Chapitre 30 :
« Nous somme enfin arrivés à ce jour tant attendu…c'est aujourd'hui que tu seras mienne…pour l'éternité. ». Je m'étais réveillée dans une pièce que je ne reconnaissais pas, allongée sur une table légèrement creusé en marbre, la roche froide sous ma peau me donnait des frissons, je réalisai alors que je portai une petite robe très légère. Penchant le visage sur le côté, j'aperçu le blanc cassé du tissu et la mousseline qui glissait jusque sur le sol, je ressemblai presque à une mariée dans cette tenue. Quelque chose en moi se brisa, je n'étais définitivement plus la fille que je cherchai au fond de ma mémoire depuis des semaines, en supposant qu'elle avait réellement existée. J'avais fini par me dire que je l'avais inventé pour les moments où Gabriel me faisait peur, il avait eu parfois des accès de colère qui me terrorisés, m'obligeant à me réfugier dans mes pensées où j'étais aimée d'un homme doux, gentil et généreux. Quelqu'un qui me laisserait faire ce que bon me semblait…comme sortir dans le jardin pour profiter du soleil, faire les magasins ou simplement me faire des amis.
C'est uniquement quand il alluma les halogènes au-dessus de moi que je remarquai à quel point il faisait sombre dans la pièce, les lumières m'aveuglaient tellement que j'en avais mal à la tête, je voulu me relever mais Gabriel m'en dissuada en me maintenant par l'épaule d'une main ferme.
« Ne bouge pas s'il te plaît. ». Je fermai alors les yeux attendant calmement la suite, avec le temps j'avais appris à ne plus souffrir de ses morsures, c'était comme de s'habituer aux aiguilles. J'entendais des bruits de métal qui s'entrechoquent doucement mais en cherchant du regard ce qu'il faisait, je ne le vis pas. Il s'approcha de ma main gauche et la pris délicatement, une douleur lancinante dans le poignet me fît sursauter et quand je regardai ma main je vis un liquide rouge couler le long de mon bras. Faisant le même geste de l'autre côté en silence, il me souriait simplement.
« Qu'est-ce que tu fais ? ». Demandai-je d'une toute petite voix.
« Je te l'ai dit c'est le grand jour et je veux que tout soit parfait… ».
Le temps passait et je voyais ma robe s'imbibait de mon sang, mes forces me quittaient petit à petit me rendant incohérente. Je ne comprenais plus rien à ce qui se passait autour de moi, Gabriel me caressait les cheveux en me chuchotant des paroles d'une chanson que je connaissais par cœur.
Quand je t'ai vu la première fois
J'ai bien su que c'était toi
Que j'ai cherché toutes ces années …
Je me concentrai sur ces paroles, il m'aimait j'en étais certaine et même si parfois il me faisait peur, il m'avait promis que les choses seraient différentes quand je serai devenue comme lui. Je lui faisais entièrement confiance, il était l'amour de ma vie, le seul qui pourrait me rendre heureuse.
Je ne veux plus être un seul jour sans toi
Si tu savais, tu ne partirais pas
Si tu veux nous deux, ensemble pour toujours
Toi et moi
Quand je me suis réveillée, quelque chose avait changé. Non en fait tout était différent. Les couleurs, les odeurs, les matières…
Je m'assis sur mon lit fixant mes poignets, rien, aucune plaie béante, pas de cicatrice. Pas de douleur, juste…la faim. Je m'avançai vers le miroir dans la chambre, Anne Rice s'était trompé sur une chose, le reflet…il était bien là. Je n'avais pas perdu mon âme ou alors le miroir ne servait pas à refléter ça…mais plutôt à mettre en évidence le monstre que j'étais devenue.
J'avais en revanche un peu changé, ma peau était encore plus blanche qu'avant, je me sentais forte et rapide et surtout…mes dents étaient… disons plus longues. La petite souris n'aura qu'à bien se tenir.
Quelqu'un venait de rentré dans la maison, Gabriel qui d'ailleurs n'était pas seul. Un cœur calme battait à ses côtés, je m'approchai de la porte de ma chambre et l'ouvrit, surprise qu'elle ne soit plus verrouillée.
« Bonjour… ». La jeune femme me regardait surprise, faisant le va et vient entre Gabriel et moi. Que lui avait-il dit pour qu'il la suive jusqu'ici ? Je sentais sa délicieuse odeur, nerveuse j'avais du mal à me retenir de me jeter sur elle. Gabriel s'approcha de moi, frôlant son nez contre ma joue avant de l'embrasser.
« Je te présente ma petite amie, Jennifer…tu es là pour elle. ». Je penchai la tête légèrement en m'approchant d'elle, la peur se lisait dans ses yeux et une chose étrange apparu en moi…j'adorai ça. Il me prit par la main pour me coller à lui afin de me parler à l'oreille.
« Je veux que tu boives son sang, tu adoreras ça, tu es faite pour ça, tu m'entends ? Je t'aime et ça me ferai vraiment plaisir que tu le fasses, je l'ai ramené uniquement pour toi…ne me déçois pas… ».
Caressant son visage délicatement, j'essuyai une larme qui coulait le long de sa joue. Elle comprenait que quelque chose n'allait pas, mais pouvais-je sincèrement lui expliquer qu'elle aller mourir ?
« Ne joue pas avec elle mon amour, tu meurs de faim… ».
« Je veux voir combien de temps je tiens avant de me jeter sur elle… ». Répondis-je comme une enfant. Gabriel fit alors une petite entaille sur son cou en rigolant, avant d'aller s'asseoir sur le fauteuil d'en face.
« Voyons voir ça… ». J'humai à plein poumons cette odeur et avant même que je ne réagisse mes crocs s'étaient enfoncés dans sa chair tendre…
