Chapitre 21 :

POV ISABELLA

5 ans plus tôt…

Voilà bien des années que j'étais un vampire, transformée par Aro après qu'Edward est succombé à mon parfum. Il était comme un père pour moi, même si dans la forme nous étions bien plus qu'un père et sa fille. Il était mon maître, mon ami, mon amant…
Seulement je sentais depuis quelques mois, la solitude me ronger et de ce fait je ne pensais qu'à Edward, me demandant encore pourquoi il m'avait rejeté. Quand je l'avais rencontré la première fois, mon attirance pour lui m'avait d'abord fait peur, c'était comme une évidence pour moi qu'il était mon âme sœur…comment avais-je pu me tromper à ce point-là ? Pourquoi n'avait-il pas senti la même chose ? J'étais intelligente et plus belle que jamais depuis ma transformation, tous les hommes qui croisaient ma route me le montraient, bien sûr c'était dû à ma condition, bien sûr qu'il y avait plus belle vampire que moi, comme cette maudite Rosalie mais après tous nos beautés n'étaient pas comparables. Elle était une Reine des glaces quand je brûlai les lieux par ma seule présence. S'il lui avait résisté à elle, n'aurait-il pas dû succomber à mes charmes ?
J'étais enfermée dans ma chambre depuis des heures à cause de ce foutu soleil, je décidai donc d'aller me promener en ville dès que l'étoile de jour se fût couché. Ainsi parcourant les rues de par les toits, j'inspirai les merveilleuses odeurs des habitants de Volterra qui me donnaient de plus en plus soif. Après plusieurs heures de balade, un parfum saisissant attira mon attention, doucement je m'approchai d'une cour privée, un homme découpait un porc, délicatement, soigneusement et si précisément que j'eu à penser qu'il était chirurgien.
Il était plutôt grand, svelte et élancé. Des cheveux assez courts noirs et si je ne distinguai pas ses yeux, je les imaginai aussi noirs que l'ébène. Les manches retournées jusqu'au coudes laissaient deviner une musculature à faire pâlir de jalousie la gente masculine, et ses longs doigts n'avaient rien à envier à ceux d'Edward.
Concentré sur son art, il ne remarqua pas ma présence au-dessus de lui, je l'entendais murmurer pour lui-même, chaque muscle, chaque nerf et chaque os qui lui venait à découvrir, j'assistai à son entrainement et j'étais totalement fascinée par ses gestes fluides et calculés.
Le sang de l'animal avait presque totalement recouvert l'odeur délicieuse de cet homme qui me torturait sans le savoir, je comprenais alors ce qu'Aro avait tenté de m'expliquer à propos d'Edward et moi. Cet inconnu inconscient du monde qui l'entoure était « mon chanteur », son sang, douce promesse m'appelait, pourtant je n'arrivai pas à me résigner à le tuer. Je voulais continuer à profiter de ce spectacle éternellement, posant son instrument il glissa hésitant le bout de ses doigts sur le lit rouge qui entourait l'animal. Il passa le reste de l'heure assit sur une chaise à observer le sang couler le long de sa main.

« Bella, que se passe-t-il ? Voilà plusieurs semaines que tu pars chaque soir, je ne sais où… ». Aro se tenait face à moi, les yeux plongés dans un manuscrit. Seulement, je n'avais aucunement envie de partager cela avec lui, cet homme était mon secret, mon paradis dans mon éternité, je le voulais tout à moi et rien qu'à moi.
« Je vais simplement me promener Aro…rien de plus. ». Lui souriant, je me dirigeai vers ma chambre, son regard dans mon dos quand au dernier moment, voyant qu'il avait détourné le regard, je bifurquai et m'enfuyais vers l'humain.
Comme à mon habitude, je m'installai sur le toit qui surplombait son jardin privatif, les murs aux couleurs sable envahi par de gigantesques plantes, plus florissantes les unes que les autres. L'odeur de chlorophylle mélangée aux effluves de sang de l'animal me transportaient, ainsi comme dans un état de transe, j'observai patiemment chacun de ses mouvements si minutieux. A force, j'arrivai même à énumérer, tout comme mon professeur improvisé, les muscles et les os du mammifère.
« Isabella, que fais-tu ici ? ». Sans détourner mon regard, j'intimai à mon visiteur de s'installer à côté de moi et lui montrai l'humain.
« Mon maître, pardonnez-moi, mais cet humain est si fascinant pour moi que je n'ai pas pu résister à l'envie de venir le voir chaque nuit. Son sang m'appelle mais bien moins que son art et si vous l'écoutiez quelques minutes, vous verriez un être doué d'une intelligence invraisemblable, son âme est si sombre. Il est magnifique, je le veux pour moi…je vous en prie. ».
« Et bien Bella, je ne te savais pas si torturée… ». Il me regardait les sourcils froncés, comprenait-il seulement l'attraction que cet humain exerçait sur moi ? Humaine, j'étais si fragile, si pure et innocente mais depuis que je l'avais rencontré, mon monde ne faisait que se déformer de plus en plus. Toutes mes croyances, mon envie de ne pas être un monstre, être végétarienne comme Edward…tout ceci me paraissait si absurde et si loin de moi aujourd'hui, c'était comme si je me révélai enfin à moi-même, et c'était une sensation délicieuse…Edward avait-il senti tout ça avant moi, avait-il vu la noirceur dans mon cœur qui grandissait avec les années ? Comment aurait-il pu ? J'étais égoïste et je le voulais pour moi, pour l'éternité.
« Soit…fait donc comme tu as envie, mais reviens-moi. ». Il caressa doucement ma joue et soudainement je ne souhaitai plus que ses mains me touchent, je refoulai un frisson de dégout et lui souriait en acquiesçant.
Pour la première fois, je me décidai à aller le voir pour lui parler, je voulais en apprendre plus sur lui. Je descendais donc de mon perchoir, atterrissant directement dans la cour, face à lui. Il ne sursauta pas, ne trembla pas, il continuait simplement son œuvre avant de déposer son couteau sur la table à côté de la tête de l'animal.
« Je me demandai quand tu viendrais me parler…Tu es bien plus belle que je ne l'imaginai... ».
« N'as-tu donc pas peur de moi ? ». J'étais impressionnée par son contrôle et son assurance, quelque chose chez lui, aussi fascinant soit-il, n'était pas normal…même pour moi.
« Comment peut-on avoir peur de la mort quand on l'impose soit même à d'autre ? En vérité, je t'attendais depuis bien longtemps, je te sentais tu sais…je t'ai rêvé tellement de fois que je désespéré de te voir un jour…Il m'a beaucoup parlé de toi, il ne savait pas quand tu viendrais mais il m'a dit que c'était inévitable. Tu es mon Destin, tu changeras ma vie, tu m'amèneras à un niveau supérieur. C'est parfait, je le sais…». Je ne comprenais pas ce qu'il me racontait, je n'avais qu'une chose en tête, l'avoir pour moi.
« Quel est ton nom ? ».