Chapitre 33 :

POV EDWARD

"Edward...Elle est ici.". Alice était assise à côté de moi dans la cuisine alors que ma mère nous réchauffait nos tasses respectives. Regardant à travers ses pensées, je la voyais rapidement à l'aéroport puis dans son appartement, la vision était trouble comme si la vision elle même n'était pas sûre de ce qu'elle montrait. Ni une ni deux, je sortis de la maison pour prendre ma voiture et me dirigeais vers le centre-ville, si cela avait été possible j'aurai probablement tremblé d'appréhension tant j'étais impatient de la voir.

"Tu es...là". Je ne rêvais pas, non bien sûre. Nous les vampires ne pouvions pas rêver, halluciner dans un moment de pure folie parce qu'on ne s'était pas nourrit depuis très longtemps à la limite mais c'est tout. Et je m'étais sustenté il y a moins d'une heure, aucun doute elle était en face de moi plus belle encore dûe à sa condition...mon dieu, cette enflure allait me le payer, j'en faisais le serment. Bien sûr, je n'étais pas aveugle à ce point et je restai cohérent dans mes pensées, je le savais qu'elle était encore plus belle, ses traits étant encore plus fins, sa peau lisse sans défaut, ses longs cheveux noirs brillants et soyeux, ses yeux... une teinte plus claire, imperceptible pour les humains, à leurs yeux, elle était certainement parfaite. Ses lèvres que je savais douces et pulpeuses étaient plus blanches que d'ordinaire, elle avait faim...
A force de la contempler, je remarquai seulement maintenant qu'elle n'avait toujours pas changé de position, elle n'avait pas prononcé un mot, elle me fixait incrédule, un léger froncement de sourcil m'intima qu'elle cherchait à savoir quelque chose. J'avançai alors vers elle, préssé de la prendre dans mes bras. Elle fit un pas en arrière en grondant violemment.
"N'approchez pas...qui êtes-vous?". Qui...êtes...vous? Mon dieu, je le remerciai presque de m'avoir infligé ma condition, humain j'en serai certainement mort, tant je souffrai à ce moment. Elle m'avait vraiment oublié, j'étais totalement dépassé, rayé de la carte, passé à la trape, poubelle les vieux déchets, obsolète, désuet...
« Je m'appelle Edward...je suis...je suis un ami... ». Elle se redressa alors, toujours sur ses gardes puis continua machinalement de se frotter les cheveux avec une serviette sans jamais me quitter des yeux.
« Un ami, j'ai un ami ici alors... ». Marmonna-t-elle plus pour elle même, sans s'attendre à ce que je réponde.
« Oui, tu en as pleins, il y a Charlène, Judith, Frédérique et Thomas, sans compter tes patrons Francis et Mélinda et puis il y a... ».
« Moi! ». Alice venait d'apparaitre dans le salon, une petite moue sur le visage, je ne l'avais jamais vu aussi timide. Elle devait probablement s'attendre à toutes sortes de réaction, comme moi.
Jennifer se remit immediatement en position de défense, ma soeur venait de nous faire reculer dans ma progression...bien joué.
« Ca vous prends souvent de rentrer chez les gens comme bon vous semble nom d'un chien! ». Au moins, elle n'a pas perdu de son mordant...hum, nul!
« Je suis désolée Jenn'! Question d'habitude, tu ne râlai plus quand on faisait ça étant humaine alors... ». Soudain, quelque chose changea dans le regard de ma belle, une étincelle d'espoir, un soulagement, je ne saurai dire vraiment...mais la conversation serait plus simple à partir de là, j'en étais certain.

« Alors vous me connaissiez quand j'étais humaine? Vraiment? Vous savez qui je suis? ».
« Bien sûr, il est étonnant que tu ne te souvienne de rien, mais ne t'inquiète pas, tout va revenir petit à petit, maintenant que tu es ici... ». Jennifer acquieçai un petit sourire aux lêvres. Nous étions installés sur les canapés et nous répondions comme nous le pouvions à toutes les questions qu'elle se posait, et il y en avait des tas. Je me demandai alors ce qu'il lui était arrivée, j'avais tant de questions, je ne savais pas par quoi commencer...
« Jennifer, d'ou viens-tu? Ou étais-tu tout ce temps? ».
« Avec Gabriel, mon fiancé, nous vivons en France... ». Un grognement sourd sorti alors de ma gorge sans que je le contrôle, elle fût surprise par ma réaction et c'était normal mais cela avait été plus fort que moi.
« Et où est-il? ». Demanda Alice surement aussi en colère que moi.
« Toujours en France...je ne sais pas pourquoi il ne voulait pas que je vienne ici, je suis partie sans l'avertir, quand il va s'en rendre compte, il va venir me chercher et... ».
« Tu n'as pas à retourner avec lui si tu n'en a pas envie! ». Dis-je soudainement avec plus d'applomb que je ne l'aurai voulu, je me recroquevillai sur moi-même, mieux valait que je la boucle avant de faire une gaffe qui la ferait fuir définitivement.
« Pourquoi je ne voudrai pas retourner avec lui? Il est souvent de mauvaise humeur mais il n'est pas si méchant avec moi, surtout depuis que je suis...ça. ». Elle se regarda un instant dans le miroir et j'aurai juré qu'elle aurait pleuré si elle avait pu, j'espérai alors que ce Gabriel vienne la chercher très, très bientôt...