Chapitre 25 :

« Comment as-tu fais pour avoir le siège à côté du mien ? ». Edward s'installait dans son siège alors que j'enlevai ma veste pour être à l'aise durant le voyage, la séparation avec mes amis et ma famille fut plus difficile que je ne l'aurai pensé même si je savais que je les reverrai dans peu de temps. J'étais donc bien contente qu'il soit avec moi pour me tenir compagnie.
« Alice est un petit génie… ».
« Je vois…Je ne m'y ferai certainement jamais. ». Souriant, il ferma sa ceinture de sécurité et je fronçai les sourcils à une idée saugrenue.
« A quoi penses-tu encore ? ».
« Si l'avion se crash, tu n'en mourras pas, n'est-ce pas ? ». Il leva un sourcil comme pour s'assurer que j'étais sérieuse dans mon analyse, je l'encourageai donc à me répondre.
« Et bien…à moins qu'il ne prenne feu, non…pourquoi tu penses à ça ?».
« J'en sais trop rien, ça m'est venu comme ça…c'est rassurant de se dire qu'on peut survivre à un crash d'avion…j'ai plus qu'à espérer qu'il le fasse dans l'Atlantique… ».
« T'es vraiment flippante pour une humaine, tu le sais ça ? ».
« Merci ! » Rigolai-je.
Je pris enfin mon aise à ses côtés et l'observai un instant, des frissons me parcoururent quand je me rappelais de la veille.
« Tu me rends complètement fou … ». Il inspira profondément au creux de mon cou m'infligeant un doux supplice, je serrai les cuisses contre ses flans. Il connaissait si bien mon corps que je l'avais même soupçonné de m'avoir espionné lors de mes plaisirs solitaire. Sa main gauche glissa le long de mon ventre atteignant ma fesse puis ma cuisse, il remonta ma jambe et se faufila à l'intérieur de moi m'arrachant un gémissement. A chaque poussée, il resserrait ses prises sur mon corps envoyant des décharges électriques dans tout mon corps.
« Edward…Ed… ».
Sursautant, je m'apercevais que je m'étais assoupi dans l'avion. Edward m'observai du coin de l'œil, un sourire en coin.
« Oui ? ». Dis-je la voix tremblante, espérant ne pas avoir parlé en dormant.
« Non, rien… ».

Le voyage fût vraiment agréable, nous avions eu l'occasion de discuter un peu plus, enfin surtout moi. Je n'avais jamais autant parlé à un homme de toute ma vie, il ne lui restait plus qu'à faire une étude astrologique et il saurait tout de moi.
« Francis est déjà là, on se voit plus tard alors ? ».
« Oui, viens directement dès que tu le voudras… ». Nous nous embrassions avant de partir chacun de notre côté, nous ne pouvions pas nous montrer en publique ici, puisqu'Edward n'était censé avoir que 17 ans et moi…23. Ils n'étaient pas censés savoir que je sortais non pas avec un mineur mais plutôt avec…centenaire.
« Tu rigoles souvent seule ? ».
« Francis ! ». Je le serrai dans mes bras, mes vacances n'avaient pas été excessivement longues mais il m'avait manqué.
« Comment vas-tu ? Le voyage s'est bien passé ? ».
« Parfait ! ». Il me prit ma valise alors que je commençai à lui raconter mes vacances tandis que nous rejoignions la voiture pour rentrer.

J'étais assise dans la voiture depuis dix minutes si ce n'est plus, la ceinture toujours enclenchée et mains sur le volant. Regardant la maison des Cullen avec une concentration harassante, je me demandai depuis mon arrivée ce que je faisais là. Que ma relation avec Edward est évoluée était une chose mais de là, à le dire à sa famille…je ne me sentais plus du tout aussi confiante que ce matin quand il m'avait demandé de le rejoindre chez lui.
Je pris une grande inspiration avant de sortir du véhicule, serrant plus que nécessaire la lanière de mon sac à main. Il faisait un temps magnifique, le soleil brillait et réchauffer la plaine environnante et les rares nuages visages semblaient fondre comme neige au contact des rayons de ce dernier.
Je montai les dernières marches menant à l''entrée principale et m'apprêtai à sonner quand la porte s'ouvrit à la volée sur un Edward déboussolé et inquiet.
« Jennifer…tu n'as pas eu mon message ? ».
« Euh…non je…désolée, je te dérange ? ».
« Edward, ton amie est arrivée ? Laisse-la donc entrer, voyons…je meurs d'impatience de la rencontrer… ». Je ne reconnaissais pas cette voix d'homme, et vu le visage empreint à la douleur d'Edward…je n'avais pas envie de la connaitre. Il ouvrit pourtant un peu plus la porte et m'invita à entrer, ses yeux me suppliaient de lui pardonner et j'avais envie de lui hurler d'arrêter de me faire peur ainsi. Mais évidemment, aucun son ne sortit de ma gorge.
Edward sur mes talons, je me dirigeai vers le salon, tous les Cullen étaient présents, installés sur les canapés de gauche que l'on apercevait déjà dans le couloir, ce n'est qu'en pénétrant dans la pièce que je remarquai les autres…
« La voilà ! ». S'écria un homme que je reconnu comme étant l'un des représentés sur le tableau, mes yeux papillonnèrent rapidement sur ceux qu'i l'accompagnaient et je fis alors le lien. C'était les Volturis.
Edward me pris par la main et m'amena près des Cullen, m'installant entre Rosalie et Alice. Alors qu'Alice me pris la main pour me rassurer, je senti un mouvement presque imperceptible de tous les Cullen, ils s'étaient rapprochés de moi. Si même eux avaient peur des Volturis, qu'étais-je censée faire exactement ?

« Alors dites-moi…maintenant que la famille est au complet…pour quand est prévue la transformation ? ». Mon cœur se mit à battre à tout rompre, la transformation ? La mienne ? Oui évidemment, la mienne… C'était clair, maintenant qu'ils connaissaient mon existence et moi la leur…Le résultat était inévitable, j'allais mourir. Mourir, je l'avais souhaité tant de fois, la mort, celle qui délivre de cet Enfer, cette solution qui apporte soit une vie différente et inconnue…soit le Néant. Et là, je découvrais que je devais soit mourir comme je l'avais souhaité soit frôler le sol de ce Monde pour l'éternité. Oh bien sûr, j'y avais déjà réfléchis…j'ai toujours adoré les histoires de vampires, m'imaginer en devenir un n'était qu'une étape de plus. Mais ça n'avait toujours été que chimère, jamais ce monde de ténèbres n'aurait dû exister, jamais je n'aurai dû réellement faire ce choix. Et je comprenais aujourd'hui que je n'avais pas envie de mourir, d'aucune façon que se soit…je voulais des enfants, sentir mon cœur battre la chamade dans un manège, pleurer pour un film à l'eau de rose, avoir des bleus à cause de ma maladresse, me lever au milieu de la nuit pour un verre d'eau. Oui, l'éternité pouvait avoir du charme, traverser les âges et découvrir ce que l'avenir réserve aux hommes, passer l'éternité avec une personne qui vous connait par cœur, avec qui vous partagez tout…mais ça veut dire aussi voir ma famille et mes amis mourir, les uns après les autres sans pouvoir prendre part à leur vie…N'était-ce pas un sacrifice trop lourd à supporter au fil du temps ?
« N'ayez pas l'air si surpris mes amis…en lui dévoilant qui vous étiez…vous saviez que cela arriverai ! ». Je revenais alors dans la réalité, regardant plus intensément les vampires en face de moi, je distinguai rapidement Aro, Marcus et Caïus. Seulement, je n'arrivai pas savoir qui étaient les autres, se pouvait-il que chacun d'entre eux soit les vampires de la saga ?
« Jennifer ? ». Aro me parlait, j'attendais patiemment qu'il continue.
« Es-tu prête à être transformée ? ».
« Je…Je n'y ai jamais réellement réfléchis.».
« Non, je suppose…approche s'il te plait… ». Je lançai un regard à Alice qui acquiesça doucement, de toute manière, je n'étais pas certaine d'avoir le choix. J'y allai de mon plein gré ou l'on venait me chercher en somme. Il prit ma main dans la sienne et ferma les yeux, sa peau était glacée et aussi rugueuse que du papier de verre, l'âge faisait tout de même ternir la beauté des vampires.
« Intéressant… ». Ses yeux noirs transperçaient les miens tandis que l'un de ses mains repoussa une mèche de cheveux derrière mon oreille.
« Le même don que Bella…pourtant elle semble différente. ».
« Evidement qu'elle n'est pas moi ! ». Je me tournai alors vers l'entrée du salon, une vampire s'y tenait, suivit par deux hommes, d'une beauté époustouflante qui suggérait que même humains, ils étaient magnifique. Ils s'approchèrent de nous et Bella se posta devant moi, me permettant ainsi de la détailler un peu plus, elle était belle sans aucun doute mais il était force de constater que…
« Pourquoi me fixes-tu ainsi, humaine ! ».
« J'me disais qu'ils avaient mal choisi l'actrice pour vous jouer… ». Un sourire narquois s'afficha sur son visage alors qu'elle passait ses mains sur sa chemise.
« Au moins tu as l'œil… ».
« Il est clair qu'elle était beaucoup trop belle pour vous jouer… ». Jamais je n'aurai du dire ça, j'en avais conscience mais la peur me fait devenir sarcastique à souhait et ma langue une fois déliée est incontrôlable. Tout se déroula alors très vite, Les deux sous fifres de Bella la rattrapèrent tandis qu'Edward et Jasper se mirent devant moi pour faire bouclier, la chemise de ce dernier vola en lambeaux et des mèches de cheveux tombèrent au sol, des cheveux noirs…les miens en fait, je venais encore une fois de frôler la mort. Blottit contre le corps d'Edward, je regardai par-dessus son épaule. Aro riait aux éclats, apparemment amusé par mon audace alors que Bella fulminait d'être retenue par ses chiens de garde.
« Suffit ! ». S'exclama-t-il alors en se levant, il se tourna vers moi songeur.
« Je te donne jusqu'à la dernière lune de cette année, après quoi…seule la mort sera possible. ». Cela me donnait après un rapide calcul, onze mois et deux semaines, apparemment largement assez pour décider entre la non-vie éternelle ou la mort…