Bonjour tout le monde !

Va bien ?

Petite fic (enfin le milieu) de Nouvel An ! =D

Recevez tous plein de foi gras et de coquilles Saint Jacques et les r(ev)endez pas dans vos toilettes après ! (Hum, sympathique ! Grosse flemme de refaire une présentation, alors je change juste quelques mots dans les phrases de celle du chap' 1. Ca peut faire bizarre, je vous l'accorde. C'est pour ça que voue m'aimez =D Et puis le chapitre en lui-même, c'est pas le premier, vous en faîtes pas, c'est bien la suite ^^)

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Alors alors :

Qu'est-que-c'est ? une fic en trois (ou quatre) chapitres, pratiquement écrits, en tous cas tous dans ma tête. Et j'ai eu du temps dans mon face à face avec les vaches, la semaine dernière, pour les écrire. Enfin pas en entier, l'en reste encore un peu.

Persos : A Gundam & Cie, comme d'hab

Chanson : Elles sont nombreuses, des vers pris par ci par là... Y'a du Piaf, du Tryo.

Breffons.

Rating : Probablement T

Résumé : Le blues de la chemise bleue. Il y a une chemise au fond de l'armoire de Duo, mais -arf- elle est bleue. Et elle ne vient pas de n'importe qui (chapitre 1). Tant pis, on la porte. Et on analyse nos sentiments. Fin non, c'est les autres qui analysent pour nous, et ça nous fait pas plaisir (chapitre 2).

Parce que : Inspi, et temps pour écrire. I pis pour Nowel An !

Merci : Aux gentilles qui m'ont reviewée sur le chapitre précédent !

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Rapidement : En italique et entre '' '', c'est ce que Duo ou Quatre entendent par oreillette. A ne pas confondre avec la phrase en italique de Heero, entre « », qui signifie juste que l'histoire repart de là. Bref, vous verrez bien.

Voili voilou !

Chapitre 1 : Blue

Chapitre 2 : Blues


BLUE SHIRT BLUES

Chapter 2 : Blues

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« Bonjour tout le monde !

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Il est là.

Il est arrivé.

Duo retient sa respiration. Il est dans son dos, il ne le voit pas encore.

Scène au ralenti pour Duo qui se retourne en même temps que ses amis répondent aux salutations du Japonais.

Enfin, il le voit. Enfin, il le regarde.

Et... Duo ne s'attendait pas du tout, mais alors .Tout à cela :

Alors que le Japonais plus beau, toujours plus beau, se tient devant lui avec un grand sourire, alors que le Soleil joue dans ses cheveux couleur corbeau, alors que ses yeux bleu-gris lui sourient très forts, Duo ressent...

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Rien.

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Non, rien de rien (non, je ne regrette rieeeenn...).

Pas le moindre papillon dans le ventre, pas le moindre mini vertige, pas la moindre chaleur aux joues... Vraiment, rien du tout.

Duo cligne des yeux, se demande si son système nerveux assure toujours la comm' entre son cerveau et son corps. Il se pince même très fort et estime que, oui, tout fonctionne bien. Et que, aouch ! il s'est fait vraiment mal tout seul, le couillon.

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Non, Duo ne ressent rien, si ce n'est un sourire amical -et juste amical- qui fleurit sur son visage.

Et un peu de mélancolie dans ses yeux aussi : c'est quand même une page de sa vie qui se tourne avec l'extinction de ce crush d'adolescence. C'est triste.

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Le japonais a toujours ses yeux, toujours son sourire, toujours son visage (sans blague, il les a pas bradés ?). Il porte une simple chemise blanche, un jean bleu, le tout avec son éternelle classe décontractée que Duo lui enviait jusqu'à il y a peu. Aux pieds, des Puma fines, blanches et noires.

Ses yeux bleu-mer-polaire se posent sur Duo, le regardent avec attention. Avant que ses yeux se fixent sur...

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Gloups, pense Duo (non, il a trop de dignité pour déglutir tout haut-tout visible). Les yeux se fixent sur la chemise bleu à traits violets.

Le non-natté d'un jour jurerait avoir vu de l'étonnement dans le regard gris-bleu.

Mais le sourire est toujours là et le regard n'est plus sur lui, alors Duo ne sait pas trop si Heero a reconnu la chemise qu'il lui a offerte il y a neuf ans. Chemise qui est censée avoir été échangée contre une autre.

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« Heero ! »

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Réléna revient, un tube de crème solaire à la main, et serre fort Heero dans ses bras.

Quatre suit, il a l'air de meilleure humeur, mais Duo remarque qu'il évite soigneusement de regarder Trowa. Il ne lui a visiblement pas pardonné d'avoir parlé de son copain tout à l'heure.

Duo regarde Réléna qui se rassoit en couvant Heero du regard.

Réléna, ça fait bien plus longtemps que Duo qu'elle est passée à autre chose, mais on ne guérit jamais vraiment d'un crush qui dure longtemps.

Tout comme Duo sait que même si, visiblement, il n'est plus attiré par Heero maintenant, il aura toujours une espèce de tendresse pour lui, Léna ressent encore un petit quelque chose de particulier quand elle revoit le Nipo-suèdois. Pas de l'attirance, mais un truc un peu différent de l'amitié.

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« Alors, Heero, le boulot t'a retenu si longtemps ?

-Visiblement. J'ai choisi médecine, j'assume jusqu'au bout. Mais, putain, j'en ai trop marre.

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Duo surveille Réléna qui se met quand même de la crème solaire, histoire que son alibi pour faire bouger Quatre loin de Trowa tout à l'heure soit un peu crédible.

C'est vrai que ça tape fort, et il faudrait pas que Duo se chope un coup de Soleil.

Alors il garde un œil sur la crème pour pas qu'on la lui vole tout en blablatant gentiment avec Heero.

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-T'en es où, là ?

-Internat, médecine nucléaire. IRM, tout ça... Là j'ai un stage aux épreuves d'effort, j'interprète des scinti, tout ça. Mais ça me soule le CHU, c'est vraiment merdique.

-Bah, suffira que tu t'installes en libéral après. En plus tu gagneras plein de thunes, ça sera tout bénèf' ! »

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Duo est étonné de sa facilité à dialoguer (tout en surveillant que personne ne va lui voler la crème après que Léna en finisse) avec Heero. Il parlait déjà avec lui, bien sûr, avant, mais il n'était jamais vraiment à l'aise, parce qu'il était convaincu que se lâcher avec Heero le trahirait et que le Japonais devinerait qu'il avait des sentiments pour lui.

Mais là, il a l'impression de parler avec un simple pote. Et il est trop fier de lui-même. Fini le petit Duo amoureux, le petit Duo timide, le petit Duo qui fait tout pour être célibataire quand il revoit Heero en espérant que cette fois, peut-être, sera la bonne.

Oui, Duo est de nouveau sur le vrai marché des célibataires.

Bizarrement, il se sent libre. Il se sent puissant.

Et il sourit puissance 10 000 watts, même que Quatre fronce des sourcils parce qu'il ne reconnaît pas l'attitude habituelle de Duo envers Heero.

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« Léna, ferme pas le tube, j'en prends aussi. Donc, Heero, tu t'installeras en libéral après.

C'est une question-affirmation. Quand tu t'attends pertinemment à un oui ou à un non, et que tu veux juste une confirmation.

-Finalement, non. Je vais faire ma thèse l'an prochain et tenter d'avoir le poste d'assistant à l'hôpital.

-Tiens, c'est nouveau ça ? Pourquoi faire ?

Duo lève haut les sourcils, étonné, et il a l'air pas crédible avec sa crème solaire à la main.

Il se concentre pour ne pas trop en sortir du tube, parce qu'il veut juste s'en mettre sur le visage. Il a le bout du nez très sensible, et les joues homards-traces des lunettes de soleil façon « j'ai passé mes vacances au ski et je me suis pris un méchant coup de Soleil », très peu pour lui.

Il dépose un peu de la mixture blanche sur chacune de ses joues et son front, enlève ses lunettes de Soleil qu'il dépose sur la table blanche, avant de reporter son attention et son regard sur Heero, tout en commençant à étaler la crème.

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S'en suit une réaction générale, déconcertante pour le jeune homme châtains.

Tout d'abord, plus un bruit. Même les piou-pious et le vent respectent la minute de silence.

Ensuite, une attitude bizarre chez ses amis.

Heero qui ouvrait la bouche pour répondre la referme sans rien dire, en vrillant Duo d'un regard ahuri d'abord, calculateur ensuite.

Quatre qui portait son cocktail à ses lèvres pour se rafraîchir quelque peu avale de travers en reposant le verre sur la table, la main devant la bouche, essayant d'être le moins bruyant possible, ce qui est parfaitement vain dans le silence soudain.

Trowa qui écoutait la conversation, intéressé, et attendait visiblement la réponse du Japonais, regarde Duo comme s'il ne l'avait jamais vu avant, et semble avoir complètement oublié qu'il parlait avec les autres avant.

Réléna qui discutait avec Sally de l'envie de cette dernière d'avoir un enfant avec son homme s'arrête au beau milieu d'une phrase en dévisageant Duo, bouche bée, les yeux grands ouverts. Son interruption ne choque visiblement pas Sally puisqu'elle-même n'a plus l'air de savoir de quoi elle parlait juste avant, toute occupée qu'elle est à fixer le jeune homme.

Même Wu Fei, hétéro avéré, est saisi par ce qu'il voit. En même temps, hétéro ne signifie pas aveugle, même si un homme a plus de mal à voir la beauté chez ceux de son sexe que les femmes entre elles.

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Et Duo, ses pâtés blancs de crème solaire pas encore étalée sur le visage, est le point de convergence de tous ces regards.

Et il est gêné et ne sait pas quoi faire :

Quand tout le monde te regarde, que tu sais pas pourquoi, ben c'est dur de faire en sorte que ce soit plus le cas.

Et puis reprendre contenance en s'étalant de la crème solaire sur le nez, c'est pas forcément évident.

Enfin, un mouvement dans le camp en face : un immense sourire de Quatre.

L'héritier se lève, attrape Duo par un bras, prend ses lunettes de Soleil dans l'autre main et entraîne son meilleur ami à l'intérieur.

Lequel se laisse faire, encore sous le choc des réactions excessives de ses amis.

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Sur la terrasse où sont restés lesdits amis, un étrange silence subsiste. Tous ont suivi des yeux les très longs cheveux soyeux et bruns emmenés comme leur propriétaire à l'intérieur de la « maison ».

Puis un raclement de gorge de Wu Fei, un toussotement de Trowa, un gloussement de Réléna, un soupir de Sally, et les discussions reprennent en même temps comme s'il n'y avait pas eu d'interruption :

« Oui ça fait deux mois qu'on n'utilise plus de contraception.

-C'est pas forcément évident de s'installer en libéral, si ? C'est pour ça que tu restes à l'hôpital ?

-Ca doit être génial d'être parent ! J'aimerais vraiment être Maman !

-Il reste à boire ? »

Heero reprend sa conversation avec Trowa et Wu seulement, puisque son principal interlocuteur s'est fait séquestrer à l'intérieur, mais il est un peu pensif.

Et il se dit que des choses ont bien changées, sans qu'il ne s'en rende compte. Et qu'il faut rattraper cette erreur.

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« Tu m'expliques ce qui s'est passé là ? Qu'est-ce que vous aviez tous à me regarder comme ça là ?

Quatre est mort de rire, et il n'arrive même pas à enchaîner trois mots. Il entraîne un Duo qui ne comprend pas grand chose devant un des nombreux miroirs de la demeure Winner. Les personnes riches doivent se complaire dans leur propre contemplation dans un miroir, et principalement les Winner, parce qu'il en a absolument partout.

Mais Duo, lui, y voit juste qu'il a l'air stupide avec ses points de crème solaire.

Il étale tout ça, vérifie qu'il n'a plus de trace blanche, puis se tourne vers son ami qui s'est remis de son fou-rire.

-Tu vas me dire ce qui se passe maintenant ? Pourquoi tu m'as emmené ici ?

-J'avais raison, répond simplement le blond, visiblement très fier de lui.

Il fait un signe de tête vers son miroir.

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Duo regarde et se dit que son meilleur ami est devenu con. Il est passé sous un bus et il a perdu un bout de son demi-neurone au passage ou quoi ? Pourquoi il le fait se regarder ?

-Nan mais sérieux, tu me fais quoi là ?

-Quand tu regardes le miroir, tu vois quoi ?

-Moi, une cicatrice en forme d'éclair sur le front et ma famille décédée autours, tu crois que c'est le miroir du Risèd et que je suis Harry Potter ou quoi ? Qu'est-ce que tu veux que je vois à part mon reflet et le vase à X milliers d'euro à côté de moi ?

- Sérieusement, regarde-toi et dis-moi ce que tu vois.

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Looong soupir de Duo. Il se pose sérieusement des questions sur son meilleur ami. Sénile si jeune, c'est triste.

-Je vois un gars qui a eu 27 ans aujourd'hui et qui se sent vieux. Il a un jean noir et une chemise bleue... euh... des cheveux longs bruns, un menton, une bouche, un nez, des yeux bleu indéfini qui ressemblent à rien alors que tous ses potes ont des putains de z'yeux...

-Et c'est là que tu te trompes.

Resoupir.

-Non Quatre, on sait tous les deux que vous avez des yeux de malades.

-Oui oui, je sais qu'on est beaux, nous autres. Mais c'est sur tes, je cite, « yeux bleu indéfini qui ressemblent à rien » que tu te trompes. Et j'ai découvert ce que je te trouvais de changer tout à l'heure... C'est...

Duo attend que Quatre accouche de sa révélation, le blond ayant décidé de faire durer le suspens jusqu'au bout.

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-C'est... ?

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Le châtain est déjà lassé et sent que ce que Quatre va dire est parfaitement stupide. D'une manière générale, Duo n'aime pas que quelqu'un se permette de juger et de parler de son physique.

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-Tu portes des lentilles maintenant.

Non, sans blague. Quatre t'as trouvé ça tout seul ou quelqu'un te l'a soufflé ? Tu ne serais pas blond, après tout ?

Duo s'attendait à être déçu par la nouvelle, là il est carrément exaspéré.

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-T'as l'air sceptique Duo.

-Non non, t'en fais pas j'ai bien conscience que je porte des lentilles de vue et je ne suis absolument pas sceptique quant au fait que j'ai plus de lunettes.

Au tour de Quatre de soupirer.

-T'as décidé de pas comprendre ou quoi ?

-Je vois juste pas pourquoi tu me parles de ça.

-Oui, t'as décidé de ne pas comprendre. Bon sang Duo, t'avais des yeux moches...

-Merci.

-Des yeux moches, je disais, du temps où t'avais des grosses loupes qui les rétrécissaient et qui les déformaient. Et t'avais un physique de poulet qui faisait que t'étais pas beau même quand tu les portais pas. Maintenant c'est plus le cas, et les amandes qui te servent d'yeux ont une putain d'attractivité sur nous autres mortels.

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Là, Duo veut bien croire qu'il a l'air sceptique. Ce que Quatre lui dit, c'est que, sans ses lunettes, il ressemble à quelque chose ?

-T'as toujours ressemblé à quelque chose, ducon. T'as juste pas assez confiance en toi pour t'en rendre compte, débile que t'es. Mais là, avec tes yeux à nus, tu es... gaaah. Et tu as porté tes lunettes de Soleil tout le temps depuis que t'es arrivé, sauf dans la chambre, c'est pour ça que y'a que là que tu me paraissais différent.

Ca se tiendrait... presque.

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Duo se regarde dans la glace. Oui, c'est vrai que ses yeux sont pas trop mal. Le bleu-myosotis est plutôt violet-mauve, avec des petites touches de bleu foncé. Ses yeux, en fait, ne sont pas pâles du tout comme à une époque. Soit, il a des yeux pas si moches que ça.

M'enfin, de là à faire hyper-ventiler tous les mono-neurones qui lui servent d'amis, il en doute quand même un peu. Y'a pas que les yeux dans un physique, y'a le reste du visage aussi qui doit suivre, pour être beau. Et ça, il sait depuis toujours que, s'il n'est pas laid, il n'est pas une bombe.

-D'accord Quatre. On va dire que t'as raison. Et après, pourquoi ils m'ont fait toute une scène Wu, Tro, Réléna et Sally ? C'est pas parce que j'ai plus de lunettes qu'il faut me chier des bulles !

-Duo, Duo, Duo. T'imagines pas comme des lunettes peuvent changer une physionomie. Franchement. Tiens, remet ça. »

Duo n'aime pas trop le ton condescendant du blond. Il attrape quand même ses lunettes de Soleil que Quatre lui tend, et les remet sur son nez.

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Si certains ont la classe avec des lunettes de Soleil, d'autres ont l'air de pecnots croisés à des touristes qui savent pas ce qu'ils font à la place de la Concorde alors qu'ils cherchaient la Tour Eiffel. Et Duo fait clairement partie de la deuxième catégorie.

La forme des lunettes y est pour quelque chose, certaines vont mieux que d'autres, mais celui qui les porte peut avoir ou non un physique à lunettes, tout comme certains ont une tête à chapeau alors que d'autres ressemblent à des têtes de glands dès qu'ils ont quoi que ce soit sur le crâne.

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Bon. D'accord. Quand Duo se voit, là, avec ses lunettes, il reconnaît qu'il est objectivement beaucoup moins beau que sans. Soit.

Mais, d'une, il ne va certainement pas le dire tout haut.

De deux, il maintient que la réaction de ses amis n'est quand même pas appropriée au changement entre Duo avec et Duo sans lunettes.

Il se permet quand même un petit sourire, un petit peu content d'être un minimum séduisant.

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« Ca va être plus facile, hein, pour draguer Heero maintenant que tu te sais beau.

Tiens, Heero, il l'avait oublié. Et d'ailleurs ça tombe bien, il voulait en parler à son meilleur ami.

-Dis Quatre, je crois que je suis plus amoureux de lui.

Le blond le regarde en plissant les yeux.

-Tu essaies de te convaincre en disant ça, ou tu penses vraiment que c'est le cas ?

-Je sais pas vraiment. C'est bizarre que je sois plus sous son charme comme ça, d'un coup. Mais c'est plus pareil qu'avant.

Quatre n'est pas sûr de comprendre. Il voudrait plus de détails. Il fait partie de ses personnes qui veulent montrer qu'ils s'intéressent à ce que leur racontent les autres.

Et ces personnes préfèrent conseiller que juste écouter.

Or, pour conseiller correctement, il faut avoir toutes les cartes en mains. Il faut être au courant de tout, des sentiments, des paroles, des gestes, des réactions chimiques, des risques d'explosion, ect.

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Quatre ne fait rien à moitié.

-Mais... Tu ressens quoi quand tu lui parles ? Quand tu le vois ? Quand tu l'entends dans ton dos et que tu ne sais pas s'il te regarde toi ou le porte-parapluie hideux que mon père à fait acheter il y a deux mois ? Quand il a une inflexion de voix que tu ne sais pas interpréter ? Quand il te poses des questions sur toi ? Quand il s'intéresse à ta vie ?

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Duo ne s'attendait pas à autant de questions. D'autant que les trois quarts des situations ne lui sont pas encore arrivées aujourd'hui, puisqu'il n'a pu parler que dix minutes avec Heero avant de se faire séquestrer devant ce miroir.

-Euh... Je viens de discuter de sa vie pendant moins d'un quart d'heure, j'étais pendant ce temps là assis, face à lui et je voyais très bien qu'il nous regardait chacun notre tour selon qui parlait. Il parlait tout à fait normalement, pas d'inflexion de voix, rien qui change, toujours son sourire, tout ça. Pas de porte-parapluie hideux dans les coins, pas de question sur moi ou ma vie. Et quand je l'ai vu, ce que j'ai ressenti, c'est rien.

Ah, songe Quatre. C'est sûr que ça n'aide pas à se faire une idée sur ses sentiments ce manque de mises en situation. M'enfin quand même, ça le chiffonne :

-Rien du tout ? Du tout du tout ?

-Pas de papillons, pas de chaleur, rien. J'étais juste content de le revoir, comme je l'étais pour Trowa...

-Rrrrr

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Précepte Quatre : on ne parle pas de Trowa devant lui sans y apposer un nom ami qui le place à cette position d'ami aussi.

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-...Trowa ou toi, ou Wu Fei, ect...

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Bon, là c'est mieux. Encore que, par contre, le fait que son meilleur ami le mette lui-même à la même hauteur affective que les autres, il ne devrait pas l'accepter. Il existe une hiérarchie à respecter entre amis, non mais oh !

Mais ce n'est pas le débat en cours.

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-Bon. Je pense que la seule chose à faire c'est que tu continues à te comporter comme tu le sens venir sur le terrain, et que tu me fasses un rapport ce soir. On établira ensuite une théorie, puis éventuellement une stratégie selon ce que tu désires.

-Quatre. Si je ne l'aime plus, je désire rien d'autre qu'être son ami. Ca paraît logique, non ?

Quatre prend une bouille de gamin boudeur.

-Moui, mais moi je suis plus soutenu par quelqu'un d'autre dans ma recherche de l'amour, et ça me fait triste. Je me sentais pas seul au moins, quand je savais que toi aussi t'étais malheureux en amour.

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Correction, Quatre a pris une bouille de gamin boudeur ET égoïste, ET égocentrique ET autre rapport du monde à son petit nombril.

Et Duo se marre.

-Beh non, hé, patate : maintenant que je cours plus après ce grand truc plein de cheveux, j'aurai plus de temps pour t'aider à séduire le chaton. On va bien s'amuser, tu vas voir ! Là on va pouvoir faire une mission commando avec observation de terrain, stratégie et tout et tout.

Malheureusement, Quatre est déjà convaincu de l'échec que susciterait forcément une telle mission.

-C'est toi la patate. Tu l'as pas entendu dire tout de suite qu'il avait un copain ? Et bon au pieu en plus ? Quel intérêt il aurait à échanger une valeur sûre contre moi ?

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Aaah, Quatre Quatre Quatre. La manipulation et toi, ça fait deux hein ? Enfin non, tu la pratiques à merveille, tellement que tu crois que personne ne peut jouer avec toi. Grave erreur, ne jamais sous-estimer l'adversaire.

Bon, te l'expliquer sans que tu te vexes maintenant.

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-Peut-être – ce n'est qu'une hypothèse – qu'il essayait juste de te rendre jaloux.

Le blond tire une tête que le poisson pas frais de base ne renierait pas et demande d'une voix toute aussi stupide que l'est son visage :

-Ben, pourquoi il aurait fait ça ? Il sait très bien ce que je ressens pour lui.

-Tu t'acharnais à me trouver ce qui t'avait choqué dans la chambre. Et tu me regardais pas vraiment discrètement, et tu me scannais au point que même moi ça me gênait. Sans compter que tu l'as envoyer chier sans t'en rendre compte. Que t'as pas réagi la première fois qu'il a parlé de son copain, et que c'est là qu'il s'est mis à parler de sa vie sexuelle. Ca a choqué tout le monde autant que toi, je vois pas pourquoi il aurait abordé le sujet pour le plaisir. Surtout en face de toi qu'il sait attiré par lui.

-Tu as deviné tout ça tout seul ?

Duo est content de voir le sourire revenir sur la tête de son labrador préféré. Il est aussi très fier que son copain d'enfance qui organisait tous leurs plans de gamins qui se prennent pour des héros tuant des ennemis imaginaires reconnaisse enfin son talent de stratège à lui.

Il en rajoute donc avec un grand sourire très sûr de lui.

-C'était soit ça, soit il voulait clairement te faire comprendre qu'il est pas intéressé par toi et que tu le lâches.

Si Quatre était un soufflé aux légumes, au hasard, on pourrait sans aucun doute dire qu'il est retombé. Mais comme il n'est qu'un humain, on dira qu'il a de nouveau une bouille toute triste et qu'il s'est ratatiné sur lui-même.

Et Duo se rend compte de l'erreur de son excès de zèle.

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-Je disais pas ça pour que tu tires cette conclusion, ô Toi à la blondeur absolue. Il t'a toujours aidé et soutenu depuis tes quinze ans, il va pas s'amuser à te faire comprendre maintenant que tu le fais chier. Il te l'aurait dit bien avant sinon.

-Oui mais j'étais border-line à l'époque, il a attendu que je ne sois plus aussi fragile qu'avant pour me signifier qu'il en avait marre de moi, peut-être.

-Mais non, abruti. Il aurait profité de ta tendance suicidaire pour te faire du mal et se débarrasser de toi sans avoir à te tuer lui-même.

-Tu penses vraiment ce que tu dis ?

Quatre à de grands yeux épouvantés, se demandant si son ami est réellement convaincu de ce qu'il avance, s'il croit vraiment Trowa capable de tuer quelqu'un, même indirectement.

-Mais non. T'es vraiment crédule, c'est pas croyab'. Mais un ado, même mature comme il l'était, ça s'encombre pas d'un ami qu'il n'apprécie pas. Il le laisse sur le pavé sans forcément réfléchir aux conséquences. Il l'a pas fait à ce moment là, je vois pas pourquoi il le ferait maintenant.

Le blond est un peu rassuré.

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Il reprend même visiblement espoir, ce que Duo comprend entièrement quand il part en courant dans un couloir latéral en lui lançant un ga(y)i « Reste là, je reviens ! » et qu'il réapparaît quelques minutes plus tard avec deux oreillettes.

-Tiens, mets-la ! On est toujours en contact, on entends ce que l'autre dit, et si tu veux me faire comprendre que c'est à moi que tu parles, tu appuies sur le bouton, là, y'a un bip qui attire mon attention et je suis toute ouïe à ce que tu me diras. Et vice-versa. Essaie de parler à Trowa seul à seul à un moment ! »

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C'est à ce moment précis, là, exactement maintenant, que Duo se dit qu'il n'aurait peut-être pas dû déployer tous ses talents de stratèges devant son ami.

Que ledit ami va lui pourrir le reste de son week-end, puisque son rôle sera celui d'entremetteuse au lieu d'être celui du travailleur de force en congés.

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Triste vie.

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« Dites-donc, un instant, on a cru que vous étiez morts ! Vous vous êtes perdus ?

Grand sourire de Duo à Réléna.

Mais c'est vers Trowa qu'il se tourne pour répondre avec toute l'innocence du monde plaquée sur le visage.

-On avait quelque chose d'important à se dire. Mais c'était personnel, juste entre nous deux, ça concernait personne d'autre. Puis y'avait quelque chose qui allait pas à Quatre et qu'il a voulu m'en parler, pour qu'on puisse régler ça ensemble. Tiens d'ailleurs, maintenant que tu m'y fais repenser, justement par rapport à ça...

Duo repose ses lunettes noires sur son nez.

Quatre fait les gros yeux à Duo puis se rend compte que celui-ci sous-entendait volontairement que peut-être eux-deux sont plus qu'amis, pour rendre jaloux Trowa encore plus.

Il se demande si les verres foncés permettent quand même à Duo de voir le regard du chaton devenu fauve, que s'il avait des lasers à la place des yeux, il l'aurait déjà exterminé avec.

Duo, lui, ce qu'il se demande, c'est si Trowa a interprété sa dernière phrase comme le résultat de leur conversation au blond et lui, à savoir, par exemple, que si Quatre et lui sont en effet plus que des amis, Quatre n'aurait pas voulu que Duo dévoile devant des personnes pouvant potentiellement être attirés par lui ses si beaux nouveaux yeux.

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L'homme aux très longs cheveux n'est pas sûr d'avoir réussi cette dernière manœuvre. Bon, il n'est pas l'as de la manipulation, soit. Ce n'est pas son métier, il n'est ni commercial ni politicard. Mais vu les yeux assassins de Trowa, il estime avoir pas mal réussi son coup dans l'ensemble.

Il en déduit également que sa théorie est la bonne, à savoir que Trowa s'intéresse à Quatre.

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C'est un bon premier pas.

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« Toc toc toc ?

-Léna, tu peux éventuellement frapper pour de vrai ou me demander directement si tu peux rentrer au lieu de dire ''toc toc toc''. Viens. »

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Chambre de Duo, où il est seul. 18H30.

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Il est concentré sur la conversation de Quatre avec Wu Fei, dans un couloir. Rien de bien intéressant.

C'est maintenant que ça change. Quatre, aux bruits de pas que Duo perçoit dans son oreillette, marche. Véritables coups frappés à une porte, une invitation à rentrer d'une voix que Duo ne reconnaît pas, trop lointaine, trop déformée.

Mais il arrête d'y faire attention. Il a une vie aussi, et il n'a pas envie de vivre en permanence celle de son ami.

Faire abstraction des paroles entendues dans l'oreillette.

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Duo regarde la jeune et belle femme se faufiler par la porte entrouverte qu'elle referme derrière elle.

Échange de grands sourires tendresses.

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A partir du moment où ils n'ont plus couché ensemble, entre la Première et la Terminale, c'est un lien fraternel qui s'est tissé entre eux. Très vite, très fort. Une sœur qu'il s'est choisie et qui le considère aussi comme son frère.

Ce n'est pas la même chose que Hilde pour Duo, bien sûr. Il n'y a pas de gradation dans celle des deux qu'il préfère, le lien de sang comme le fait qu'il en ait choisie une des deux ne sont pas des facteurs d'appréciation plus forte.

Il les a chacune haït à certain moment comme on haït sa sœur. Sauf qu'il savait qu'il était obligé de revoir Hilde puisqu'ils habitaient dans la même maison, quand ça arrivait alors qu'il avait toujours la peur de ne pas se remettre bien avec Réléna.

Enfin bref.

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Sa sœur de cœur, comme elle se plaît à s'appeler toute seule, s'assoit à côté de lui sur le grand lit.

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« Alors ça y est ?

Duo reste interdit.

-Euh... ''Ca y est'' quoi ?

Sourire de la brune.

-Tu as enfin réussi à ne plus l'aimer.

Affirmation. Elle le sait. Il ne demandera pas comment, elle le connait tellement qu'ils se lisent l'un dans l'autre. Sauf quand un des deux veut couper la communication, bien sûr.

-Oui. Non. Comment dire... Je n'ai pas ''réussi à ne plus l'aimer''. Ca s'est fait tout seul. J'ai rien demandé.

-Oh.

Un sourcil au yeux violets levé.

-''Oh'' ?

-Ben, je trouve que c'est triste. Plus triste que se forcer soi-même à ne plus remarquer une certaine personne jusqu'à ce que ça s'estompe pour de vrai, comme je l'ai fait.

Incrédulité, toujours dans le camp violet :

-Tu rigoles ou quoi ? Je me sens enfin libre depuis mes quinze ans ! T'imagines ce que ça peut signifier pour moi ? Je vais enfin pouvoir construire quelque chose de stable avec quelqu'un sans me dire que dès que je le reverrai je me poserai forcément des questions sur mon couple !

Petit soupir féminin. Libre ?

-Pourtant c'était comme un trésor, non ? Comme ton trésor. Ton amour pour Heero, c'était un petit feu qui brillait en toi. Y'avait que ceux qui te connaissent très fort qui le voyaient, qui voyaient comme t'étais heureux dès que Heero t'accordait un tout petit petit peu d'attention, et que ça les rendait heureux aussi. »

Duo se dit que Réléna est bien une fille pour penser des trucs comme ça, mais c'est le moment que choisi un certain ''bip'' issu d'une tout autre réalité pour se faire entendre, suivi par la voix déformée de Quatre à son oreille gauche : ''Je suis d'accord avec elle''.

Mine boudeuse de Duo.

« Bon, visiblement, vous avez décidé de me faire déprimer, moi qui étais si content de ne plus l'aimer. »

Rire chaleur de Léna, en même temps que celui lointain de Quatre à son oreille, suivi de la voix de Heero, encore plus lointaine : ''Je peux savoir ce qui te fait rire dans ce que je viens de dire ?''.

.

Quatre ? Avec Heero ? Pourquoi faire ?

Non, non, on s'en fiche de la vie de Quatre, on vit le moment présent qui nous appartient. Pas l'autre.

Il va finir schizophrène Duo, dans cette histoire.

.

Réléna reprend son sérieux, tout en gardant un grand sourire très très heureux :

« Duo, je voulais te le dire à toi en premier, avant de l'annoncer à tout le monde : je vais me marier dans six mois.

-Génial ma belle ! Ma petite sœur se marie, j'hallucine. Là, franchement, je prend un coup de vieux.

-Dis-toi qu'on a le même âge et que, en fait, je ne suis pas ta vraie petite sœur.

Bouille boudeuse (oui, encore) de Duo.

-Mais ! Si, t'es ma sœur. Et d'ailleurs, tu vas te marier sans même me présenter l'heureux élu. Enfin, si heureux que ça, peut-être pas, mais l'élu tout court au moins.

Petit coup de poing dans l'épaule de Duo, grimace du frappé.

-Mais c'est que t'as de la force en plus, fourbe femme que tu es !

-Non, je ne te l'ai pas présenté, je ne voulais pas l'effrayer.

-Roooh, méchante, tu vas le regretter ! »

Duo allonge le bras et fait tomber Réléna sur le dos avant d'entreprendre de la chatouiller, encore, encore, encore.

Jusqu'à ce que, enfer et damnation, dans une sournoise manœuvre qui a la qualité d'être efficace, elle réussisse à reprendre la main dans la partie et se retrouve à califourchon sur un Duo à plat ventre, totalement impuissant, qui n'en peut plus de rire.

.

« Arrête ! Lénaaaaa ! Stop! »

.

Il finit quand même par pousser sur ses bras et soulève son grand corps d'ex poulet devenu aigle royal avec son attaquante sur le dos, qui tombe couchée sur le matelas en rigolant, Duo à côté d'elle lui tenant la main dans une des siennes, et de l'autre lui caressant gentiment les cheveux.

.

« Piouf, je suis morte ! C'est une vision du sport de chambre que je n'avais plus visitée depuis bien longtemps !

-Tais-toi, si quelqu'un t'entends dire quelque chose comme ça et le rapporte à ton futur mari, tu vas pleurer.

-Personne ne ferait ça ici. »

Ils se regardent tendrement, comme un frère et une sœur. Puis se rappellent en même temps leurs « incestes » passés, il y a de ça plus de dix ans ce qui ne les empêche pas de détourner les yeux en rosissant.

.

« C'est marrant. On a quand même bien changé depuis le lycée.

-Et oui. On a pris des rides.

Réléna le regarde, le jauge du regard, puis ajoute :

-Tu sais, les autres aussi ils ont changé.

-Mh ?

Ou ''Pourquoi tu me dis ça ?''

-Tu vois, ça fait sept ans que je me suis forcée à me détourner de Heero. Et j'ai bien vu qu'il n'était plus le même que pendant notre adolescence, alors que je me raccrochais à cette image que j'avais de lui tout le temps où je me suis pensée amoureuse de lui.

-Moui, et... ?

-Et, toi, c'est naturellement que tu ne l'as plus aimé. Toi, tu vas enfin pouvoir le voir tel qu'il est maintenant, et si ça se trouve, cette nouvelle personne que tu ne connais pas parce que tu lui plaquais toujours l'image du Heero adolescent, elle va te plaire de nouveau. Pour de vrai.

Duo la regarde, un peu incrédule.

-Ce que tu me dis, c'est que tu me souhaites de retomber amoureux d'un gars alors que j'ai enfin réussi à me débarrasser de mes sentiments pour lui ? Mais vous êtes tous malade à vouloir me maquer avec lui, c'est pas possible !

-Duo. Je veux pas te maquer avec lui. Je veux que tu te sentes bien avec lui d'abord comme ami au lieu de te comporter comme un handicapé du sourire comme tu le faisais avant face à lui, et, éventuellement, que tu te rendes compte qu'il a vraiment changé et qu'il pourrait te plaire tel qu'il est. Parce que je suis sure que jusqu'à maintenant, à chaque fois que tu le revoyais et que tu te disais « punaise, je l'aime toujours », c'est en pensant à son lui d'avant. En le comparant à avant sans vraiment le comparer. Comme si tu relisais toujours la même page d'actualités prise sur internet que tu aurais enregistrée sur ton PC pour pouvoir la voir sans connexion internet et que du coup elle se met pas à jour. Tu grandis, tu comprends plus de choses en la lisant, tu la trouves plus intéressante, mais elle date de y'a plusieurs années, ta page internet. Reconnecte-toi, appuie sur « actualiser », et vois.

Ne soupire pas de lassitude, ne lève pas les yeux au ciel, Duo. Les femmes n'aiment pas ça.

Le jeune homme répond simplement :

-Et moi, je te dis que je ne veux plus tomber dans le piège d'être amoureux de quelqu'un pendant douze ans et que ça me pourrisse toutes mes autres relations et toutes mes possibilités de finir heureux. »

.

Bip ! ''Moi, je suis d'accord avec Léna.''

.

Tais-toi, songe Duo.

.

Tiens, il est de nouveau tout seul, Quatre ?

.

.

.

« Je peux savoir ce qui te fait rire dans ce que je viens de dire ? »

.

Quatre s'est invité dans la chambre de Heero.

Il sait très bien que Duo écoutait sa conversation précédente avec Wu Fei, et il voudrait bien qu'il écoute ce que Heero pourrait avoir envie de dire à son sujet.

Parce que Quatre, dans sa grande sensibilité, avait bien senti que le nipo-suédois regardait Duo d'une manière différente depuis aujourd'hui.

Mais Quatre n'est plus sûr que Duo écoute sa conversation.

Il l'entend en effet parler avec Réléna.

.

''Alors ça y est ? ''

''Euh... Ca y est quoi ?''

''Tu as enfin réussi à ne plus l'aimer ?''

.

Quatre, contrairement à Duo, est tout à fait capable d'écouter la conversation de son meilleur ami sans que rien n'y paraisse et qu'il soit toujours aussi spontané ou presque devant son propre interlocuteur. Merci ses vidéoconférences couplées à des coups de fils qu'il prend justement avec son oreillette, et qu'il suit parfaitement les deux à la fois.

Et pourtant, c'est dans ces cas là-de chiffres astronomiques dont on parle. Alors là, de simples mots, il peut retenir sans problème et gérer ses deux conversations à la fois. La virtuelle et celle avec un réel interlocuteur.

Ici, Heero, qui l'a accueilli tout sourire.

.

« Dis donc, t'es arrivé tard toi.

-J'ai pas vraiment eu le choix. Toi qui bosses aussi comme un forcené, tu sais aussi bien que moi que ça relève de l'impossible de se débarrasser de tout travail non-exécuté. Et puis j'avais pas le choix.

Rire turquoise.

-Non, ce n'est pas comme des forcenés du travail que tu devrais nous voir, mais plutôt comme des perfectionnistes. Duo est un forcené du travail mais il vit très bien de faire son boulot par dessus la jambe de temps en temps quand il sait que ça risque de lui bouffer son week-end.

-J'avais des dossiers que j'avais pas fini cette semaine. Et la différence, c'est que s'ils sont mal faits, je dois les refaire.

-J'ai dit que Duo le faisait par dessus la jambe, pas mal. Il le supporterait pas. Il s'arrange pour que ça soit tout juste comme ça doit être au lieu d'être parfait.

-Alors il est un peu perfectionniste sur les bords aussi.

Acquiescement du blond.

.

''Oui. Non. Comment dire... Je n'ai pas ''réussi à ne plus l'aimer''. Ca s'est fait tout seul. J'ai rien demandé.''

''Oh.''

'' « Oh » ?''

''Ben, je trouve que c'est triste. Plus triste que se forcer soi-même à ne plus remarquer une certaine personne jusqu'à ce que ça s'estompe pour de vrai, comme je l'ai fait.''

.

Tiens, c'est pas faux songe Quatre.

-Dis, j'y pense. Duo sait exactement ce que je fais comme métier, mais moi j'ai aucune idée du sien réellement.

Quatre lève haut un sourcil.

-Me regarde pas comme ça, je sais parfaitement ce que Wu Fei, Réléna, Sally, Trowa et toi faites, mais pour lui je... j'ai un trou. C'est dans la mécanique, non ?

-Je trouve juste ça bizarre. C'est ton pote depuis douze ans et t'en sais rien ?

-Arrête de me faire culpabiliser. Il parlait jamais avant, il m'a jamais parlé de lui. Je sais pas comment vous faites, tous, pour trouver qu'il a un gros sens de l'humour. Moi il a jamais essayé de me faire rire.

Sourire du blond.

-Ah. Oui c'est vrai qu'il est timide avec certaines personnes.

.

''Tu rigoles ou quoi ? Je me sens enfin libre depuis mes quinze ans ! T'imagines ce que ça peut signifier pour moi ? Je vais enfin pouvoir construire quelque chose de stable avec quelqu'un sans me dire que dès que je le reverrai je me poserai forcément des questions sur mon couple !''

.

Quatre se dit que si Duo avait entendu ce qu'il vient de dire à Heero, il l'aurait déjà descendu. Mais son meilleur ami n'est vraiment pas du tout capable de suivre deux conversations en même temps et est complètement enfermé dans son dialogue avec Léna.

C'est bien dommage, parce que, que Heero s'intéresse à sa vie, ça lui ferait plaisir, même si maintenant il n'est plus amoureux.

Enfin bref.

Ne pas faire attention au sourcil très haut levé dans le nid de corbeau qui tient lieu de cheveux à Heero.

-En vrai, il a fait ingénieur, tourné vers la mécanique en effet. Mais c'est différent de mécano de base, quand même. Mais pourquoi ça t'intéresse, soudainement ?

Marmonnement du nipo-suédois.

-Je sais pas. Il a changé. Il est plus ouvert qu'avant avec moi, avant je pensais qu'il ne me portait juste pas dans son cœur, mais à parler sur la terrasse avec tout le monde tout à l'heure, je me suis rendu compte qu'il connaît bien trop de choses à mon sujet alors que moi je sais pas grand chose de sa vie actuelle. Et il parle beaucoup plus qu'avant. Et ça m'énerve.

.

''Pourtant c'était comme un trésor, non ? Comme ton trésor. Ton amour pour Heero, c'était un petit feu qui brillait en toi. Y'avait que ceux qui te connaissent très fort qui le voyaient, qui voyaient comme t'étais heureux dès que Heero t'accordait un tout petit petit peu d'attention, et que ça les rendait heureux aussi.''

.

Elle voit bien les choses, Léna. Quatre est tout à fait d'accord avec elle.

Il le fait d'ailleurs savoir à Duo, en camouflant ça pour Heero par un toussotement.

.

''Bon, visiblement, vous avez décidé de me faire déprimer, moi qui étais si content de ne plus l'aimer.''

.

Quatre rit de la remarque de son ami. Oups. Heero est en face de lui et ne semble pas tout comprendre.

-Je peux savoir ce qui te fait rire dans ce que je viens de dire ?

-Rien. Si, tout : il ne parle pas plus qu'avant, enfin pas pour nous. Mais c'est sûr que, par rapport à ce que, toi, tu étais habitué, ça doit te changer.

Sourcil toujours plus haut dans le nid de corbeau.

-Et... Pourquoi ?

-Je sais pas. Je suis pas dans sa tête.

-Oui mais vous êtes proches. Très proches. D'ailleurs ça te dérange pas que je te parle de lui ?

Grand éclat de rire. Mais vraiment, Duo doit même en avoir mal aux oreilles. A bah non, il parle encore, il s'est rendu compte de rien.

.

''Duo, je voulais te le dire à toi en premier, avant de l'annoncer à tout le monde : je vais me marier dans six mois.''

''Génial ma belle ! Ma petite sœur se marie, j'hallucine. Là, franchement, je prend un coup de vieux.''

''Dis-toi qu'on a le même âge et que, en fait, je ne suis pas ta vraie petite sœur.''

''Mais ! Si, t'es ma sœur. Et d'ailleurs, tu vas te marier sans même me présenter l'heureux élu. Enfin, si heureux que ça, peut-être pas, mais l'élu tout court au moins.''

.

Bon, y'a des choses que Quatre n'aurait peut-être pas dû entendre. Tant pis, il s'arrangera avec sa conscience. Qui est relativement sans scrupule donc il ne se fait pas de soucis.

En tout cas, il est vraiment heureux pour Réléna.

.

Mais il doit reprendre sa propre conversation.

.

-Tu veux dire que je pourrais t'en vouloir de parler de mon copain ? Pardon, je veux dire de mon – juste – meilleur ami ?

Mince sourire bleu-gris soulagé, dont son propriétaire n'a même pas conscience.

Puis interrogation visible sur son visage.

-Mais alors, c'était quoi votre petit numéro tout à l'heure, le « on avait des choses très personnelles à régler ensemble, ect » ?

-Du foutage de gueule.

Quatre n'en dira pas plus de lui-même.

Mais Heero semble avoir compris tout seul : il se marre.

-Pauvre Trowa.

-Non. Pas pauvre Trowa, je suis pas d'accord.

.

''Mais c'est que t'as de la force en plus, fourbe femme que tu es !''

''Non, je ne te l'ai pas présenté, je ne voulais pas l'effrayer.''

''Roooh, méchante, tu vas le regretter !''

.

C'est qu'ils s'amusent, dans la chambre de Dudule ! Quatre penche pour la bataille de chatouille.

Visiblement, Duo vient de se faire maîtriser par Léna, à en juger par ses supplications à répétition.

Trèèèès viril.

.

-Bref, j'étais pas venu pour parler de Trowa.

-Mais pour parler de... ?

-De rien en particulier.

Regard bleu-gris inquisiteur.

Mais la conclusion vient des yeux turquoises :

-Bon, je te laisse, jeune homme. Si tu veux en apprendre plus sur ton ami de lycée que tu connais depuis douze ans et que tu sais même pas son métier, je te propose d'aller lui parler en direct. Surtout si t'as l'impression qu'il te parle plus qu'à une époque. Et cogite sur ce dont on vient de parler.

-Toi aussi.

- ?

Quatre lève un sourcil. Lui, cogiter ? Mais sur quoi ? Y'a rien qu'a été dit pour lui dans la conversation, si ?

Mais Heero d'achever (certainement pour éviter au blond de se faire du mal en réfléchissant) :

-Si je t'ai dit « pauvre Trowa », c'est que il y a bien une raison. »

.

Quatre sort en fermant la porte derrière lui. Les rires étouffés de Duo et Léna tintent toujours à ses oreilles. Les gamins.

Mais Quatre ne part pas loin de la chambre de Heero. Ca non.

Il se cache, et, comme il l'avait prévu, le Nipo-Suèdois sort de sa chambre, et se dirige vers celle de Duo.

Quatre jubile. Il le suit, renonçant à toute prudence.

Il voit Heero toquer.

Toquer encore.

Des rires, toujours, à l'intérieur. Et pas de réponse.

Quatre jubile un peu moins.

Surtout quand Heero entrouvre la porte, passe la tête à l'intérieur, et que le blond entend à la fois dans son oreillette et en direct, comme Heero, les rires se taire et une certaine phrase.

.

''Piouf, je suis morte ! C'est une vision du sport de chambre que je n'avais plus visitée depuis bien longtemps !''

''Tais-toi, si quelqu'un t'entends dire quelque chose comme ça et le rapporte à ton futur mari, tu vas pleurer.''

.

Oo'

Non, deux phrases en fait.

Quatre ne voit pas la tête de Heero.

Il ne veut pas la voir. Alors il fuit le lâche.

Il entend la porte refermée par Heero en même temps que la voix de Réléna.

.

''Personne ne ferait ça ici.''

.

Le blond entend que Heero reste devant la porte, mais il n'entends plus rien d'autre en rapport avec le Nipo-Suédois, parce que lui-même part looooiin de la chambre de Duo, en se disant qu'il a peut-être fait une connerie avec Heero.

Qu'il aurait peut-être dû écouter les sentiments de Duo, en tout cas ne pas envoyer Heero le voir quand il était avec Réléna.

Bon, on va rien dire à personne, hein. On va se taire.

Courage : fuyons !

« I run, I hide », comme qu'il dirait, l'autre. Et éventuellement « I'll lie ».

.

''C'est marrant. On a quand même bien changé depuis le lycée.''

''Et oui. On a pris des rides.''

.

Le mieux, au point où il en est, c'est d'écouter l'évolution de la conversation de son meilleur ami et d'aviser.

D'arranger.

Et puis Quatre est de ces personnes qui aiment les commérages et connaître en détail la vie des autres.

C'est son truc.

Comment ça, intrusif ?

Bref. On écoute ce que dit la future mariée qu'il est pas censé le savoir pour l'instant.

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''Tu sais, les autres aussi ils ont changé.''

''Mh ?''

''Tu vois, ça fait sept ans que je me suis forcée à me détourner de Heero. Et j'ai bien vu qu'il n'était plus le même que pendant notre adolescence, alors que je me raccrochais à cette image que j'avais de lui tout le temps où je me suis pensée amoureuse de lui''

''Moui, et... ?''

.

Oui, c'est vrai ça, pourquoi elle raconte sa vie elle ?

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''Et, toi, c'est naturellement que tu ne l'as plus aimé. Toi, tu vas enfin pourvoir le voir tel qu'il est maintenant, et si ça se trouve, cette nouvelle personne que tu ne connais pas parce que tu lui plaquais toujours l'image du Heero adolescent, elle va te plaire de nouveau. Pour de vrai.''

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C'est bizarre comme point de vue. Justement, ça serait plus facile pour elle de retomber amoureuse normalement de lui, non ?

Réfléchis Quatre, doit y'avoir une raison logique à ce qu'elle dise ça.

Bon, soit, parfois on croit que ses sentiments se sont éteints naturellement, et au final on se rend compte après que ce n'était pas le cas, alors qu'on en était vraiment convaincu.

.

''Ce que tu me dis, c'est que tu me souhaites de retomber amoureux d'un gars alors que j'ai enfin réussi à me débarrasser de mes sentiments pour lui ? Mais vous êtes tous malade à vouloir me maquer avec lui, c'est pas possible !''

''Duo. Je veux pas te maquer avec lui. Je veux que tu te sentes bien avec lui d'abord comme ami au lieu de te comporter comme un handicapé du sourire comme tu le faisais avant face à lui, et, éventuellement, que tu te rendes compte qu'il a vraiment changé et qu'il pourrait te plaire tel qu'il est. Parce que je suis sure que jusqu'à maintenant, à chaque fois que tu le voyais et que tu te disais « punaise, je l'aime toujours », c'est en pensant à lui avant. En le comparant à avant sans vraiment le comparer. Comme si tu relisais toujours la même page d'actualité sur internet que tu aurais enregistrée sur ton PC pour pouvoir la voir sans connexion internet et que du coup elle se met pas à jour. Tu grandis, tu comprends plus de choses en la lisant, tu la trouves plus intéressante, mais elle de y'a plusieurs années, ta page internet. Reconnecte-toi, appuie sur « actualiser », et vois.''

.

Dis-donc, elle est forte Réléna. Quatre, là, il l'admire très fort.

Il imagine très bien le soupir et l'exaspération difficilement contenus de Duo. Il n'aime pas qu'on analyse sa façon de voir les choses et de gérer ses sentiments.

Il déteste ça, encore plus quand celui qui se permet de faire ça a raison, même s'il n'en est pas vraiment conscient.

.

''Et moi, je te dis que je ne veux plus tomber dans le piège d'être amoureux de quelqu'un pendant douze ans et que ça me pourrisse toutes mes autres relations et toutes mes possibilités de finir heureux.''

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Tiens, ça l'étonne même pas, cette réponse.

Mais Quatre tient à dire ce qu'il pense de ça, lui aussi.

« Moi je suis d'accord avec elle. »

Duo ne le lui répond pas, mais le blond est certain d'entendre par la pensée le sage « ta gueule » qu'il voudrait lui dire.

.

.

.

« Tiens Quatre, tout seul dehors ?

-Oui. Comment tu m'as retrouvé, sale jeune ?

-Je te cherchais pas spécialement. Hasard.

Duo s'accoude à côté de Quatre à la rambarde de la terrasse.

Regarde l'herbe verte impeccablement coupée.

.

-T'as réfléchi à ce que Léna t'a dit ?

-Y'a rien à réfléchir.

-C'est dommage.

Duo se demande combien de fois il a pu soupirer aujourd'hui. Beaucoup en tout cas.

Et une fois de plus.

.

-Je vous comprends pas, Léna et toi. Sérieux, pourquoi vous voulez absolument qu'il me plaise ?

-Parce qu'on pense que tu lui plais.

Ah, ricaner, c'est la première fois par contre. Il se serait pas permis avec Réléna.

Mais ça ne plaît pas à Quatre non plus.

.

-Arrête de te foutre de moi. Je le pense vraiment. T'as pas écouté ce qu'il m'a dit.

-Non. J'ai ma vie, je ne tiens pas à m'immiscer dans celle des autres.

-C'aurait été t'immiscer dans ta propre vie que d'écouter ce que Heero et moi nous disions.

Duo aimerait vraiment que Quatre arrête de lui parler de lui. Il en a marre.

Pourquoi toujours rabâcher sur quelqu'un qui ne compte plus comme avant pour lui ?

Pourquoi on ne veut pas lui laisser le droit de le considérer juste comme un ami ?

Les amis qui veulent t'imposer une vie, c'est lourd à la longue.

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-Quatre. C'est pas ma vie. C'est plus ma vie. Arrêtez de me l'imposer dans toutes mes conversations, j'ai l'impression d'avoir parlé que de lui depuis que je suis arrivé. Et ça m'énerve.

Parle à mon cul, ma tête est malade : Quatre ne relève pas, et complètement hors de la conversation, il tourne Duo face à lui en lui tirant doucement l'épaule.

Il enlève les lunettes de Soleil que Duo a remises sur son nez et lui embrasse le front.

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-T'es beau, Duo. Arrête de te cacher derrière ton éternel manque de confiance en toi et vis ta vie pour de vrai. Au lieu de nous obliger, nous qui t'aimons, à te la faire vivre.

Ses lèvres se posent brièvement sur celles de Duo qui répond doucement au court baiser.

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-Arrête d'analyser mes sentiments. Tu m'énerves.

-Je sais. Mais tu sais pas te lire toi-même, il faut bien qu'on t'aide. Allez, va chasser ta proie au lieu de dire des bêtises et de ruminer ici.

Sourire amical.

-J'ai pas de proie. Je ne chasse personne. Je me sens bien comme ça. Si comme tu le dis je plais à Heero, déjà je ne ferai en aucun cas un premier pas vers lui. J'en ai trop fait par le passé, et là je n'ai même plus de raison d'en faire. Après, s'il se décide, je verrai. Peut-être que je découvrirai quelqu'un que je ne connais pas si bien que ça et qui me plaît, en effet. Comme Léna l'a dit. Sinon, tant pis, ce sera un bon ami.

-Dis, t'as pas couché avec Léna tout à l'heure ?

Un sourcil châtain levé très haut, une moue dégoûtée.

-C'est quoi cette question ? Bien sûr que non !

-Pas besoin de faire cette tête, Léna est une très belle femme !

-Tu pourrais me poser la question avec Hilde, je le ressentirai pareil. Tu t'imagines avoir une relation sexuelle avec une de tes sœurs ? C'est immonde !

-Soit. Bark, horrible.

.

Ils s'accoudent de nouveau à la rambarde, en silence.

.

Un ange passe.

Non, un troupeau d'anges, au dessus de deux autres tombés sur Terre, qui pensent à leur vie, à ce qu'ils en ont fait, à ce qu'ils n'en ont pas fait.

A ce qui ne leur arrivera peut-être jamais, à si c'est mieux comme ça, aux « qu'est-ce que je rate ? ».

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-Et toi ? Pourquoi tu ruminais ici quand je suis arrivé ?

-Parce que je suis mélancolique.

-Ah ? De quoi ? De l'époque où tu t'approchais d'un peu trop près de la piquouse, où on avait des devoirs à faire tous les soirs et où on testait nos premières expériences de jeunesse ensemble ? Oui, moi aussi je regrette la dernière. C'était bien, ces moments où tu testes tes limites, où tu te connais pas encore vraiment.

Quatre tourne le visage vers les profil de Duo, avec un sourire gentil.

-Tu ne te connais toujours pas.

-Et toi, bien sûr, tu me connais mieux que moi alors qu'on se voit maxi une fois tous les deux mois. On devrait se voir plus souvent d'ailleurs. Tu me manques.

-Dis donc, je croyais que t'étais un handicapé des sentiments, c'est rare que tu dises des trucs comme ça. Bref. Je pense qu'il y a des choses que tu ne vois pas de toi et qu'on connaît tous ici.

-Peut-être.

Leurs yeux se rencontrent de nouveau.

Duo aime bien quand Quatre l'embrasse comme tout à l'heure. Ca le rassure. Comme un meilleur ami nous prend dans ses bras pour nous protéger de l'extérieur.

Duo le prend dans ses bras, comme ça.

Parce que le grand garçon de 27 ans voit que son ami n'est pas au meilleur de sa forme mais que c'est à lui qu'il remonte le moral. Et que c'est pas normal.

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-Alors Quatre, de quoi tu es mélancolique ?

-De cette époque où j'étais convaincu que, même s'il n'était pas intéressé par moi, je finirais par être avec Trowa un jour. Où je pensais qu'il était à moi et qu'il pensait la même chose. Je le vois s'éloigner et partir, là, et je peux pas le rattraper. Je peux rien y faire.

Duo resserre son étreinte autour de son meilleur ami qui se laisse aller contre lui.

-Je suis fatigué d'attendre, Duo. Et je me rends compte en plus que c'est en pure perte.

-Chut. Arrête de dire des bêtises. Je vais aller parler avec Trowa. Tu vas voir, tu vas entendre ce qu'il pense de toi, ça va aller mieux.

-Non, je veux pas... Je veux pas entendre exactement ce qu'il va dire. Il le fera en te faisant confiance, et si j'écoute, ce sera comme une trahison. Même s'il est pas obligé d'être au courant.

Les lèvres de Duo s'étirent en un sourire tendresse.

Il relâche ses bras d'autour de Quatre tout en gardant ses mains dans les siennes.

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-Tu grandis Quatre. C'est mignon. T'as qu'à couper ton oreillette. On verra après si c'est nécessaire de la rallumer. Moi je garde la mienne, au cas où t'aurais quelque chose à me dire, OK ?

-Voui. C'est dommage que t'aies pas entendu ce que Heero disait de toi.

-Arrête de me parler de lui, s'il te plait, je vais finir par le prendre en grippe sans qu'il m'ait rien fait. »

Un dernier baiser sur le front du blond au châtain. Un sourire. Une caresse sur la joue.

Un merci.

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To be continued again !

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Tadam !

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La suite est déjà en partie écrite.

(Naus, t'as de l'inspiration pendant la nuit. C'est pas bien, les vacances sont presque finies et tu vas être fatiguée. Vilaine. (reproche de moi à moi))

J'espère que ça vous a plu !

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A plus sous l'bus ! =D

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Votre Naus, pour vous frustrer... pardon, servir ! ^^