Djianara : Voila la suite, en espérant que ça te plaise toujours :-D



Chapitre 8 :

« Jenn' t'es prête ? On va être en retard !!! ». Cela devait bien être la dixième fois que Francis me suppliait de me dépêcher alors qu'il n'était que 13h00.

« Oui, oui une seconde…on a le temps, calme toi ! ». Dis-je en fermant la porte de mon appartement derrière moi.

« Mais pourquoi je lui ai proposé de la déposer chez Charlène moi… ».

« Mon cœur, tu l'as fais parce que tu adores cette petite et puis elle a raison…vous avez largement le temps… ». Mélinda caressait la joue de son mari en lui souriant, elle garderait le pub ouvert cette après-midi, pour que Francis et moi puissions aller au match où Thomas jouait dans quelques heures.
Je les rejoignais près de l'entrée en faisant un tour sur moi-même pour montrer le gilet de l'université que Charlène m'avait supplié de porter. J'avais ondulé mes cheveux et m'étais légèrement maquillée pour un effet naturel. Avec ma robe grise-crème et mes jambières en laine, j'avais un style adorable, comme la petite copine d'un joueur de foot en fait…sauf que…j'étais seule. J'hésitai un instant à y aller comme ça pour le coup.
« Tu es magnifique ! ». Dirent-ils à l'unisson alors que Francis m'attrapait la main pour me tirer dehors.

« A plus tard Meli !! ». Criai-je derrière moi alors qu'elle me saluait de la main.

Comme prévu, j'arrivai chez Charlène en avance quand Francis m'y avait jeté, jeté étant la description la plus précise que je pouvais donné à comment il m'y avait déposé, me laissant à peine le temps de descendre de la voiture, tant il était pressé de rejoindre ses amis. Ces matchs rendaient les gens complètement hystériques, je trouvais ça ridicule mais me ravisait bien de le dire à voix haute. Je n'étais pas encore suicidaire au point de dire ce que je pensais de ce genre d'engouement pour des types qui courent après un ballon pendant une heure et demie.
En y pensant, j'avais même eu de la chance que mon patron accepte de me déposer devant le bâtiment où vivaient Charlène et Judith, puisqu'il se trouvait à l' opposer du terrain sur le campus.
J'entrai donc dans le hall et montai au deuxième étage, comme me l'avait indiqué Judith la veille au téléphone et traversai la moitié du couloir avant d'arriver devant la bonne porte : 35B. Au moment de toquer, la porte s'ouvrit et mon poing rencontra le front de Judith.
« oh désolée !...ça sonne creux ! ». Rigolai-je encore surprise d'avoir frapper, non sans un peu de force, le crâne de mon amie.

« Ouche ! Très drôle !!T'es déjà là toi ? Entre, entre…Charlène est dans la salle de bain…je reviens. ».

« Ok ! ». Je me dirigeai vers la salle de bain, où la porte était grande ouverte, me laissant entrevoir Charlène en soutien-gorge, en train de se mettre du mascara.

« Ah ben t'es là, cool ! ». Elle me regardait alors que la brosse du mascara s'affairait sur son œil, elle portait un slim foncé à l'effet jean détruit et de très jolis escarpins jaunes pales…rappelant les couleurs de l'université.

« Oui, figure toi que Francis était tellement pressé qu'il m'a réveillé ce matin à 9h00 pour être sûr que je serai prête à l'heure et il est reparti si vite quand on est arrivé ici, que j'ai failli perdre un bras en sortant de la voiture… ». Lui racontai-je grimaçant au passage en repensant comme mon réveil avait été difficile. J'avais travaillé la veille au soir et pensant que j'aurai le temps de dormir le lendemain matin, j'avais trainé un peu sur les devoirs que mes Terminales m'avaient donné.

« AHAHAH ! Sacré tonton…il ne rate jamais un match de Thomas, il considère les jumeaux comme ses enfants… ».

« Ouais, c'est un super tonton ! ». Rigolait Judith qui était revenue de je-ne-sais-où, elle portait une jupe en jeans et le sweat du lycée avec des ballerines, au moins je ne serai pas la seule en jupe, j'étais rassurée. Marquant les lettres de l'université sur ses joues, elle chantonnait un air qui m'était resté jusqu'à ce que nous arrivions au terrain de foot.

Charlène et moi cherchions des places dans l'estrade pendant que Judith et Frédérique se cherchaient des boissons, je remarquai alors un couple, assis deux rangés derrière nous, qui ne m'était pas indifférent du tout. Jasper Hale et Alice Cullen, mon dieu ! La ressemblance était aussi frappante que pour le frère de cette dernière et d'ailleurs en parlant du loup, il venait de s'installer à côté d'elle quand mes yeux croisèrent ceux d'Alice qui me fît un sourire sincère et chaleureux. Je lui souriais maladroitement avant de me tourner vers mon amie, rouge pivoine, ça m'apprendra à être aussi curieuse.
« Ca ne va pas ? ».

« Si, si…j'ai cru voir quelqu'un que je connaissais… ». Mon amie se tourna derrière nous pour voir et je la vis sourire et saluer une personne.

« Ah, il y a Alice et Edward assis plus haut, ce sont les enfants d'Esmée, tu te rappelles la femme que tu… ».

« Oui, oui je me souviens…j'ai…j'ai Edward dans ma classe du lundi. ».

« Ah oui ? Le match va commencer…mais on ira leur dire bonjour correctement pendant la mitant… ». J'acquiesçai machinalement, je n'avais pas du tout envie de me retrouver en face d'eux, je me connaissais par cœur, j'allai les fixer comme s'ils étaient des bêtes de foire…ça sera plus fort que moi et je vais me ridiculiser. Le couple de –non- amoureux nous rejoignirent enfin et les joueurs entraient sur le terrain, les gens sifflaient, applaudissaient et hurlaient en les voyant. Il faut dire qu'il y avait de quoi, une vingtaine de mecs, mieux foutus les uns que les autres, ça donnait envie de s'exprimer à vive voix.
Entrainée par l'ambiance, je suivais le match avec beaucoup d'attention, piquant de temps à autre du coca à Frédérique pour me réhydrater, à trop crier, on se dessèche.

La mi-temps arriva enfin et je couru jusqu'aux toilettes, me lavant les mains, je fixai mon reflet dans le miroir et décidai de remettre un peu de gloss sur mes joues et mes lèvres. Un effet imbattable pour se requinquer en deux temps trois mouvements, puis je sorti pour retrouver mes amis au moment où David, l'un des élèves de ma classe du Lundi se jeta littéralement devant moi.
« Jenny ! Alors le match te plait ? ». Il me faisait un sourire qui se voulait séducteur mais qui ressemblait plus à un essai pour une pub de dentifrice, qui soit dit en passant n'aboutissait à rien.

« Oui, c'est amusant…tu es venu avec des copains ? ». Je m'en fichai complétement mais bon, il était jeune, pas la peine qu'il ait une mauvaise image de la gente féminine, juste parce que je voulais qu'on me foute la paix.

« Ouais, tu veux te joindre à nous ? ».

« Non, mes amis m'attendent…merci quand même ! ». Je me déplaçai sur le côté et passai à côté de lui quand il m'attrapa par le bras et me tira vers lui pour m'embrasser. Je restai un instant figée, ne comprenant pas très bien ce qu'il était en train de se passer, avant de le repousser violement.

« Non mais ça va pas non ? Qu'est ce qui te prend ? A quel moment tu t'es dit que je t'invitai à m'embrasser exactement ? ».

« Allez ! J'ai bien vu les regards que tu me lance continuellement… ». Il s'approcha encore de moi et me saisi les épaules, malheureusement avec ma carrure de poupée de porcelaine, je n'arrivai pas à me dégager.

« C'est n'importe quoi…Tu te fais des films David, lâche moi tout de suite ! ».

« Fait pas semblant, personne ne le saura allez, je sais que t'en meurs d'envie ! ». Je fermai les yeux et basculai le visage sur le côté en remontant les épaules, façon pour moi de me protéger de son haleine qui sentait l'alcool à un mètre.

« Lâche là David ! ». Mes yeux s'ouvrirent comme des orbites et cherchèrent cette voix que je ne connaissais que trop bien ces dernières semaines.

« Occupe-toi de ton cul Cullen, on est occupé…va voir ailleurs si j'y suis. ». Quand nos regards se croisèrent enfin, je secouai la tête et fût surprise d'un frisson quand je compris l'expression de ce regard. Il s'approcha très vite et poussa David loin de moi, ce dernier se mis à l'insulter et plusieurs personnes s'approchèrent de nous pour voir ce qu'il se passait. David vint pousser les épaules d'Edward qui bougèrent à peine, alors qu'il y avait mis toute sa force, j'en étais certaine. Edward serra les dents et les poings en lui suggérant de s'en aller avant que cela ne finisse mal.

« David, barre-toi ! ».

« J'vais te péter ta petite gueule d'ange plutôt ! ». Il vint à sa hauteur et je me faufilai entre eux, posant mes mains sur leurs torses. Je risquai gros en me mettant entre ces deux fous furieux mais je ne pouvais décemment pas les laisser se battre, surtout pour leur professeur.

« Ca suffit ! Calmez-vous ! David rentre chez toi ! Crois-moi que le proviseur en entendra parler ! ». Je le fixai un moment pour m'assurer qu'il comprenait ce que je venais de dire. Il était si énervé que je sentais son cœur battre à la chamade malgré son pull et son gilet, il cracha sur le côté sans détourner les yeux d'Edward puis s'en alla.

« J'te botterai le cul une autre fois Cullen…Jennifer ne sera pas toujours là pour te protéger ! ».

« J'attends de voir ça… ».
Tous les voyeurs soufflèrent, tristes qu'il n'y ait pas d'action et s'en allèrent retourner aux estrades quand je me tournai vers mon sauveur. La paume de ma main toujours posé sur son torse, nos regards s'attachèrent encore une fois et tandis que je cherchai ce qu'il disait avec ses yeux, ce que je remarquai m'électrocuta. Je déglutis bruyamment et baissai mes yeux vers son torse, fixant ma main qui s'accrochai à son sweat.
« Tu…ton… ». Son corps se raidit et il recula de quelques pas, augmentant l'écart déjà trop grand entre nous.

« Cet imbécile ne me fait pas peur, j'vais pas m'affoler pour ça… ». Je fronçai les sourcils et pinçai mes lèvres, aussi fort que je le pouvais avant de le regarder droit dans les yeux à nouveau, cherchant je-ne-sais-quoi.

« Edward, tu viens ? ». Je regardai derrière lui, Alice le regardait intensément comme si elle essayait de le transperçait du regard. Il acquiesça de la tête et me salua discrètement. Je les regardai partir, restant seule. Je n'avais pas rêvé cette scène, pourtant, il n'avait rien laissé transparaître, il était serein contrairement à moi…en même temps, j'étais certaine de ce que je venais de découvrir sur celui qui hantait mes pensées ces derniers temps, son cœur ne battait pas…