Voilà enfin la suite, court je sais, mais je suis plus inspirée par le milieu et la fin de l'histoire.
Bonne lecture ;)
Yamashi: imposteur, escroc
Ten'shi Kuro: Les anges noirs
Ookami: loup
Première étape : l'observation
Je poussai la lourde porte d'un bar lugubre et entrai avec désinvolture, comme quelqu'un qui aurait fait ça toute sa vie. Pousser des portes ? Bref, la fumée qui flottait en épais nuages me piquait les yeux mais je n'y prêtai pas attention. Je repérai le visage familier que je cherchais au bar et alla m'asseoir à côté de lui sans lui adresser un seul regard. Je commandai du sake et lorsque la serveuse repartie, il fit glisser vers moi une enveloppe brune. Je la caressai du bout des doigts.
-C'est la dernière, dit-il en avalant une gorgée de son verre au contenu transparent. C'est la dernière avant que le boss ne te donne la place de numéro 1.
Enfin. Ca faisait maintenant deux ans que j'avais commencé ce boulot, à a peine 17 ans et maintenant que je vais sur mes 19 ans, j'ai une sacré bonne réputation de tueuse. Je m'en sors plutôt bien il faut l'avouer mais tout ce qui m'intéresse, c'est être numéro 1. Etre le bras droit du boss, être à l'abri de tout devant sa puissance et exercer du pouvoir sur les classes inférieures. Ouais ce boulot là devrait mieux me convenir. Mégalo. No comment. N'oublie pas, être numéro 1 signifie être assez proche du boss pour accomplir nos desseins, je sais. Je saisis l'enveloppe, mes doigts hésitèrent à la ficelle qui la tenait fermée.
-T'inquiète, ça va te plaire, dit-il, souriant, en indiquant l'objet d'un coup de tête.
Me plaire ? Il prend tout ça pour un jeu, c'est ce qui m'énerve chez lui, c'est ce qui m'énerve chez toute cette foutue bande ! Comprenez-moi bien, j'en ai rien à cirer des morts qu'ils peuvent faire ou qu'ils m'ordonnent de faire. Mais mes efforts pour exécuter le crime parfait, ça, ce n'est pas un jeu, c'est un art ! Enfin les ten'shi kurone peuvent pas vraiment être qualifié de « bande », ils ont une structure assez stable et font des crimes organisés en obéissant à un guignol.
-L'Etat commence à nous surveiller de près. On compte rester dans l'ombre quelques temps alors Il te demande d'agir discrètement.
-Comme chaque fois.
-Mais tu sais ce qu'on dit, enchaina-t-il machinalement.
-Les lois sont humaines.
En parlant du loup… C'est qui la mégalo ? Le boss à même une majuscule quand on parle de Lui… Oui mais Lui c'est Dieu. Bref. Je me demande à quoi Il ressemble d'ailleurs, je n'ai jamais pu le voir. Normal, Il est à la tête des ten'shi kuro, son identité doit rester anonyme. Et son bras droit ? Secret, par mégalomanie. Je soupirai et bu cul sec mon verre de sake. Entouré de mégalo. Je ne peux même pas savoir le visage de mon rival. Je secouai la tête en grimaçant. Je déteste l'alcool, merde.
-Tu l'ouvre cette enveloppe ? m'interrogea-t-il, sans doute curieux de ma réaction.
Il finit par me rendre curieuse moi aussi. Mes doigts défirent souplement la ficelle qui glissa sur le sol et apparut enfin la photo de ma prochaine proie. Je souris. Une magnifique jeune femme. Tout à fait ton genre qui plus est. Ouais.
-Au boulot, Yamashi !
-Ne m'appel pas comme ça, rétorquai-je froidement en me levant et en quittant le bar.
L'air dehors était froid et vivifiant. Je respirai un bon coup, comme si cette bouffée d'air pourrait me laver les poumons de toute cette fumée. Je regardai la lune à moitié pleine.
-Fujino Shizuru…
Un sourire en coin s'étira sur mes lèvres. Je passai ma langue sur la pointe de mes dents, comme un loup salivant à l'avance. Plus qu'une seule.
« Le loup peut passer des heures caché dans des fourrés à surveiller sa proie. Jamais il ne se précipitera, il saura saisir l'opportunité, le moment où toutes les chances seront de sont côtés pour se lancer sur sa proie. Le loup chasse généralement en meute mais même solitaire ses attaques sont quasiment inévitables. De plus, le loup est un animal régulateur, c'est-à-dire qu'il s'attaque au plus faible. »
Je levai les yeux de mon livre pour observer le ciel. Un loup. J'aime me comparer à cet excellent tueur. Pourquoi ces crétins ne m'ont pas surnommé Ookami plutôt que Yamashi ? Je refermai violement mon livre. Il fallait que, comme le loup, je trouve le point faible de ma proie et que je l'attaque au moment propice, seulement pour ça il fallait d'abord l'observer. Pour l'instant, c'était du simple repérage. Je scrutai la foule qui m'entourait. Ce que j'aimerais être à leur place… Une vie insouciante, dodo, métro, boulot. Tu t'ennuierais. Je n'eu pas le temps de rétorquer une réponse cinglante à moi-même car mon attention fut attirée vers une grande jeune femme brune qui marchait au milieu du sentier pavé. Soudain, tous les autres disparurent, restait cette femme et moi.
Elle était habillée d'une chemise dont les deux premiers boutons étaient ouverts sur une poitrine généreuse. Jolie… Ses longs cheveux étaient attachés en chignon tandis que deux mèches rebelles encadraient son visage légèrement rose.
Elle sentit enfin mon regard peser sur elle et me fixa à son tour, ses incroyables yeux rubis me défiant avec audace. Un sourire poli étirait ses lèvres, contrastant avec la signification de ses prunelles. Je ne me laissai cependant pas surprendre et garder une expression neutre. Elle me dépassa en regardant droit devant elle, ses longs cheveux se détachèrent et volèrent à ce moment précis, j'en profitai pour inhaler son parfum. Une douce odeur de rose me titilla les narines. Je me retournai et admira son jean moulant se balançant à une cadence parfaite. Oh oui, cette mission va te plaire ! Ca tu l'as dit ! Avec un sourire carnassier, je la regardai s'éloigner.
Je suis tout ce que je fuis. Mes rêves interdits me font mal.
