Chapitre 13 :
Lundi matin, 9h00 et je n'arrivai plus à trouver le sommeil, c'était une première. Je prenais donc mon petit déjeuner, me demandant ce que j'allais bien pouvoir faire en attendant l'heure de mon cours. J'avais très mal dormi cette nuit, ce week-end avait vraiment été étrange, être si proche d'Edward et aujourd'hui j'allai devoir faire comme si de rien était. Bien sûr, ça ne voulait rien dire, j'avais été mal à cause du film et il m'avait réconforté…mais il y avait longtemps que je n'avais pas été si proche d'un homme.
J'étais partie de Strasbourg pour m'éloigner de Nicolas, ma relation avec lui avait été des plus chaotiques et j'étais descendue en enfer pour lui. Il a été mon premier et unique amour, j'aurai donné ma vie pour lui, d'ailleurs…c'est pratiquement ce que j'ai fait. Et lui avait simplement tout balayé d'un geste pour une autre, une gamine dont papa et maman avait de quoi assurer la vie de leur fille et même celle de leur petits-enfants. Je n'étais plus si importante à ses yeux pour le coup, j'avais sacrifié six années de ma vie…pour rien. Tout ce sur quoi ma vie reposait, avait été une énorme mascarade, un tour de passe-passe digne des plus grands magiciens du Monde et je n'avais rien vu venir, car à mes yeux, il était l'homme de ma vie…pff, quelle vie ?
J'enfilai un jogging et mes baskets, je devais aller courir pour me défouler, ne surtout pas aller en cours dans cet état-là. Je me fis ensuite une queue de cheval haute et pris mon Ipod pour l'enfiler dans la sacoche à mon bras.
Je courais depuis quelques minutes me dirigeant vers la forêt, de longs chemins tranquilles la traversaient et jamais personnes ne s'y promenaient. Je m'engouffrai donc entre ces arbres denses, les rayons du soleil, aujourd'hui si puissants dans la ville, faisaient pâles figures face aux grosses branches qui leur barraient la route. Une clarté paisible envahissait la forêt, et je me laissai submerger par la musique tandis que mes pas foulaient le sol sablé.
Seulement, je n'étais visiblement pas la seule à avoir eu cette idée, plus je m'enfonçai dans la forêt, plus je croisai de monde, ils avaient tous décidé de se promener ou de courir, profitant ainsi du –très probable- dernier jour de beau temps avant l'hiver glacial que promettait notre région.
Dépitée, je bifurquai hors des sentiers battus, pour continuer dans les méandres de cette forêt si abondante. Le sol était beaucoup plus difficile à arpenter, je m'étonnai de ne pas m'être ramasser parterre avec toutes les racines et les trous qui semblaient surgir de nulle part à chaque pas que je faisais. Je décidai alors de marcher, réduisant ainsi les risques de m'arracher une jambe en voulant faire ma maligne quand des mouvements au loin attisèrent ma curiosité.
Il s'agissait en fait des enfants Cullen, Jasper, Alice, Edward et même Rosalie et Emmett, j'étais certaine de les reconnaitre, pour avoir vu toute la famille, Esmée et Carlisle que j'avais rencontré dimanche avant de rentrer chez moi. Il était certain que c'était eux, la ressemble était bien trop frappante. Je me dirigeai alors vers eux pour les saluer, j'allai enfin rencontrer la famille au complet et je devais avouer que même si tout ceci était fascinant, ils n'avaient rien de vampirique. Ils n'avaient pas les yeux dorés, j'avais vu certains Cullen boire des liquides tout ce qui a de plus normaux. Non, vraiment mon envie de rencontrer la famille Cullen de la saga m'avait fait perdre l'esprit, je devais me rendre à l'évidence, le cœur d'Edward battait ce jour-là. Ils étaient aussi humains que moi. Je soufflai un bon coup et refaisant ma queue de cheval, je continuai mon périple pour les rejoindre.
Emmett poussa alors violement Jasper qui se retrouva instantanément sur une branche de l'arbre derrière lui, à trois bons mètres du sol. J'hoquetai de surprise alors que sans que je ne vois quoi que ce soit, Jasper et Emmett se chahutaient, bougeant si vite que je n'apercevais que des couleurs. Mes yeux s'ouvrirent comme des soucoupes quand ils croisèrent les yeux furieux d'Edward, il venait de repérer ma présence. Sans demander mon reste, je couru dans l'autre sens, voulant à tout prix lui échapper, mon cœur battait à tout rompre et j'étais certaine de sentir sa colère glisser sur moi.
« Jennifer !! ».
POV EDWARD
« Alors frangin, il paraît que t'es amoureux d'une humaine ? Ça craint… ».
« Non Emmett, je ne suis pas amoureux d'elle. ».
« C'est ça… ». Jasper rigolait tant je tentai de me défendre corps et âme –pour ce qu'il en restait- contre mes sentiments pour Jennifer.
« Une humaine… Pauvre type. ». Rosalie avait toujours les mots pour vous réconforter, j'adorai ma sœur mais parfois je pourrais la baffer, oui elle m'en voulait toujours de ne pas vouer un culte à sa beauté, arrivant même à la conclusion que j'étais gay.
« Elle est bonne ? ». Je lançai un regard furieux à Emmett, si Rosalie savait la moitié de ce que pensait son compagnon, elle l'aurait probablement castré depuis longtemps…hm à la réflexion peut-être pas.
« T'inquiète pas, tout va s'arranger, j'en suis sûr. ».
« Ce n'est pas parce que tu en es convaincue que c'est le cas, Alice… ».
« Si on dérange, faut le dire… ». Emmett embrassa sa belle avant de se tourner, un sourire narquois sur le visage, vers Jasper.
« Allez Jazz, à nous deux…vieux débris ! ». Emmett l'éjecta à quelques mètres de là, réjouis que Jasper s'apprête à riposter. Un bruit étrange attira mon attention, je levai les yeux au loin quand je l'aperçu, impossible. Ses yeux exorbités n'avaient pas lâché mes frères jusqu'à croiser les miens, elle posa une main sur sa bouche pour s'empêcher de crier et parti en courant.
« Merde ! ». Je me lançai à sa poursuite, nous étions des idiots finis, Jennifer venait de les voir se battre sans aucune retenue, notre secret venait de voler en éclats. Je devais la rattraper, quelques enjambées et je lui parlerai, oui je devais lui parler, la raisonner, la supplier, la terroriser…tout, sauf la tuer.
« Jennifer !! ». Une main me retenant soudainement, Alice se tenait derrière moi.
« Laisse-la partir, Edward…elle ne parlera pas. ».
