Bonjour tout le monde !

Va bien ?

Petite fic (enfin le milieu de la fin, ou alors la fin du milieu, à vous de voir) de l'Épiphanie pour ceux pour qui c'est le 6/01 ! =D

Vous gavez pas trop de galette et choisissez bien vos rois/eines si vous avez la fève (et si vous l'avez plusieurs fois, profitez-en pour tester la polygamie, pourquoi pas ?). Puis faites du sport après pour éliminer votre régime-galette. Conseil comme ça. Bref.

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Alors alors :

Qu'est-que-c'est ? une fic en quatre chapitres, pratiquement écrits, en tous cas tous dans ma tête. J'ai pris du temps sur mes nuits (hum...) pour vous écrire tout. Enfin pas tout à fait tout, l'en reste encore un peu.

Persos : A Gundam & Cie, comme d'hab

Breffons.

Rating : Probablement T

Résumé : Le blues de la chemise bleue. Il y a une chemise au fond de l'armoire de Duo, mais -arf- elle est bleue. Et elle ne vient pas de n'importe qui (chapitre 1). Tant pis, on la porte. Et on analyse nos sentiments. Fin non, c'est les autres qui analysent pour nous, et ça nous fait pas plaisir (chapitre 2). Et on se parle pour tout démêler, parce que bien sûr ça part en cacahuète, ça serait pas intéressant sinon. Puis on s'en prend quand même tout plein à la figure. (Chapitre 3)

Parce que : Inspi, et pas de temps pour écrire mais je m'en crée en vivant des journées de 18h au lieu des 15 habituelles. Oui, je vais bientôt claquer, je sais.

Merci : Aux gentilles qui m'ont reviewée sur les chapitres précédents !

PS : Je suis sûre de rien pour les fautes d'orthographe (encore moins que d'habitude je veux dire) parce qu'il est tard, quelques unes ont pu échapper à la correction automatique et à mon œil de lynx maniaque de l'orthographe. Je m'excuse pour les éventuelles fautes que vous pourrez trouver.

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Voili voilou !

Chapitre 1 : Blue

Chapitre 2 : Blues

Chapitre 3 : Shirt


Chapitre 3 : Shirt

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« Alors Quatre, de quoi tu es mélancolique ?

-De cette époque où j'étais convaincu que, même s'il n'était pas intéressé par moi, je finirais par être avec Trowa un jour. Où je pensais qu'il était à moi et qu'il pensait la même chose. Je le vois s'éloigner et partir, là, et je peux pas le rattraper. Je peux rien y faire.

Duo resserre son étreinte autours de son meilleur ami qui se laisse aller contre lui.

-Je suis fatigué d'attendre, Duo. Et je me rends compte en plus que c'est en pure perte.

-Chut. Arrête de dire des bêtises. Je vais aller parler avec Trowa. Tu vas voir, tu vas entendre ce qu'il pense de toi, ça va aller mieux.

-Non, je veux pas... Je veux pas entendre exactement ce qu'il va dire. Il le fera en te faisant confiance, et si j'écoute, ce sera comme une trahison. Même s'il est pas obligé d'être au courant.

Les lèvres de Duo s'étirent en un sourire tendresse.

Il relâche ses bras d'autour de Quatre tout en gardant ses mains dans les siennes.

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-Tu grandis Quatre. C'est mignon. T'as qu'à couper ton oreillette. On verra après si c'est nécessaire de la rallumer. Moi je garde la mienne, au cas où t'aurais quelque chose à me dire, OK ?

-Voui. C'est dommage que t'aies pas entendu ce que Heero disait de toi.

-Arrête de me parler de lui, s'il te plait, je vais finir par le prendre en grippe sans qu'il m'ait rien fait. »

Un dernier baiser sur le front du blond au châtain. Un sourire. Une caresse sur la joue.

Un merci.

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« J'ai faim.

-Ca tombe bien, Trowa, on est ici pour manger.

-Merci Duo, abruti. J'exprimais juste ma joie.

-'Bruti toi-même. »

Et le smile ultra-bright qui fait comprendre qu'on aime bien l'autre quand même.

D'un seul côté, le sourire.

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Petit buffet d'amuse-gueules classes et fort sympathiques. Et surtout, abondants.

On mange debout en parlant par groupe selon conversations et/ou affinités, et en tournant de temps en temps, bien sûr. C'est bien plus pratique.

Sujets ? Politique (bien sûr, c'est LE sujet qu'on finit toujours par aborder. Autant se débarrasser des conversations chiantes au début de la soirée), intérêts communs, petit blabla sur telle ou telle star, ect.

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Quatre s'est dirigé vers le petit comité formé par Wu Fei, Heero et Sally, tout en envoyant un regard de merci à Duo.

Duo qui a compris que c'était le moment d'accaparer Trowa pour lui tout seul.

Un petit remontant pour se donner le courage et les mots. Punch ou Sangria ? Il préfère le Punch, mais la Sangria a un effet plus apaisant sur lui alors que l'autre le rend un peu plus nerveux.

Et pour approcher Trowa qui semble avoir quelques griefs contre lui, il vaudrait mieux être zen.

Mouaif.

Un verre de Punch dans la main, Duo tente une approche discrète et subtile pour se retrouver seul avec lui.

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« Léna, ma Chérie, je te l'emprunte.

Réléna qui, bien sûr, a tout de suite deviné quel pourrait être le sujet de conversation envisagé entre Duo et Trowa.

Et a finement suggéré à Duo en s'éloignant dignement :

-Pense un peu à ta vie, aussi. Arrête d'être altruiste. De temps en temps. »

La meilleure répartie de Duo consista en lui tirer la langue en entraînant Trowa à l'opposé de l'autre groupe.

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« T'as quelque chose de particulier à me dire ou tu voulais juste ne pas avoir ta femelle dans les pattes ? Quatre le sait au moins pour elle ? Je croyais que t'étais quelqu'un de sérieux.

Quelle violence, songe Duo.

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Avant levé de sourcil : Euh... Il a dit quoi là exactement ?

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-Toujours aussi direct, dis-moi. Sois pas aussi agressif, je t'ai rien fait.

Grand silence des yeux – pardon, des fentes – vertes.

-Quant à ma « femelle », ça fait à peu près dix ans que je n'ai pas posé les mains dessus. Je croyais que tu savais que je ne vois plus Réléna comme ça.

-C'est pas ce qu'on m'a dit pour cet après-midi.

-Et qu'est-ce que « on » t'a dit, exactement ? Certainement que je me suis fait lamentablement maîtriser par ma « femelle » pendant une bataille de chatouilles ? A mais non, surement pas, vu que tu sembles convaincu que j'ai couché avec elle.

Les yeux verts sont toujours plissés, mais l'expression peut-être un peu moins hargneuse.

Duo repart à l'assaut.

-Et tu me demandes si « Quatre le sait au moins » ? Mais qui se soucie le plus de Quatre, ici ? Tu fais attention à lui, maintenant ?

Incrédulité sur le visage de Trowa.

-Tu rigoles ou quoi ? On reparle de l'adolescence de Quatre ? Tu sais, quand je l'aidais à sortir de ses problèmes. Je ne dis pas que vous avez été inutiles, toi et les autres, mais je pense que son problème ne se serait pas résolu comme ça sans moi. Je suis pas en train de dire que vous vous souciiez moins de lui, mais tu peux pas dire que je ne pensais pas à lui.

Duo n'aime pas que Trowa lui parle du Quatre de l'époque lycée, du Quatre qui se réfugiait plus chez le châtain-roux que chez son meilleur ami. Il sent son ancienne jalousie jamais avouée et qu'il croyait disparue s'agiter, là, dans les coins de son poumon gauche, et remonter dans sa gorge. Dans ses mots.

Et le punch n'est pas pour aider. Il savait qu'il aurait dû placer sa confiance en Dame Sangria.

Il parvient à garder un ton bas. Ne pas attirer l'attention des autres, surtout.

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-Déjà, arrête de parler de « son problème » ! Parle de drogue, de problèmes de communication avec son père, de souffrance, mais ne cache pas ça par un « son problème ». Et au lieu de parler de « son problème » avec les autres, discutes-en plutôt avec lui. Pour de vrai. Quatre, justement, c'est plus un adolescent. Il a grandi, tu sais. Il est capable d'entendre parler de « son problème » sans tes mots couverts, sans tes précautions, sans tout tes... sans tout ça !

-Peut-être que ça te dérange pas de ne pas respecter son silence sur certaines choses, mais moi je n'aime pas tourner le couteau dans la plaie.

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C'est pas croyable.

Duo voudrait le frapper, là, maintenant, tout de suite. Il ne comprend donc rien ? Rien du tout ?

Là, c'est à lui d'être incrédule.

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-Ca me « dérange pas de ne pas respecter son silence » ? Mais qu'est-ce que tu crois, que ça me faisait plaisir quand on avait dix-sept ans et qu'il me parlait en pleurant de son père constamment insatisfait de lui ? De toute la pression qu'il lui foutait parce qu'il était le seul successeur homme et qu'il ne se sentait pas capable d'affronter ça ? Tu crois que c'est en enfouissant tout ça sous un vague « son problème » qu'il a pu prendre la décision de relever le défi ? Punaise, ton « son problème », ton « certaines choses », tes mots vagues qui englobent toutes ses souffrances que tu as certes su soulager par ta présence pour certaines, c'est pas ça qui lui a donné la confiance nécessaire pour entreprendre ce qu'il a entrepris. C'est pas en dissimulant et en taisant toujours un problème qu'on le vainc, c'est pas en ne lui faisant pas face qu'il est devenu ce qu'il est devenu. Oui, tu lui as été très utile. C'est clair que tu étais son petit rayon de Soleil, tu as partagé ta mère avec lui, tu « respectais » son silence sur ces « certaines choses ». Peut-être que ça lui a fait du bien à un moment, et c'était ton rôle. Tu me dis que je tourne le couteau dans la plaie ? Que ça me dérange pas de pas respecter son silence ? Si mes après-midi à le faire parler de l'incompréhension des adultes qui l'entouraient, que ce soit les majordomes détachés qui ne veulent pas se mouiller par rapport à son père, les profs qui le prenaient pour un petit rebelle capricieux ou son père lui-même, si le faire parler de ça ne lui faisait pas du bien, par un certain aspect, tu crois vraiment qu'on serait encore meilleurs amis aujourd'hui ?

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Duo reprend son souffle, il approchait Trowa dans l'intention de voir les sentiments exacts qu'il a envers Quatre, et là il se retrouve à avoir une véritable rancœur contre lui. Ces choses qu'il n'a pas pu dire à Trowa quand ils étaient plus jeunes.

Quand Duo voyait un Quatre rayonnant lui parler de ses après-midi géniales avec le châtain-roux, alors que Duo et lui sortaient encore ensemble, alors que Duo savait qu'il allait passer sa propre après-midi avec son meilleur ami, petit copain à l'époque, à crever l'abcès sur « son problème » comme qu'il dirait l'autre, et à le serrer dans ses bras pour ne pas avoir à regarder en face ses larmes.

Duo qui, à l'époque, en raison de la joie de Quatre à voir Trowa avait contenu sa jalousie contre lui, pour ne pas blesser son meilleur ami.

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Les deux hommes qui n'ont aujourd'hui plus rien d'adolescent, se font face à face, et leurs cinq centimètres de différence de taille, en défaveur de Duo habituellement, sont compensés par sa volonté et son envie de rétablir la vérité. Une vérité.

Leurs regards se confrontent, s'affrontent, un instant. D'égal à égal.

Regards de deux amis, amis ensemble premièrement même s'ils l'ont oublié ce soir, et surtout amis avec une tiers personne qu'ils ont toute leur jeunesse essayé de défendre, chacun à sa manière.

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Duo entend dans son oreillette la voix de Quatre.

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''Tu commences à élever la voix. Les autres n'ont pas encore remarqué, mais baisse le ton, s'il te plait. Ou éloigne-toi.''

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Duo voit le blond qui s'est détaché du groupe le temps de lui dire ça en prétextant qu'il allait chercher du punch. Il entend dans l'oreillette Réléna dire que Quatre est alcoolique en rigolant, l'air de rien, alors qu'elle croise le regard de Duo en lui faisant clairement comprendre qu'elle est attentive à la légère montée de voix elle aussi.

Duo rencontre enfin, pendant un instant, le regard de Quatre, pour de vrai.

Il se dit que le blond doit lui faire vraiment confiance pour juste lui demander de baisser le ton ou s'éloigner, et non pas de se calmer alors qu'il est en train de parler avec l'homme qu'il aime.

Qu'il aime, songe amèrement Duo, qu'il aime alors que l'autre n'a rien compris de lui.

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Duo voit aussi dans le regard de Quatre de la confiance. Et Duo remarque ses yeux un peu luisants. Dès qu'il en a fini avec Trowa, il ira empêcher Quatre de reprendre un verre, il a le regard trop brillant d'alcool à son goût.

Tiens, d'ailleurs le châtain aux longs cheveux échange son verre à pied vide contre un autre rempli du punch orangé. Belle couleur.

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Duo, enfin, reporte son attention sur Trowa.

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-Viens avec moi. On rentre ou on bouge de là. Pas de scandale. Pour Quatre.

-Y'aurait pas de scandale si ça tenait qu'à moi.

-C'est ça.

Duo n'a pas encore dit le quart de ce qu'il a sur le cœur, de ce qui vient de lui remonter de ces temps passés et qu'il croyait oublié.

Mais Trowa ne lui laisse pas le temps de reprendre.

C'est d'une voix incertaine qu'il demande :

-Vous êtes justes... meilleurs amis ?

-Mais oui, putain.

-Ah.

Duo ne sait plus trop pourquoi il est énervé comme ça.

Ils sont descendus de l'éternelle terrasse par un escalier en pierre et marchent sur l'herbe du grand jardin.

L'herbe toujours trop bien taillée.

Il ne fait plus trop jour, les lunettes de Soleil sont inutiles, et d'ailleurs Duo ne les a pas remises depuis sa conversation avec Quatre, tout à l'heure.

Il se met à nu. Il vit sa vie, ne se cache plus derrière son manque de confiance en lui.

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C'est bien ce que t'as dit, Quatre, n'est-ce pas ? Je suis désolé si je fais tout foirer, mais là, j'en ai besoin, de dire tout ça.

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Duo ne sait plus exactement pourquoi il est énervé comme ça, ou plutôt il sait très bien pourquoi il l'était mais pas pourquoi, maintenant, ce simple « ah » le met hors de lui.

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-« Ah » ? Juste « ah » ? Tu crois que c'est suffisant ?

-Je... excuse-moi. Je vous ai vu vous embrasser cet après-midi. Et tout à l'heure, tu as sous-entendu que... que vous sortiez ensemble.

Duo est exaspéré.

-Putain, mais Trowa, c'est pas des excuses que je veux. Enfin pas pour ça, c'était volontaire : je voulais savoir ce que tu pensais de Quatre, justement, je voulais voir ta réaction en le voyant pris, lui qui est célibataire depuis si longtemps.

-Je comprends pas.

Bien sûr qu'il ne comprend pas.

Duo boit cul-sec son presque-fond de punch. C'est pas pour ce qu'il y restait... Mais c'est quand même pas raisonnable.

Il a une envie subite de faire bouffer le verre en cristal à Trowa.

Tout Quatre ça, un verre en cristal pour du punch. Mélange des genres, ses origines riches et extravagantes, et son attrait pour le « populaire ». Tu l'as deviné ça Trowa, au moins, ou ça ne t'a même pas choqué, ce punch et cette sangria dans de tels verres ?

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-Oui, je vois ça que tu comprends pas. Et moi, ce que je comprends pas, c'est ce que tu fais. Ce que tu penses. C'est quoi ton problème à toi, sérieux ?

-Mon... problème ?

-Oui, putain ! Tu sais très bien que tout ce que Quatre veut de toi, c'est être avec toi. Plus que comme ami. Toi, tu le repousses, tu sors avec d'autres, et quand tu crois qu'il s'est trouvé quelqu'un, tu fais une crise de jalousie à la personne. D'un, tu joues légèrement avec lui, et ça, je tolère pas. Pas à mon Quatre. De deux, tu respectes pas son choix puisque tu m'a fait clairement comprendre que tu m'en voulais, croyant qu'on était ensemble. Et ça, je conçois pas tu vois. Quand vous étiez si bien tous les deux au lycée alors que j'étais censé sortir avec lui, alors que je le voyais se détruire pour faire du mal à son père, ça me faisait plaisir pour lui qu'il t'ait trouvé, que tu l'aies trouvé, même si ça me faisait mal. T'imagines même pas à quel point ça me faisait mal. Mais ça me faisait plus plaisir pour lui. Alors j'ai rien dit. Je t'en voulais, mais j'ai rien dit. Par respect pour son choix, j'ai toujours été ton ami. Je me suis écrasé. Ca me dérange peut-être pas de ne pas respecter son silence sur « son problème », mais je le respecte lui. Moi. Toi, tu sembles tenir à lui tout en le repoussant, mais tu fais ta petite crise de jalousie mal placée. Y'a pas un problème à ton agressivité, là ?

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Ce qui énerve le plus Duo, là, maintenant, c'est que Trowa ne le regarde plus dans les yeux.

Il hait les gens qui ne le regardent pas dans les yeux alors qu'il leur parle, qu'ils aient tort ou pas, qu'ils aient peur de lui ou pas.

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-C'était pas par jalousie.

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Pardon ?

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-Tu me prends pour un con ?

Ah, quand même, il le regarde un peu en face. Pas complètement, mais c'est déjà un retour de dignité.

-Non, c'était pas – que – de la jalousie. C'est parce que je croyais que tu avais couché avec Réléna alors que tu étais avec lui. Et moi c'est ça que je pouvais pas tolérer. Je me suis planté sur toute la ligne, apparemment. Excuse-moi.

-Putain, je t'ai déjà dit que je voulais pas d'excuses. Pas pour ça.

Duo ne le dira pas, mais, pour son meilleur ami, le fait que Trowa veuille le protéger d'un copain pas fidèle, ça le rassure un peu. Un petit peu.

Mais on n'a pas fait le tour du problème.

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-Et Quatre ?

-Euh... Quoi Quatre ?

-Ben Quatre, quoi ! Tu comptes faire quoi ? Tu ressens quoi pour lui ? Tu comptes continuer à le repousser tout en essayant de faire peur à tous ceux qui l'approcheront de trop près ? T'as pas fini de le casser ?

-De le casser ?

-Oui, de le casser. De le briser. De l'empêcher de vivre sa vie. T'as peut-être été la bouffée d'oxygène de son adolescence, mais là t'es une pieuvre invisible. Il espère sans doute parce qu'il voit des signaux de ta part, tu le retiens dans tes sales tentacules, et au final tu sors avec d'autres mecs que lui. Tu crois pas que ça lui fait du mal, ça aussi ? Ah, oui, d'ailleurs tiens. Tu me dis que tu ne veux pas remuer le couteau dans la plaie. Tu me fais rire. Tu lui balances que t'as un copain, que vous avez des putains de nuits de sexe ensemble. Sujet tabou, tu le dis toi-même. Et pourtant, tu le casses, ce tabou. Et tu lui fais mal.

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Duo, t'es un maître dans l'art de la culpabilisation.

Mais du coup il rebaisse les yeux.

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-Je... Je n'ai pas d...

-Je sais très bien que t'as aucun copain, je sais très bien que tu te sentais menacé. Génial. Bravo. Très mature. Elles sont où ton expérience et ta maturité légendaires, putain ?

Pour le coup, c'est Duo qui incarne complètement la maturité.

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-Je... sais pas pourquoi j'ai inventé ça, mais il arrêtait pas de te regarder. Ca m'énervait.

-Mais Trowa, on est sortis ensemble quand on était au lycée, on a cassé, entre autre à cause de toi, et pour d'autres raisons aussi. Ca a pas marché à ce moment-là, tu penses quand même pas qu'on allait retenter, si ? On limite la casse, tu crois pas que c'est mieux ? Et en plus tu sais très bien ce qu'il pense de toi, comment tu peux penser qu'il sortirait avec quelqu'un, moi encore plus ?

-Les gens changent. Les sentiments changent.

Duo ferme les yeux, exaspéré.

Voilà, on en revient là. Les gens changent.

Les sentiments aussi. Il en sait quelque chose.

Ils se sont arrêtés de marcher depuis une dizaine de minutes.

Duo respire profondément. Essaie de se calmer.

De faire redescendre le punch.

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-Oui. On change tous. Et Quatre comme les autres, en effet. Il peut aussi ne plus avoir besoin de tes éternelles précautions pour son « problème ». Sans pour autant lui parler de tes copains, imaginaires ou pas. Du moins pas comme ça. Bon, maintenant, je peux savoir pourquoi tu ne sors pas avec lui, toi qui es si concerné par son bonheur, toi qui l'as sorti de la drogue et de son manque d'affection quand vous étiez jeunes, toi qui as fait ce que je... ce que je n'ai pas su faire ?

Oulah. Alcool triste ? Duo a eu du mal à retenir un sanglot sur la dernière phrase, un simple sanglot dans la voix alors qu'il n'a ni larme ni rien d'autre.

Mais c'est tellement dur de voir encore et toujours ce qu'on n'a pas su faire pour son meilleur ami, pour son copain à l'époque.

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Oo'

Il vient de rater un épisode ? Il a été téléporté dans une galaxie parallèle ? Il a changé de dimension ?

C'est quoi ces bras forts autours de lui, là, qui le serrent ?

Woow, attends, il est dans les bras de Trowa là ? C'est une blague ?

De leur bande, il a eu droit à l'affection tactile que de Réléna et de Quatre, jusqu'à maintenant.

Et Trowa étant particulièrement distant d'une manière générale, Duo se demande vraiment ce qui se passe.

Par surprise, il tente de repousser l'agress... pardon, celui qui empiète sur son espace vital de manière soudaine et avec un débordement de gentillesse qui est tout sauf naturelle. Du moins habituelle. Mais l'autre tiens bon et ne desserre pas l'étreinte.

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-Excuse-moi.

-Putain, Trowa, arrête de dire ça. Ca m'énerve, tu comprends pas ? J'ai pas besoin que tu t'excuses dans cette histoire.

-Je m'en fous. Je m'excuse pas comme tout à l'heure, pas pour le quiproquo, ou quoi. Tu m'as dit que tu voulais pas d'excuse. Pas pour ça. Non, là je suis désolé pour le lycée. Pour avoir pensé que j'étais le plus important pour Quatre. Pour avoir été convaincu jusqu'à aujourd'hui qu'il s'en était sorti que grâce à moi. Qu'il est devenu ce qu'il est aujourd'hui uniquement grâce à mon soutien. Pour ce que je viens de te balancer par rapport à remuer le couteau dans la plaie. Je suis désolé. T'as raison, je comprends rien. Je suis con. Je suis désolé de pas avoir compris plus tôt.

Pour le coup, Duo trouve qu'il comprend très bien. Vraiment. Il a trouvé exactement l'élément de sa vie où il s'est senti effacé, dans l'ombre. Exactement le seul pour lequel il avait vraiment besoin que Trowa s'excuse. Et là, maintenant, il se sent un peu plus libre. Il retient d'autres sanglots, toujours isolés, tellement il ressent une intense gratification, un intense soulagement d'avoir dit tout ça, et d'avoir été compris. Enfin.

Il retient ses sanglots, parce que, oh, l'alcool triste a bon dos, mais même avec cette excuse, ça reste Duo qui pleurerait, et c'est juste pas envisageable.

Mais il se détend, subitement. Se laisse aller dans les bras tant voulus par Quatre.

Il se calme. Trowa a vraiment un effet apaisant quand il le veut, c'est impressionnant.

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-Merci.

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Tout simplement.

L'air frais, les bras chauds et amicaux, réconfortants.

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-Quatre et toi, vous n'avez pas cassé que à cause de moi, hein ?

Duo ne veut pas comprendre la question.

-Non. Aussi parce que j'en pouvais plus de le voir se détruire. J'en pouvais plus. Vraiment.

-Et il y avait aussi Heero. Pour toi.

Duo ne voulait pas comprendre la question, mais Trowa ne le laisse pas se défiler, alors il répond comme il peut.

-Oui. Il y avait.

-Il n'y a plus ?

-Non.

Duo sent les bras le relâcher un petit peu (De l'air, hourra !).

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-C'est dommage.

Rooh. Pas chiant tout ce monde-là, dis donc. Duo en a ras la caboche, et cet Heero dont tout le monde parle commence à lui être clairement antipathique.

Il s'écarte carrément de Trowa et commence à marcher vers la terrasse en le plantant là. Tout simplement.

-Tu veux pas en parler.

S'arrêter, respirer, se calmer.

Articuler.

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-Non. Non, je tiens pas à en parler.

-Tu sais, c'est moi qui le connais le mieux.

Duo ricane.

-Autant que tu connais Quatre ?

-Non, autant que celui qui a fait ses études de médecine pendant six avec lui avant de prendre une spécialité différente de la sienne, tout en gardant bien sûr contact avec lui. Autant que son meilleur ami.

Sourcil levé un petit peu. Heero et Trowa, meilleurs amis ?

Duo ne l'avait jamais remarqué, ils ne se comportent pas ensemble comme Quatre et lui, devant les autres. C'est bizarre.

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-Et les meilleurs amis, ça parle, comme tu as pu le voir avec Quatre.

Oui, songe Duo, les meilleurs amis, ça parle. Ca se réconforte mutuellement.

Peut-être que le châtain aux cheveux longs n'est pas le premier homme que Trowa réconforte dans ses bras aujourd'hui.

Mais Duo n'en a cure. Il ne veut plus entendre parler de Heero. Plus jamais. Il en a vraiment marre de prononcer son nom. Il n'a jamais autant parlé de lui, et encore moins contre son gré, que cette après-midi.

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-Il m'a dit de te dire que tu as une belle chemise. Il a ajouté que tu comprendrais.

Duo, pour le coup, lève les yeux droit dans ceux de Trowa.

Le plus grand des deux hommes se sent percuté par le regard.

Comme si son propriétaire lui en voulait d'avoir dit ça.

Comme si son propriétaire venait de ressentir, suite à ce qu'il vient de dire, des sensations qu'il ne voulait pas. Qu'il ne voulait plus.

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Et c'est le cas.

Duo s'en veut de sentir son estomac se contracter légèrement.

Il s'en veut de ne pas être définitivement indifférent à ce qu'on peut lui dire de Heero.

Mais ce n'est pas parce qu'on ressent certaines choses qu'on est amoureux, si ?

Non. Il est juste sensible à un compliment.

Peut-être un peu comme l'émotion de Quatre, la première fois que son père lui a dit qu'il avait fait un bon travail. Qu'il était fier de lui.

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Flash back

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Duo était avec Quatre ce jour là. Le blond venait de finir ses études. Il sortait de Sciences Po., quelques mois auparavant. Sciences Po de Paris, celle où il faut tout juste sortir du Bac et ne pas avoir fait un an de prépa pour y entrer. Celle où il avait été accepté, alors qu'il révisait, en même temps que ce concours, le bac, juste le bac, qu'il avait également eu, et avec mention très bien, s'il vous plaît. Il avait facilement intégré, après ses études supérieures, une société bien connue, à un bon niveau hiérarchique. Son nom, déjà, et puis aussi ses résultats avaient impressionné tout le monde. Personne ne le voyait comme le petit pistonné. Loin de là. Personne ne pouvait ne pas reconnaître son talent de stratège et de prédateur dans ses affaires. Son investissement dans son travail. Son acharnement. Son envie de tout arracher.

Duo était avec Quatre, ce fameux jour où il avait été félicité par son père. Celui-ci avait entendu de chaleureux compliments sur son fils de la part d'un de ses influents patrons. Des compliments qui n'étaient pas du léchage de botte, mais bien des compliments. Qui sous-entendaient que Quatre allait certainement grimper rapidement dans la hiérarchie.

Et le père de Quatre avait beau être difficilement impressionnable, ça lui avait fait très plaisir. Pas le plaisir de l'homme riche qui a engendré une progéniture à son niveau, mais comme un père est heureux pour de son fils. Fier de son fils.

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Quatre avait reçu ses félicitations avec un sourire modeste, comme il sied dans sa famille, et des yeux qui brillaient. Son père avait été touché, parce que c'était rare que son fils ne le regarde pas avec de la haine.

Duo, par hasard, était avec lui ce fameux jour. Quatre avait sourit jusqu'au départ de son père.

Puis, quand l'homme avait quitté la pièce, Quatre s'était tourné vers Duo. Toujours son sourire aux lèvres. Et les yeux, plus que brillants, plein de larmes.

Qui avaient coulées sur la chemise de Duo, quand, sans qu'il le voit vraiment venir même s'il s'attendait à quelque chose comme ça, Quatre s'était jeté dans ses bras.

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« Merci. Merci Duo. »

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Merci d'être là. Merci d'avoir toujours été là. Merci de m'avoir écouté. De m'avoir obligé à faire face à tout ça. Merci de m'avoir convaincu que je vaux autant que mon père, merci de m'avoir conseillé de le rendre fier de moi plutôt que vouloir lui faire du mal. Merci de m'avoir conseillé de l'écouter aujourd'hui alors que je ne voulais pas le voir, mais grâce à toi j'ai pu recevoir ses compliments.

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Duo lui avait caressé les cheveux, doucement, attendant que les larmes et les rires mélangés se calment. Une vraie femme enceinte. Mais certainement plus heureux qu'une femme enceinte.

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fin du flash-back

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Duo est parti loin dans ses pensées encore.

Bref. Ce qu'il a ressenti tout de suite, en entendant le « compliment » de Heero, c'est certainement l'émotion d'entendre enfin ce qu'il aurait voulu entendre beaucoup plus tôt. Pas de l'amour. Plus de l'amour.

C'est voir que Heero a fait attention à un détail. Un minuscule détail qui date de dix ans.

Une chemise qui date de dix ans.

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Le regard de Duo se perd dans l'herbe devenue noire comme le ciel de nuit se teinte de la lumière orange de la grande ville qu'est Paris à une dizaine de kilomètres de là, vers l'Est.

Son sourire devient vague, involontaire.

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-Ca te fait plaisir.

-Oui.

-Tu devrais revenir sur tes sentiments pour être sûr qu'ils soient bien passés. Ce n'est peut-être pas le cas.

Duo reporte son attention sur Trowa.

-Ce n'est pas parce que mes sentiments sont passés que ce qu'il dit ne peut plus me faire plaisir.

-Parle avec lui.

-De quoi ? Honnêtement ? Il a été le seul à ne pas se rendre compte avant de ce que je ressentais pour lui, ces douze ans derniers, alors que vous l'avez tous deviné. Et que vous avez tous plus ou moins senti quand c'était fini.

-Peut-être qu'il t'a vu autrement aujourd'hui. Tu sais très bien que tu n'as jamais eu avec lui le comportement que tu avais avec nous. Quand on lui parle de ton humour, il se souvient juste d'un garçon effacé qui ne lui parlait presque pas et ne le regardait presque pas. Il s'est toujours dit qu'il t'était antipathique. Il n'a pas cherché plus loin.

-Oui, je sais. Mais pourquoi – POURQUOI ! - aujourd'hui ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi vous me forcez tous, maintenant que je ne suis plus amoureux, à faire des efforts dans son sens alors que vous lui avez jamais rien dit à lui ?

C'est pas faux, songe Trowa. C'est un point de vue, disons.

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-Parce qu'ils ne sont peut-être pas encore morts, ces sentiments en toi, alors qu'il n'y avait rien en lui envers toi, avant – sans vouloir te vexer. Et on ne veut pas les laisser mourir, tes sentiments, parce que, tous, on pense que vous pouvez être très bien ensemble.

Duo soupire.

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-Vous êtes chiants.

-Sans doute. On remue des choses dont tu voudrais surement ne plus te souvenir. Tes sentiments. Notre adolescence. Et on a nos raisons : Léna parce qu'elle voudrait bien que Heero ne tombe pas dans le domaine public mais qu'il nous reste privé (et éventuellement parce qu'elle t'aime bien), Quatre parce qu'il veut que tu sois heureux. Moi parce que je veux que Heero soit heureux. Ton bonheur est secondaire bien sûr, de mon point de vue.

-Tu manques pas de culot.

-Jamais, pour mon meilleur ami. Tout comme toi avec Quatre.

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Duo se laisse un temps de réflexion.

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-Bon. Je vais y réfléchir. Mais moi aussi, y'a mon meilleur ami en jeu. Je veux que tu m'expliques clairement pourquoi tu ne sors pas avec lui.

Trowa semble l'évaluer du regard.

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-Tu sais que le Quatre que j'ai toujours connu a essayé de faire mal à son père d'abord en se faisant mal lui-même, puis maintenant en essayant de dégrader son image médiatique.

-Bien sûr que je le sais. C'est pas le Quatre que t'as toujours connu, c'est juste Quatre.

Quatre adolescent et jeune adulte, rajoute Duo en lui-même. Mais ce n'est pas à Duo de lui dire que, aujourd'hui, ce n'est plus le cas.

-Et le Quatre que j'ai toujours connu aurait pu vouloir faire du mal à son père en sortant publiquement avec moi, un homme, et en attaquant ainsi l'image de son père.

Bien sûr songe Duo. Logique.

Et Quatre a peut-être pensé à ça, au début, d'ailleurs.

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-Et je ne voulais pas être son moyen de lui faire du mal. Et je ne veux toujours pas.

Duo sourit. Un vrai sourire qui éclaire vraiment son visage.

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-T'es con.

-Pardon ? Tu trouves pas que j'ai un peu raison quand même ?

-Si. Bien sûr que si. Mais y'a des choses qui ont bien changé depuis l'adolescence. Tu crois pas ? Tu vois, c'est ton « son problème » qui t'a empêché de le voir. T'en as jamais parlé avec lui. Tu peux pas savoir. Discutes-en avec lui. Y'a des choses qu'ont bien changées. Non, tout a changé.

-Changé ?

-C'est pas à moi de te le dire. Mais regarde autour de toi, on est dans une maison de son père, quoi. Tu crois que c'est le Quatre adolescent qui aurait utilisé une propriété de son père ?

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Trowa ne répond pas.

Il sourit, juste.

Et, spontanément, il resserre Duo dans ses bras.

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-Bas les pattes, toi. Je ne tolère pas encore ses familiarités.

-Navré cher ami. Mais t'as pas le choix. »

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Duo n'est toujours pas très à l'aise, mais il laisse Trowa exprimer sa joie.

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« Ah, vous êtes là vous ?

Une voix, lointaine, proche. Un homme en contre-jour, entre eux et la terrasse éclairée.

Tous les deux reconnaissent Heero.

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Duo se dégage vite des bras de Trowa.

Son murmure est mi-amusé mi-exaspéré :

« Et un quiproquo de plus, un ! Pou' qui ? Pou' moi !

-Mais non, pas de raison qu'y est de quiproquo, je te serrais juste dans mes bras.

-Euh... Justement ?

-... Soit. »

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-Oui, on allait revenir.

Ouh, le regard de Heero sur Duo. Violent songe Trowa.

En même temps, réfléchit-il, Heero a ses raisons pour le regarder comme ça. Fausses au final, se dit également Trowa, mais ce n'est pas à lui de le lui dire, qu'il se débrouille avec Duo, qu'il explique ses problèmes avec lui.

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Heero a ses raisons d'en vouloir à Duo, donc, raisons qui sont :

Premièrement, Quatre lui a donné ce qu'il estime être de faux espoirs.

Parce que, et c'est le deuxièmement, Heero est encore convaincu que Duo a fricoté avec Réléna cette après-midi. C'est d'ailleurs lui qui en a parlé à Trowa.

Parce que, et c'est le troisièmement, Trowa lui a dit qu'il l'avait vu embrasser Quatre, plus tard dans l'après-midi, contrairement à ce que Quatre lui avait assuré plus tôt.

Parce que, et c'est le quatrièmement, il voit là que Duo est encore dans les bras de quelqu'un. De quelqu'un qui n'est normalement pas très tactile. Quelqu'un qui, en plus, sait très bien que la Nipo-Suédois commence à être intéressé par ledit Duo.

Enfin, commençait. Parce que, là, Duo-le-chaud-lapin, il revient plus trop à Heero.

Plus du tout, en fait.

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Il arrive à leur hauteur.

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-Me fusille pas du regard comme ça, Heero.

Le ton est particulièrement froid.

Duo prend visiblement ombrage de ce qui semble être du mépris dans le regard du Nipo-Suédois.

Trowa commence à marcher vers la terrasse en se plaçant entre les deux autres pour qu'ils ne soient pas à portée de poings – pardon, de mains – l'un de l'autre.

Duo lui semble légèrement énervé et facilement inflammable, et Heero a tout l'air de l'allumette sur le point de foutre le feu à l'alcool, sur le point de le provoquer.

De le provoquer à tort, en plus.

Alors Trowa veut éviter au maximum le contact entre eux pour l'instant. Éviter les frottements et leurs étincelles.

Il demande simplement à Duo de manière à ce que Heero n'entende pas :

-C'est bon, ça va mieux par rapport à moi ?

Duo répond sur le même ton.

-Je n'ai plus envie de te faire manger du cristal, ça va que mieux. Pour l'instant. Parce que je sens que j'ai pas fini d'être énervé aujourd'hui. »

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« Dites-donc, vous avez disparus longtemps ! On a cru que vous étiez perdus !

-Oui, vous avez bien profité de votre... entrevue, j'espère !

Tentative d'humour de Wu Fei, qui n'a aucune idée des tensions et pressions qui se sont exercées sur Duo depuis le début de l'après-midi. Tentative qui aurait pu être amusante si ça n'avait été une confirmation pour Heero que ce qu'il pensait déjà est bien possible.

Il n'y a que le Chinois et Sally, autre seule personne à ne pas savoir non plus que Duo peut ne pas avoir envie d'entendre ce genre de blague aujourd'hui, qui rient spontanément à la boutade.

Avec un léger temps de retard, Réléna, Quatre et Trowa rejoignent le mouvement. Et ça manque légèrement de naturel pour être réaliste. Les yeux de Quatre et Léna, notamment, sont légèrement soucieux.

Heero ne fait même pas semblant d'être amusé.

Duo regarde droit devant lui, passablement énervé.

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Tu me disais que j'allais peut-être apprécier le nouvel Heero que je ne connaissais pas encore, Léna ? Franchement, là, maintenant, j'en doute.

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Il va chercher un verre de punch. Mauvaise idée. Trèèèès mauvaise idée.

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-Tu devrais arrêter, peut-être, Duo.

-Peut-être. Toi aussi, Quatre. T'as les yeux qui brillent.

-C'est pas l'alcool. Je... J'ai pas pu résister. Je l'ai laissée allumée.

Le blond montre son oreille.

Duo sourit, ça ne l'étonne même pas que son crétin de meilleur ami n'ait pas pu s'empêcher d'écouter.

Ca ne l'étonne pas non plus que la conversation ait touché Quatre.

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-Merci. Pour... Pour Trowa. Et le reste.

-Je t'en prie. Ca m'a fait du bien de parler de ça avec lui.

-Et félicitation.

Félicitation ? De quoi ? Qu'est-ce qui peut faire qu'il mérite des félicitations ? S'être retenu de faire avaler son verre au roux ? Puis après à Heero ?

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-Félicitation pour avoir pris la décision de réfléchir à Heero, et pour le fait qu'il t'a enfin remarqué.

-Ne me parle pas de lui. Je veux plus en entendre parler.

-Euh... Ah ?

-T'as pas entendu ? Non, fallait plutôt voir, c'est vrai.

-Quoi ?

-Il suffit que tu regardes les envies de meurtres dans ses yeux quand il me regarde.

-Oulah, oui, en effet. Qu'est-ce que tu lui as fait ?

Soupir profond de Duo.

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-Je vois aucune raison précise si ce n'est que j'ai laissé Trowa me remercier de notre conversation enrichissante avec un câlin. Et je te dis ça parce que je sais que tu ne vas pas te mettre en rogne. Tu te mets pas en rogne, hein ?

-Non. Il est con.

-Je suis sûr que je suis pire que lui.

-T'as déjà fini ton verre.

-Oui. Laisse-moi me soûler en paix. Et va parler avec Trowa.

-Tu rigoles ou quoi ? Je vais gentiment l'attendre. C'est de sa faute, tout ça.

-C'est un peu la tienne aussi. Toi non plus tu lui as jamais parlé de ton père.

-Bref.

Duo regarde les trois gouttes au fond de son verre comme s'il songeait très sérieusement à se noyer dedans.

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-Bon. Tu vas finir en couple ce week-end, moi je vais finir seul et triste et haït par un mec que je sais pas ce qu'il me reproche exactement.

-Tu pourrais aller lui demander.

-Je pourrais.

-T'as pas l'impression d'éluder mes questions à chaque fois que je te dis quelque chose ? Non, lâche ce punch.

Duo consent à ne pas prendre le verre, et se tourne face à son ami en affichant un air de défi sur son visage.

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-Quatre. J'ai dit à Trowa que j'allais réfléchir à mes sentiments. Nulle part il a été question d'aller voir ce qu'on peut me reprocher. Sachant que si le « on » en question ne vient pas me voir, je réfléchirai surement à rien du tout. A rajouter que le même « on » a provoqué la moitié de ma presqu'engueulade avec Trowa en lui disant que j'ai couché avec Léna.

-T'es triste.

Duo soupire très profondément, longuement.

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-Je commence à être un peu fatigué de régler des histoires de cœur et à m'en prendre quelque peu à la gueule alors que j'ai rien fait. Et réprime ton envie de me consoler en me serrant dans tes bras, s'il te plait. J'ai eu assez de contacts physiques préjudiciables pour les dix ans à venir. Ah, et puis, tiens : j'en veux plus. Fini de vivre la vie des autres, j'en ai bien assez avec la mienne. »

Quatre récupère l'oreillette que Duo lui tend.

Le châtain s'éloigne vers l'intérieur de la maison. Une main lui attrape le coude, gentiment.

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« Tu vas où ?

-Laisse-moi, s'il te plait, Léna. J'ai envie d'être seul là. Non, abandonne tout de suite l'idée du câlin régénérateur. Ca suffit.

-Mais...

-Non, me demande rien, va le voir lui, ou demande à Trowa, il a l'air d'être au courant.

-... Bonne nuit, grand frère. »

Duo esquive le bisou sur la joue avec un regard d'excuse, vole un dernier verre de punch sur la table, of, puis deux autres en plus en fait, et s'enfuit avec son butin à l'intérieur.

S'enfuit loin des voix, des bruits, de la joie toute relative qui règne sur la terrasse.

Il accepte de s'effacer de la partie. Encore

Comme avec Trowa quand ils étaient ados.

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Réléna, elle, n'accepte pas.

Non mais c'est quoi ça ?

Elle comptait sur cette soirée pour annoncer à tout le monde, à TOUT le monde, ses fiançailles. Ca va pas le faire. Ca contrarie ses plans, et qui contrarie ses plans en pâtit.

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Et accessoirement, ça la tristouille de voir son grand frère quitter cette soirée retrouvailles alors que ça leur arrive maximum une fois par an de se revoir tous ensemble.

Et que personne autre que Quatre et elle ne semble voir qu'il est parti.

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« Heero.

Le ton est sans appel et coupe net comme un coup de hache dans du beurre la conversation qui reprenait tout juste.

-Oui ?

-Viens.

Il lève un sourcil, Quatre se rongerait les ongles s'il ne venait pas de les faire manucurés tellement le regard de Léna lui fait peur.

Heero la suit sans poser de question, et c'est reparti pour une promenade dans l'herbe.

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-Qu'est-ce qui se passe avec Duo.

Question qui ne ressemble pas à une question dans le ton. Un peu comme la maîtresse demande à ses petits élèves s'ils ont un problème dans leurs exercices alors qu'elle a très bien vu que l'un d'eux est convaincu que 2 et 2 font 22. Ce qui est objectivement logique, d'ailleurs.

Bref.

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Sourcil noir encore plus haut.

Tiens, la femelle s'en mêle ?

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-Il ne passe rien. Je vois pas le problème qu'il pourrait y avoir.

-Si, on sait tous les deux que quelque chose ne va pas. Maintenant, on en parle. Ou alors t'en parles avec lui.

Ricanement des yeux bleu-gris. Froids.

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-C'est bon, t'es sûr que je le dérangerai pas en plein ébat avec Wu Fei ou Sally si je vais le voir maintenant ?

-Pardon ?

Deux yeux grand ouvert et surpris qui ne comprennent pas, qui sont presque outrés, tant pour le couple que pour Duo.

Et l'autre qui reprend déjà.

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-Bien sûr, pourquoi pas ? Il n'hésite pas à coucher avec une future mariée, alors pourquoi ne pas séparer un couple déjà formé ?

Attend, il est en train de parler d'elle là ? Il veut s'en prendre une ?

Et comment il sait qu'elle est future mariée ? Il lui casse tout son suspens !

Il l'aurait dit à quelqu'un d'autre ? A qui ?

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Oulalalala, Réléna va vraiment le tuer.

Heero est une espèce en voie de disparition.

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-Rassure-moi, je suis pas la future mariée dont tu parles, n'est-ce pas ?

Non, il ne sera pas dit qu'une fille a fait peur à Heero.

Enfin, une femme. Une femme avec des yeux qui sont assez effrayants.

Hem.

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-Bien sûr que si, sauf si mes informations sont fausses. Pourtant la source est assez sure. Attends que je me rappelle (voix de fausset) : « Ca faisait longtemps que j'avais pas vue cette vision du sport de chambre », (voix trop grave) « Si quelqu'un t'entends dire ça et le rapporte à ton futur mari, tu vas pleurer ».

Inspire, expire, inspire, expire. Souviens-toi de tes cours de yoga.

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Il est bien au courant pour son mariage.

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-Dis-moi juste que tu n'as parlé de ça à personne.

-Tiens, tu regretterais quelque chose peut-être ?

Réléna sent qu'elle va l'énucléer avec son cure-dent gagné en prime d'un des petits-fours qu'elle a déjà engloutis.

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-Dis-moi que tu n'as parlé à personne – personne ! - de mon mariage.

-Euh... Non.

Heero est un petit peu rassuré quand il la voit soupirer de soulagement.

Avant de se prendre la tempête en plein déchaînement.

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-Tu vas me faire le plaisir de t'excuser à Duo et à moi ! Non mais tu te prends pour qui ! Tout le monde sait bien que Duo et moi on est comme frère et sœur ! Le « sport de chambre » dont je parlais, c'était une séance de chatouilles – pendant laquelle je l'ai laminé, soit dit en passant – jamais, JAMAIS on a couché ensemble aujourd'hui ! Comment tu peux croire que Duo est capable de faire ça pendant un week-end retrouvailles, sauf avec son éventuel copain, et encore, il attendrait certainement qu'il fasse nuit et que tout le monde soit couché ! Et où tu vas chercher que, parce qu'il aurait couché avec moi, il le ferait avec quelqu'un d'autre ? Tu te prends pour qui ? Tu le prend pour qui ?

Quoi ? Duo s'est fait maîtrisé par elle ? Heero fait un pas en arrière pour être sûr de ne pas être à la portée de la furie. Parce que si Duo, qui n'est plus la chose toute molle qu'il était adolescent, se fait tenir en respect par la demoiselle, Heero pourrait y laisser aussi quelques dents s'il venait à l'idée de la demoiselle d'en venir aux mains.

Ce qu'il redoute... Euh, pardon : ce dont il doute.

Cependant, il a quelque chose à répondre.

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-Mais il a eu la langue de tout le monde dans la bouche aujourd'hui ! Il a embrassé Quatre tout à l'heure, et ils sous-entendaient clairement qu'ils étaient ensembles.

-Je croyais que Quatre t'avais dit que c'était faux et que tu l'avais compris.

-Ils se sont embrassés, je viens de te dire ! Et tout à l'heure, tu crois qu'ils ont fait un scrabble avec Trowa ? Ils étaient collés-serrés quand je suis allé les chercher !

C'en est trop. Réléna savait que la conversation entre Duo et Trowa, que Quatre suivait visiblement de loin n'étant pas totalement concentré sur la discussion qu'il tenait au même moment avec elle, Wu, Sally et Heero, serait préjudiciable pour le jeune homme aux longs cheveux.

Elle en a marre du gentil Duo qui se fait insulter parce qu'il a aidé d'autres gens handicapés de la communication et incapables de gérer leur vie amoureuse eux-même.

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Alors aux grands maux les grands remèdes. Elle plaque ses mains sur les joues du nipo-suédois et lui plaque ses lèvres sur les siennes.

Avant d'articuler lentement pour qu'il l'écoute attentivement. Et puis pour lui montrer qu'elle le menace.

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-Heero. Va. En. Parler. Avec. Lui. Tout de suite. Je viens de t'embrasser, pourtant je ressens rien pour toi. Ca ne veut absolument rien dire. Tu sais que Quatre est son meilleur ami, ils sont peut-être très démonstratifs ensemble. Tu sais qu'on est comme frère et sœur, et c'est pour ça qu'on est tactiles. Après, pour Trowa, demande-le lui, ou va directement voir Duo. Tu sais très bien que Trowa t'aime beaucoup, il sait que tu es potentiellement attiré par Duo, je vois pas pour quelle raison il se serait amusé à se le taper sur une pelouse froide, humide, court taillée, pendant le buffet alors qu'ils avaient toute la nuit pour s'amuser. Ajoute à ça qu'on sait tous les deux que Quatre plaît à Trowa et que, oh mais tiens, peut-être que Duo et lui parlaient de ça justement, tout à l'heure ?

Heero sent très bien que la question posée par Réléna à la fin est rhétorique, tout au moins qu'elle se doute de la réponse. Bien qu'elle n'ait aucune raison d'en être sure.

Heero a des doutes, lui aussi, mais pas de même nature.

Réléna le sent, et décide de l'achever.

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-Maintenant, que tu puisses penser ça de Duo montre clairement que tu ne le connais pas. Alors va parler un peu avec lui au lieu de colporter des sales rumeurs sur lui. Et puis d'abord, Duo il a raison : pourquoi c'est aujourd'hui, et seulement aujourd'hui que tu décides qu'il te plaît ?

-Ignamaremi.

Paroles boudeuses qui ne vont pas dans la bouche du Japonais.

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-J'ai pas entendu.

-Il... Il porte la chemise que je lui ai offerte il y a dix ans. Il... C'est compliqué. Et puis il a des putains d'yeux, et... et...

-Une chemise, et des yeux. Waouh. T'es rapide en besogne, toi quand même.

-Mais non. J'ai envie de le connaître plus que ce que je le connais. Il me parlait presque pas, du coup je sais trop rien de lui, et là il se lâche, il paraît amical, et je me rend compte qu'il connaît ma vie. Et il... il me plaît, c'est tout !

Réléna n'est plus sûre de comprendre. Enfin si, on peut avoir quelqu'un qui nous plaît tout en ne connaissant pas la personne, et tout en méprisant plus ou moins cette personne. En étant déçue par elle.

Ici, déçu pour des choses fausses.

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-Heero. Tu m'énerves. Maintenant, si tu veux vraiment le connaître, si tu veux vraiment essayer quelque chose avec lui, va le voir. Il est certainement dans sa chambre en train d'attendre que le punch soit redescendu pour pouvoir fermer les yeux sans tourner ni avoir envie de vomir, il est tout seul, il s'est exclu parce qu'il s'est senti exclu.

-Peu importe que j'aille le voir maintenant, demain ou dans quinze jours. J'ai tout mon temps

-Si Heero, ça importe. Tu n'as pas tout ton temps. Je vais te la faire courte : là, s'il est plus ouvert avec toi, c'est parce qu'il n'est plus aussi timide. Et pourquoi il était timide ? Parce qu'il t'aimait. Première chose à intégrer. Pendant douze ans, Heero. Même quand il était avec Quatre, avec tous ses autres copains/ines. T'as été le seul à pas le voir. La deuxième chose à intégrer, c'est que c'est passé. Aujourd'hui, il a découvert que c'est plus le cas. Il se sent enfin libre. Et là, il reçoit des signaux de ta part. Tous on le pousse vers toi, parce qu'on les a interprétés aussi ces signaux. Il subit une pression de malade, bien qu'amicale, de la part de Trowa comme Quatre comme moi pour essayer de revoir ses sentiments. Et toi, tu le méprises. Dans cette deuxième chose, ce qui est le plus important, c'est qu'à mon avis, il ne reconsidère plus grand chose, là, actuellement. Il t'en veut, point barre. Si tu le veux, c'est maintenant. Pas demain, pas plus tard.

-Si je le veux. Rien ne dit qu'il m'est indispensable. Je peux très bien essayer de ne pas y penser et de ne pas faire ma vie par rapport à lui. Je peux très bien ignorer ça.

Réléna lance loin loin loin le cure-dent pour être sure qu'elle ne va pas l'utiliser contre Heero.

Tant de prétention, de supériorité dans la voix ! Elle a envie de le buter.

Se contenir. Inspire, expire, pense à ton yog... yogo ? Yogu ? C'est quoi le nom déjà ? Et ça ressemble à quoi comme sport ? A part à un yahourt, ce mot lui fait un peu penser à un nom d'art martial. Non? C'est pas ça ? Vous êtes sûrs ?

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-Oui Heero. Il ne t'est peut-être pas indispensable. Tout comme tu ne lui es pas. Surtout maintenant. Le truc, c'est qu'un crush, c'est pas évident à contrôler. J'en sais quelque chose, et lui aussi. Lui, il en est enfin sorti. Toi, tu rentres dedans. Ca peut-être court, le temps d'une soirée, mais ça peut être long. Douze ans par exemple, comme ça, exemple pris au hasard. D'autant plus que vous vous reverrez forcément d'ici peu à mon mariage, en visitant la future maman en projet qu'est Sally à la maternité, pendant nos retrouvailles, ect. Tu pourras pas l'éviter. S'empêcher d'aimer quelqu'un, c'est presque impossible. Ca aussi, j'en sais quelque chose. Tu sais pas combien de temps tu vas te traîner ce boulet au pied qu'est une attirance non assouvie pour quelqu'un. Alors t'as tout intérêt à essayer la meilleure manière pour te débarrasser de cette frustration qui va bientôt te tomber dessus.

-Et cette solution, j'imagine que c'est aller le voir et m'excuser ?

-C'est aller le voir, et la jouer fine parce que le punch le rend agressif et que, lui, il a toutes les raisons de t'en vouloir.

-...

Heero ne répond pas. Réléna se demande si elle a réussi à le convaincre, s'il va aller voir Duo.

Puis un détail lui revient en tête, subitement.

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-Ah, au fait, un truc qui peut t'aider. C'est son anniversaire aujourd'hui. Je crois que personne dans sa famille lui a souhaité. Il s'en fout un peu, mais le fait que toi tu le saches et que toi tu lui souhaites peut être un atout pour toi. Je tiens pas à te retrouver plein de bouts de verres cassés, il en a emportés trois avec lui. Il hésitera pas à s'en servir. Ils étaient pleins tout à l'heure, mais ça doit plus être le cas. Au mieux ça serait une douche au punch, au pire une opération hasardeuse aux tessons de feus verres en cristal.

-... Je... Je dois te dire merci ?

-Non. Tu dois culpabiliser encore plus de lui avoir pourrit définitivement son anniversaire de ses 27 ans, lui qui était déjà déprimé de vieillir, et ça doit te convaincre jusqu'au bout d'aller rattraper ta bourde.

-J'ai pas fait de bourde.

Yoga... ? Yago... ? Gayo... ? Kuyag Yugo... ? Ugkn Yuf... ? Kugn Uf... ? Kung Fu ? Ah mais oui, bien sûr, c'est ça.

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-Euh, s'il te plait, me regarde pas comme ça Réléna.

La jeune femme ferme les yeux en se massant des rides du front qu'elle se souvenait pas avoir.

Calme. Caaaaaalme.

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-Parle juste avec lui. Tu verras tes bourdes. Surtout si tu t'amuses à lui dire exactement ce que tu viens de me dire. Par contre, si tu le fais, saches que j'ai été heureuse d'être ton amie et que je te regretterais longtemps. Que j'irai fleurir ta tombe. »

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Heero ne répond pas.

Il retient. Anniversaire, 27 ans.

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Réléna le suit des yeux quand il s'éloigne vers la terrasse en la plantant au milieu de l'herbe. Qu'est-ce qu'il va faire ? Grande question qu'elle se pose.

Va-t-il jouer au con, ou réparer ses conneries du jour ?

Et Trowa et Quatre ? Comment ça va se passer pour eux ?

Réléna masse de nouveau ses petites rides du front. Arf, ça l'énerve, elle aussi elle vieillit. C'est dur de s'inquiéter pour ses amis.

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Elle ne retourne pas tout de suite avec les autres, elle. Elle s'allonge sur la pelouse aussi froide et mouillée et court taillée qu'elle l'a décrite à Heero, et regarde le ciel.

Elle voudrait voir des étoiles, mais la ville est trop proche et la pollution lumineuse empêche les petites loupiotes de se faire voir.

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« Heero. T'es vraiment une pollution affective. »

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Réléna veut penser qu'une étoile filante passe dans le ciel non étoilé, et décide de faire un vœu à tout hasard.

Alors. Que Heero soit moins con. Et comprenne un peu plus le sentiments des autres.

Que Duo soit moins con. Et soit plus sûr de lui.

Que Trowa soit moins con. Et qu'il trouve comment approcher Quatre.

Que Quatre soit moins con. Et qu'il ne devienne pas con comme son père.

Que Sally et Wu Fei, heureux et naïfs complètement hors de toute cette histoire, continuent de vivre le grand amour et aient très vite une petite fille. Ou un petit garçon, elle s'en fiche, mais les filles c'est mieux, y'a pas besoin de gâcher une étoile filante pour demander qu'elles soient moins cons : leur bout de X en plus résorbe la connerie. C'est plus rentable.

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Okay, ça fait plus qu'un vœu.

Oui, les femmes changent d'avis comme de chemise.

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Au fait, elle se demande c'est quoi cette histoire de chemise entre Duo et Heero

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To be continued again (again)

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Voilà !

Avant dernier chapitre (certainement, mais j'en suis pas sure : l'histoire s'écrit toute seule, je contrôle pas toujours mes doigts ^^).

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Bon, chapitre pas super cool pour Duo. Le pauvre. (c'est fou comme je suis pas désolée =p)

Je suis sadique avec mes personnages, niark niark niark !

Soyez pas un de mes personnages ^^ Simple conseil de survie psychologique !

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Merci de m'avoir lecturée !

A tout vite pour l'épisode suivant (censé clore cette histoire)

Bizoux !

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Naus