Chapitre 18 :

Bien…l'appartement était rangé, j'avais pris une douche et m'étais habillée, je n'avais plus qu'à attendre. Ce que d'ailleurs je faisais depuis une bonne heure, marchant sans cesse dans le salon, creusant presque une tranchée dans le sol. Je regardai une énième fois l'horloge de la cuisine, il était à peine 19h00 et il m'avait bien dit ce soir. Avec la chance que j'avais, il entendait 23h00. Je m'avachi alors sur mon canapé, regardant dans le vide quand on toqua à la porte.
« J'arrive ! ». Criai-je me regardant une dernière fois dans le miroir avant d'ouvrir la porte d'entrée.
« Salut…Alice. ». Une grimace bizarre sur le visage, je l'invitai à entrer, me demandant d'un coup si elle avait pu rentrer si je ne l'avais pas fait. Le souvenir d'Edward agrippé à ma gorge me répondit dans la foulée.
« Tu es déçue…j'suis désolée, il est allé…manger avant de venir. ».
« Oh…euh, non non…je me doutai qu'il ne viendrait pas si tôt. Je suis simplement surprise de te voir chez moi. Assis toi, tu veux boire quelque chose ? ». Je m'arrêtai net, me rendant compte de la stupidité de ma question et me tournai vers elle, embarrassée. Elle venait de s'asseoir et rigolait comme une enfant.
« Ca ira merci… ». Sourcils levés, j'acquiesçai machinalement avant de me servir une tasse de chocolat chaud. Ma mère m'avait offert une Senseo parce que « c'est pas parce que tu ne sais pas ce qui est bon que tu dois en priver tes invités » pour que je puisse proposer du café. Je m'asseyais sur le fauteuil d'en face et la regardai un instant tandis qu'elle regardait les quelques bibelots sur la commode du salon.
« Je t'aurai bien offert mon emmerdeuse de voisine mais… ». Elle me regardait surprise, je n'aurai peut-être pas dû dire ça.
« Désolée… ».
« Non, non ne t'excuse pas…nous ne mordons pas les gens tu sais… ».
« Ah…euh… ». Je fronçai alors les sourcils comprenant que trop bien ce qui s'était passé l'autre soir dans cette pièce. J'avais eu peur d'un vampire aux crocs limés.
« On boit du sang humain mais on le cherche à la banque du sang…Edward ne te l'as pas dit ? ».
« Non…il n'en a pas eu l'occasion, je suppose. ».
« Je sais qu'il est venu te voir l'autre soir…nous pensions…enfin nous avions peur que tu dises la vérité et… ».
« Tu n'as pas à te justifier, je comprends, j't'assure. C'est oublié. ». Son sourire enfantin me rappelait beaucoup Charlène, elles se ressemblaient sur certain point, au-delà du fait qu'Alice était d'une beauté époustouflante. Charlène était magnifique aussi, mais à côté de ce putain de vampire, elle s'effaçait méchamment…comme moi en fait, j'étais bien contente d'un coup que l'on soit chez moi.
« Alice…je suis désolée d'être si directe mais qu'est-ce que tu fais là ? ».
« Et bien je voulais te demander quelque chose, évidement j'aurai pu t'appeler vu que j'ai ton numéro de téléphone, je l'avais demandé à Charlène mais je me suis dit que tu n'apprécierais pas que je l'ai alors j'ai préféré venir… ».
« Tu aurais pu appeler, m'enfin c'est bien que tu sois venu aussi…qu'est-ce que je peux faire pour toi ? ».
« Je me disais qu'on pourrait passer une journée ensemble, faire les boutiques, non pas que tu en ais besoin, tu t'en sors sans moi et venant de moi tu sais c'est un compliment mais j'me disais que ça serait amusant, une journée entre filles, entre…amies. ». C'était déstabilisant de voir un vampire mal à l'aise, elle attendait ma réponse, une moue étrange au visage, comme si…si elle était déçue, alors que je ne lui avais même pas répondu.
« Alice, je sais pas…après ce qui s'est passé avec ta famille, j'veux dire…c'est difficile pour moi de…y'a une semaine j'ai cru que j'allai mourir et maintenant la sœur de celui que je considérai comme…comme la mort, veux qu'on soit amies. Ca va trop vite pour moi. ».
« Oui…j'le savais…Edward est là…je vais vous laisser. ». Il apparut alors dans le salon, ne pouvait-il pas faire comme tout le monde et passer par la porte ?
« Alice…on en reparlera d'accord ? Ce n'était pas un non définitif… ». Elle souriait et lançait un regard froid à Edward.
« A plus tard Alice… ». Dit sèchement Edward en déposant un sac à dos sur le canapé. Nous étions seuls chez moi et ce sentiment de déjà-vu me donnait la chair de poule. J'étais dos à lui, n'osant plus bouger, comment pouvais-je être si à l'aise avec Alice et tétanisée quand il était question de son frère.
« J'ai apporté les brouillons de mes lettres, si tu veux bien les lire ? ».
« Bien sûr, tu es là pour ça non ? ». Sans m'approcher de lui, je tendis la main vers lui pour qu'il me les donne et allai m'asseoir à la table de la cuisine.
Après les avoir toutes lues, je remarquai qu'il s'était assis à table avec moi, il me regardait, attendant patiemment mon verdict et j'dois dire qu'il avait eu raison…
« Ca ne va pas… ». dis-je simplement en me levant pour me servir un verre de coca, je m'apprêtais à ranger la bouteille mais me ravisai en pensant à tout le travail que l'on avait à faire.
« Tu…j'ai l'impression que c'est mon grand-père qui les a écrite…avec le dossier que t'as, tu rentreras dans l'université que tu veux, là on dirait que tu te vends pour rentrer dans l'armée…t'as que dix-sept ans et on est en 2009… ». Je lui tendais ses feuilles et croisai les bras en m'adossant contre la chaise, le jaugeant un moment avant de reprendre la parole.
« Quel âge as-tu Edward ? ».
« Dix-sept ans, tu viens de le dire… ».
« Te fou pas de moi…tu fais plus que dix-sept ans, ce qui m'amène à penser que tu as été transformé a plus que ça et… tu n'as pas été transformé l'an dernier…si ? ».
« Je te trouve bien désinvolte de nouveau… ».
« Alice m'a dit que vous ne mordiez pas les humains…j'ai plus peur de toi… ». Le rythme de mon cœur prouvait le contraire et on savait tous les deux qu'il l'entendait mais j'avais besoin de cette pseudo-agressivité envers lui pour me maintenir la tête hors de l'eau.
« Alice…bon très bien…pose tes questions… ». Il posa les feuilles sur la table en s'assurant qu'elles étaient bien alignées les unes sur les autres, Edward Cullen était un vampire maniaque.
« Euh…quel âge as-tu ? ».
« J'ai dix-sept ans…ou cent neuf ans, tout dépend de la personne en face de moi.».
« Tu fais plus vieux… ».
« Je trouve qu'un siècle, c'est déjà pas mal… ».
« Tu…bon, est-ce qu'il y a beaucoup de similitude avec la saga ? ».
« Beaucoup trop à mon goût… ».
« Comment est-ce arrivé ? J'veux dire…c'est un vampire qui a vendu la mèche ? ».
« C'est compliqué, Jennifer… ».Visiblement, il ne voulait pas que je prenne cette direction, je devais trouver rapidement quelque chose d'autre avant qu'il ne décide qu'il était temps de parler d'autre chose.
« Très bien…Vous n'avez pas les yeux dorés ou rouge…j'ai vu tes crocs, vous avez aussi du venin ? ».
« Non… Anne Rice est plus proche de la vérité…».
« Ok et à moins que mon cerveau ne m'ai joué des tours dû au fait que Jasper a sauté à trois mètres du sol, vous ne brillaient pas au soleil… ».
« Non, on le supporte assez bien…pas trop longtemps quand même, il finit par nous tuer à long terme… ».
« Ouais…mais tu trouves que y'a des ressemblances quand même ? J'veux dire bon…les noms, les physiques…ok mais à part ça…oh mon dieu ! Et les Quileutes ? Ils… ». Apprendre l'existence de vampires m'avait tellement retourné que j'en avais presque oublié les loups…
« Oui, ils existent…mais ils ne se transforment pas uniquement en loups, ils peuvent…bref, la différence c'est qu'ils n'en ont pas après nous, c'est propre à l'histoire ça. ».
« Super…t'en a d'autre comme ça ? Il existe quoi encore ? Dracula ? Lestat ? Lucian ? Oh je sais…Sélène. Ou peut-être des sorciers ? Attends…vos dons ? Vous les avez ? ». A cette pensée, je devins blême, s'il pouvait réellement lire dans les esprits des gens, j'étais foutue…mais ça ne devait pas être le cas, il m'aurait déjà tué…peu importait qu'il soit humain ou non, il ne laisserai pas une folle comme moi, vivre.
« Je ne les ai jamais rencontré personnellement…donc je ne sais pas, mais qui sait…peut-être ont-ils pu être plus discrets que nous et ça expliquerai les romans. Pas de sorciers à ma connaissance et pour les dons…oui nous les avons bien… ». Mes yeux s'ouvrir comme des soucoupes et un son indéfinissable sorti de ma bouche.
« Mais…je ne t'entends pas. ».
« Comme Bella ? Et elle aussi, elle existe ? ».
« Oui comme Bella et oui, c'est un vampire d'une soixantaine d'années. ».
« Incroyable…tu sais…quand je disais qu'elle m'énerve…je…et puis à ton sujet… ».
« Ne t'inquiète pas pour ça et j'ai dit qu'il y avait des ressemblances…pas que c'était moi. ». Il leva les yeux vers moi et sans que je comprenne comment, nous éclations de rire à l'unisson, me permettant enfin de me détendre un peu. Si un jour on m'avait dit que je rigolerai avec un vampire dans ma cuisine, j'avais d'ailleurs de la chance qu'il soit aussi séduisant, avoir Dracula aurait fait un peu désordre quand même…
« Les Volturi ? ». demandai-je reprenant mon souffle.
« Oui ».
« Les Denali ? »
« Oui ».
« Renesmée ? ».
« Non. ».
« Hum, dommage…elle aurait été à croquer… ». Edward rigola de plus belle alors que je comprenais à peine la plaisanterie que je venais de faire, il fallait vraiment que je travaille mes expressions courantes…