Voilà, j'me lance premier chapitre...


Chapitre 1 :

Voilà une bonne semaine que j'étais à Dublin, j'avais eu envie de partir de ma ville natale depuis un bon moment mais n'avais pas vraiment eu le courage jusqu'à maintenant. Seulement les choses en en amenant d'autres, j'avais pris mes clics et mes clacs et était partie sur un coup de tête. Me voila donc en train de ranger mes valises dans les placards de mon humble petit appartement situé au dessus d'un petit bar qui appartenait à un homme d'une quarantaine d'année, Francis. Lui aussi était français et était partit sur un coup de tête, voulant parcourir le monde, il était tombé amoureux de cette ville et d'une femme surtout.
Ils étaient fous amoureux l'un de l'autre, même après quinze ans de mariage, je les enviais parfois, regrettant presque d'être parti loin de chez moi, loin d'eux, loin de lui. Non ! Aucune chance que je me mette à déprimer aujourd'hui, demain je commençai mon premier jour de boulot, j'étais ravie d'être ici, loin des soucis, recommencer une vie, même pour un an…je voulais juste profiter de cette opportunité de rencontrer de nouveaux visages, de perfectionner mon anglais, d'oublier…
« Pfff… », bon tout cela partait mal, je n'avais pas du tout envie de commencer à trop réfléchir et de me mettre à pleurnicher parce que j'étais seule dans une ville inconnue…stop, stop, stop…
Je terminai de ranger les quelques affaires qui trainaient encore dans mes valises et partit prendre une douche bien chaude, parce qu'il était clair que je n'avais pas choisi la ville la plus réputée question température exotique. Le temps était peut-être même plus déprimant encore que Strasbourg, mais au moins j'appréciai d'autant plus mes vacances au soleil-rarissime soit dit en passant- que je prenais. Je séchai mes cheveux avec ma serviette déjà bien humide et enfilai des sous-vêtements pris au hasard dans le tiroir avant d'enfiler un jean délavé, un sweat et mes converses blanches…bien loin de la fille tendance de 22 ans que j'étais à Strasbourg, mais ici au moins, pas besoin de se donner un genre à longueur de temps. Non bon, j'étais de mauvaise foi, j'adorai la mode, les chaussures, faire du shopping pendant des heures et revenir chez moi chargée comme un mulet, rien que pour le plaisir de me plaindre que je n'ai plus de place dans mes placards…mais pouvoir se la couler douce dans des fringues larges, c'était comme de donner un morceau de chocolat à une boulimique en crise privée depuis des mois…une li-bé-ra-tion !
Je repassai tout de même par la salle de bain pour me maquiller un peu, oui on se la coule douce mais avec un minimum de classe…hum.
Je descendais rapidement les escaliers, arrivant directement dans le hall d'entrée du bâtiment qui relié mon studio et l'arrière du bar. Passant, par la réserve j'arrivai derrière le comptoir du bar, Francis était accroupi, rangeant quelques bouteilles.

« Bonjour ! ». Surpris, il se cogna la tête contre le rebord du comptoir et se frotta vigoureusement le haut du crâne.

« Désolée ! ».

« Bonjour terreur ! Que fais-tu derrière ce bar ? Tu ne commence que demain !! ».

« Je n'ai rien à faire en haut, alors je venais voir si vous aviez besoin de mon aide… ».

« Tutut…J'me sens vieux là…Tutoiement par pitié… ». Je rigolai à ses grimaces censées me montrer à quel point il était ridé, en vérité, pour son âge, il était tout à fait attirant. Ses cheveux poivre et sel avait un effet « j'ai quarante ans mais ma vie sexuelle est au plus haut » qui lui donnait un charme évident et c'était sans compter ses yeux gris rieurs qui vous transperçaient. Il faisait bien trois têtes de plus que moi, sachant que je ne mesurai qu'un pauvre mètre soixante-quatre. En fait, à bien le regarder, il avait un air de George Clooney, pas étonnant qu'il était marié à un ex mannequin dans ce contexte.

« d'accord, d'accord…alors besoin d'aide ? ».

« En fait, sans vouloir abuser de ta gentillesse oui…j'ai pris du retard sur le rangement des caisses pour ce soir et j'ai rendez-vous chez le médecin… ».

« Quelque chose ne va pas ? ».

« Non simple visite de routine, pour rassurer ma petite femme… », rigola-t-il, il avait beau avoir une carrure de déménageur, il était clair que Mélinda le menait par le bout du nez, je n'étais pas ici depuis longtemps et j'avais de suite remarquer qui portait la culotte dans leur couple, je trouvai ça très drôle d'ailleurs, surtout quand on voyait la maitresse de maison.

« Pas de problème, j'men charge…je fais les caisses qui sont ici ? ». dis-je en désignant la demi douzaine de caisses qui trônaient derrière lui.

« Oui, et si tu pouvais ranger les verres du lave-vaisselle, tu serais l'héroïne du jour ! ».

« OK, pas de soucis…j'm'en occupe ! ».

« tu es un ange ! », Francis sortit de derrière le comptoir en emportant son manteau et se dirigea vers la porte d'entrée et tandis qu'il l'ouvrit, il se tourna vers moi tout souriant.

« J'suis très content de t'avoir ici, entendre du français est…merveilleux et tu es une perle ! A plus tard ! ».

« Tout le plaisir est pour moi, vraiment ! Bye ! ». Je secouai la tête amusée, ça ne faisait que sept petits jours que j'étais ici et pourtant j'avais le sentiment que cela faisait des mois, j'étais déjà un peu chez moi. Et malgré mes coups de cafards assez répétés, je me plaisais réellement ici.
J'allumai la chaine hifi derrière moi et montai le son suffisamment fort pour me perdre totalement dans le rythme de la musique puis m'activai pour tout ranger correctement avant le retour de mon patron.

Mine de rien, tout ça m'avait pris deux bonnes heures et j'étais comme qui dirait…sur les rotules. Me servant un coca, Melinda et Francis arrivèrent en même temps que je m'installai sur un tabouret avec le journal du jour.
« Dis moi que tu as eu le temps de tout faire ? ». Me demanda-t-il presque désespéré, j'hésitai un instant à le faire marcher mais son regard de cocker m'en dissuada instantanément, il semblait particulièrement stressé par le temps aujourd'hui, pas la peine d'en rajouter.

« Absolument Chef, tout est en ordre, prêt pour l'ouverture ! », dis-je au garde à vous, un léger sourire sur le lèvres.

« Fantastique ! ».

« Qu'y a-t-il de si important ce soir pour que tu sois si…stressé ? ».Melinda éclata de rire à ma question, c'était une belle femme d'une quarantaine d'années comme son mari mais semblait en faire beaucoup moins. Elle était plus grande que moi et d'une taille fine, elle n'avait rien perdu de l'époque où elle était mannequin, se déplaçant toujours avec beaucoup de grâce et ses cheveux roux et bouclés entourant son visage lui donnaient un air enfantin, elle avait les yeux d'un vert très clair et les quelques tâches de rousseur sur son visage me rappeler l'espiègle Fifi bras d'acier. Elle semblait toujours heureuse, comme si rien au monde ne pourrait ébranler sa bonne humeur et cet état était toujours décuplé quand Francis était là…vraiment ces deux là pourraient donner envie à n'importe quel réticent envers l'engagement durable.

« Y'a foot ma p'tite !! Tous le quartier sera là…il faut qu'on soit au top ! ».

« Suis-je réquisitionnée ? ».

« Si tu n'es pas contre… ».

« Chouette ! Je n'avais pas du tout envie de rester à la maison à regarder la télévision… ». Francis regarda sa femme les sourcils levés et sourit à mon enthousiasme non feint.

« Tu te rends compte…on est samedi soir, et elle est pressée de travailler…du jamais vu ! ».

« C'est surtout que pour l'instant, elle n'a rien d'autre à faire…attends un peu qu'elle rencontre un beau garçon ! », dit-elle en me faisant un clin d'œil, inutile de lui dire que j'avais l'intention d'éviter toute personne de sexe masculin susceptible de me plaire…de un, je n'étais pas venu pour ça –voilà pour le côté rabat joie- et de deux, je n'avais pas du tout envie de prendre le risque d'avoir un quelconque sentiment autre que de l'amitié…j'avais assez souffert pour les dix prochaines années au moins…et puis, je n'étais ici que pour une toute petite année, ne pas tenter le diable était le mot d'ordre.
Je lui souris donc avec un clin d'œil, faisant mine d'être complice pour la rendre heureuse et surtout pour m'éviter des heures d'investigations sur le pourquoi du comment de mon attitude si aigrie envers l'amour…

Il devait bien être plus de trois heures du matin quand je plongeai enfin sous les couvertures-froides- de mon lit douillet. La soirée avait été forte en émotion, surtout pour moi d'ailleurs et on avait eu beaucoup de choses à nettoyer et ranger à la fermeture. Sans oublier les dizaines de mecs plus craquants les uns que les autres qui avaient défilés pendant la soirée, Mélinda qui me lançait des œillades pour que je me lance dès qu'un type me souriait un peu trop longtemps. Les Irlandais étaient définitivement très beaux, cette année censée être salvatrice allait être un véritable calvaire pour mes hormones et…pour mes oreilles. Avec une patronne comme Mel, il était clair que j'allai passer mes journées à m'entendre me demander pourquoi j'étais venu ici et pourquoi elle avait tant besoin de me voir avec un de ces footballeurs, intellos ou je ne sais quoi d'autres trucs sexy…
Plongeant mon visage dans mes coussins, je me laissai glisser doucement dans les bras de Morphée, rêvant d'un monde sans mâles pour vous tenter…pitoyable !


Un peu court, je sais...mais c'est difficile de couper au bon moment...donc c'était là...lol
Qu'est ce que vous en pensez? Evidement pour l'instant pas trop d'avis à avoir...mais sait-on jamais xD