Bonjour tout le monde !

Va bien ?

Petite fic (enfin la première partie de la fin) du bac blanc qu'il faut que je révise ! =D

Et on ne rigole pas '

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Hmh... Comment dire... Toujours pas la fin, parce que pas fini d'écrire, et trop long pour un seul poste, donc vous allez encore être frustrés... Enjoy, je vous aime ! =D

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Alors alors :

Qu'est-que-c'est ? (toujours la même chose) une fic en quatre chapitres, pratiquement écrits, en tous cas tous dans ma tête. Je m'invente des heures dans une autre dimension pour écrire parce que j'ai pas le temps dans celle-ci. Mais je rame un peu pour ramener mes écrits de mon autre dimension. Faudra que je demande à mon clone esclave d'aller me les chercher. Bref -' Trêve de bêtise

Persos : A Gundam & Cie, comme d'hab

Breffons.

Rating : Probablement T

Résumé : Le blues de la chemise bleue. Il y a une chemise au fond de l'armoire de Duo, mais -arf- elle est bleue. Et elle ne vient pas de n'importe qui (chapitre 1). Tant pis, on la porte. Et on analyse nos sentiments. Fin non, c'est les autres qui analysent pour nous, et ça nous fait pas plaisir (chapitre 2). Et on se parle pour tout démêler, parce que bien sûr ça part en cacahuète, ça serait pas intéressant sinon. Puis on s'en prend quand même tout plein à la figure. (Chapitre 3) On rââââme ! Mais c'est marrant. Enfin pas pour ceux qui le vivent, mais pour nous, si ! ^^

Parce que : Faut bien que je finisse ! ^^

Merci : Aux gentilles qui m'ont reviewée sur les chapitres précédents !

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Chapitre 1 : Blue

Chapitre 2 : Blues

Chapitre 3 : Shirt

Chapitre 4 : No shirt any more (part one)

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Bon lecturage !


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Chapitre 4 : No shirt any more (part one)

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Elle ne retourne pas tout de suite avec les autres, elle. Elle s'allonge sur la pelouse aussi froide et mouillée et court taillée qu'elle l'a décrite à Heero, et regarde le ciel.

Elle voudrait voir des étoiles, mais la ville est trop proche et la pollution lumineuse empêche les petites loupiotes de se faire voir.

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« Heero. T'es vraiment une pollution affective. »

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Réléna veut penser qu'une étoile filante passe dans le ciel non étoilé, et décide de faire un vœu à tout hasard.

Alors. Que Heero soit moins con. Et comprenne un peu plus les sentiments des autres.

Que Duo soit moins con. Et soit plus sûr de lui.

Que Trowa soit moins con. Et qu'il trouve comment approcher Quatre.

Que Quatre soit moins con. Et qu'il ne devienne pas con comme son père.

Que Sally et Wu Fei, heureux et naïfs complètement hors de toute cette histoire, continuent de vivre le grand amour et aient très vite une petite fille. Ou un petit garçon, elle s'en fiche, mais les filles c'est mieux, y'a pas besoin de gâcher une étoile filante pour demander qu'elles soient moins cons : leur bout de X en plus résorbe la connerie. C'est plus rentable.

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Okay, ça fait plus qu'un vœu.

Oui, les femmes changent d'avis comme de chemise.

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Au fait, elle se demande c'est quoi cette histoire de chemise entre Duo et Heero.

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Un tour d'horizon des yeux, quand Réléna remonte sur la terrasse.

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Wu Fei et Sally se font boire mutuellement leurs coupes de champagnes (Quoi ? Ils sont passés au champ' sans elle ?), les yeux dans les yeux, yeux bleus d'amoureux, déconnectés du monde. C'est mignon.

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Quatre consulte son palm, parce que ses responsabilités actuelles ne lui permettent pas de ne pas le faire, même à un moment comme celui-ci.

Dura es la vida pour les futurs présidents de multinationale. Certes.

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Trowa et Heero parlent. Le regard du premier n'est pas particulièrement happy. Il voit Réléna monter les escaliers et fait un signe de tête dans sa direction pour le faire comprendre à Heero.

Qui la regarde.

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Qu'est-ce que tu fous encore là, toi ? pense Réléna dans sa tête. Dit-elle avec ses yeux.

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Heero regarde de nouveau en quêtant une approbation ou un encouragement du coté de Trowa, lequel lui donne un petit coup d'épaule en lui soufflant un « Allez. Bouge-toi maintenant. »

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Heero lance à Réléna un petit regard coupable, comme le ferait un gamin de 5 ans à sa maman parce qu'il a renversé le vase, mis de l'eau partout, et que les fleurs sont toutes cassées.

Il regarde autour de lui, hésite un petit moment encore.

Il prend une flûte de champagne dans chaque main, souffle un coup pour se donner du courage et rentre à l'intérieur.

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Réléna rejoint Trowa.

« Ca y est ? Il se lance tu crois ?

-J'en ai peur.

-Peur ?

-Réléna. Il t'a vraiment demandé si t'avais couché avec Duo ?

-Oui.

-Alors oui, j'ai peur. Il a autant de tact qu'une grosse cuillère dans du porridge, et là il faut absolument avoir de la délicatesse pour parler à Duo si tu veux pas te prendre tes quatre vérités à la face, aujourd'hui. Donc oui, j'ai peur.

Réléna le regarde en souriant, ouvertement moqueuse.

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-Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?

-Parce que Heero n'a pas fait que me demander si j'avais couché avec Duo. Il ne me l'a pas demandé du tout en fait, il m'a accusé directement. Enfin il a accusé Duo, très exactement. Pas très gentiment.

-Et ce qui explique ton regard de maintenant parce que... ?

-Parce que je suis sure que t'as fait exactement la même chose avec Duo tout à l'heure. Et que tu sais de quoi tu parles quand tu dis qu'il faut de la délicatesse pour parler à Duo aujourd'hui parce que t'en as manqué au début et que t'as failli te prendre une beigne pour peu qu'il ait bu un peu plus. Je sais aussi, moi, que si vous vous étiez éloignés du groupe, c'était pas pour vous rouler des galoches en paix, mais pour discuter à l'aise, voir même élever la voix. Notamment Duo. Donc, que tu accuses Heero de pas avoir de tact mais que t'es pas meilleur que lui sur le plan là.

Les yeux de Trowa sont de nouveau deux fentes vertes. Mais amusées, ce coup-ci, comme le montre leur pétillement et les petites rides sourire au coin de ses paupières.

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-Tu es une perfide vicieuse et voyante femme. Tu sais tout interpréter correctement.

-Intuition féminine, et extralucidité. Et ça ça me fait un peu peur à vrai dire, parce que moi aussi je sens que Heero va pas en sortir indemne. Et que, ce qui est pire, le pitit cœur de Duo non plus.

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Les deux regards amusés redeviennent sérieux, voir soucieux.

Un silence, tous deux sont troublés par leurs réflexions.

Un silence, rompu par la jeune femme.

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-Bon, vivons notre vie à nous maintenant. Alors, toi, tu te décides quand ?

-Pardon ?

-Tu sais très bien de quoi je veux dire.

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De nouveau, des fentes vertes amusées par la tournure de phrase.

Puis un peu moins rieuses.

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-Je sais pas. Je sais pas comment faire.

-Ok. Point mort. Appuie sur l'embrayage, passe la première. Je crois que t'as besoin de la conduite assistée. Je vais au moins te donner la direction.

-Euh... Quoi ?

-QUATRE !

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Trowa fait de grands yeux épouvantés à Réléna qui, elle, fait de grands signes de bras au blond.

Celui-ci lève une tête ahurie de son palm, et, comme chaque fois qu'il est absorbé par son boulot, regarde autour de lui comme s'il se souvenait tout juste de la raison pour laquelle il est ici.

Il capte enfin les signes de la jeune femme.

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-Oublie ton boulot et viens rire un peu avec nous !

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La tête de Trowa, dos à Quatre, indique clairement que la venue de Blondie Guy (toujours « BG » pour les intimes) ne le fera pas rire, mais alors pas du tout.

Celle de Quatre, dont les yeux turquoises et paumés sautent de l'écran de son palm au visage de Réléna, montre quant à elle qu'il hésite entre replonger virtuellement dans sa vie professionnelle et allez voir Réléna.

Laquelle attrape une coupe de champ' à côté d'elle et tape à petits coups dessus avec son cure-dent.

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Quatre rengaine son engin électronique et consent à s'approcher.

C'est seulement après avoir traversé les trois-quart du chemin qu'il aperçoit la touffe rousse de Trowa, toujours dos à lui.

Trowa qui prie toujours en espérant que le blond ne va pas venir. C'est vrai quoi, il n'a même pas eu le temps de réfléchir à ce qu'il allait pouvoir lui dire !

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Réléna, elle, se rend compte du bruit dérisoire que fait son cure-dent sur la coupe.

Aucun bruit, en fait. Ce qui fait que Quatre ne vient certainement pas pour écouter une quelconque annonce, qui est loin d'être quelconque d'ailleurs, mais pour parler avec elle de choses et d'autres.

Ce qui fait également que Wu Fei est toujours en train de cajoler sa bien-aimée sans prêter la moindre attention à l'autre femme présente ce soir, qui voudrait pourtant leur parler à tous.

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Quatre s'est arrêté en pleine lancée. Il ne sait pas s'il doit rejoindre Réléna et l'autre, et il vient de prendre conscience de Réléna armée de son bâton miniature s'acharnant sur une de ses coupes en cristal. Il essaie de comprendre pourquoi elle maltraite ainsi son beau service.

Pour quelles raisons veut-elle le faire souffrir en s'acharnant avec tant de hargne sur cette petite chose sans défense ?

Quatre pourrait lui dire de s'arrêter, que c'est inutile, qu'il ne dira rien, même sous la torture et que lui comme ce verre n'ont rien à se reprocher.

Mais, premièrement, il songe que c'est un peu stupide. Qu'il ne penserait pas à des trucs comme ça s'il n'était pas légèrement influencé par l'alcool.

Deuxièmement, Trowa ne l'a visiblement pas encore vu, et il lui est encore possible de faire demi-tour discrètement à condition de ne pas faire entendre sa voix.

Troisièmement, Réléna s'arrête toute seule de battre mortellement son verre en cristal.

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Oui. La jeune femme refusant de perdre toute son énergie dans une si stupide et surtout vaine activité, elle balance derrière elle le cure-dent qui tombe en toute légèreté sur la table – joli coup, songe Quatre en souriant – et boit cul-sec sa flûte d'excellent champagne – cher coût, songe Quatre en grimaçant.

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Le rouge aux joues, elle crie à la cantonade, fort peu dignement, et surtout de manière absolument pas conventionnelle :

-Eh ! Les copains !

Sally consent à repousser légèrement les lèvres de son mari des siennes, puis à le repousser tout court en voyant que Réléna veut parler.

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-Walaaaa. Enfin vous m'écoutez, bande de rats. Alors, tout d'abord, je vous aime tous.

Regards amusés de l'assistance (composée de quatre personnes, arf arf)

-Elle est bourrée, je crois, chuchote Sally à l'oreille de Wu Fei.

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-Non, je suis parfaitement sobre. Mais je vous aime tous quand même. Et surtout, je voulais vous annoncer à tous – même si vous pouvez constater qu'il manque deux personnes, mais de toute façon ils sont déjà au courant, y compris ce petit fumier de Heero qui a écouté aux portes – bref, je m'égare je m'égare. Ouh, faut que je m'assois. Wala. Bien pratique cette table.

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Regards hilares des quatre autres, bien conscients que l'alcool commence à prendre ses droits dans le corps menu de la jeune femme.

-En même temps, vu comme elle est mince, il doit pas lui falloir beaucoup pour être bien partie à elle.

-Je ne suis PAS bien partie. Je suis gaie, c'est tout.

Tellement peu de crédibilité, se balançant au rythme des légers tournis provoqués par le champagne, assise sur cette table.

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-Mais je suis heureuse, heureuse d'être avec vous, mais aussi heureuse de vous annoncer cette heureuse nouvelle heureuse.

Bien que visiblement alcoolisée, la diction est parfaite, et si ce n'était ses écarts linguistiques et répétitions à répétition, elle pourrait paraître parfaitement sobre à un interlocuteur aveugle.

Mais aucun ici ne l'est. Alors ils essaient juste de contenir leur rire pour ne pas l'interrompre.

-Cette heureuse nouvelle, disâme-je, qui est que... je me marie dans six mois, et vous êtes tous officiellement invités ! Ah oui, et j'aime l'homme avec qui j'ai prévu de passer ma vie, et j'aurais aimé vous le présenter mais pas aujourd'hui, parce que c'est nos retrouvailles à nous et que je veux profiter de vous sans avoir mon amoureux sur le dos !

Elle a enfin atteint le bout de sa phrase qui lui paraissait bien loin. Elle avait oublié que le champagne lui montait tout vite tout plein à la tête. Elle avait oublié à quel point c'était marrant cette sensation que tout devient de moins en moins clair, que tout est de plus en plus balançant autour d'elle et que les mots sortent de moins en moins ordonnés de sa bouche, tout en se sentant bien. Vraiment très bien.

Vraiment hilarante, cette sensation.

Bon, ça l'a empêché de dire exactement ce qu'elle aurait voulu, elle avait préparé son petit speech, et elle s'en souvient plus. Mais au final, c'est plus naturel comme ça, et ça lui convient aussi bien.

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Les autres ont à peine le temps de s'exclamer et de la féliciter quel reprend en sautant légèrement de la table, prenant Trowa par le bras et l'entraînant en s'appuyant à moitié sur lui vers Quatre :

-Hey ! Quatre ! Haaaave you met Trowaaaa ?

Puis lâche son captif et se dirige vers Wu Fei et Sally qui la soutiennent en la félicitant et en la suivant dans ses pas inégaux.

-Viendez bonnes gens, on va parler à l'intérieur, faut que j'aille manger quelque chose. Je saurai pas aller à la cuisine toute seule. »

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Quatre n'avait rien vu venir. Il s'attendait à un plan foireux quand il avait vu les grands signes de Réléna, puis que Trowa était avec elle.

Mais là, ça dépasse tout ce qu'il imaginait. Et en plus, elle l'a pris complètement par surprise, la fourbe. Sa petite déclaration, marrante, attendrissante et normalement étonnante pour qui n'avait espionné ses conversations lui avait complètement fait baisser la garde.

Très forte, reconnaît Quatre. Excellente stratège. Pas étonnant qu'elle soit une figure montante de la faune politique régionale, femme comme elle est qui ne lâche rien et qui compte bien monter le plus haut possible. Tout en restant relativement intègre, bien entendu. Du moins autant qu'elle le peut pour arriver quand même au poste qu'elle brigue à long terme.

C'est qu'elle a de l'ambition la demoiselle. Et la tactique, la fourberie et le « je cache juste la vérité pour que tu voies ce que je veux que tu voies sans que tu puisses m'accuser en disant que je t'ai menti » tout comme le charisme (quand elle est sobre pour de vrai tout au moins) nécessaire pour atteindre son but.

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Enfin bref. Toujours est-il que, là, il est coincé, le blond.

Il s'est fait avoir en beauté. Comme un bleu. Bleu turquoise très exactement.

Et ce qu'il voit dans les yeux verts qui le regardent en silence, c'est que son vis-à-vis pense exactement la même chose pour lui-même.

L'un comme l'autre sentent que la suite de la soirée risque d'être silencieuse et longue.

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« Bon, eh bien... Voilà voilà. Hum. »

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Très, très looongue.

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Dans les couloirs du manoir Winner, un jeune homme avec une flûte de champagne dans chaque main est debout devant une porte depuis dix minutes.

Devant une porte qu'il n'a eu aucun mal à retrouver, y étant aller une première fois dans l'après-midi, première fois qui s'est soldée par une grande déception.

Première fois bien trop présente à son esprit, où, comme là, il attendait ici même, et où il avait entendu des choses qu'il n'aurait pas dû entendre. Et qu'il aurait apparemment mal interprétées.

En plus.

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Enfin bref, tout ça pour dire qu'il va espérer ne pas retrouver Duo dans les bras d'un quelconque homme sous les ordres de Quatre quand il va entrer dans la chambre. Avant de se dire que c'est ce genre de pensées qui va lui faire se prendre du mobilier à la gueule si ça a le malheur de sortir devant Duo.

Et pourtant Heero apprécie Duo, hein, c'est pas parce qu'il pense ça qu'il faut croire qu'il n'a pas de sentiment ni d'attention pour le châtain.

Justement. Le fait même qu'il pense ça le montre, ça ne lui monterait pas autant à la tête, sinon. Il ne s'en serait pas formalisé, sinon.

Mais là, il a un peu peur de la vraie nature du châtain (malgré ce que lui ont dit Quatre, Trowa et Réléna, on ne peut faire confiance qu'à ce qu'on entend ou voit soi-même, après tout). Il a peur d'être très déçu, parce qu'il reprend espoir depuis tout à l'heure, en se disant que Duo n'est peut-être pas un garçon sorti du droit chemin, finalement. Et s'il ce sont de faux espoirs, il va être très triste.

Vous l'aurez compris, c'est lui qu'il faut plaindre. Ce n'est pas méchant pour Duo, de se demander s'il saute sur tout le monde, enfin. C'est une précaution. C'est pour se préparer à cette éventualité, et s'en protéger que Heero le fait.

Et puis parce que tout le porte à croire ça depuis qu'il est arrivé.

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Bon.

La porte.

La poignée de la porte.

Heero ne peut pas entrer comme ça sans toquer. Ca se fait pas.

En plus, qui sait qui il va trouver avec Duo dans la pièce. Hum. Pardon, qui sait comment réagirait un Duo certainement tout seul, hein, s'il entrait comme ça.

Il faudrait peut-être qu'il se persuade qu'il va le trouver seul, avant de lui adresser le moindre mot, peut-être. Ca pourrait lui éviter de faire une connerie.

Et avec son handicap relationnel naturel, Heero a tout intérêt à écarter un risque de plus de manger un verre en cristal ce soir. Il entreprend une activité risquée pour son capital santé. Et il n'est pas sûr d'être couvert par son assurance pour blessure au tesson de verre en cristal puis infection à cause des micro-organismes qui se nourrissent au punch.

Encore qu'il ne doit pas y avoir grand monde microscopique dans du punch, vu que c'est de l'alcool. Bref.

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Bon. Toquer donc.

Euh... Et comment il fait avec ses deux mains prises ?

Il toque du bout de sa flûte en cristal de droite ou de celle de gauche ?

Mettre les deux dans la même main reviendrait à en renverser une, forcément. Doué comme il est, malgré la classe permanente qu'on lui attribue à tort, c'est juste obligatoire que : 1 coupe + 1 coupe X 1 main = Plein de champagne partout, sur ses chaussures compris.

Et, pour ses chaussures, c'est hors de question. Et en plus, après, il ne resterait qu'une coupe (voire plus aucune, mais on voit la moins pire possibilité, il faut tenter de positiver) et il devrait décider s'il la garde en gros égoïste ou s'il la donne romantiquement à celui qui va peut-être lui balancer le verre à la gueule. Une fois vide, bien sûr, Duo ne gâche pas la nourriture.

Ce serait un dur dilemme que devoir décider entre l'amour de soi et l'amour porté à l'autre, quand l'enjeu est une flûte de Champ'.

Très dur.

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Et, en fait, Heero se rend compte qu'il fait tout pour retarder le moment où il va rentrer. Il ne se savait pas aussi impressionnable.

Ce n'est que Duo, voyons. Vous êtes censés être amis depuis douze ans.

Même si tu connais presque rien de lui.

Même si tu croyais qu'il traînait avec toi parce que tu traînais avec ses amis.

Même si t'as découvert qu'en fait tout ce temps il était intéressé par toi.

Même si c'est qu'aujourd'hui que tu t'es rendu compte qu'il est intéressant lui aussi.

Même si t'as pas été spécialement sympathique tout à l'heure.

Même si, d'après Réléna et Trowa, il t'en veut.

Même si tu es déçu par l'attitude qu'il est possible qu'il ait eu aujourd'hui même si tout le monde te soutient le contraire.

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Même si tout ça, vous êtes amis.

Il peut pas refuser de te parler.

La porte va pas te manger si tu l'ouvres.

Fais un effort.

Et arrête de dialoguer tout seul dans ta tête avec toi-même, tu te fais pitié tout seul.

Voilà, comme ça c'est mieux.

Ou presque.

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Heero se fait réellement pitié à lui-même. Comment Duo a pu être attiré par un type comme lui pendant douze ans, il avait du caca dans les yeux tout ce temps ou quoi ?

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Bon, toquer avec un de ses coudes va pas être possible non plus, sous peine de se renverser la moitié du verre sur la main. Avec le genoux ? Ca fait un bruit moche.

Si, si, ça compte.

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Tant pis, on rentre à l'arrache, en espérant qu'il soit pas à poil ni armé.

On est juste content que la porte se pousse vers l'intérieur de sa chambre, sans quoi l'ouverture aurait été difficilement manœuvrable.

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« 'Tain mais c'est la fête ou quoi ? Toquer ça existe ! »

Heero hésite à ouvrir plus la porte. Duo a juste dû entendre la porte s'ouvrir, parce que sa voix vient de la salle de bain attenante à sa chambre, ouverte.

Il n'a pas pu voir Heero.

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« Quatre, t'es gentil de passer prendre de mes nouvelles, mais ça va très bien, je cuve mon punch, je te souhaite une vie heureuse avec Trowa et moi je vais essayer de voir si le fond de la douche est assez profond pour que je me noie dedans. Si c'est toi Léna, oublie ce que je viens de dire, merci de venir me réconforter, mais on va encore être convaincu que je t'ai sauté dessus, et j'ai eu mon comptant de rumeurs sympathiques sur moi que je connaissais même pas pour aujourd'hui. Et puis je t'avais dit que je voulais être seul. Si c'est qui que ce soit d'autre, Sally comme Wu Fei, comme un employé de la maison Winner, merci de repasser plus tard. »

Des bruits dans la salle de bain tout le long de la pathétique tirade qui fait rougir de culpabilité Heero.

Puis Duo passe la tête par l'ouverture de la salle de bain, sans doute parce qu'il n'a reçu de réponse ni de Quatre, ni de Réléna, ni de qui que ce soit d'autre.

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Son visage interrogateur d'abord devient hostile en reconnaissant le Nipo-suèdois.

« Oh. Toi. »

Sa tête aux longs cheveux enturbannés dans une serviette imbibée de flotte qui doit pas sécher grand chose, sa tête aux yeux nus, juste parés de leur couleur bleu-mauve magnifique. Son visage menaçant qui a encore quelque gouttes d'eau sur le front et sur le bas de la mâchoire. Son visage accusateur surmontant son cou et ses épaules nues, blanches, elles aussi pailletées de petites gouttes qui ont été oubliées par la serviette.

Duo n'a plus aucune expression, subitement.

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Sans rien ajouter d'autre, il rentre le haut de son corps dans la salle de bain.

Heero entend des bruits de tissu, de différents trucs et machins bougés, qui s'entrechoquent. Des bouteilles en verre sur l'émail d'un évier ou quelque chose comme ça.

Et Duo l'ignore complètement, lui qui est venu le voir, qui est toujours sur le pas de la porte et qui ne semble pas être le bienvenu.

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« Euh... Maxwell ?

-Dégage. »

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Qui n'est pas le bienvenu.

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Il est dur, Duo.

Heero ne bouge pas.

Il veut pas.

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Mais il ne sait pas trop bien comment gérer.

Alors il reste là, il attend que Duo revienne dans la partie chambre, qu'il lui dise quoi faire. Ou au moins qu'il lui fasse comprendre.

Que Heero soit fixé sur s'il y a une possibilité avec lui ou pas.

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Contrairement à la légende urbaine, Heero n'est pas asexué.

Il n'est pas non plus puceau. Il a eu des relations.

Des filles. Un mec aussi. Ce genre de relation homosexuelle où tu ne sais pas très bien si tu es vraiment bi ou si c'est juste cette personne.

Visiblement, Heero est bi. Ou alors Duo est lui aussi une ''cette personne'', si y'en a eu une, pourquoi pas deux.

Bon, après Heero ne le connaît pas assez bien pour se dire que c'est le fait d'être vraiment proche et de bien se connaître qui lui fait dire qu'il est attiré par lui.

Mais il le connaît assez bien pour dire qu'il est complètement différent de l'autre gars avec qui il est déjà sorti.

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Bref. Heero n'est pas là pour se poser des questions sur sa sexualité.

Il est là pour parler avec Duo.

Comprendre.

Prendre des informations.

Et éventuellement, s'excuser.

Ce qu'il ne fera que s'il y est contraint. Et encore.

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Mais Heero a beau ne pas être asexué, ni puceau, ni quelqu'un qui n'a jamais eu de relation, il ne voit pas bien comment il pourrait sortir Duo de son mutisme actuel. Et surtout que le châtain l'écoute. Jusqu'au bout, sans lui faire bouffer la moquette.

Qu'il accepte de répondre à ses questions sans se sentir insulté au point de le foutre dehors.

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Bref, Heero reste sur son palier, la porte toujours entrouverte, se pose des questions mais ne fait rien.

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« T'es toujours là toi ? Je t'ai pas dit de dégager ?

-Si. »

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Et Heero ne bouge toujours pas.

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Il pourrait aussi ne pas lui demander s'il a couché avec Réléna, ou s'il sort avec Quatre, ou s'il s'est passé quelque chose avec Trowa tout à l'heure. Après tout, Duo est seul dans sa chambre, là, maintenant, donc il ne actuellement couche avec personne contrairement à ce qu'il aurait pu redouter.

Il remonte dans son estime de ce qu'il avait imaginer de pire : personne dans son lit ce soir. Ce qui signifie qu'il s'est limiter maximum à trois actes sexuels (toujours hypothétiques, n'est-ce pas) aujourd'hui. Hum... Cette après-midi plutôt.

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Non Heero, tu ne dois pas penser comme ça.

Tu dois partir du principe qu'il ne s'est rien passer et demander pour t'en assurer, et non être convaincu qu'il est coupable et que ce qu'il te dira sera des charges en moins contre lui. On n'est pas aux Stazunis : il est innocent tant que non prouvé coupable et non l'inverse.

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Duo revient dans sa chambre.

Il a remis son jean noir-délavé-gris et sa chemise qu'il a laissée ouverte sur son torse.

Sur sa tête, toujours la serviette enturbannée.

Il est pied-nu. C'est con, mais le voir habillé avec l'odeur et l'humidité visible de la sortie de douche et ses pieds à l'air, Heero trouve ça érotique.

Pas sexy, non. Il y a quelque chose de provocateur dans le mot sexy, même si c'est une provocation involontaire.

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Là, Duo est simplement érotique, par sa façon d'être.

Son énervement visible est un critère à ajouter à la liste de ces quelques trucs qui accrochent le regard de Heero, là, maintenant.

A ajouter aux tablettes de chocolats que tu vois qu'elles ont été sculptées au sport et pas à la gonflette, et que tu aimerais bien goûter.

A ajouter aux pectoraux qui sont là, simplement, qui te chopent le regard parce que tu es particulièrement sensible à ce genre de détails, mais qui ne sont pas sur-développés en eux-même.

A ajouter à la chemise qui caresse avec nonchalance ces muscles et la peau blanche qui les recouvre, à chaque pas que Duo fait vers son lit.

Cette chemise bleue et violette qui met les si beaux yeux de Duo en valeur, puisqu'ils sont de la même couleur.

Qui rend ces yeux tellement impressionnants, tellement visibles dans son beau visage, qui éclipsent tout ce qu'il y a autour.

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Cette chemise que Heero lui a offerte il y a neuf ans.

Neuf ans exactement.

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« Ferme la porte. Je vais attraper froid, j'ai les cheveux mouillés.

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Heero prend ça pour une invitation à entrer. Il ferme donc le panneau de bois dans son dos en s'y appuyant, puisque toujours les flûtes à la main.

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-Je t'ai jamais dit de rester, Heero. Ferme la porte, ça sous-entendait avec toi dehors.

-Peux pas : j'ai les mains pleines, j'aurais pas pu la tirer complètement.

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Excuse sortie spontanément, et qui est vraie en plus, bien que ce ne soit pas vraiment elle qui ait motivé Heero à rester à l'intérieur.

Le nipo-suédois n'arrive pas à détacher son regard de la chemise – et de ce qu'il y a dessous et qu'elle ne cache pas.

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Il montre ses verres de champagne en les levant un petit peu, sans se déplacer, toujours.

Son geste sous-entend que si Duo en veut un, il peut le prendre.

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Mais Duo ne semble pas disposé à lui faciliter la tâche.

Il s'assied sur son lit en vrillant Heero du regard.

Lequel Heero regarde avec inquiétude les verres en cristal effectivement vides, qui furent un jour rempli de punch courant à présent dans les veines de Duo, verres vides qui traînent à une trentaine de centimètres de la main du même Duo, sur sa table de nuit.

A côté de ses lunettes de vue.

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Ah mais oui, c'est vrai que Duo avait toujours eu des lunettes de vue, avant aujourd'hui, c'est pour ça qu'Heero voit seulement qu'il a des beaux yeux maintenant, beaux yeux en plus mis particulièrement en valeur grâce à la chemise, songe Heero.

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Oui, légèrement long à la détente.

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Et l'enturbanné qui continue de le fixer, assis au bord de son lit, jambes croisées, s'appuyant sur le matelas, le bras gauche tendu, le droit reposant négligemment sur sa cuisse.

Heero ne sait pas s'il attend qu'il parte ou qu'il parle.

Les verres dangereusement à portée de Duo lui mettent la pression : il ne doit pas se tromper dans ce qu'il va dire.

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Mais il ne peut pas non plus ne pas lui demander ce dont il se sent dans l'obligation de s'assurer. Même si ça doit ne pas faire plaisir à Duo.

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Duo le regarde droit dans les yeux qu'il sait avoir plissés d'hostilité. Et même s'il voulait se montrer plus agréable avec l'homme qui squatte sa chambre sans y être invité, il n'y arriverait pas. Il a accumulé trop de rancœur aujourd'hui, que ce soit envers Heero ou envers d'autres personnes pour être de nouveau de bonne humeur.

Disons que Heero est la goutte qui a fait déborder le vase, et surtout que c'est la personne actuellement présente et donc toute désignée pour se prendre le contre-coup de tout ce qu'il a accumulé, tension, pression, reproches, rumeurs, et autres choses sympathiques, s'il a le malheur de l'énerver plus qu'il ne l'est déjà.

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Alors il attend. Il attend comme il sait que Heero attend lui aussi un signe qui lui indiquerait s'il doit vraiment sortir ou s'il peut essayer de lui parler, d'engager une conversation, tout du moins un monologue.

A vrai dire, Duo ne sait pas ce qu'il veut lui-même de Heero.

Dans le sens où, même s'il lui en veut d'avoir pu penser qu'il avait couché avec Réléna, il n'est pas totalement fermé à l'éventualité d'une discussion.

Mais aussi dans le sens, paradoxalement, où il n'a qu'une envie : dormir tranquillement en essayant de ne pas penser à cette après-midi, tout en sachant très bien que, s'il tente de se coucher, tout ça tournera dans sa tête et l'empêchera de trouver le sommeil.

Dormir le tente bien. Et c'est déjà ce qu'il essaierait de faire, maintenant, si Heero n'était pas rentré in extremis avant qu'il passe de la salle de bain à poil à son lit, à poil aussi.

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Non. Il a fallu que Heero rentre pile à ce moment critique où il allait prendre la direction de son lit, l'obligeant à se rhabiller puisque l'autre ne bougeait pas, et à attendre qu'il daigne décrocher un mot, maintenant.

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Donc Duo ne sait pas ce qu'il attend de Heero. Et c'est certainement les premières paroles de ce dernier qui feront que le châtain aura une idée sur ce qu'il veut réellement.

Mais pour l'instant, le bleu-mauve, noir dans le message qu'il fait passer, fixe le bleu-gris, sans ciller, sans rien indiquer.

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Et puis un autre problème lui vient à l'esprit : ce qu'il a dit à ses amis.

Duo a promis à Trowa qu'il reconsidèrerait ses sentiments pour Heero.

Il a ensuite dit à Quatre que, si Heero ne se bougeait pas de lui-même, que s'il ne s'excusait pas, il ne reconsidèrerait rien du tout.

Or, là, Duo est dans une situation où Heero a quand même fait un premier pas, tout en ne s'excusant pas.

Et, surtout, Duo est dans une situation où rien ne lui souffle ce qui va se passer, ce qui peut se passer probablement. Le véritable problème, c'est que tant qu'il ne reconsidère pas ses sentiments, il risque d'être hostile à Heero, quoi qu'il veuille exactement.

D'un autre côté, reconsidérer dès maintenant ce qu'il ressent pour lui alors que peut-être Heero n'est que venu lui demander du gel douche (qui sait ?) pourrait le ramener à un amour en sens unique, et lui faire mal. Oui, il est passé en une après-midi du ''définitivement non'' à ''l'éventuellement''. Ce qui ne signifie pas ''certitude''.

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Duo se fait donc l'impression d'être dans une impasse.

Une impasse avec une barrière qui s'est refermée derrière lui : rien ne lui permet de revenir en arrière.

On ne revient jamais en arrière (« Quand une chose tourne mal, tu ne peux rien y faire, n'est-ce pas ? - Ben... Non... - Faux ! Quand le monde te persécute, tu te dois de persécuter le monde ! »)

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Involontairement, Duo sourit très légèrement en repensant à cette séquence d'un de ses films préférés de son enfance.

Et il brise sans le faire exprès la glace, parce que, bien qu'infime, Heero ou au moins son inconscient a perçu le changement léger sur le visage un peu moins hostile.

Alors le Japonais en profite pour parler enfin, poser une première question qui, il l'espère, en entraînera d'autre.

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« Tu... Tu veux du champagne ?

Est-ce que Duo veut du champagne ? Ca non plus, il ne le sait pas.

Ce ne serait pas raisonnable. Il devrait attendre un peu.

Oui. C'est ce qu'il va faire.

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Et puis il ne faut pas que Heero croie que c'est si simple que ça. Faut pas qu'il rêve, le jeune.

Si Duo accepte son verre maintenant, Heero y verra certainement un encouragement. Or, Duo refuse de l'aider. Il l'a déjà fait involontairement avec un sourire qui l'a fourbement pris par surprise, alors il ne va pas continuer.

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Il secoue donc lentement la tête, sans lâcher Heero de ses yeux redevenus noirs.

Et le Nipo-suèdois se prend une douche froide.

Ah bah non en fait, se dit-il. C'est pas gagné.

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To be finished prochainement.

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Wala !

Bon, pas vraiment de trait d'humour, je dirais plus du cynisme, du noir, un peu de moquerie, pour ce qui est de nos deux futurs couples principaux...

Heureusement que Léna remonte l'ambiance ! =P

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Oui, nos chers amis mâles sont adeptes du un pas en avant, trois pas en arrière...

Et qu'est-ce qu'ils sont longs à se décider...

Après, il faut se souvenir qu'ils ont autours de 27-28 ans donc qu'ils peuvent croire en le "cette fois c'est la bonne, faut pas que je la rate", qu'ils attendent ça depuis longtemps pour certains, donc il ne faudrait pas que ça soit bâclé et que les déclarations se terminent en queue de poisson... C'est pourquoi ils s'excusent et vous demandent pardon =)

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Bon, la suite de ce dernier chapitre quand j'aurai le temps, la moitié est déjà écrite.

Et y'aura éventuellement un épilogue, je sais pas encore, on verra, vous me direz si vous en voulez un quand vous aurez la fin du chapitre 4

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Sur ce, bon ap' ! =D

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A pluch' sous l'buch' !

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Naus