Chapitre 22 : (1ère partie)

Aujourd'hui était un jour particulier, c'était mon anniversaire. Aujourd'hui, j'avais vingt-trois ans, j'étais célibataire et je vivais en Irlande pour une période indéterminée. J'avais de nouveaux amis, fais des rencontres vraiment improbables et j'allais le fêter dignement ce soir en boite de nuit avec mes amis français. Un bilan plutôt positif quand on le comparait à mon passé assez compliqué et déprimant.
Nous avions déjà bien entamé la journée quand je recevais un énième message de Pauline pour me souhaiter –encore une fois- mon anniversaire et pour s'assurer que j'avais tout ce qu'il me fallait pour la préparer –elle- chez moi. Elle semblait plus stressée que moi par cette soirée et ça m'inquiétai un petit peu d'ailleurs, elle avait prévu un truc, j'en aurai mis ma main à couper.
Sans plus attendre, je filai prendre un bon bain, rien de tel pour vous détendre avant une longue soirée de folie. Tandis que je jouai avec la mousse parfumée, je pensai à Edward et à ce qu'il pouvait bien faire en ce moment, il était dix-sept heures et nous étions samedi. Je ne savais pas du tout ce qu'il faisait de ses samedis après-midi, quand vous avez l'éternité à quoi pouvez-vous bien vous occuper ? Une partie d'échec ? Un livre ? Jouait-il du piano ? Je regrettai soudainement de ne pas avoir était plus curieuse à son sujet, en dehors de son rapport avec la saga.
« Chérie…Pauline est là. ».
« Ok, j'arrive. Merci maman. ». Mon moment de relaxation étant écourté, je sortais de là à regret, j'allai devoir m'occuper –et- de mon amie et de moi…et je ne savais même pas ce que j'allai porter.

« Bon t'es prête ? On peut partir ? ». Je passai un dernier coup de mascara et m'inspectai discrètement en prenant mon sac à main, Pauline tapait du pied, bras croisés.
« Hey, j'te signale que si tu m'avais pas fait recommencer ton maquillage trois fois, on serait pas en retard ! ». Me défendis-je en descendant les escaliers, yeux rivés sur les marches pour ne pas me casser la gueule quinze marches plus bas.
« Tu t'enflammais à chaque fois aussi…j'ai pas les yeux aussi grands que toi, moi… ».
« Et j'suis pas maquilleuse, moi ! Alors la prochaine fois…tu te démerdes ! ». Un clin d'œil et un énorme sourire après, je fermai la portière de la voiture et mis ma ceinture. Nous allions rejoindre quelques amis au restaurant avant de rejoindre le reste du monde en boite de nuit. J'avais choisi un japonais, d'abord parce que j'adorai ça mais aussi pour que ça ne soit pas trop lourd et que je ne vomisse pas partout en pleine soirée, oui…j'étais prévoyante.
Nous y arrivâmes assez rapidement, coupant le moteur, Pauline enleva sa ceinture et se racla la gorge.
« J'ai invité…un ami, ça t'embête pas ? ».
« Bien sûr que non, c'est qui ? Je le connais ? ».
« Non, je ne le connais que depuis quelques semaines, mais on s'entend bien, alors… ». J'acquiesçai et lui caressai le bras pour la rassurer, c'était une écorchée vive en matière de relation amoureuse, s'il y avait un salaud dans un rayon de cinq kilomètres, il était inévitablement pour elle. J'avais eu peur qu'elle finisse par abandonner pour rester définitivement seule, mais elle me surprenait à chaque fois qu'elle remontait en selle, donnant toujours une nouvelle chance au type qu'elle rencontrait. J'espérai qu'il soit le bon celui-là, n'étant pas certaine qu'il lui restait encore beaucoup de bonne volonté dans la conquête de l'homme parfait ou potentiellement convenable…
Saluant mes amis, je me tournai enfin vers celui que je ne connaissais pas et que je supposai donc être l'ami de Pauline.
« Jenn', je te présente Gabriel…Gabriel, Jennifer ma meilleure amie ! ». Il était bien plus grand que moi et était d'une très grande beauté, je l'observai un instant, dépassant même la limite de la politesse, nos regards ne semblaient plus vouloir se défaire. Je me surprenais à voir des vampires partout maintenant, voilà qu'un homme digne des plus beaux mannequins se présentait à moi et je le soupçonnai d'emblée qu'il soit un vampire. Tout ceci devenait bien trop ridicule à mon goût, je me raclai la gorge, défaisant au passage notre connexion et lui fît un sourire timide.
« Enchantée ! Bon on y va ? Je meurs de faim ! ». J'attrapai le bras d'une amie présente, Caroline, tout en m'efforçant de ne pas jeter de regard à cet inconnu. Quelque chose me dérangeait et me fascinait chez lui, c'était comme si je savais qu'il était à moi, qu'il m'était destiné et je trouvai cette sensation vraiment désagréable. Et cela pour deux raisons, l'une parce que c'était complétement idiot, il était présent pour Pauline et jamais je ne me mettrai entre eux et l'autre parce qu'une partie de moi savait qu'il n'y avait qu'Edward qui comptait à cet instant. Mais c'était comme si je n'avais pas le choix, c'était frustrant et très déstabilisant.
« Alors Gabriel, d'où viens-tu ? ». Demanda Stéphane, assis à ma gauche, pendant que nous nous servions sur le tapis roulant.
« Je suis né à Strasbourg mais mes parents sont d'Italie. ».
« Et tu fais quoi dans la vie ? ».
« Je suis en fac de médecine… ».
« Waouh ! Pas trop difficile ? ».
« Je m'en sors plutôt bien…mon père est boucher… ». Tout le monde éclata de rire tandis que nous continuions notre repas, discutant ainsi de tout et de rien.
« Bon dis-nous tu repars quand en Irlande ? ». J'avalai rapidement mon maki et me tournai vers mon meilleur ami, Jérémy, une pointe d'agacement dans sa voix, il attendait ma réponse avec empressement. Je lui manquai, il me manquait mais il m'était difficile pour moi de rester ici trop longtemps et je n'arrivai pas à lui expliquer.
« Dans deux ou trois jours maximum, vu que j'ai des classes au lycée dont je dois m'occuper, je ne peux pas m'absenter trop longtemps… ».
« Déjà ? Mais t'es arrivée y'a si peu de temps… ».
« Je sais…mais je n'ai pas le choix, j'ai des responsabilités… ». Venant de moi, je trouvai ça un peu ironique, j'avais toujours fuit toutes sortes de responsabilités, toutes formes d'engagements quels qu'ils soient depuis Nicolas. Ça n'avait toujours été que source d'ennuis pour moi jusqu'à présent et à bien y réfléchir, ça n'avait pas vraiment changé…en acceptant ce poste au lycée, j'avais rencontré les créatures les plus dangereuses qui existent ou presque.
« Bon, ben on viendra te voir en Irlande alors… ». Lui souriant, j'acceptai volontiers. L'idée de les voir dans un environnement qui ressemblait plus à mon « chez moi » et pouvoir le leur montrer me réjouissait énormément.

« Jennifer ! On a un problème ! ». Pauline semblait paniquée, nous étions arrivés en boite depuis près d'une heure maintenant, tout le monde était présent, certains buvaient et d'autres dansaient. La soirée battait son plein et son air m'inquiétait sérieusement…pourquoi ne pouvais-je pas avoir un anniversaire simple et loin de toute complication ?
« Qu'est-ce qui se passe ? ». Elle me prit la main pour m'emmener, nous faisant ainsi traverser la piste de danse quand la musique s'arrêta subitement, laissant place à une sirène d'urgence. Deux sapeurs-pompiers arrivèrent alors, repoussant les personnes pour faire de la place au centre de la piste, nous laissant seules Pauline et moi. Je la regardai curieuse quand un sourire machiavélique apparu sur son visage, et lâcha prise et se recula en me faisant un clin d'œil. Je compris alors ce qui se tramait, je venais de me faire avoir en beauté, j'étais entourée par deux strip-pompiers…Que le seigneur me vienne en aide !
Les filles présentes hurlaient de jalousie alors que l'un d'eux me pria de me coucher sur drap anti-feu et il avait raison, j'en aurai certainement besoin. Ils se mirent à danser sensuellement tout en retirant leurs combinaisons, leurs corps musclés et huilés à souhait se dévoilaient peu à peu, laissant de moins en moins de place à l'imagination. A moins que ce ne soit l'inverse qui se produisait, mon état ne m'aidait pas du tout à calmer mes hormones, je regrettai soudainement ma volonté d'abstinence, j'allai avoir un orgasme devant des centaines de personnes, quoi de mieux pour se ridiculiser ?
Le plus baraqué me souleva alors pour que j'enroule mes jambes autour de lui alors qu'un autre se collait dans mon dos, tant de peau contre moi allait avoir raison de moi si je ne me concentrai pas sur le champ, chose assez difficile vu le contexte. Ils étaient maintenant nus, seulement cachés d'un drapeau différent chacun, la France et l'Irlande, Ahaha ! Vraiment très drôle les filles !

Le spectacle terminé, je les remerciai plusieurs fois avant de me diriger vers les toilettes, j'avais vraiment besoin de me rafraichir. Une main m'attrapa alors le bras, m'obligeant à me retourner.
« Toi ? ».