Chapitre 10 :
« Hm…ma tête. ». J'ouvrai les yeux, poussant d'une main fébrile les cheveux que j'avais devant le visage, et mastiquai dans le vent pour m'apercevoir que j'avais la bouche pâteuse. J'avais soif, mal à la tête et une envie monstrueuse de vomir, me relevant contre la tête du lit, je me frottai les yeux avant de m'apercevoir que je n'étais pas seule et surtout…je n'étais pas chez moi.
« Bonjour, Belle au bois dormant…bien dormi ? ». Edward se tenait à côté de mon lit, un plateau en main, de là où je me tenais, je distinguai une tasse fumante et un croissant.
« Bonjour, …on est où ? » . Il sourit désolé et posa le plateau sur la table de chevet.
« On est chez moi, tu étais dans un sacré état hier soir et comme je ne sais pas où tu habites… ». Je le regardai incrédule, il m'avait ramené chez lui, si le lycée apprenait ça, j'étais foutue.
« Oh mon dieu ! Quelqu'un t'as vu ? Si on m'a vu rentrer chez toi…le lycée… ». Affolée, je me levai rapidement du lit, chancelante je cherchai autour de moi, mes affaires…mes affaires ?!
« Ah ! ». J'étais en sous-vêtements, face à Edward, qui un sourire en coin, se tourna très lentement.
« Personne n'a rien remarqué, ils étaient trop bourrés et c'est ma mère qui t'as déshabillé, t'inquiète pas… ».
« Pou…Pourquoi je suis chez toi ? Charlène ou Judith… ».
« Elles étaient pas en état de ramener qui que ce soit, elles n'ont pas su m'expliquer où tu vivais, désolée que ça te gêne tellement…mais tu étais vraiment très malade cette nuit alors… ». Je me remettais sous les draps, histoire d'être plus décente et me raclai la gorge.
« Tu…merci. ». Il se tourna vers moi et me sourit chaleureusement puis me fît signe de manger ce qu'il m'avait apporté.
« Tu prends du lait ou du sucre avec ton café ? ». Je mordillai ma lèvre inférieur et fît une petite grimace en guise de sourire gêné.
« Je ne bois pas de café… ».
« Oh ! Tu veux du thé ? Un chocolat chaud ? ». Il se leva, pris la tasse et attendit que je réponde, mon dieu pouvait-il sincèrement être de plus en plus beau ? Son jean lui moulait les cuisses et son polo noir laissait se dessiner parfaitement les muscles de son torse.
« C'est…un chocolat chaud serait parfait…désolée. ».
Il revint quelques minutes plus tard avec une autre tasse dans la main, un sourire victorieux sur le visage.
« Voilà mademoiselle ! ». Il s'assit au bord du lit et me tendit la tasse, que je prenais des deux mains, par peur d'en faire tomber dans le lit. Je respirai l'odeur délicieuse du chocolat et bu une gorgeai de ce nectar, seulement je n'avais pas prévu que mon estomac ne soit pas d'accord avec cette idée. Une main sur la bouche, cela ne me pris qu'une seconde de voir la bassine qu'Edward me tendait, je lui arrachai des mains et vomi ce que je venais d'avaler, en prenant bien soin de lui tourner le dos.
« Fais chier ! ».
« Tiens… ». Il était venu s'asseoir à côté de moi et me tendais une serviette en papier tandis que son autre main se posa sur mon front, un frisson me parcourra l'échine au contact froid de sa peau sur la mienne.
« Hm… ». Je fermai les yeux de bien-être et lâchai un petit gémissement, je sentais son regard sur moi, il devait bien se marrer le petit morveux…s'occuper d'un professeur malade d'un lendemain de cuite.
« Allonge-toi…j'vais te ramener un doliprane. ». Il emmena la bassine dans ce que je pensais être une salle de bain et je pris enfin le temps de regarder la chambre. La pièce était très lumineuse, laissant voir que la maison était entourée par la forêt, Le mur sur la droite promettait mille et une promesses par sa quantité de cd de musique et de livres qui trônaient par ci par là. Le lit déposé au centre était habillé de draps couleur crème et les coussins noirs, rappelaient l'énorme pouf -où étaient éparpillées des partitions de musique-, qui se trouvait entre le lit et le bureau. Je compris alors que je n'étais pas dans une chambre d'amis.
« Tiens prends ça et couche toi… ».
« C'est ta chambre ? ». Je pris le comprimé et le verre d'eau qu'il me tendait, mal à l'aise tandis qu'il passa la main dans ses cheveux, regardant autour de lui, probablement pour s'assurer qu'il n'avait rien laissé trainer de compromettant à ma vue.
« Je…oui…ma mère décor la chambre d'amis alors… ».
« T'as changé les draps récemment rassure moi ? ». Dis-je une grimace de dégout sur le visage, c'était plus pour l'embêter qu'autre chose, ça me faisait bien rire.
« Ah ! Ah ! Oui t'inquiète pas ! Rien ne…les draps. Enfin… ».
« J'ai compris. ».
« Tu devrais dormir un peu… ». Je secouai vivement la tête.
« Non, je devrais rentrer chez moi, j'ai assez abusé de la gentillesse de ta mère. ».
« Hey ! C'est moi qui me suis occupé de toi ! ». Riposta-t-il outré.
« Et j'ai assez profité de ta patience, merci Edward… ».
« Bien, maintenant tais-toi et repose toi…Je reviens tout à l'heure, je te ramènerai chez toi. ». Il repartit vers la porte, mais je n'avais pas envie de rester seule, je voulais profiter de ce moment pour lui parler.
« Non, reste avec moi…s'il te plaît ! ». Il acquiesça et vint se coucher sur le lit à côté de moi, passant les mains derrière la tête, il regardait le plafond, pensif.
« Tu te rappelles de quoi à propos d'hier soir ? » Demanda-t-il après quelques minutes de silence.
« Euh…la dernière chose dont je me souvienne…c'est qu'un type m'a embrassé pendant que le serveur préparait mon cocktail. ».
« Quoi ?! C'était quand ça ? ».
« Je…je crois que c'était juste avant que je te retrouve au banc…on s'est retrouvés assis sur un banc non ? ». Mon cerveau était sur le point d'exploser à trop réfléchir à la veille, tout s'embrouillait dans ma tête, je n'arrivai pas à remettre mes souvenirs dans le bon ordre.
« Oui…on a discuté de ton déguisement et puis on…tu es sorti vomir, alors j'ai cherché tes amies qui étaient très occupées d'ailleurs, ensuite je t'ai ramené chez moi. ».
« De mon déguisement ? ». Oh mon dieu, lui ai-je dit que j'avais senti que son cœur ne battait pas ? Il a dû me prendre pour une folle…mais en même temps je le suis certainement, croire qu'il est un…vampire. C'est complètement stupide, il ne fait pas peur, il est très beau mais après tout, pas mal de personnalités le sont aussi.
« Oui tu m'as raconté que l'une de tes élèves avait fait un commentaire sur un poème de Baudelaire… ».
« Oh oui ! « Le Vampire » Très beau poème… ». Je le fixai un instant et lui tendait mon chocolat chaud.
« Tiens bois…tu avais les mains froides, tu dois avoir froid. ». Il leva un sourcil surpris par le changement de sujet, puis les fronça…j'avais l'impression que nous avions une conversation silencieuse, comme si nous savions tous les deux que l'autre savait mais que personne ne voulait mettre des mots dessus. Il savait que je le mettais au défi et bizarrement il prit la tasse et bu une gorgée sans me quitter des yeux.
« Il est froid mais pas mauvais… ». Il lécha le lait qui s'était déposé sur le contour de sa lèvre supérieur et déposa la tasse sur le plateau à côté de lui. Il avait bu le chocolat, un vampire ça ne boit que du sang non ? Voilà qui réglait le problème, j'étais complètement tarée, bonne à enfermer.
« Salut vous deux ! ». Alice venait d'entrer dans la chambre, un grand sourire aux lèvres, elle était vraiment très belle et sa petitesse ne mettait pas du tout en doute son sex-appeal. Elle portait une tunique rose pâle avec un jean et des ballerines, son poignet droit était recouvert d'une bonne dizaine de bracelets qui cliquetaient à chacun de ses mouvements.
« Salut ! ». Edward se redressa pour s'assoir alors que je décidai de m'allonger un peu, ma tête me tourner encore, autant éviter de vomir encore une fois.
« Ca vous dit de regarder un film ? Jasper et moi allons regarder New Moon ! ». Je me relevai et la regardai un sourire narquois sur le visage, les regarder « se voir » à la télévision, un pur bonheur.
« Allons-y ! ». Je me levai doucement et me souvenais alors de mon accoutrement, Alice se dirigea vers moi avec une couverture pour m'enrouler dedans.
« Viens, je vais te prêter quelque chose ! ».
« Pas une heure Alice ! ». Prévint son frère déjà sorti de la pièce.
« Rhaa quel rabat-joie celui-là ! ». Je rigolai et suivis cette dernière dans la maison, traversant tout le couloir, nous entrâmes dans une chambre superbement décoré aux couleurs marron et crème, c'était comme de rentrer dans un moelleux au chocolat, un vrai cocon. Alice disparu dans une autre pièce et revins cinq minutes après avec des vêtements en m'indiquant la salle de bain. Une douche allait me faire le plus grand bien, j'avais besoin de me rafraichir après cette nuit. En quelques minutes, j'étais propre et habillée, rejoignant les autres dans le salon à l'étage du dessous, je contemplai les magnifiques tableaux accrochés aux murs, quand je m'arrêtai sur une toile qui m'était familière, quatre hommes d'une beauté époustouflante étaient représentés, chacun occupés à une tâche particulière. L'un lisait un livre, un autre semblait contempler le plafond, sur sa gauche l'homme le plus jeune semblait s'ennuyer et regardait sa main gauche, quant au dernier il regardait devant lui, son regard ressemblait à celui de Mona Lisa, il semblait vous suivre partout où vous alliez.
« Tu viens ? ». Edward m'attendait en bas des escaliers, avec un pot de popcorn et une bouteille de coca.
« Oui…désolée, j'admirai les tableaux… ». Alice et Jasper étaient déjà confortablement installés sur l'un des trois canapés du salon et attendaient patiemment pour démarrer le film. Je m'installai sur le canapé centrale et remarquai qu'Edward hésitait entre les deux canapés, puis il regarda Alice…ou peut-être Jasper, je ne saurai dire et ses lèvres vibrèrent comme s'il avait murmuré quelque chose pour lui-même. Alice souriait et son homme se racla la gorge pour cacher un rire, Edward fini par s'installer sur le canapé à côté de moi, après tout c'était normal, c'était quand même mieux d'être en face de l'écran. Au cinéma, je faisais toujours en sorte d'être le plus au milieu possible, quand j'étais petite j'avais du regarder « Anastasia » assise sur un siège qui longeai le mur de droite, parce qu'on était arrivée en retard avec ma tante et j'avais presqu'eu un torticolis.
« C'est bon, tout le monde est bien installé ? ». Demanda Alice en se calant un peu mieux dans les bras de son chéri, une pointe de jalousie me piqua, oui je ne voulais pas de relation, oui j'avais peur de retomber amoureuse, oui je ne me sentais pas prête à laisser entrer quelqu'un dans ma vie mais…bordel !! Moi aussi je voulais un homme pour me prendre dans ses bras.
« Allez Alice, ne nous fait pas languir plus longtemps… ». Dit Edward de manière théâtrale, apparemment pas franchement emballé à l'idée de regarder ce film.
