Chapitre 32 :

« Les passagers du vol … ». L'Irlande, j'y étais enfin. Sans Gabriel. Il m'arrachera la tête quand il se rendra compte que je suis partie sans lui le dire. Mais cela faisait plusieurs semaines que j'y pensais jour et nuit, je n'en pouvais plus, il fallait que je découvre ce que j'ai oublié ici. J'avais par moment des petits flashs de souvenirs de ma vie d'avant. Ma vie d'humaine me semblait si lointaine, c'était presque comme de voir la vie d'une inconnue, les sentiments en plus. Oui, je ressentais un manque, un trou à la place du cœur que je devais combler d'une façon ou d'une autre…l'éternité sans ça, était impensable.
Ne sachant pas du tout où aller, je décidai de marcher sans y réfléchir et de voir où cela me mènerait, c'était audacieux mais c'était ça ou rester planter dans le Terminal de l'aéroport. Je pris donc un taxi jusqu'au centre-ville et m'y promenait pendant un moment avant de rentrer dans un bar qui m'étais familier.
Il n'y avait pas beaucoup de monde, mais vu l'heure cela ne m'étonna qu'à moitié, une femme d'une quarantaine d'années se tenait derrière le bar, essuyant un verre rapidement avant de le poser. Prenant un autre, elle se tourna enfin vers moi un sourire radieux sur le visage.
"Bonsoir!". Dès lors tout se passa très vite, le verre vint s'écraser sur le sol, j'aurai pu le rattraper au vol mais j'étais vraiment loin pour qu'un simple humain face cela. Une main sur la bouche pour étouffer son cri, elle jeta son chiffon sur le bar avant de courir vers moi pour me prendre dans ses bras. Je me suis raidis une fraction de seconde avant d'agir...normalement.
"Oh tu es revenue! Tu es magnifique! Est ce que ça va? Tu restes pour longtemps?". Visiblement, je devais connaitre cette personne, je voyais bien dans son regard tout l'amour qu'elle me portait mais je savais déjà qu'elle n'était pas ma mère. Nous nous ressemblions pas du tout et je ne parlai pas de mon côté vampirique. Un long silence se poursuivit et je devinai alors que je devais répondre quelque chose.
"Bonsoir...". Je lui souriai aussi chaleureusement que je le pouvais tandis qu'elle m'attira à une table pour que je m'y installe, elle me rapporta un chocolat chaud et s'installa avec moi. Je bu une gorgée et découvris que j'adorai ça, alors le sang n'était donc pas l'unique plaisir de cette vie? C'était plutôt intéressant et si j'avais eu un quelquonque doute quant à ma venue sur ces terres...tout s'envola après une deuxième gorgée.
Continuant son monologue, Mélinda me racontait tout ce que je semblai avoir raté pendant mon absence et comme son mari Françis n'arrêtait pas de la sermonner ces derniers jours.
"Je t'assure, c'est du Mélinda pourquoi tu n'as pas éteinds la lumière, Mélinda ci, Mélinda ça...Il ne va vraiment pas bien et je n'arrive pas à savoir ce qu'il se passe...". J'acquieçai silencieusement, regardant un instant par la fenètre, les humains n'aimaient pas du tout les longs silences pesants, les renvoyant ainsi dans leur réfléxion.
"Tu es bien silencieuse mon ange...ton voyage s'est bien passé".
"Oui parfaitement, je suis juste fatiguée...". Ses yeux s'agrandirent comme si cela avait une révélation."
"Oh mais bien sûre et moi qui t'assomme avec mes histoires, viens je vais te donner tes clés pour que tu puisses rentrée et te reposer...".
Clés en main et ne sachant quoi faire, je regardai Mélinda perplexe, comment lui expliquer que je ne savais pas où je devais aller?
"Et bien monte!". Me dit-elle chaleureuse en lançant un bras vers une porte à l'arrière de la pièce, vers laquelle je me précipitai, curieuse de découvrir mon ancien chez moi.

Ouvrant un par un les volets de l'appartement, je découvrai à la lumière de la lune où je vivais quand j'étais humaine et une sensation étrange apparu...le bien-être. Je me sentai vraiment chez moi, ayant parfois l'impression de reconnaitre certains objets que je voyais, du déjà vu. J'allumai les lumières dans toutes les pièces et m'approchai du placard pour y découvrir des tonnes de paires de chaussures et des rangées entières de vêtements et autres accessoires. Sans nul doute, cet appartement était le mien.
J'en voulai soudainement à Gabriel de m'avoir tenue éloignée de tout ceci, de vouloir me cacher à tout prix tout ceci, d'autant que je ne comprenais absolument pas pourquoi...
Je décidai alors de prendre une douche et de m'habiller avec les vêtements qui étaient dans le placard, comme une rencontre avec moi même. Après avoir utilisé tous les produits que je trouvai dans la salle de bain, je me séchai les cheveux en me dirigeant vers le salon quand m'arrêtant subitement à quelque pas de la porte ouverte, je sentai que quelque chose clochait. J'approchai lentement, position de défence je me penchai doucement pour appercevoir une ombre, j'entrai alors.
"Tu es...".