Bonsoir mes petits lecteurs chéris !
Un nouveau chapitre, plein de nostalgie et d'amour, que j'ai mis du temps à écrire à cause des microbes hivernaux ! Mais mieux vaut tard que jamais !
Je voudrais vous remercier de me suivre avec autant d'enthousiasme, c'est grisant et ça fait désormais parti de mes petits bonheurs que de lire vos commentaires !
Charliee3216 : ne me dis pas que je te dois un paquet de kleenex ? :D merci de ta review !
Justine : je suis très contente de te relire ! Et faire mourir Ron, c'est IMPOSSIBLE, NO WAY ! J'y tiens à ce rouquin mine de rien !
G4 : merci de ta review, j'avoue que j'ai adoré écrire le chapitre 32 parce que cette idée à partir de la cicatrice me trottait dans la tête depuis le début et j'avais hâte de la mettre par écrit ! Je suis vraiment contente que ça ait plu et surpris !
Amandine's : Et bien moi, quand je vois que j'ai reçu des messages ou des reviews, ça me fait pareil ! :D merci de ta review, c'est adorable !
Klo-u : merci beaucoup d'avoir pris le temps de laisser un petit mot, ça fait chaud au cœur !
Kate : contente de te relire, merci de suivre ma fiction encore une fois
GinnyMarion : WAOU ! Ça c'est de la review de compétition ! Je crois que j'ai gardé un sourire béat pendant de longues heures après l'avoir lue, alors merci de tous ces compliments, merci du fond du cœur !
Light of Soul : merci, c'est super gentil, je te disais que j'étais impatiente de donner les explications, et je suis contente que ça ait eu l'effet escompté !
A toutes (tous ?), merci mille fois, que dis-je, un million de milliard de fois de prendre le temps de me laisser un petit mot, ça compte, vraiment, c'est motivant, grisant, euphorisant, bref, merci !
Bonne lecture !
_Ron ! Ron ! Vieux, tu m'entends ?
Ron grimaça. Ses paupières frémirent avant de s'ouvrir et d'apercevoir le visage d'Harry penché sur lui, comme à travers un épais brouillard. Il referma les yeux et attendit quelques instants avant de les ouvrir à nouveau, sa vue se faisant moins trouble. Harry lui sourit avec soulagement. Ron grogna et se redressa pour s'asseoir, Harry s'empressa de caler deux oreillers dans son dos, Ron le remercia avant de regarder autour de lui. Il promena son regard sur les murs propres et sans artifices de la chambre, puis sur les draps immaculés qui le recouvraient. Il avait les poumons en feu, et il porta une main à sa tête douloureuse pour constater qu'un épais bandage entourait celle-ci, la rendant pesante sur ses épaules.
_Je commence à en avoir marre de cet endroit, finit par grommeler Ron en reportant son attention sur son ami.
Harry éclata de rire mais soudain, Ron se redressa, yeux écarquillés de panique, l'air alarmé, le cœur battant.
_L'Héritier, est ce qu'il est…
Harry reprit un air grave et secoua la tête.
_Nous ne savons pas pour l'instant, Ron, une bonne partie du passage s'est effondré, nous t'avons sorti de là à temps ! Nous attendons que l'endroit soit un peu plus consolidé pour fouiller les décombres… Ron, qu'est-ce qui t'a pris de te lancer à sa poursuite seul ! Tu aurais pu y rester !
Ron s'appuya de nouveau sur ses oreillers, la mine renfrognée. Il était déçu et furieux. Il voulait avoir cette certitude, la certitude qu'il allait enfin tourner la page sur ces années de sa vie, qui avaient été à la fois les plus belles et les pires de toute son existence. Sur ces douze dernières années, il avait rencontré son meilleur ami, il avait vécu une scolarité extraordinaire en dépit des obstacles qu'il avait eu à affronter en soutenant Harry dans les prémices de son combat contre Voldemort. Et il avait rencontré Hermione, cette agaçante Je-Sais-Tout qui allait devenir très vite le centre de son monde, l'amour de sa vie, sa future épouse… Et en même temps, il avait vu des horreurs qui l'avaient changé à jamais, il avait été blessé, jaloux, terrifié, Percy leur avait tourné le dos, Dumbledore était mort, il y avait eu Ombrage, la mort de Sirius, il avait failli perdre ses meilleurs amis, il avait failli perdre sa sœur, son père, puis Bill, George, et il avait fini par perdre Fred, il avait failli perdre Hermione, l'écho de ses hurlements de douleur le hanterait à jamais… Ces années avaient été un tourbillon de rires et de larmes, de victoires et de déceptions, d'amour et de haine, de blessures et de rédemption. Elles avaient fait de lui l'homme qu'il était aujourd'hui, mais aujourd'hui, plus que jamais, il souhaitait tourner la page, mettre un point final à cette période de sa vie, pour se tourner vers une nouvelle page aux côtés de ceux qui restaient, aux côtés d'Hermione. Une page sans morts, sans souffrances, sans Mangemorts.
_Ron, il n'y a quasiment aucune chance pour qu'il soit sorti de là vivant, d'après les relevés topographiques, ce passage n'est pas répertorié mais aucune issue ne correspond à sa situation, nous avons posté des gardes à chaque petite cavité, et d'autres patrouilles à la recherche de cavités non répertoriées… Il n'aurait pas pu sortir de là sans qu'on s'en rende compte… C'est fini, Ron…
Ron regarda son ami, les commissures de ses lèvres tressautèrent et finirent par s'étirer en un immense sourire. Il refusait d'y croire, mais malgré lui, un soulagement immense courait dans ses veines, irriguant ses muscles, lui faisant soudain réaliser à quel point il avait été tendu jusqu'à présent. Harry lui rendit son sourire.
_Comment tu te sens ?
Ron haussa les épaules et grimaça de douleur. Sa blessure était mineure mais il était d'une pâleur cadavérique.
_Comme piétiné par un hippogriffe… Non, par un géant… Par un géant géant…
Harry se mit à rire mais Ron ne put s'empêcher de remarquer que son ami avait un regard soucieux. Après des années à partager le même dortoir, il savait distinguer un vrai rire d'un rire teinté de peine.
_Tu devrais sortir demain d'après le médicomage… annonça Harry.
_Ginny est là ?
_Non, elle n'est pas de garde, mais elle ne devrait pas tarder, j'ai envoyé un hibou au Terrier…
Ron hocha la tête. Hermione n'allait pas tarder non plus alors… Il revoyait son regard perdu, sa souffrance, ces mots qui étaient gravés dans sa chair à jamais, comme un rappel permanent de ce qu'elle avait vécu… Il ferma les yeux, il se rappelait leur arrivée à la Chaumière aux Coquillages, il sentait presque l'air iodé lui emplir les poumons, serrant Hermione contre lui comme s'il cherchait à lui insuffler un peu de vie à travers son étreinte… Il revoyait sans cesse son corps inerte, son visage immobile, il se revoyait la porter à travers la plage en criant, en appelant Bill, en l'implorant de la sauver… Ron ouvrit brusquement les yeux, il suffoquait et serra les poings en essayant de reprendre son souffle. Il n'avait alors jamais été aussi terrifié de toute sa vie, et ce jour-là, l'enfant qui était en lui avait définitivement cédé la place… Harry l'observait avec un air étrange.
_Elle ira bien, Ron, elle est forte, plus forte que nous…
_C'est juste que…
Ron s'arrêta, comme s'il hésitait à poursuivre. Il serra d'avantage les poings, mais Harry nota tout de même que ses mains tremblaient.
_Elle la terrorise toujours… Bellatrix je veux dire… Je sais qu'elle est morte, Harry, je le sais, mais elle la hante, et je ne sais pas quoi faire… Harry… Tu aurais vu son regard, c'était comme si elle avait appris que Bellatrix était revenue…
Soudain, Ron éclata en sanglots. Harry bondit sur ses jambes, et regarda autour de lui, affolé. Il ne s'habituerait jamais à voir Ron pleurer et se sentait incroyablement mal à l'aise quand ça arrivait. Il posa une main incertaine sur l'épaule de Ron et attendit que son ami puisse de nouveau parler.
Ron gardait la tête baissée, ses cheveux masquant son visage.
_C'est injuste, Harry, elle a tellement souffert il y a cinq ans, je lui avais juré que ça n'arriverait plus, et c'est arrivé…
Il avala sa salive avec difficulté et essuya ses larmes sans relever la tête.
_Et maintenant, cette foutue cicatrice sur son bras… Comment passer à autre chose, Harry ? Comment allons-nous faire ? Et si on n'y arrivait pas ? Et si elle ne se remettait pas… Elle était… Elle a essayé d'enlever sa cicatrice, elle s'est presque arraché la peau, mais le mot est toujours là, et elle avait cet air, cet air qu'elle avait il y a cinq ans… On avait presque tourné la page Harry, je veux l'épouser, je veux avoir des enfants, mais j'ai peur, que tout ça, ce soit juste trop, qu'on soit bloqué dans le passé…
_Ron…
Harry soupira.
_Ron, vous tournerez la page, ensemble, comme vous l'avez déjà fait, ce qu'a vécu Hermione, c'est… Il n'y a pas de mot, et je donnerais tout pour changer ça, tu le sais… Mais tu es là, vous êtes vivants tous les deux, alors oui, vous tournerez la page, et vous allez vous marier, et vous allez nous faire une bande de petits rouquins au mauvais caractère et bien trop intelligents pour leur âge…
Ron releva la tête avec un petit sourire. Harry lui sourit en retour.
_C'est fini, Ron, je sais qu'on n'a pas trouvé le corps, mais je veux croire que c'est fini…
Etait-ce réel ? Etait-ce vraiment fini ? Lorsque Voldemort était mort, sur le coup, Ron avait eu du mal à réaliser, il y avait encore trop de rage et de chagrin dans l'air, si sur le moment, il avait partagé l'allégresse générale, le lendemain matin, il s'était même levé prêt à combattre de nouveau, désorienté de ne pas savoir où en était la bataille, jusqu'à ce qu'Hermione lui rappelle les évènements de la veille… La réalité l'avait alors frappé de plein fouet… Si Voldemort était bien mort… Alors Fred aussi était bel et bien mort… Il se rappelait être tombé à genoux et avoir pleuré longtemps dans les bras d'Hermione. Jusqu'au jour des funérailles de Fred, il avait navigué dans une espèce d'épais brouillard, avec comme seul point d'ancrage, comme seul guide, comme seule lueur, la main d'Hermione dans la sienne. Elle l'avait guidé hors de son chagrin, elle l'avait ramené à la surface… Il avait alors accepté que tout fût bien fini, et il s'était à nouveau autorisé à vivre.
Mais pourtant, même si cette fois ci, il était conscient des choses, il lui semblait presque trop simple que tout s'achève comme ça… Rien n'avait jamais été simple, leur année à chasser les Horcruxes sans en connaître la forme ni le lieu en était la preuve… Avant de perdre connaissance, il avait vu le tunnel s'effondrer, il avait entendu leurs cris… Ses souvenirs étaient pourtant bel et bien réels…
_Ron, il y a quelque chose que je dois te dire…
Ron sortit de sa rêverie et retint sa respiration quand il vit l'air attristé d'Harry.
_Neville est à Sainte Mangouste…
Ron fronça les sourcils avec inquiétude.
_Il.. Il est blessé ? Mais il ne faisait pas parti de la mission…
_Ses parents sont décédés, Ron, tous les deux…
Le jeune homme eut l'impression d'avoir avalé une chape de plomb qui avait dégringolé jusqu'à son estomac et menaçait de l'entrainer à travers le sol. Il savait que les parents de Neville étaient internés à Sainte Mangouste, mais il était sous le choc.
_Ils… Ils sont jeunes… Je veux dire, ils étaient… balbutia le jeune homme, abasourdi.
Harry hocha tristement la tête.
_Tous les deux ? demanda Ron.
Harry acquiesça de nouveau. Ron déglutit en imaginant la peine de leur ami. Il avait perdu un frère, cette douleur lui était familière, il ne pouvait pas s'imaginer ce qu'on pouvait ressentir lorsque l'on perdait ses deux parents simultanément, sans finalement avoir eu la chance de vraiment les connaître…
_Mais… Mais… Que s'est-il passé ?
Harry sembla hésiter et jaugea Ron du regard. Puis, pensant que de toutes les manières, Ron l'apprendrait, il reprit la parole.
_Le… Le sortilège de l'endoloris a provoqué chez eux des dommages internes irréversibles, c'était comme si leurs organes avaient vieilli prématurément, usés par les sorts qu'ils ont subi… Leur cœur s'est juste…arrêté… Les guérisseurs avaient prévenu sa grand-mère que ça risquait d'arriver un jour ou l'autre…
Harry revoyait le visage usé d'Alice Londubat, la seule et unique fois où il l'avait vu… Ses cheveux si blancs et si fins, son air fatigué, son visage rond aux prunelles vides, au regard éteint.
Ron écarquilla des yeux horrifiés. Aussi égoïste, aussi terrible que cela puisse paraître, sa première pensée fut pour Hermione. Hermione aussi avait subi l'endoloris, tant de fois qu'elle aurait pu, qu'elle aurait dû perdre la raison, selon Bill… Elle n'avait pas voulu en parler lorsqu'ils avaient été examinés après la fin de la guerre, seul Bill et Fleur étaient au courant, puis les Weasley ensuite, mais Bill avait dit qu'elle irait bien. Ron n'avait pas osé insister, il avait voulu essayer, mais un regard de la jeune femme avait eu raison de lui. Il avait vu cette douleur encore trop présente vivre dans ses prunelles, ces fantômes qu'elle avait ignorés, car Harry avait besoin d'eux, le monde avait besoin d'eux… Des fantômes qui l'avait assaillie une fois Voldemort anéanti, encore plus puissants, comme s'ils avaient puisé des forces dans sa persistance à fermer momentanément les yeux sur eux… Elle n'était pas prête à mettre des mots sur ce qu'elle avait vécu, pas devant de parfaits inconnus tout du moins… Le Guérisseur avait été stupéfait en découvrant la cicatrice, et pourtant, il ignorait tout de l'horreur qui se cachait derrière chacune de ces lettres. Et si Bill se trompait ? Et s'il y avait d'autres blessures que celles visibles à travers ses cicatrices et ses cauchemars ? Il essaya de se raisonner pour dompter cette peur familière, cette impression qu'une main glacée enserrait brusquement son cœur, et s'efforça de se concentrer sur Neville. Il était orphelin, officiellement orphelin.
_Comment va-t-il ?
Harry soupira.
_Il… Il réagit plutôt bien… Il m'a dit qu'au moins, ses parents étaient libérés, et sans doute enfin eux-mêmes, où qu'ils soient…
Ron hocha lentement la tête. Douze ans en arrière, il devait avouer qu'il s'était sérieusement demandé si Neville n'était finalement pas un Poufsouffle… Mais depuis l'Ordre du Phénix, il avait revu son jugement, et chaque jour le prouvait, Neville était définitivement un Gryffondor…
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Hermione pressa le pas aux côtés de Ginny et des autres Weasley, dans les couloirs de Sainte Mangouste. Le courrier d'Harry était bref, il disait que Ron avait été blessé mais qu'il allait bien, et Hermione voulait le constater de ses propres yeux. Elle ne savait rien d'autre, ni sur le déroulement de la mission ni sur son issue. Son cœur battait déraisonnablement vite, Ron allait bien, elle ne devait pas céder à la panique, Ron allait bien… Ils aperçurent Harry qui sortait de la chambre de Ron.
_Harry !
Molly, le visage tendu, les traits tirés, se précipita sur lui et le serra dans ses bras avant de se précipiter sans un mot dans la chambre de Ron, suivi de près par son époux et par Ginny, qui déposa un bref baiser sur la joue du jeune homme avant d'emboiter le pas à ses parents. Hermione s'immobilisa à la hauteur de son ami.
_Harry ? Est-ce que… C'est fini ?
Elle appréhendait la réponse et le suppliait presque du regard, de ne rien dire si ce n'était pas une bonne nouvelle.
Harry hocha la tête, sans pour autant avoir l'air totalement convaincu. Hermione le sonda du regard, attendant qu'il précise sa pensée.
_Nous n'avons pas retrouvé le corps, pas encore… Mais tout laisse penser que oui, c'est fini…
La jeune femme eut le sentiment que ses pieds décollaient et qu'elle flottait à quelques centimètres du sol, alors que le poids qui pesait sur son cœur, sur sa poitrine, s'évaporait à ses mots. Elle enlaça Harry, tremblante, osant à peine y croire. Harry lui rendit son étreinte et elle finit par s'écarter.
_Alors c'est vraiment fini… murmura la jeune femme en fixant la porte de la chambre de Ron.
Harry lui prit la main et la serra. Il persistait un doute, qui ne serait pas levé tant que les fouilles n'auraient pas lieu, mais Hermione avait déjà traversé trop d'épreuves ces derniers mois, il garderait les doutes pour lui.
_Oui, Hermione…
La jeune femme eut un sourire fragile. Elle n'avait pas repris beaucoup de couleurs et elle lui apparut plus petite que jamais, et cela, plus que tout le reste, le préoccupa.
_Et cet idiot aurait pu mourir… soupira la jeune femme avec une pointe de férocité en secouant la tête.
Harry leva les yeux au ciel.
_Je crois que pour cette fois, vous êtes à égalité…
Hermione fixa Harry, offusquée. Le jeune homme haussa les sourcils avec un sourire qu'Hermione ne put s'empêcher de lui rendre.
_Tu n'as pas tort, admit la jeune femme.
_Hermione, avec Ginny, nous nous posons des questions…
Hermione fronça les sourcils, Harry semblait gêné et ne pas savoir comment poursuivre. Elle l'encouragea du regard et Harry reprit la parole.
_Nous nous demandions… Nous pensions à reporter le mariage…
Hermione écarquilla les yeux avec surprise.
_Que se passe-t-il ? Il y a quelque chose qui ne va pas entre vous ?
_Oh non, non pas du tout ! Mais nous pensions, tu sais, que tu aimerais peut être aller retrouver tes parents avant…
Hermione le dévisagea, stupéfaite. Elle sentit ses yeux s'embuer et étreignit soudain Harry.
_Oh, Harry, non, ne reportez rien, tu mérites ce bonheur et je ne veux plus attendre pour te voir épouser Ginny ! Vous le méritez tous les deux !
Harry hocha la tête avec un petit sourire. La jeune femme lui serra la main à son tour et entra dans la chambre où Ron se faisait emprisonné dans les bras de Mrs Weasley. Son regard s'illumina quand il vit la jeune femme et il s'efforça d'écarter sa mère pour tendre ses bras vers elle. Hermione le serra contre elle.
_Oh, Ron, j'ai cru… J'ai eu peur…
La vue du bandage qui entourait la tête du jeune homme lui arracha un frisson. Ron le remarqua et lui offrit un sourire rassurant.
_Ce n'est rien, plus de peur que de mal…
Mais son sourire ne cachait pas ses yeux. Il avait pleuré, elle le savait, elle le voyait, elle se mordilla la lèvre pour s'empêcher de lui poser des questions, elle attendrait qu'ils soient seuls… Elle se blottit contre lui et lui embrassa tendrement la joue. Molly serra brièvement Hermione contre elle. Elle semblait bouleversée et relativement secouée. Ginny était blême et ne disait pas un mot.
_Arthur, Ginny et moi allons voir Augusta Londubat…
Hermione fronça les sourcils.
_Elle est à Sainte Mangouste ? Que lui est-il arrivé ? Elle va bien ?
Les yeux de Molly devinrent brusquement humides, elle fut incapable de prononcer le moindre mot et ce fut Arthur qui répondit avec un air grave.
_Alice et Frank Londubat sont décédés… Neville et sa grand-mère ont reçu un hibou dans la nuit…
Hermione poussa un petit cri d'effroi en portant une main à sa bouche. Ses yeux s'emplirent de larmes et Ron resserra sa prise autour d'elle. Ginny retenait ses larmes avec grande peine, elle sortit précipitamment de la chambre. Lorsque les Weasley sortirent à sa suite, Ron prit doucement la main d'Hermione.
_Hey…
Hermione était sous le choc. Perdre ses deux parents en même temps, c'était inconcevable… Elle n'osait pas imaginer dans quel état elle serait si ses deux parents avaient été assassinés par les Mangemorts… Penser à eux était si douloureux, elle se sentait coupable, tellement coupable…
_Pauvre Neville, finit par souffler la jeune femme en essuyant ses yeux. Il n'a même pas eu la chance de les connaître…
Ron hocha la tête, l'air sombre.
_Il les avait perdus depuis longtemps… Mais là, ça rend les choses plus…réelles… poursuivit la jeune femme.
Elle demeura un instant silencieuse, puis tourna son regard vers Ron.
_C'est… C'est à cause du doloris, n'est-ce pas ?
Ron eut l'impression que les mots pour lui répondre étaient restés coincés dans sa gorge, alors il hocha de nouveau la tête, et Hermione vit la terreur dans ses yeux. Elle fuit son regard, qui était trop souvent le reflet du sien, et fixa leurs doigts entremêlés, leurs mains enlacées.
_J'ai lu… J'ai lu que le sortilège causait des dommages internes…
Elle vit Ron pâlir d'avantage et déglutir avec difficulté avant de sourire faiblement.
_Toi et tes livres…
Mais son sourire se fana et lorsqu'il s'adressa à Hermione, ce fut avec un ton si sérieux qu'elle n'osa pas l'interrompre.
_Hermione… Je voudrais que tu voies de nouveau un médicomage… Je veux être sûr que tu n'aies pas de…de lésions ou je ne sais quoi… S'il te plait, si tu ne le fais pas pour toi, fais le pour moi, s'il te plait Hermione…
La jeune femme reporta son regard sur le sien, et la supplique qu'elle pouvait lire sur son visage la fit doucement acquiescer.
_J'ai peur, confia-t-elle dans un murmure.
_Moi aussi, répondit Ron, la voix étranglée.
_Tu as pleuré…
Ce n'était pas une question, mais plutôt un constat. Les oreilles de Ron rougirent légèrement, il hocha la tête.
_Pourquoi ?
Hermione le dévisageait à présent, comme si elle essayait de lire en lui. Ron soupira en essayant de rassembler ses pensées pour exprimer ce qu'il ressentait. Il avait toujours des difficultés à mettre des mots sur ce qu'il avait mis tant d'année à réaliser…
_ Je ne sais pas vivre sans toi, je ne peux pas… Je ne veux pas, c'est impossible, juste imaginer que tu puisses…
Il se tut, incapable de poursuivre.
_Je sais… dit Hermione dans un souffle, sa lèvre inférieure tremblait
_C'est ce que tu m'as dit le jour où je t'ai dit que j'allais rejoindre les Aurors… Que tu ne pouvais pas vivre sans moi… finit par dire Ron, un petit sourire teinté de fierté sur les lèvres.
Hermione laissa échapper un petit rire.
_C'était il y a plus de quatre ans… fit-elle remarquer.
_Je ne risque pas de l'oublier, avant de me dire ça, tu m'as hurlé dessus ! répliqua le jeune homme avec un air faussement offensé.
Hermione acquiesça. Elle se rappelait de cette lettre du Ministère de la Magie qui invitait Ron et Harry à les rejoindre, elle savait qu'Harry accepterait sur le champ, mais elle espérait que Ron prendrait le temps de réfléchir, de la consulter, ils étaient un couple après tout. Mais Ron avait bondi en clamant qu'il accompagnerait Harry, et Hermione avait juste senti la peur s'infiltrer en elle dans une onde glacée.
_J'avais peur… Que tu ne reviennes pas…
Elle s'était mise en colère, le traitant d'égoïste, arguant qu'il ne pouvait pas laisser George seul dans sa boutique, qu'il ne pouvait pas laisser ses parents dans l'inquiétude, pas après ce qui était arrivé à Fred, inventant que c'était trop tôt et qu'il n'avait pas repris assez de forces, ce qui était totalement faux… Avant de sangloter dans ses mains en lui avouant à quel point elle était terrorisée à l'idée qu'il l'abandonne en risquant sa vie…
Ron l'embrassa, puis il laissa courir un doigt sur le bas de sa manche et soupira.
_Hermione, nous sommes en juillet… Il fait chaud…
La jeune femme ôta sa main de la sienne et se mit à triturer le bas de ses manches sans le regarder. Elle portait un tee-shirt manches longues, comme elle l'avait fait l'été suivant la fin de la guerre. Ce retour en arrière terrifiait Ron, ils étaient revenus de loin, et l'idée de refaire toute cette route l'effrayait, il avait peur de perdre Hermione sur le chemin cette fois ci…
_Hermione, ne fais pas ça, ne la laisse pas gagner…
La jeune femme finit par lâcher le bout de ses manches.
_Depuis quand as-tu grandi ? lui demanda-t-elle avec un sourire amusé qui lui réchauffa le cœur.
_Hé, je suis un Auror respecté ! s'indigna Ron, qui ne put s'empêcher de sourire à son tour.
_Alors c'est vraiment fini ? demanda la jeune femme en posant sa tête sur son épaule.
Ron hocha la tête. Ça devait être fini. Il avait envie d'aller fouiller les décombres de ses propres mains pour s'en assurer, mais il afficha une certitude sans failles quand il l'enlaça.
_Oui, c'est fini…
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Hermione se pelotonna d'avantage sur le canapé du Terrier en savourant la tranquillité d'une soirée chez les Weasley. Une des dernières soirées. Elle ne put s'empêcher de sourire de ravissement. Le corps n'avait pas encore été retrouvé, une autre partie du tunnel s'était effondrée, ralentissant encore le déblaiement des gravats, mais rien ne laissait penser que l'Héritier aurait pu survivre à l'effondrement, alors le Ministère avait donné son feu vert pour qu'ils puissent revenir chez eux et Hermione se languissait.
Ron leva les bras au-dessus de sa tête et s'étira avant de se pencher de nouveau sur la partie d'échec qu'il disputait avec Harry. Celui-ci fronçait les sourcils en essayant de déchiffrer le jeu de Ron, lequel affichait un air extrêmement satisfait. Dans ces moments-là, Hermione revoyait les deux adolescents qu'ils étaient quelques années en arrière, et ne pouvait s'empêcher de sourire en admirant leur complicité intacte. Ginny et George les regardaient jouer, en pouffant de rire à chaque fois qu'Harry jurait lorsqu'une de ses pièces volait en éclats. Angelina venait tout juste de repartir avec sa fille. Tous avaient assisté aux funérailles d'Alice et Frank Londubat, quelques jours auparavant, Neville avait reçu un incroyable soutien de ses amis et anciens camarades de classe. Hermione avait été admirative de voir son courage, il n'avait failli à aucun instant, et avait soutenu sa grand-mère de la manière la plus digne qui soit… « C'est dans l'ordre des choses de perdre ses parents, mais pas de perdre ses enfants » avait-il dit dans son discours et ses mots avaient trouvé un écho particulier chez les Weasley. Mrs Weasley s'était mise à sangloter en prenant la vieille dame dans ses bras.
Après une soirée pleine d'effervescence à terminer les derniers préparatifs du mariage, ils goutaient enfin à un peu de calme et de sérénité, Mrs Weasley étant montée se coucher.
La célébration avait lieu dans quelques jours, et Kingsley avait accordé à Ron et Harry deux semaines de repos. Ginny leva soudain la tête vers Hermione, l'air réjoui.
_Au fait, Hermione, tu ne m'as pas dit ce que tu avais prévu pour mon enterrement de vie de jeune fille !
La jeune femme se sentit rougir et eut l'air d'un animal pris au piège, Ginny éclata de rire.
_C'est que… J'ai regardé dans les livres que j'ai… Et j'ai trouvé plein de choses sur la cérémonie en elle-même, mais rien sur les enterrements de vie de jeune fille…
Elle avait dit ça avec une telle déception dans la voix que le rire de Ginny fut vite rejoint par celui de George et Harry. Ron ricana, moqueur.
_Hermione Granger n'a pas trouvé de réponse dans un livre, c'est un scoop !
La jeune femme le foudroya du regard.
_Oh, tais-toi Ronald !
Ron lui sourit de plus belle et se repencha sur l'échiquier pour contrer Harry.
_C'est normal, expliqua Ginny, en fait, chaque famille de sorciers a sa propre tradition, excuses moi, je croyais que tu le savais, j'aurais dû t'en parler ! Chez les Weasley, rien de très farfelu, on passe une soirée entre filles, on discute, on mange, et ça me va comme ça ! Ça se passe comment chez les Moldus ?
Hermione eut l'impression que sa peau était chauffée à blanc et était à peu près sure d'être aussi cramoisie que pouvait l'être un Weasley embarrassé. Elle referma son livre et s'éclaircit la gorge avec appréhension.
_Hum… Heu… Et bien, il y a différentes façons de faire… Hum…
Harry la regardait avec un air amusé, impatient de voir comment elle allait se sortir de cette explication. Il savait parfaitement en quoi consistait un enterrement de vie de jeune fille, ou de vie de garçon, chez les Moldus, ce qui rendait la situation hilarante à ses yeux.
_En fait, hum… Souvent, chez les Moldus, les amies de la future mariée l'emmène voir… Comment dire… Assister à un strip-tease…
Le mot était lâché. Mais Ginny et George la regardaient sans comprendre tandis qu'Harry se mordait l'intérieur des joues pour s'empêcher de rire. Ron en profita pour lui prendre une pièce avec un sourire triomphal et Harry poussa un nouveau juron.
_C'est quoi un stritptize ? demanda Ginny, intriguée.
Hermione soupira avec désespoir. Elle oubliait parfois que les Weasley avaient toujours eu une vie de sorcier, complétement ignorant du monde Moldu.
_Alors… En fait, il y a des hommes, tu vois, et ce qu'ils font, et bien, en fait… Ils se déshabillent…
_Ils se QUOI ? s'exclama Ginny, les yeux ronds comme des soucoupes.
_Ils se déshabillent… Entièrement… Devant la mariée et ses amies…
Ron releva sa tête si brusquement qu'Harry n'aurait pas été étonné d'entendre un craquement.
_ILS FONT QUOI ?
Ron avait les oreilles écarlates et semblait mécontent. Hermione déglutit, mortifiée.
_Ecoutes, ce sont des traditions Moldues, je ne les ai pas inventées… marmonna-t-elle avec empressement.
Ginny semblait soudainement pensive et Harry fronça les sourcils, plus du tout amusé.
_Mais par le caleçon de Merlin, pourquoi ils feraient ça ? s'écria Ron, stupéfait.
Hermione ferma les yeux. Jamais elle n'avait été aussi embarrassée de toute sa vie, pas même lorsqu'elle avait pris l'aspect d'un chat après avoir bu du polynectar.
_Pour qu'on les regarde… Enfin je crois… Pour être tout à fait franche, je n'ai jamais vraiment compris à quoi ça servait…
George était hilare et Ginny se mit à rire aussi en voyant l'air effaré de Ron.
_Mais, toi, tu as déjà assisté à un stripi…A ce truc, à ça ? demanda Ron, le visage soudainement plus tendu et rouge d'anticipation.
Il n'imaginait pas Hermione devant une poignée d'hommes complétement nus, et plus il essayait de se figurer la chose, plus les visages de Cormac McLaggen et de Viktor Krum surgissaient dans son esprit, le faisant frissonner de dégout.
Hermione leva les yeux au ciel.
_Pour l'amour du ciel, Ron, j'ai passé la plus grande partie de mes vacances avec vous, tu le saurais si c'était le cas !
Le jeune homme eut l'air vaguement rassuré. George riait de plus belle et dut plusieurs fois essuyer des larmes de rire.
_Ces Moldus sont complétement fous ! Du striptiz tu dis ? Quand je vais raconter ça à Lee ! Et pour les enterrements de vie de garçons, vous faites comment ?
Hermione se retint de transplaner sur le champ pour échapper à plus de questions.
_La même chose sauf que ce sont des femmes…
Ron avait à présent les yeux ronds comme des soucoupes et la bouche légèrement ouverte, George s'était arrêté de rire et avait à peu près le même air que son jeune frère. Hermione claqua la langue avec colère tandis que d'un regard, Ginny défiait Harry d'avoir l'air aussi captivé que ses frères. L'intéressé se racla la gorge et reporta son attention sur l'échiquier.
_Non mais vraiment ! s'exclama Hermione en se tournant de manière à faire face à Ginny en évitant au maximum Ron.
Le jeune homme rougit, penaud, et se tourna vers Harry, qui avait troqué son air contrit contre un air narquois. Ron lui lança un regard meurtrier et avança une pièce sur l'échiquier avec un sourire vengeur.
_Echec et mat !
Oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooo
_Tu as le trac ?
Ginny leva les yeux de son reflet dans le miroir en face d'elle, et croisa le regard ému d'Hermione. Elle eut un sourire radieux qui illumina son visage et secoua la tête.
_Je suis… Impatiente, c'est ça, impatiente, j'ai l'impression d'avoir attendu ce moment toute ma vie…
_C'est un peu le cas, répondit Hermione en riant.
Ginny pivota et s'avança au centre de la pièce, dans un nuage de tissus vaporeux et d'un blanc étincelant. Ses longs cheveux flamboyants avaient été légèrement bouclés et retombaient en cascade dans son dos.
_Tu es très belle, dit Luna en se levant de son siège et en admirant son amie.
Hermione et elle portaient les mêmes robes dans un ravissant vert d'eau. Victoire et Teddy s'avancèrent, main dans la main, menés par Fleur, qui d'une main tenait le panier contenant les pétales que les enfants allaient jeter dans l'allée, et de l'autre, maintenait son ventre proéminent.
_Je les emmène à l'entrée de la tente ! Ginny, tu es magnifique, Harry a de la chance…
Ginny se jeta dans les bras de sa belle-sœur et l'étreignit avec force. Fleur sortit de la pièce en emmenant les enfants avec elle.
Mrs Weasley entra leur annoncer que la cérémonie allait commencer. A chaque fois qu'elle regardait sa fille, elle avait les yeux qui brillaient d'émotion.
_Oh ma chérie… Ton père arrive, il va être si ému, notre petite fille, notre bébé…
Ginny, émue elle aussi, embrassa sa mère et finit par la serrer dans ses bras. Elle souffla pour évacuer l'émotion qui menaçait de déborder puis se tourna vers ses demoiselles d'honneur.
_Je vais épouser Harry ! s'exclama-t-elle soudain en bondissant en l'air.
Hermione éclata de rire.
_J'espère que tu ne viens pas juste de l'apprendre !
_Je n'aurais jamais pensé que vous pourriez vous marier un jour, Harry avait peu de chance de survivre, fit remarquer Luna d'un doux ton rêveur.
Hermione et Ginny se regardèrent, interdite, puis rirent de plus belle. Ginny ouvrit les bras et les étreignit toutes les deux. Elles restèrent un instant dans les bras les unes des autres, en silence. Elles n'avaient pas besoin de mots. En cet instant, elles pensaient aux absents, à Tonks qui aurait été si heureuse d'assister à ce mariage, de préparer son petit garçon, à Lupin qui aurait si fier de voir Harry se marier, à Fred, pour qui une chaise d'honneur avait été laissée vide, à tous leurs camarades disparus.
Elles entendaient les rires et la rumeur des conversations leur parvenir de l'extérieur. Les journalistes avaient été maintenus à distance du Terrier et comme les fouilles pour retrouver le corps de l'Héritier n'avaient pas pu reprendre, des Aurors étaient positionnés pour assurer la sécurité.
_Hum hum, le père de la mariée peut-il entrer ?
Les jeunes femmes se séparèrent et Arthur Weasley avança vers sa fille. Il était ému et Hermione ne l'avait jamais vu sourire de la sorte, pas depuis la mort de Fred.
_Ginny, ma chérie, je suis si fier de toi…
_Oh, papa…
Il la serra dans ses bras et Hermione vit une larme rouler sur sa joue.
A l'extérieur, une musique s'éleva. Au bras d'une Mrs Weasley qui ne retenait plus ses larmes, Harry s'avança dans l'allée et un silence ému se fit dans l'assemblée. Mrs Weasley était la mère qu'il n'avait pas eue, et s'il pensait très fort à ses parents, à Sirius, à Lupin et Tonks, il était heureux de remonter l'allée au bras de celle qui avait toujours pris soin de lui, même dans les pires instants, même quand la tragédie frappait sa propre famille. Arrivé à l'autel, Harry se pencha et étreignit Mrs Weasley qui l'embrassa de toutes ses forces avant de rejoindre son siège, situé entre celui de son mari et celui d'Andromeda Tonks. Harry se tourna alors vers Ron et Neville, lesquels portaient tous les deux une boutonnière vert d'eau. Ron avait l'air radieux et guettait comme Harry l'arrivée de Ginny…et d'Hermione… Au premier rang, Hagrid lui fit un clin d'œil et le professeur McGonagall avait abandonné son habituel air sévère pour un sourire de circonstance. Ron ne s'était toujours pas remis de l'avoir vue sans son éternelle robe noire, mais portant une robe rouge sombre qui avaient pris ses anciens élèves de court.
Kingsley inclina la tête vers Harry avec un sourire, Seamus était également présent, assis aux côtés de Dean Thomas et de sa jeune épouse, ainsi qu'une grande partie de leurs camarades de Poudlard, pour la grande majorité des Gryffondors. Harry et Ginny avaient volontairement omis d'inviter Lavande Brown.
Dans un « ooooh » de ravissement, Victoire et Teddy, légèrement intimidés, s'avancèrent dans l'allée, semant sur leur passage des pétales de fleurs. Harry les encouragea d'un sourire, que Teddy lui rendit au centuple, ses cheveux passant soudainement du noir au rouge. Fleur avait rejoint Bill au premier rang et ils regardaient leur fille avec un bonheur apparent.
Derrière eux, Hermione et Luna apparurent, et remontèrent l'allée d'un pas aérien. Ron se dévissa la tête et regarda, bouche bée, Hermione avancer vers eux. Elle lui adressa un sourire et Ron était comme paralysé, la dévorant des yeux.
_Fermes la bouche Ron ! lança George, provocant des éclats de rire autour de lui.
Ron leva le bras pour faire un geste grossier mais un regard de sa mère le glaça et Harry déguisa son rire en toux. Neville lui mit un coup de coude, Ron reporta son attention sur la cérémonie.
La musique changea de rythme et Ginny fit son apparition, au bras de son père. Harry sentit son cœur s'emballer et ses jambes trembler. Elle était éblouissante, simplement éblouissante. Ils remontèrent l'allée lentement, tandis que les notes de musique s'élevaient en rythme, rendant l'émotion presque palpable. Lorsqu'ils arrivèrent à son niveau, Mr Weasley lui donna une accolade.
_Nous t'aimons Harry… Nous sommes si fiers de te compter parmi nous…
Le jeune homme hocha la tête, la gorge nouée et Mrs Weasley dut sortir un mouchoir pour tamponner ses larmes. Mr Weasley prit la main de Ginny et la plaça dans celle d'Harry avec une émotion visible, puis il alla rejoindre son épouse.
_Mesdames et Messieurs, commença le sorcier chargé de célébrer le mariage.
Ron ne quittait pas Hermione des yeux, tous les deux arboraient des joues anormalement roses et se souriaient presque timidement. Si Ron avait été subjugué par l'apparition d'Hermione, la jeune femme était également séduite par Ron, qui avait fier allure dans sa robe de cérémonie.
_Nous sommes ici pour célébrer l'union de ce sorcier et de cette sorcière, par les liens magiques du mariage. De cette baguette, leur amour sera scellé, les unissant à jamais…
Harry et Ginny ne se lâchaient plus du regard, écoutant le discours du sorcier d'une oreille distraite. Jusqu'à ce que le sorcier s'adresse à eux.
_Harry James Potter, souhaitez-vous prendre Ginevra Molly Weasley comme épouse légitime, afin de l'aimer et de la chérir, dans la maladie comme dans la santé, dans le bonheur comme dans l'adversité ?
Harry hocha précipitamment la tête. Il était nerveux mais rien ne saurait surpasser le bonheur qu'il ressentait à cet instant.
_Oui, je le veux…
_Ginevra Molly Weasley, souhaitez-vous prendre Harry James Potter comme époux légitime, afin de l'aimer et de…
_OUI !... Heu, oui je veux dire… dit Ginny, les joues d'un rose soutenu.
Il y eut des rires dans l'assemblée et le vieux sorcier lui-même ne put contenir un sourire amusé.
_Alors par les pouvoirs qui me sont conféré, je vous déclare mari et femme !
Il leva sa baguette et une pluie d'étoiles argentées tomba sur les jeunes mariés, tournoyant autour d'eux, les entourant d'une aura lumineuse, avant de se dissiper.
Hermione souriait béatement, le visage inondé de larmes, et Ron semblait également sur le point de pleurer. Harry et Ginny s'enlacèrent et s'embrassèrent longuement.
Charlie et George se levèrent d'un bond et tout le monde les imita, un tonnerre d'applaudissements, de sifflements, de cris d'allégresse, s'éleva dans la tente. Lorsque les jeunes mariés se séparèrent, l'un comme l'autre avait le visage illuminé par une nouvelle lueur. Hermione pleurait de plus belle, Harry n'avait jamais eu l'air aussi heureux, pleinement heureux, sans aucune ombre cachée dans son regard. Il revenait de loin, de tellement loin que cela rendait l'instant d'autant plus magique et surréaliste. Il était finalement vivant, et heureux.
