Chapitre 24 :
POV EDWARD
C'était plus fort que moi, attendre tout ce temps avant de la revoir était impossible, pour quelqu'un qui a l'éternité, c'était ironique mais qu'importe. J'avais pris le premier avion disponible pour la France et étais parti la rejoindre. Alice avait vu où elle fêterait son anniversaire et j'avais décidé de la rejoindre directement là-bas, peut-être même que je ne lui signifierai pas ma présence, le simple fait de la voir me suffirai. Ma sœur m'avait fait une valise en deux temps trois mouvements et m'avait déposé à l'aéroport, où par chance l'avion avait été à l'heure.
Le voyage fût d'une lenteur insoutenable, j'étais bien trop impatient de voir son sourire, d'entendre sa voix et son cœur qui bat, de sentir son odeur. Je devrais certainement me satisfaire de tout ceci, me voir près d'elle dans son monde pourrait l'affoler, ici à Strasbourg, elle est si loin de cette réalité qu'elle n'imaginait même pas.
Après être passé à l'hôtel pour manger et me changer, je prenais un taxi vers le centre-ville pour aller dans cette boite de nuit où ma belle se trouvait. Alice s'était lâché sur ma valise, profitant du fait que je n'ai pas le temps de vérifier, le costard qu'elle m'avait mis pour l'occasion me paraissait un peu trop extravagant jusqu'à arriver à l'intérieur du bâtiment.
Soit je ne faisais vraiment plus attention aux humains et à l'heure gout vestimentaire, soit Strasbourg avait la palme d'or des styles en tout genre, Alice demanderait surement à ce qu'on lui arrache les yeux si elle voyait un truc pareil…
« Tais-toi ! Je veux que tu me foutes la paix…dégage de ma vue ! ». J'étais à peine entré que je reconnaissais déjà sa voix parmi les centaines présence et malgré la musique, elle était tremblante mais décidée. Je me tournai alors, la cherchant du regard, un homme lui tenait le bras ne semblant pas disposé à la laisser s'en aller.
« Ne soit pas comme ça…tu me manque, tu sais ! ». Je ne savais pas très bien ce que je devais faire dans l'immédiat, lui arracher la tête devant tous ces témoins ou attendre qu'il sorte d'ici. Je m'approchai doucement tandis que j'entendais le cœur de ma douce battre à la chamade, elle fronça les sourcils et se pinça la lèvre, j'étais sûr à cet instant qu'elle allait le maudire de toute son âme mais quelque chose clochait et pour une raison que j'ignorai, j'avais peur de ce qu'elle allait dire. Je la rejoignais alors en quelques enjambées et la pris dans mes bras, espérant au passage qu'elle ne me repousse pas, je l'embrassai dans le cou alors qu'elle se raidit une demi seconde avant de se tourner face à moi.
« Bonsoir mon cœur, désolé du retard…Qui est ton ami ? ».
Et la une multitude de sentiment passa dans ses yeux, la surprise, le soulagement, la joie et le désir…le désir ?
Elle se jeta sur mes lèvres, les caressant du bout de la langue, j'y répondis alors et si mon cœur battait encore, j'étais sûr qu'il serait sorti de mon corps. Son parfum m'enivra totalement et j'eu à user de toutes mes forces pour la repousser doucement afin déjà de ne pas la tuer et surtout de ne pas lui faire l'amour sur le bar.
« Je suis heureuse que tu aies pu te libérer… ».
« Je n'aurai raté ça pour rien au monde… ». Le type semblait mal à l'aise face à notre démonstration et d'après ce que j'entendais de ses pensées confuses par l'alcool, il avait peur de moi. Quelque chose chez moi lui intimait que j'étais dangereux, en fait il n'était peut-être pas si idiot qu'il n'y paraissait. Lui serrant la main plus que de nécessaire, j'en profitai pour le fixer un instant, il devait comprendre que ses envies envers Jennifer devaient rester à l'état d'idées. Mon esprit, à l'unisson du sien évoquait des dizaines de manières de le faire souffrir avant de le tuer, ce type m'insupportait totalement
« Je ne savais pas que tu avais quelqu'un… ».
« Je vis en Irlande, c'est récent… ».
« Et tu es ? ».
« Nicolas…son…un ami. ». Il avait hésité sur son rôle dans la vie de Jennifer alors qu'il se remémorait son passé avec elle, il ne voulait même pas la récupérer pour une relation saine, non seulement pour une nuit. Un grognement sorti de ma gorge et je remerciai la musique assourdissante de le couvrir à ce moment-là.
« Tu fais quoi dans la vie ? ». La peur ne l'empêcha pas malgré tout d'essayer de juger la concurrence, quel imbécile…
« Je suis en fac de médecine… ».
« Je vois, tu parles très bien le français en tout cas… ».
« Ma mère l'est…ça aide. ». Il acquiesça et regarda un peu autour de lui, cherchant un moyen de s'échapper discrètement avant que je ne lui pose des questions, apparemment monsieur avait honte de sa vie.
« Bon ben c'était sympa de faire ta connaissance, je vais y aller. ». Fais dont ça, pauvre con !
« OK, bonne soirée ! ». Il partit alors sans demander son reste et je constatai alors avec quelle intensité Jennifer me regardait, ne remarquant même pas que nous étions seuls.
« Jennifer ? ». Elle mit alors une distance entre nous, je n'aimai pas ça du tout. Je la rapprochai de moi, je ne voulais plus me cacher. Elle devait comprendre que je la désirai elle plus qu'aucune autre.
« Merci pour ça, il me rendait folle…Que fais-tu ici ? ».
« Alice a une vision, tu étais en danger d'après elle…et j'avais envie de te voir. ».
« Oh… ».
« Viens, je vais te présenter à mes amis… ».
« Ah oui ? Et comment comptes-tu faire cela ? ». Il fallait être réaliste, comment pouvait –elle me présenter à ses amis ? Et pourquoi le voulait-elle ? Ressentait-elle la même chose que moi ? Pouvait-elle réellement et sincèrement aimer la créature et le monstre que j'étais ? Et puis après tout, on ne se connaissait pas vraiment, certes je l'avais beaucoup observé, je savais beaucoup de chose sur elle, pourtant…je ne savais pas grand-chose de ce qui faisait sa vie…
« J'ai une chambre au Château de l'Ile…tu n'auras qu'à me rejoindre plus tard…si tu le souhaite…profite de ta soirée… Je t'y attendrai, c'est promis.».
J'étais à l'hôtel depuis quatre bonnes heures maintenant, j'étais comme un lion fou en cage quand on toqua à ma porte. Jennifer se trouva là, à ma porte, gênée, ses joues étaient rougies par l'intimidation pourtant quand nos regards se croisèrent, j'étais certain de lire de la joie et du désir comme plus tôt dans la soirée.
« Entre, j't'en prie…Ta soirée s'est bien passée ? ». Elle déposa ses affaires sur le fauteuil près de l'entrée avant de s'installer sur le lit.
« Oui, c'était génial ! ». Elle fronça les sourcils comme prise d'un doute mais j'hésitai à lui faire remarquer si elle avait voulu m'en parler, je supposai qu'elle l'aurait fait. Je le voulais pourtant, je le voulais si fort qu'elle me parle de ce qu'elle ressent, ne pas pouvoir l'entendre était de plus en plus insupportable. Je m'installai sur le lit à côté d'elle, un long silence se fît, nous regardions chacun une direction opposée, timides.
« Alors…qu'as vu Alice ? ».
« A vrai dire, je n'en sais trop rien…pour être tout à fait sincère…je n'ai pas pris le temps de savoir. Je suis immédiatement parti… ». Répondis-je en me tournant vers elle, ses prunelles brillaient et son cœur battait si fort que j'avais peur qu'il n'explose. Je m'approchai alors d'elle un peu plus, collant ainsi nos fronts l'un contre l'autre, sa respiration plus rapide m'intimait qu'elle avait peur de ce qui se passait, j'avais peur aussi mais ça elle ne le voyait pas. D'une main, je la tirai doucement pour la coucher et m'allongeai à moitié sur elle alors que de l'autre, je lui caressai le visage, aucun de nous ne parlait, profitant de chaque seconde.
Jennifer passa sa main derrière ma nuque pour me rapprocher encore plus d'elle, je sentais qu'elle tremblait légèrement d'anticipation. Se rendait-elle compte de l'effet qu'elle me faisait à cet instant ? Voyait-elle à quel point je devais me concentrer pour ne pas la blesser ? Pour ne pas…la tuer ?
Nos lèvres se touchèrent enfin après ce qui me parut une éternité, un baiser chaste et doux qui se transforma rapidement en un besoin compulsif, j'avais besoin d'elle et elle avait envie de moi. Tout du moins son corps, qui sous l'excitation se dandinait sous mon poids, m'infligeant par la même occasion une délicieuse torture.
Je retirai délicatement sa robe et profitai quelques secondes de la vue magnifique que j'avais, ses sous-vêtements en dentelles noirs, les porte-jarretelles qui emprisonnés honteusement ses bas, c'était d'une indécence scandaleuse. J'adorai ça !
Parcourant ainsi de ma bouche son corps à demi-nu, j'écoutai attentivement le moindre des gémissements qui franchissaient ses lèvres humides et rougies par nos baisers. Elle caressait mes cheveux, les yeux clos en me suppliant de lui faire l'amour, le pouvais-je vraiment ?
Je n'étais pas cet Edward Cullen, cet imbécile persuadé qu'il tuerait sa bien-aimée en lui montrant toute la portée de son amour mais…un accident était si vite arrivé.
« Edward… ». L'entendez-vous ? Cette sirène qui m'appelle…Elle me promet tant de merveilleuse chose, comment pourrais-je résister ?
Je me déshabillai sous son regard fiévreux sans la quitter un instant des yeux et quand arrivé au dernier rempart de ma tenue, elle se mordilla la lèvre inférieure, je ne répondis plus de rien. Je me jetai sur elle pour la dévêtir entièrement et me positionna devant son entrée.
« Je ne sais pas si je saurai me contrôler… ».
« Moi non plus… ». Elle me souriait complice avant de m'attirait contre elle, m'obligeant par notre position à la pénétrer profondément. Son corps brûlant réchauffait mon corps froid et mort, les pulsations de son cœur contre moi me donnaient l'impression d'être vivant. Et c'était bien cela, être en elle était une résurrection…Jennifer révélait la part d'humanité qui subsistait dans mon âme.
