Chapitre 23 : (2ème partie)

« Salut Jenny, ça fait un bail…comment vas-tu ? ». J'étais figée, incapable du moindre mouvement jusque-là quand ma main partit d'un coup vers son visage. Il l'arrêta à temps, me frustrant encore plus.
« Comment oses-tu venir ici, alors que tu savais pertinemment que je fêterai mon anniversaire ! ».
« Ben je voulais te le souhaiter, je ne suis pas là pour faire des histoires, j'te le jure ! ».
« Nicolas…ta présence seule fait des histoires… ». Il grimaça à mes paroles, il n'avait pas pour habitude que je sois si froide avec lui, la dernière fois qu'on s'était vu, je l'avais presque supplié de me revenir. Comment avais-je pu être si idiote ? Le voir ce soir, sans savoir si c'était l'alcool ou pas, me donnait la nausée. Il n'avait pas vraiment changé mis à part peut-être son nouveau look de bcbg et sa nouvelle coupe de cheveux. Oui, il aurait probablement était très beau pour quelqu'un qui ne le connaissait pas comme moi.
« Je suis désolé, tu as bien changé en tout cas, tu es vraiment magnifique… ». Une larme de rage roula sur ma joue, si j'avais pu le tuer sur place…je l'aurai sans doute fait. Comment pouvait-il être si normal avec moi après ce qu'il m'avait fait subir ? Parce qu'il était clair que si je devais comparer notre rupture et ce que j'avais ressenti, à quelque chose, ça serait sans aucun doute l'Enfer. Je me souvenais alors de ces jours, ces semaines, enfermer dans ma chambre, refusant de me nourrir ou même de sortir. Je m'étais laissée mourir pour quelqu'un qui n'en avait vraisemblablement rien à faire de moi, j'avais sacrifié des années de ma vie à aimer, combler et chérir un connard de première, sans jamais rien attendre en retour.
« Tais-toi ! Je veux que tu me foutes la paix…dégage de ma vue ! ». J'allai m'en aller quand il me retint pour la deuxième fois, ses doigts sur ma peau agissaient comme une brulure.
« Ne soit pas comme ça…tu me manque, tu sais ! ». Mon cœur se serra et je m'en voulais pour ça, nos yeux se croisèrent, j'allai lui cracher tout le venin que j'avais en réserve quand des bras puissants m'encerclèrent.
« Bonsoir mon cœur, désolé du retard…Qui est ton ami ? ». Est-ce que je rêvai ? Après son baiser dans le cou, je me tournai face à lui et croisai enfin ses yeux émeraude. Mon cœur accéléra et un énorme sourire s'afficha sur mes lèvres puis sans que je réfléchisse, je me jetai sur sa bouche, avidement. Soulagée qu'il ne me repousse pas, il resserra même son étreinte avant de caresser ma joue pour me relâcher.
« Je suis heureuse que tu aies pu te libérer… ».
« Je n'aurai raté ça pour rien au monde… ». Nicolas se racla alors la gorge, apparemment mal à l'aise par la situation, tant mieux. Il lui tendit la main pour le saluer et une grimace de douleur s'afficha sur ses traits, Edward marquait son territoire. Si j'avais trouvé ça ridicule auparavant, j'étais euphorique à l'idée qu'il soit peut-être jaloux.
« Je ne savais pas que tu avais quelqu'un… ». Me dit alors mon ex-petit-ami.
« Je vis en Irlande, c'est récent… ». Répondit mon vampire adoré. Nicolas le jaugea un instant, instinct animal primaire, pour savoir s'il faisait le poids contre Edward, j'espérai pour lui qu'il comprenait que non.
« Et tu es ? ».
« Nicolas…son…un ami. ». Je profitai alors de leur petit échange pour contempler mon petit-copain, cette définition me paraissait incorrecte, l'était-il réellement? Ou était-ce seulement une façon de m'aider dans un moment difficile ? Mais après tout peu importait, il était ici avec moi et avec de la chance, je passerai la soirée avec lui et mes amis.
Ses cheveux toujours en bataille semblaient légèrement plus courts que dans mon souvenir. Il portait un costard gris anthracite, légèrement brillant et une chemise noire entre-ouverte au col qui soulignait le moindre centimètre de sa musculature. Nos doigts entrelacés attirèrent mon regard, je n'avais plus du tout envie de le laisser partir et c'était véritablement problématique car je ne voulais pas m'attacher à quelqu'un et encore moins à une personne qui ne pouvait vraisemblablement pas partager ma vie.
« Jennifer ? ». Tirée de mes songes, je remarquai que Nicolas nous avait abandonné, me laissant seule avec Edward. Automatiquement je défis nos mains et reculai à une distance raisonnable.
« Merci pour ça, il me rendait folle…Que fais-tu ici ? ». Il se rapprocha alors de moi, et souleva mon menton de sa main droite.
« Alice a une vision, tu étais en danger d'après elle…et j'avais envie de te voir. ».
« Oh… ». Un sourire niais naquit sans que je puisse le retenir, je lui avais manqué alors…je courrai à ma perte, c'était certain…mais comme un vampire célèbre l'avait dit : Tant qu'à se damner, autant le faire correctement.
« Viens, je vais te présenter à mes amis… ». Il leva un sourcil surpris et m'attira vers lui.
« Ah oui ? Et comment comptes-tu faire cela ? ». Pour le coup, il n'avait pas tort, que pouvais-je bien leur raconter ? Un ami de longue date ? Mes amis les plus anciens et plus proches étaient présents…Un vampire d'Irlande ? Oui parfait !
« J'ai une chambre au Château de l'Ile…tu n'auras qu'à me rejoindre plus tard…si tu le souhaite…profite de ta soirée. ». Me mordillant la lèvre, j'hésitai à le laisser partir.
« Je t'y attendrai, c'est promis. ». J'acquiesçai de la tête et relâchai mon emprise sur sa veste, il m'embrassa passionnément, ses lèvres froides et douces étaient un délicieux péché. Un sourire en coin, il caressa encore ma joue avant de me laisser pantoise près du bar.
« La vache, ma puce…c'est qui cet étalon ? Le laisse pas filer comme ça ! ». Pauline claqua une fois les doigts devant moi pour me ramener à la réalité.
« Je le vois plus tard… ».
« Ah ouais ? Mais tu le connais, c'est qui ? ».
« Un fantasme, ma belle, un fantasme ! ».
« Tu m'étonne, allez viens danser ! ».

« Arrête de me fixer comme ça…c'est gênant à force. ». M'exclamai-je auprès de Gabriel qui avait passé cette dernière heure à m'observer, dansant, buvant, rigolant, sans jamais ou presque détourner le regard.
« Tu es…spéciale. ». Je levai un sourcil, sceptique.
« T'es déchiré ou quoi ? ».
« Je ne bois pas d'alcool. ». Croisant les bras, je me donnai une constance et le défiai un moment.
« Ouais, ben arrête ça tout de suite, Pauline est mon amie…et je ne suis pas intéressée… ». Il se leva alors et passant près de moi, il s'approcha de mon oreille.
« Pour l'instant…mais ça viendra… ».
A la fin de la soirée, j'abandonnai tout le monde pour aller rejoindre Edward à l'hôtel, j'embrassai Pauline et la gardai un temps contre moi.
« Puce, fais gaffe avec Gabriel…il est bizarre ! ».
« Pourquoi ? ». J'haussai les épaules, incapable de lui fournir une explication concrète.
« Il te plait c'est ça ? Tu le veux pour toi ? ». Mes yeux s'écarquillèrent surprise.
« Quoi ? Mais pas du tout ! ».
« Ouais, c'est ça…bonne soirée. ». Elle monta dans la voiture de Gabriel qui me souriait, un frisson me parcouru, ce type me faisait vraiment flipper et pourtant il avait raison, quelque part…il m'intéressait.