Chapitre 34 :

POV JENNIFER

Après plusieurs heures de discutions avec Alice et Edward, je me retrouvai enfin seule pour pouvoir réfléchir à tout ce que je venais d'apprendre ou en tout cas ré-apprendre. J'avais oublié énormément de choses et je sentais qu'ils ne m'avaient pas tout dit, malgré cela, j'avais l'impression que certains souvenirs me revenaient doucement, mes impressions de déjà vus étaient réellement réconfortantes, je faisais la connaissance d'une personne qui m'était proche à une époque, moi.
Je savais que certains souvenirs ne seraient pas agréable, tout le monde n'a pas une vie parfaite après tout...pourtant j'avais hâte de découvrir tout ce qui me concernait. Je cherchais alors un journal intime, en vain. Comme Edward me l'avait conseillé j'appelai ma mère en France, je ne m'en souvenais que très peu bien sûr mais je lui racontai un peu en grande ligne comment j'allai, qu'elle me manquait et écoutais patiemment tout ce qu'elle me narrait. Étrangement, cet appel me fît beaucoup de bien, je retrouvai une partie de mon humanité, ce que Gabriel m'avait refusé pendant tout ce temps. Je lui en voulais tellement de m'avoir privé de tout cela, et surtout je ne comprenais pas du tout ses agissements, je le soupçonnai de me cacher quelque chose de terrible et j'avais une petite idée de ce que c'était...Edward.
J'avais une très forte attirance envers lui, peut-être aussi forte qu'avec Gabriel mais très différente...comme une attirance légitime, quelque chose de sain...en fait tout l'inverse de Gabriel. Sans le connaître, je savais d'ors et déjà qu'il était doux, gentil et protecteur...
Mon portable sonna et voyant s'affichait « Gabriel » sur l'écran j'hésitai un moment avant de décrocher.
« Allo? ».
« Ou es-tu? ». Sa voix était glaciale, meurtrière même. J'en venais presque à regretter de lui avoir caché mon départ, j'allai le payer très chère.
« En Irlande... ».
« C'est une blague j'espère?...Rentre immédiatement ou je viens te chercher... ».
« Non, je n'ai pas fini ici, je dois rester mais je rentrerai dès que j'en aurai terminé, je te le promet... ». Je pouvais sentir sa colère à travers le téléphone, j'imaginai déjà son regard noir, sa mâchoire contractée, à ce stade, il m'aurait déjà frappé...
« Je viens te rejoindre, je n'aime pas du tout la tournure que prennent les choses... ».
« Aucune raison, j't'assure, reste en France, quelques jours et je reviens... ».
« Non...je viens. ». Et il raccrocha, ce n'était pas discutable...aucune chance qu'il ne change d'avis maintenant, bien sûre, je ne risquai plus autant que quand j'étais humaine mais je n'osai pas riposter quand il était en colère. Une part de moi aura probablement toujours peur de lui.
Je regardai autour de moi comme une angoissée, je ne savais pas quoi faire, il serait ici dans moins de 24 heures, il me trouverai très vite. Je ne voulais pas encore partir, Gabriel devait comprendre mes besoins et seule je n'arriverai jamais à le raisonner. Sur un coup de tête, je fis alors ce qui me paraissait le plus censé à faire, je téléphonai à Edward.

« Prépare des affaires, tu viens à la maison... ». Edward était arrivé chez moi une vingtaine de minutes plus tard, son jean destroy et sa chemise défaite me suggérèrent que je l'avais dérangé.
« Tu...tu étais avec ta petite amie? ». Je préférai regarder le sol, quelque chose me mettait mal à l'aise, savoir qu'il avait quelqu'un ne me plaisait pas.
« Quoi? Non pas du tout...pourquoi tu...? ».
« Tes vêtements... ». Dis-je en les montrant du doigt, toujours aussi gênée, étant certaine qu'humaine je serai rouge comme une tomate.
« Oh ça non...j'étais en train de me défouler dans la forêt avec Emmett... ». Il passa alors une main dans ses cheveux pour les dompter un peu et il sortit une brindille, comme si la nature elle même voulait que j'ai une preuve.
« Tu vois?... ». Dit-il en riant, oui c'était un vampire mais même sans cela, ce type était magnifique.
« Bon allez, tes affaires! ».
« Non...je ne vais pas venir chez toi, je... ». Je regrettai alors de l'avoir appeler, c'était stupide, Gabriel serait en colère mais il n'allait tout de même pas me tuer...encore une fois.
« Ne discute pas...dépêche toi. ». Son ton autoritaire m'excita et je me réprimandai mentalement pour cela, ce n'était vraiment pas le moment de penser à ça...

Je ramenai mon sac au salon et entendis Edward marmonner un « il ne manquait plus que ça... ». Je me raclai alors la gorge pour signaler ma présence, suite de quoi il raccrocha prestement avant de me sourire.
« C'est partit... ». Trop de secret planait autour de moi, cela commencer sérieusement à m'épuiser.