Chapitre 6 :

POV EDWARD

A peine un mois était passé depuis la rentrée des classes et j'en avais déjà assez. Commencer au lycée avait l'avantage que l'on pouvait rester plus longtemps au même endroit mais depuis le jour où ils ont eu cette idée de génie avec leur expérience totalement insensée, rien ne marchait comme on le voulait. A tel point qu'il avait fallu que ma famille se sépare pendant quelques années, bien sûr nous avons l'éternité, mais cela faisait souffrir celle que je considérais comme ma mère, et j'avais du mal à le supporter.
Je me dirigeai vers mon prochain cours, Français, apparemment ils faisaient venir des étudiants étrangers pour nous aider à apprendre la langue, une façon plus sympathique d'acquérir un certain niveau, je trouvais ça intéressant dans la mesure où l'étudiant avait quelque chose d'attrayant…j'étais impatient de voir mon professeur. J'entrai donc dans la salle, presque tous les élèves étaient installés quand je remarquai la jeune femme assise au bureau, elle cherchait je ne sais quoi dans son sac, ses longs cheveux noirs couvraient son visage mais je sentais déjà son parfum de là où je me trouvais et il était envoûtant. Une odeur exquise et appétissante comme un bon vin qui laisserait échapper au fil du temps différents goûts dans votre bouche, elle était une douce promesse aux délices des saveurs. Ne voulant pas trop me faire remarquer, je me dépêchai d'aller m'asseoir au fond de la salle, remarquant au passage qu'elle s'était attachée les cheveux, dégageant sa nuque comme si elle m'invitait à la déguster. Je remerciai alors mon père d'avoir ramené du sang la veille, j'étais suffisamment repu pour ne pas trop me laisser distraire par son essence.

« Bonjour, je m'appelle Jennifer et je serai votre professeur de français pour les prochains mois à venir…Tout à l'heure certains parmi vous m'ont dis bonjour madame…c'est gentil mais j'ai vingt-deux ans…alors vous me tutoyez et on s'entendra bien… ». Elle avait de l'humour mais si les autres ne le voyaient pas, moi je sentais en revanche que c'était une façon pour elle d'évacuer son stresse, il est vrai que se retrouver face à une vingtaine d'élèves à peine plus jeune que vous, n'était pas fait pour vous mettre à l'aise d'emblé.

« Bon, faites passer la liste et signez à côté de votre nom comme ça je verrai si tous le monde est là…Alors que les choses soient claires…Si je parle trop vite, vous me le dites tout de suite et je répéterai. Si un mot vous dérange, je l'écris au tableau mais vous le chercherez vous-même dans le dictionnaire. Pendant les cours, je voudrais que vous parliez beaucoup…même si c'est pour me dire ce que vous avez mangé ce matin… ».
Elle semblait prendre un peu ses marques, elle avait eu de la chance d'ailleurs, cette classe n'était pas la plus difficile, tous ici souhaitaient apprendre la langue et certains d'autant plus depuis qu'ils avaient regardé Jennifer. Leurs pensées grouillaient tellement de plans plus idiots les uns que les autres pour attirer son attention que j'avais du mal à faire le tri dans ma tête pour entendre cette voix que je venais de découvrir.

« Bien, bien je vois qu'on est motivés…encore mieux si vous l'êtes en français….Vous pourrez me rendre des devoirs, une traduction, une chanson ou comment votre chien a dévoré les pantoufles de votre père…peu importe et cela quand vous le souhaitez…ce n'est pas obligatoire, mais je le mentionnerai à votre professeur donc à vous de voir. Evidement, si vous pouviez être indulgents et ne pas abuser sur le nombre de pages…je n'aime pas les devoirs. ». Nos regards venaient de se croiser pour la première fois depuis le début du cours et j'eu du mal à décrocher pour signer la feuille de présence. Je me levai pour la lui ramener alors que je remarquai son trouble au fur et à mesure que la distance entre nous s'amoindrissait, quelque chose dans ses yeux m'intimaient qu'elle me détaillait soigneusement. Mais quoi de plus normal dans ma condition, ma nature faisait que tout chez moi était attirant. L'être humain ne pouvait s'empêcher de me trouver magnifique, tout en moi a été conçu pour être irrésistible, ma voix, mon visage, et même mon odeur. Arrivé à sa hauteur, je me raidissais…ses yeux en amande si expressifs m'avaient presque fait oublier que son parfum était un doux supplice pour mes sens.


« Mademoiselle ? Est-ce qu'on aura des contrôles avec vous ? ». J'étais retourné à ma place et continuai à essayer d'entendre sa voix mais plus l'heure passait et plus je me posai une question…où étaient ses pensées ?

« Pas de contrôles non, j'aurai assez de boulots avec vos devoirs maison…pas besoin d'en rajouter…bien j'aimerai que l'un après l'autre vous me parliez de vous, votre prénom, votre âge, ce que vous aimez…enfin ce que vous avez envie que je sache….tout ça en français, cela va sans dire. ». Elle fît signe à Sophia de se présenter en première.

« Mon nom est Sophia Berbs, j'ai 17 ans. Je fais de l'équitation et j'aimerai faire mes études universitaires aux Etats-Unis…voilà. ».

« Très bien, c'était parfait…très bon accent. ». « Ah, elle a aimé mon accent, j'me suis tellement entrainée, ça a fini par payer…quand maman va savoir ça… ». Sophia était vraiment une fille impressionnante, son seul et unique but était de réussir ses études et que ses parents soient fière d'elle. Jamais une pensée négative, rarement de mauvaises pensées envers les gens, oui c'était une humaine après tous, ils avaient tous leurs faiblesses. Mais j'appréciai l'entendre contrairement à d'autres…

« Moi, je m'appelle David Lee, j'ai 18 ans et je vis en Irlande depuis l'âge de 6 ans. J'aime faire de la moto et les mangas…ah et je suis célibataire. ». Un léger sourire en coin sur les lèvres, elle secouait la tête négativement et soudain je me sentais démuni face à elle. Je n'arrivais pas à lire ses pensées et je ne comprenais pas pourquoi, mon don ne semblait pas défaillant au vu des pensées bruyantes de ce crétin de David.
Chaque élève parlait de lui en quelques phrases et certains n'oubliaient pas de dire tout haut ce qu'ils pensaient tout bas…enfin presque.

« Elle est trop sexy…c'est pas possible d'avoir une prof pareille… ».
« J'en ai marre, c'est quand que ça sonne… ».
« Faut que je change de tampons…elle me laissera jamais sortir de la salle. ».
« Putain…elle a des trop beaux cheveux, connasse… ».


« Je m'appelle Edward Cullen, j'ai 17 ans et je suis en Irlande depuis l'année dernière. J'envisage de faire des études en Littérature anglaise et je lis énormément… ». Mon tour était arrivé assez rapidement, et je voyais que Jennifer avait eu la réaction à laquelle je m'attendais. Elle les avait lu, elle avait fait un lien, c'était évident…foutu Volturi.

« Oui, ça nous a tous surpris la première fois qu'on l'a vu…c'est une sacrée coïncidence vous ne trouvez pas ? ». Je crois qu'à ce moment précis, j'aurai tout donné pour savoir à quoi elle pensait, don, force, vitesse, immortalité…Ne pas savoir était insupportable, ces dernières décennies, je m'étais trop reposé sur mon don…je n'étais même pas capable de savoir à quoi pensait une jeune femme de 22 ans. Et c'était peut-être dangereux pour ma famille et moi, peut-être allait-il falloir que nous déménagions encore, notre secret ne pouvait être dévoilé.

« Mais bon, après tous ce n'est qu'un nom…et il ne ressemble pas vraiment à un vampire…ni lui, ni sa sœur d'ailleurs. ». Les autres continuaient à parler de ma famille et sans le savoir, ils nous protégeaient du monde extérieur…c'était assez ironique quand on y pensait, être protégé par ce qui se trouvait être votre repas. Alors je me décidais à répéter la phrase que je disais à chaque fois que le sujet revenait sur le tapis, une explication ridicule que les humains semblaient accepter très facilement.

« En fait, nous vivions en Arizona il y a quelques années…peut-être que l'auteur s'est inspiré de ma famille… ». Elle leva les sourcils, surprise par mon intervention puis les fronça comme si le fait que je donne une explication ne fasse que titiller sa curiosité, pourquoi j'avais l'impression de me planter complètement avec elle ?Elle s'empressa de nous faire réunir en groupe pour que nous discutions de tout et de n'importe quoi ensemble. Elle ne voulait pas qu'on voit à quel point cette histoire l'intriguait, elle ne cherchait pas à creuser, je l'en remerciai pour ça…mais je la soupçonnai tout de même d'aller fouiner plus tard, je n'avais plus qu'à la surveiller de près…fantastique.
La sonnerie retentit, nous libérant du cours et tous le monde s'empressait de ranger ses affaires.

« N'oubliez pas…ramenez moi un devoir lundi prochain, vous pouvez aussi me le déposer dans mon casier durant la semaine, ce que je préférerai même à la limite, nous pourrons alors travailler à partir de ce que vous m'aurez rendu. ». Ils sortirent tous alors que je prenais mon temps pour fermer mon sac avant de rejoindre mon professeur à son bureau, elle ne semblait même pas remarquer ma présence.

« As-tu aimé la saga de Stephenie Meyer ? ». Ma question la fît sursauter et son cœur se mit à battre frénétiquement quand son regard se posa sur moi, pourquoi avait-elle une réaction si excessive ? J'avais pourtant pris une voix clair et calme…d'ailleurs, elle ne répondit pas immédiatement, la question l'avait surprise.

« Je…oui, même si je ne supporte pas les réactions de Bella, je trouve Edward un peu trop pleurnichard mais terriblement sexy quand il est jaloux. L'histoire fait penser à un roman d'une frustrée sexuellement mais ça se lit…pourquoi ? ». Si je m'attendais à ça…toutes les filles à qui j'avais posé cette question, m'avaient fait un éloge inconsidéré sur mon alter égo, vouaient un culte à…Bella Swan et criaient à qui voulait l'entendre que la saga était la sainte Bible des histoires d'amour. Mais pas elle, non elle avait descendu les bouquins en quelques secondes, j'adorai cette fille, je voulais la connaitre…c'était inévitable.

« J'aime savoir ce que les gens en ont pensé…après tout, il s'agit de l'histoire de ma famille… ». Peut-être que cette phrase était de trop…mais avec les années, on remarquait que plus on exagérait les choses, moins les humains pensaient les choses possibles…m'enfin avec elle, mieux valait être prudent. Rigolant à l'unisson, nous sortîmes de la salle et je l'abandonnai pour mon prochain cours, l'un des plus ennuyeux à mon sens…EPS.