Chapitre 11 :
POV EDWARD
« Que fais-tu ? ». Ma mère se tenait derrière moi, cherchant à voir ce que je disposai sur le plateau.
« Je prépare le petit-déjeuner de Jennifer. ».
« Je vois…tiens met ça, c'est plus joli. ». Elle posa un petit vase avec une orchidée dedans, ma mère et son sens de l'esthétique.
« Maman, ce n'est pas utile ! ». Elle balaya mes mots d'un coup de main et me poussa vers la sortie de la cuisine avec mon plateau.
« Dépêche-toi, elle doit mourir de faim la pauvre ! ». Je roulai des yeux, elle était certainement encore en train de dormir et…de ronfler, bon ok j'exagérai, ce n'était pas vraiment un ronflement et l'alcool était très certainement un facteur important…bon ok, c'était LE facteur. Jennifer ne ronflait pas, j'en étais sûr puisque je l'avais déjà observé dormir auparavant, oui je n'aurai pas dû, oui c'était mal et oui je m'en voulais…mais, je recommencerai chaque nuit, si je le pouvais. C'était le seul moment où j'atteignais presque ses pensées, elle parlait en dormant, et ces derniers temps, ses rêves avaient été très agité.
Je remontai à l'étage quand je remarquai Jasper qui m'attendait en haut des marches, furieux. Son esprit fusait d'insultes plus inavouables les unes que les autres, il n'avait jamais été vulgaire, toujours relativement calme, mais là…j'allais en prendre pour mon grade.
« Qu'est-ce qu'elle fout là ? ». Me demanda-t-il sans desserrer les dents. Je continuai de monter les dernières marches, sans répondre et sans le regarder et je pensais à celle qui dormait dans ma chambre. Je n'avais pas pu la laisser seule, dehors en train de vomir tripes et boyaux, ce n'était pas malin de l'emmener à la maison, j'en avais conscience, mais je ne pouvais plus rester loin d'elle, elle avait eu besoin de moi…tout du moins, j'en étais convaincu.
« Elle était malade… ». Fut la seule chose que je pu lui répondre tandis que je continuai d'avancer vers ma chambre.
« Et bien sûr, tu ne pouvais pas la ramener chez elle… ».
« Je ne suis pas censé savoir où elle vit… ».
« Ne me prend pas pour un idiot Edward, elle ne se souviendra probablement pas de la moitié de la soirée…Tu ne VOULAIS pas la ramener chez elle, accepte au moins tes sentiments à défaut d'être sincère avec les autres…J'te rappelle que je sens les choses…avant toi. ».
Je m'arrêtai sans me retourner et penchais juste la tête sur le côté, il avait commencé à penser à Alice, évidemment.
« Et…que sens-tu ? ».
« Les ennuis… ». Sans répondre, je rentrai dans ma chambre, plateau en mains. Jennifer était couchée sur le dos, sa jambe gauche nue n'était plus recouverte par le drap et ses cheveux couvraient totalement le coussin où était posée sa tête. M'approchant du lit, elle se tourna sur le côté, dévoilant un peu plus sa jambe, avant de repousser ses longs cheveux.
« Hm…ma tête. ».
« Bonjour, Belle au bois dormant…bien dormi ? ». Elle avait la voix grave et rocailleuse, très sexy.
« Bonjour, …on est où ? ». Elle n'allait pas aimer ma réponse, mais je me voyais mal lui mentir.
« On est chez moi, tu étais dans un sacré état hier soir et comme je ne sais pas où tu habites… ».
« Oh mon dieu ! Quelqu'un t'as vu ? Si on m'a vu rentrer chez toi…le lycée… ». Elle se leva d'un bond, laissant tomber le drap qui cachait tant bien que mal son corps, presque nue. Ma mère l'avait déshabillée, ses vêtements étaient sales, après avoir régurgité tout ce qu'elle avait avalé pendant la soirée. Je n'avais pas été là quand ma mère l'avais changé, un gentleman doit savoir se tenir en présence d'une dame, après tout…mais à la vue de son corps j'eu tout le mal du monde à me tourner.
« Ah ! ».
« Personne n'a rien remarqué, ils étaient trop bourrés et c'est ma mère qui t'a déshabillé, t'inquiète pas… ».
« Pou…Pourquoi je suis chez toi ? Charlène ou Judith… ».
« Elles étaient pas en état de ramener qui que ce soit, elles n'ont pas su m'expliquer où tu vivais, désolé que ça te gêne tellement…mais tu étais vraiment très malade cette nuit alors… ». Menteur !
« Tu…merci. ».
« Tu prends du lait ou du sucre avec ton café ? ».
« Je ne bois pas de café… ».
« Oh ! Tu veux du thé ? Un chocolat chaud ? ». Mais quel crétin ! Comment j'avais pu oublier un détail pareil…Je le savais qu'elle n'en buvait pas, Charlène se demandait tous les jours comment il était humainement possible de vivre sans café.
« C'est…un chocolat chaud serait parfait…désolée. ».
Je descendais très rapidement à la cuisine et préparai son chocolat chaud, ma sœur lisait un magazine de mode et ne m'avait pas encore décroché un mot…étrange.
« Bonjour, petite sœur… ».
« 'Lu. ». Ok, elle avait une dent contre moi, elle aussi. Je me tournai face à elle, posant la tasse sur le comptoir central.
« Bon qu'est ce qui se passe ? ».
« Tu ne veux pas que je m'approche d'elle mais tu la ramène à la maison ? Est-ce que tu te moque de moi ??! ». Je soufflai exaspéré, reprenant la tasse et reparti vers la sortie.
« Très bien, fais comme tu veux… ».
« Merci ! Au fait, son estomac ne va pas apprécier ça… ». Je riais doucement, tant pis pour elle…elle n'avait qu'à pas boire comme un trou sans fond.
« Voilà mademoiselle ! ». Je lui donnais sa tasse alors que je m'asseyais au bord du lit, prêt à bondir, pas la peine qu'elle salisse ma chambre non plus. Elle ferma les yeux en buvant une gorgée et j'en profitai pour récupérer la bassine dans la salle de bain et lui tendre, ne se faisant pas prier, elle me l'arracha des mains et me tourna le dos autant qu'elle le pouvait.
« Fais chier ! ».
« Tiens… ». Elle était d'une pâleur mortelle, j'en aurai beaucoup ri, si son état ne m'inquiétait pas autant. Soit elle était vraiment malade, soit l'alcool était vraiment trop dangereux pour son petit corps frêle. Posant ma main sur son front, je remarquai à quel point elle était brûlante, mieux valait lui donner quelque chose et qu'elle dorme.
« Hm… ». Ma petite malade avait fermé les yeux profitant de la froideur de ma main, j'en profitai pour l'observer, être si proche d'elle était assez rare. Malgré qu'elle ne se sente pas bien, je la trouvais toujours belle. Son maquillage avait un peu coulé à force de pleurer en vomissant et ses lèvres avaient gardé une teinte rose dû au rouge à lèvres et pourtant elle n'en restait pas moins magnifique.
« Allonge-toi…j'vais te ramener un doliprane. ».
« Tiens prends ça et couche toi… ».
« C'est ta chambre ? ». Grillé !
« Je…oui…ma mère décor la chambre d'amis alors… ».
« T'as changé les draps récemment rassure moi ? ». Ma pauvre, si tu savais quand j'avais, ne serait-ce qu'embrassait une fille…enfin volontairement je veux dire.
« Ah ! Ah ! Oui t'inquiète pas ! Rien ne…les draps. Enfin… ».
« J'ai compris. ».
« Tu devrais dormir un peu… ». Elle secoua vivement la tête.
« Non, je devrais rentrer chez moi, j'ai assez abusé de la gentillesse de ta mère. ».
« Hey ! C'est moi qui me suis occupé de toi ! ». J'avais passé la nuit à surveiller qu'elle n'était pas en train de mourir et c'était ma mère qui récupérait les lauriers ? Révoltant !
Non, bon d'accord, elle m'avait proposé mais j'avais vigoureusement refusé. Je voulais profiter de chaque instant en sa compagnie, entendre les trop rares mots qui franchissaient ses lèvres quand elle rêvait.
« Et j'ai assez profité de ta patience, merci Edward… ».
« Bien, maintenant tais-toi et repose toi…Je reviens tout à l'heure, je te ramènerai chez toi. ».
« Non, reste avec moi…s'il te plaît ! ».
« Tu te rappelles de quoi à propos d'hier soir ? ». Je m'étais installé à ses côtés, me forçant mentalement à fixer le plafond.
« Euh…la dernière chose dont je me souvienne…c'est qu'un type m'a embrassé pendant que le serveur préparait mon cocktail. ».
« Quoi ?! C'était quand ça ? ». Comment ça, un type l'avait embrassé ?! Personne n'avait le droit de toucher ma Jennifer…enfin j'veux dire, elle était soule…ce n'est pas… Rhaaaaa !
« Je…je crois que c'était juste avant que je te retrouve au banc…on s'est retrouvés assis sur un banc non ? ».
« Oui…on a discuté de ton déguisement et puis on…tu es sorti vomir, alors j'ai cherché tes amies qui étaient très occupées d'ailleurs, ensuite je t'ai ramené chez moi. ». On allait s'embrasser oui…et elle ne s'en souvenait même pas…
« De mon déguisement ? ».
« Oui tu m'as raconté que l'une de tes élèves avait fait un commentaire sur un poème de Baudelaire… ».
« Oh oui ! « Le Vampire » Très beau poème… ». Elle souffla de soulagement, elle me cachait quelque chose, j'en étais sûr. M'avait-elle mentit au sujet de son…inspiration ?
« Tiens bois…tu avais les mains froides, tu dois avoir froid. ». Apparemment oui, je la toisai un instant, j'aurai tellement voulu pouvoir lire dans ses pensées mais quelque chose me disais que je n'aimerai pas ce que je lirai. Elle savait, je savais qu'elle savait…et là, elle se doutait que je savais qu'elle savait. Mais ce qu'elle ne savait pas, c'est que nous pouvions boire, autre chose que du sang j'entends, nous pouvions être souls avec de l'alcool, nous ne pouvions juste pas manger. Je pris la tasse et bu une gorgée, je voulais qu'elle voit que je relevai le défi, pour qui me prenait-elle ? Elle croyait vraiment pouvoir me coincer comme ça ? Nos sens développés à l'extrême, j'en appréciai tous les arômes…certes pas aussi appétissant que du B positif ou qu'un bon AB négatif mais ça avait son charme.
« Il est froid mais pas mauvais… ». Je tournai imperceptiblement la tête vers la porte, Alice allait entrer.
« Salut vous deux ! ».
« Salut ! ». Elle avait une idée derrière la tête et me cachai bien la surprise jusqu'au dernier moment…Un film de vampire. Je roulai des yeux, cette fille était impossible.
« Ca vous dit de regarder un film ? Jasper et moi allons regarder New Moon ! ». Je n'eu pas le temps de répondre que Jennifer se réjouissait déjà de l'idée, le chocolat chaud n'aura pas suffit à calmer ses ardeurs…dommage.
« Allons-y ! ».
« Viens, je vais te prêter quelque chose ! ».
« Pas une heure Alice ! ». Dis-je en sortant de la pièce, je connaissais Alice et les vêtements…autant commencer le film encore aujourd'hui que j'en sois débarrassé.
