Bon bon bon...allez je poste les chapitres que j'ai eu le temps d'écrire...m'oubliez pas hein...une tite review que je sache ce que vous en pensez!


Chapitre 4 :

« Miaou ! ». Putain, mon agresseur était noir et blanc ; des yeux dorés perçants avec de la moustache…non pas une vache…plus petit.

« Connard de chat !!! ». Mon cœur battait si fort qu'une frayeur de plus le ferait probablement sortir de ma cage thoracique. Moi stressée ? Pas du tout…hum, trop de samedi soirs à mater Les Experts, oui.
J'agitai les mains devant lui pour le faire déguerpir mais il ne semblait même pas ébranlé par mes gesticulations qui auraient pu tout aussi bien annoncer l'apocalypse. Il m'observa un instant avant de sauter dans la benne, j'avais subitement envie de refermer le couvercle sur sa gueule mais mon amour des bêtes m'en empêcha au dernier moment.
J'inspectai une dernière fois les alentours au cas où se fusse une fausse alerte et que mon véritable ravisseur s'était rapproché pour se jeter sur moi quand la seule lampe de la rue qui se trouvait au dessus de la porte derrière moi éclata, me laissant dans le noir quasi-total. Je ne voyais rien à trois mètres et un vent glacial me rappela que je ne portai qu'un petit pull en lin. Je frissonnai et croisa les bras sur moi, cherchant toujours à savoir ce qui me préoccupai dans l'ambiance de cette impasse.

« Y'a quelqu'un ? ». Je devenais ridicule, secouant la tête résignée à l'idée que j'étais d'une débilité déconcertante, je me tournai vers la porte et empoignai la poignée quand une main agrippa mon épaule. Sursautant, je me tournai rapidement en émettant un cri de souris et me retrouvai face à un type dont je ne distinguai pas du tout le visage, il devait bien faire une tête de plus que moi et d'après ce que je voyais, je n'avais aucune chance face à lui.

« Désolé…je ne voulais pas vous faire peur… ». Il recula de quelques pas et se racla la gorge en se grattant le front.

« Ca va, je peux vous aider ? ».

« Je suis passé tout à l'heure prendre un café et j'ai oublié ma sacoche…en revenant, je vous ai vu ici, je ne voulais pas vous effrayer… ».

« D'accord, j'vais aller la chercher…bougez pas. ». Je rentrai et couru jusque dans le pub, lumière allumée, je retournai à la place de celui que j'avais reconnu comme étant le mec complètement déprimé à qui j'avais proposé une oreille attentive plus tôt dans la soirée. Effectivement, une sacoche trônait sous le tabouret, la ramassant vite fais, je reparti directement vers la sortie, éteignant tout derrière moi. Je passai la porte, cherchant du regard l'homme, qui vraisemblablement avait disparu. Je l'appelai deux ou trois fois quand il apparu de nulle part.

« Merci, mademoiselle…bonne soirée à vous. ».

« J'vous en prie…bonne soirée, au revoir. ». Je le regardai quelques secondes s'éloigner puis rentrai vite chez moi en m'enfermant à double tour.

Ce matin, le réveil fût particulièrement difficile, j'avais mis un temps fou à m'endormir à trop penser aux derniers jours qui étaient passés. Francis avait trouvé le chat qui m'avait fait peur mort à côté de la poubelle, deux jours plus tard en sortant les poubelles. Quelque chose l'avait mordu, probablement un renard et il était clair que j'avais échappé à une sacrée blessure de guerre et probablement à une maladie ou deux.
Je m'assis au bord du lit en me frottant le visage et regardai une dernière fois le réveil, juste au cas où j'avais mal lu et qu'il me restait encore une ou deux heures à tirer…non, dommage. Sans une once de motivation, je pris une douche pour me réveiller complètement puis restais face à mon miroir, fixant mon reflet. J'avais de longs cheveux noirs, pas naturels certes mais qui donnaient un effet dangereux à mon visage, dû à ma peau blanche. De jolis yeux en amande qui en auraient rendu jalouses plus d'une, s'ils n'étaient pas d'un brun des plus banals. Ma lèvre inférieure était plus épaisse que la supérieure et elles étaient naturellement rosies. J'avais de jolies pommettes, les joues légèrement creuses et un petit menton…je me trouvais relativement jolie, selon les jours comme toute fille qui se respecte. Pour le reste, je n'avais pas un corps d'athlète mais je n'étais pas à plaindre non plus, avec mon mètre soixante-quatre et mes cinquante kilos. Je rabattais mes cheveux avec un serre tête et commençais à me maquiller puis me sécher les cheveux soigneusement, pas la peine de tomber malade.
J'enfilai ensuite un jean destroy, un débardeur et un pull tunisien légèrement rehaussé par une ceinture double en cuir et mis mes talons. Peut-être que j'aurai dû mettre un vieux jogging pourri et ne pas me laver, le proviseur du lycée changerait d'avis quant à ma place dans le corps enseignant et je serai tranquille…Pff comme si je pouvais faire un coup aussi bas à Francis…arf.
Je pris mon manteau et ma besace et filai rapidement vers le lycée avant d'être en retard à force de repousser l'inévitable.

« Bonjour…j'ai rendez-vous avec monsieur Perreton, pour les cours de français avec les Terminales. ». Dis-je à une dame qui devait bien avoir soixante ans mais dont le sourire qu'elle me lançait actuellement ne faisait que la rajeunir.

« Bien sûr, les autres sont déjà arrivés, suivez moi… ». Je passai derrière le comptoir du bureau d'administration et la suivi dans le couloir sur quelques mètres avant qu'elle ne s'arrête à une porte et entre sans frapper.

« Bien, vous êtes au complet, monsieur Perreton vous rejoindra dans cinq petites minutes. ». Nous acquiesçâmes tous les trois et je m'installai à côté du type qui se trouvait le plus proche de la porte. Je lui souris et les saluèrent très discrètement avant d'enlever mon manteau, il faisait une chaleur étouffante…qu'est ce que je vous disais, un Enfer.

« Bonjour jeunes gens, merci d'être venus…avec une aussi plaisante ponctualité. ». Dit l'homme qui venait d'entrer et qui s'installait en face de nous, si je n'étais pas certaine d'avoir 22 ans et qu'il soit le proviseur, je me serai cru en cours…Eurk.

« Bien, donc je suis monsieur Perreton, vous vous en doutez et si je vous ai fais venir aujourd'hui, c'est simplement pour que vous signez quelques papiers, pour vous donner les horaires de vos cours et aussi pour répondre à d'éventuelles questions… ». Demandant qui était qui, il donna les feuilles qui nous étaient destinées selon les classes qui nous avaient été assigné.

« Ah mademoiselle Vesal, je voulais particulièrement vous remercier pour l'aide que vous nous apporter…vous nous sauvez vraiment la mise. ».

« Ce n'est rien vraiment, j'espère juste que je serai à la hauteur de vos espérances… ». Ou pas en fait, si je faisais suffisamment de la merde avec ses élèves peut-être qu'il me demanderait de ne plus revenir…

« Ne vous inquiétez pas…ils ne sont pas si terribles, je vous ai donné les classes les plus dociles d'après moi. ». J'acquiesçai et retournai m'asseoir, encore raté…

« Alors dites moi…avez-vous des questions ? ». Je regardai mes deux compatriotes qui ne semblaient pas très à l'aise, étaient ils aussi angoissés que moi ?

« Je voulais savoir si vous attendiez des rapports et s'il y avait un certain nombre de sujet ou un programme que l'on devait suivre en particulier… ». Hum, bonne question miss, je scrutai du coin de l'œil la fille qui venait de poser la question, sa jambe tapait frénétiquement le sol et si l'on avait encore un doute sur le degré de stresse qui émanait d'elle, le fait qu'elle se ronge l'ongle et peut-être même son pouce, ne le permettait plus.

« Alors des rapports non, ce sont les professeurs de langues qui me les feront, en revanche vous pouvez faire un compte rendu ou une appréciation pour eux, ça les aidera pour les évaluations…autrement aucune contrainte niveau programme en ce qui vous concerne…voyez ces cours comme des heures de permanence pour les élèves…vous êtes là pour les aider. ».

« Ok, donc pas de devoirs… ». dis-je surtout pour moi-même, soulagée de savoir que je n'allais pas être détestée par une quarantaine d'élèves en mal de sensations fortes.

« Oh rien ne vous en empêche mais sans exagérer…le travail à la maison est un très bon exercice…je le recommande vigoureusement ! ». Il rigolait comme si cela pouvait être une réelle plaisanterie et moi je riais jaune…obligée de donner des devoirs car il était clair que les deux autres avaient bien l'intention d'en donner et que je ne voulais pas non plus être détestée de mes collègues parce que « j'étais beaucoup plus sympathique qu'eux… ». J'étais pathétique.

Nous discutâmes encore un peu des derniers détails à savoir à propos du lycée et je quittai enfin cette fournaise pour retrouver l'air frais dans la cours du lycée, au moment de la récréation. Je me souvenais alors comme j'étais insouciante à cette époque, à quel point je ne me rendais pas compte que j'étais en train de tout rater, de tout détruire. Je me remémorai ma dépression et ma rencontre avec Lui, comment il m'avait sauvé de moi-même. Ce n'était ni le moment, ni le lieu pour pleurer, je devais chasser ces idées noires qui emplissaient ma tête par vague. Une foule de jeunes étaient posée par groupe un peu partout et quelques uns me lançaient des œillades vraiment pas discrètes, non mais chéris, je ne suis pas une nouvelle élève et j'espère pour vous que vous n'êtes pas les miens. Souriant à ma tirade intérieure, je mis mes écouteurs et allumai mon Ipod avant de quitter presque trop rapidement cet endroit.