Il y a des jours comme ça, quand l'espoir détale. Ça fait réellement du bien de l'assumer sans aucun retour. Mais également de pouvoir y faire face. C'est un triste manège qui reprend ses tours. Il n'y a plus d'espoir. Deux ans de lutte interminable entre le Capitole et les treize districts... pour voir à nouveau une défaite amère, celle qui vous brûle les entrailles, celle qui vous reste au fond de la gorge... Tant de morts, de vies dévastées, de villes brûlées et disparues, de routes détruites. Et presque tous les anciens vainqueurs exécutés, du moins ceux qui faisaient partie de la révolte, sauf quelques gagnants des districts du côté du Capitole. On savait donc une pénurie de mentors pour les Hunger Games, et on redoutait les années à venir.
Le nouveau président s'était bien gardé d'apparaitre officiellement. Mais on sait tous qu'il le fera lors de l'inauguration des premiers jeux de la Faim. Et étrangement, pour ne pas dire heureusement, il n'en avait pas modifié les règles. Aucun changement. Mais pour les premiers Hunger Games, il y en aura forcément une spéciale, comme pour les Expiations. Mais aucun bruit ne court. Le Capitole reprend ses habitudes et revit comme si rien ne s'était passé. Ils reprennent tous leurs costumes ridicules et extravants qui les caractérisent si bien. Les districts, eux, revivent dans la terreur et se résignent à survivre dans la pauvreté, chaque enfant reprenant des tessarae. Engendrant ainsi le cycle meurtrier des jeux.
Nous n'avions plus de force, plus de volonté après avoir vu la mort de nos proches. Mais d'où venait donc le feu qui s'empare de nos entrailles quand on mentionne les révoltes ? Toutes les têtes à leur origine étaient mortes. Katniss, le geai moqueur, celle qui portait tous nos espoirs, a disparu lors d'un bombardement sur un bunker du 12, Peeta lui a été capturé et torturé au sein du Capitole, avant de succomber à ses blessures. Haymitch a été exécuté, comme beaucoup d'autres, sur la place publique. Il n'a plus de survivants. Seule Enobaria et quelques vainqueurs rares du 1 et du 2 ont demeuré. Nous avions perdu nos protecteurs.
Les enfants ont, comme par hasard, miraculeusement été épargnés. Pour les Hunger Games, on avait deviné. Évidement, c'était un nouveau moyen de pression. Et cela marche très bien. Les cris résonnent toujours dans nos têtes. Les rêves n'existent plus, pas plus que l'innocence. On ne pleurait plus, à force d'avoir épuisé toutes nos larmes. Nos frères tombés dans l'oubli, les droits de l'Homme, tout cela gardait une place dans nos cœurs. Malgré la défaite. Un jour, tout rejaillera.
On a tous les mêmes rêves. On doit pouvoir changer l'histoire.
