Chapitre 19 :

POV EDWARD

« Tu l'as embrassé ? ». C'était au moins la vingtième fois qu'Alice me posait la question depuis que j'étais revenu de chez Jennifer, avant-hier soir. La soirée s'était extrêmement bien passée, nous avions beaucoup ri, me donnant même l'impression durant ces quelques heures, de n'être qu'un homme en compagnie d'une merveilleuse femme. J'en avais oublié -ou presque- l'odeur délicat de son sang, appréciant son rire franc et les mimiques de son visage quand elle tentait de se calmer. Elle avait de l'humour, tantôt subtile et agréable tantôt qui me montrait à quel point elle s'entendrait bien avec Emmett. Un sourire niais sur le visage, je revenais à la réalité, tiré de mes songes par des gestes ridicules de ma sœur, s'égosillant à me demander ce qui m'étais passé par la tête et ce qui s'était passé je cite « ex-ac-te-ment ».
« Pour quelqu'un qui voit l'avenir, t'as pas vu grand-chose… ». Me lançant un regard lourd de sens, elle but une gorgée de son nectar qu'elle venait de se servir avant de me répondre.
« Raconte-moi ou j'appelle Emmett… ».
« On parle de moi ? ». Demanda mon frangin qui était entré par la baie vitrée menant au jardin.
« Jennifer vient à la maison demain… ». Dit Alice, les yeux plongés dans le vide. Emmett se tourna alors vers moi, un sourire narquois sur le visage.
« Pas de cochonneries sous mon toit, compris fiston ? ».
« Dégage ! ». Répondis-je, lui balançant le premier truc qui m'était tombé sous la main, soit le livre de biologie.
« Alors tu la fais venir ici hein ? ».
« En fait, …c'est elle qui a demandé, pour te voir…elle veut te parler. ».
« Je sais, je sais…j'ai hâte ! ». Elle sautillait dans tous les sens en sortant de la cuisine. Demain allait être une longue, très longue journée.

Après avoir fini les devoirs de biologie, je me dirigeai vers mon piano que je n'avais pas touché depuis quelques semaines. J'étais inspiré, laissant mes doigts glisser sur les touches de l'instrument, j'écoutai comme un spectateur la musique qu'y se jouait un peu à mon insu puis rejouant certains passages d'une main, j'écrivais les notes sur une partition. J'avais plus composé en trois mois qu'en un siècle d'existence, l'entrée –plutôt fracassante- de Jennifer dans ma vie m'inspirait peut-être un peu trop. Rangeant les partitions, je regardai Rosalie s'asseoir à mes côtés, pianotant quelques notes de musiques qu'elle avait apprise à force de me voir jouer.
« Je me suis toujours demandée pourquoi j'étais une garce égoïste et sans cœur dans la saga… ».
« Tu…Elle n'est pas vraiment une garce, ce n'est qu'une carapace pour se protéger. ».
« Hm… ».
« Qu'est-ce qu'il se passe Rose ? ».
« Je crois que ça me plairait d'avoir une nouvelle amie… ». Je me figeai un instant, surpris par ses paroles.
« Oh non ! Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ? Esmée me regarde déjà avec des yeux pleins d'espoir…papa sera forcément de l'avis de maman, je n'avais plus que toi. ».
« Je suis désolée Edward mais avoue qu'elle t'attire, et même si l'idée d'avoir une humaine dans les parages ne me plaît pas -pour des raisons plus qu'évidente- je serai ravie que tu ne sois plus seul et avoir une nouvelle amie ».
« Rosalie... ».
« Je suis sérieuse…tu ne peux pas continuer à te morfondre, Bella n'était pas la bonne mais Jennifer l'est peut-être… Réfléchis-y. Evidemment frérot, si tu racontes ça à qui que ce soit…je te démembre. ». Un petit sourire en coin, j'acquiesçai d'un mouvement bref.
« Cela va sans dire. ».
« Bien, à plus tard. ».

Retournant au salon, je retrouvais mes frères en train de jouer à la console et me joignais à eux.
« Allez Eddie, une petite partie que je te mette une raclée ? ». Emmett jouait des sourcils en me tendant une manette.
« Tu y joues tous les jours…c'est clair que j'vais perdre. ».
« Je n'utiliserai qu'une main pour t'aider ! ».
« Crétin ! ». D'habitude Emmett n'aimait pas jouer avec moi, entendant ses pensées, je savais toujours ce qu'il s'apprêtait à faire. Je me demandai soudainement pourquoi il faisait un effort ce soir alors qu'Alice nous rejoignait, visiblement contrariée.
« On a un problème… ». Dit-elle en se postant devant l'écran pour mieux capter notre attention.
« Oh Alice ! Je déteste quand tu fais ça ! ». S'insurgea Emmett, Jasper s'approcha instinctivement d'elle, quelque chose de mauvais se préparait, Alice me fixait de ses prunelles, elle était terrifiée.
« Quoi ? Quoi ? ». La tête d'Emmett faisait la navette entre nous, cherchant une réponse sur nos visages, je n'aimais pas du tout la tournure que prenait la vision d'Alice, un mauvais sentiment de déjà vu…
« Aro…il vient ici. ». Un mauvais souvenir me revient alors.
« Aro…vous m'avez fait mander ? ». Il était seul dans la bibliothèque, assis sur l'un des canapés en velours bordeaux, un manuscrit entre les mains.
« Edward, oui…je voulais discuter avec toi. Prends place… ». Dit-il en me montrant un fauteuil en face de lui.
« Je vous écoute. ».
« J'ai appris que tu avais trouvé la tua cantante…».
« Oui…c'était il y a longtemps. Elle est morte… ».
« Tu ne lui as pas résisté…un champ mélodieux, n'est-ce pas ? ».
« Oui… ». Je serai les poings à ce souvenir, j'avais trahi la confiance de Carlisle, j'étais devenu ce monstre que je redoutai de redevenir et je m'efforçai, chaque jour un peu plus de me racheter, sachant pertinemment que rien ne pourrait pardonner ça.
« Edward… ». Cette voix m'avait fait tressaillir, me tournant alors…je croisai ses yeux…pourtant si différents à ce jour. Elle était là, en face de moi, plus belle que jamais, me souriant.
« Bella… ». Elle s'approcha d'Aro, prenant sa main pour la baiser, signe d'allégeance.
« Elle était bien trop précieuse… ». Plongé dans ses prunelles, je me sentais attiré, un bourdonnement m'empêchant toute concentration, je n'entendais que ses pensées…pour la première fois. Soudainement, elle lâcha prise me permettant ainsi de revenir à la réalité.
« Comment va Stephenie ? ». Me demanda-t-il alors.
« Bien…Damon s'en occupe. Tout semble marchait comme vous le souhaitiez… ». Répondis-je simplement.
« Parfait ! Bien nous allons nous sustenter…tu te joins à nous ? ». Je refusais poliment avant de retourner dans ma chambre, elle n'était pas morte…tout du moins pas au sens stricte du terme. Je me demandai alors ce que ça changeait pour moi…

Aujourd'hui, j'avais la réponse…