout, allongée, à quatre pattes, selon la largeur des passages, Drago avait senti une légère douleur au niveau de la marque qui ornait son bras. Une douleur qui allait en augmentant selon les directions qu'ils prenaient. Il les avait menés jusqu'à cette galerie, mais à peine avaient-ils passés le champ de protection qu'une alarme s'était mise à résonner contre les parois rocheuses de la caverne, et les choses s'étaient ensuite enchainées très rapidement.

La bataille faisait rage. Tous les Mangemorts n'étaient pas présents, ils étaient une vingtaine, mais l'effet de surprise joua en faveur des Aurors, qui eurent rapidement l'avantage. Ron sentait l'adrénaline courir dans ses veines, son esprit était verrouillé sur un objectif et tous ses sens tendaient vers ce seul et unique but : repérer l'Héritier et le mettre hors d'état de nuire. Il aperçut vaguement Drago se battre de leur côté, cherchant certainement à sauver sa propre vie plutôt qu'à prendre part à la mission. Harry et Seamus avaient fort à faire avec des Mangemorts particulièrement combattifs. C'est alors que Ron le vit. A quelques mètres de lui, sous bonne escorte, le visage toujours dissimulé par le même masque, il disparut dans un couloir adjacent qui continuait à s'enfoncer dans la terre. Ron était comme aveuglé, il ne voyait plus que cet homme qui avait torturé Hermione, cet homme qui avait failli la lui enlever à maintes reprises. Il se mit à courir et s'engouffra à la suite de l'Héritier.

Les Mangemorts qui l'escortaient le repérèrent rapidement, et Ron se plaqua à la paroi alors que deux sortilèges fusaient dans sa direction. Le cœur battant, le sang pulsant à ses oreilles, il attendit que le bruit de course reprenne pour se précipiter à nouveau dans leur sillage. Le couloir rocheux était à peine assez haut pour qu'il se tienne debout, et la roche se faisait de plus en plus friable, de temps en temps, un petit morceau de pierre se détachait pour rouler à ses pieds.

La rage sembla imploser en lui, il accéléra sa course, il était inconcevable qu'il puisse fuir à nouveau.

_Espèce de lâche ! Reviens ! hurla-t-il, sa voix résonnant autour de lui.

De nouveaux sorts fusèrent et le frôlèrent de très près. Le passage était à présent trop étroit pour pouvoir se mettre parfaitement à couvert. Il entendit un rire démentiel, l'Héritier s'était arrêté et pointa sa baguette vers lui.

_Avada Kedavra !

Le sortilège siffla aux oreilles du jeune homme, qui brandit sa baguette et rugit.

_Confringo !

Le sort atteignit le plafond rocheux au-dessus des Mangemorts. La terre se mit à trembler sous les pieds de Ron, et les parois se mirent à s'effriter, d'énormes blocs menaçant de se détacher, et alors que Ron pointait de nouveau sa baguette sur l'Héritier, les Mangemorts hurlèrent tandis que la caverne s'effondrait sur eux, noyant le couloir d'un épais nuage de poussière et emportant leurs cris dans un effroyable chaos.

Ron recula aveuglément essayant de couvrir son nez et sa bouche, mais sa respiration devint pénible, il essaya de rebrousser chemin, suffoquant, car tout le passage menaçait de s'effondrer, mais il ne voyait plus rien, il trébucha soudain, quelque chose heurta sa tête et ce fut le noir.