Un grand merci pour tous vos commentaires encourageants !
Bonne lecture de ce nouveau chapitre !
Une vie de chatte par bloodykitchengirl
CHAPITRE 2
Très énervée, je me retrouvai tout à coup dans le bois de Boulogne. Je ralentis ma course. Il faisait nuit noire maintenant mais j'y voyais comme en plein jour.
La colère m'avait assoiffée. La nourriture humaine ne satisfaisait pas tous les besoins de mon organisme contrairement au sang humain. Facultative, elle me permettait de chasser moins souvent à condition que j'en absorbe quotidiennement. Gourmande, cela ne me posait pas de problèmes et je m'en accommodais parfaitement contrairement à certains de mes congénères, réussissant ainsi à vivre incognito parmi les humains sans être un danger permanent pour eux.
J'humai l'air et tendis l'oreille. Non loin de là, un homme visiblement éméché faisait du gringue à une prostituée qui cherchait à se débarrasser de lui. Celui-là, il était pour moi !
Je me léchai les babines et attendis, tapie derrière un buisson, qu'il passe à proximité de moi. Lorsqu'il s'approcha, vive comme l'éclair, je l'attaquai et lui enfonçai mes crocs acérés dans sa gorge avant qu'il ne puisse crier. Mon venin l'anesthésia aussitôt et il tomba inanimé sur le sol. J'en profitai pour le tirer derrière le buisson et commençai à le vider de son sang. Il n'avait pas un goût désagréable malgré l'alcool qu'il avait bu. Au lieu de ne prélever uniquement ce dont mon organisme avait besoin, je le vidai complètement. Ressentant aussi le besoin de me défouler, je déchiquetai rageusement son corps. C'était contraire aux usages en vigueur pour mon espèce mais je n'en avais cure. Je n'en étais pas à mon premier forfait !
Une fois rassasiée et apaisée, je m'assis nonchalamment à côté du corps sans vie de ma victime, me léchant les babines et les pattes avec délectation.
Tout à coup, j'entendis des voix dans ma tête et je reconnus celle de John. Il m'avait donc suivie et me cherchait. Vive la télépathie parce qu'il n'était pas vraiment discret en m'appelant !
En me concentrant, je vis deux chats dans l'esprit d'une chouette posée sur un arbre voisin. Je me reconnus d'abord, en une jolie chatte bleu russe assise, aux grands yeux verts assombris, avec les babines ensanglantées. L'autre chat plus grand, plus massif, au port fier et altier, un mâle de couleur beige sable aux yeux jaunes venait dans sa direction.
Je feulai férocement à l'approche de John et pris ma position d'attaque. Il s'arrêta à trois mètres de moi et resta bien en vue.
- Bella, c'est John ! S'il te plait, calme-toi, je ne veux pas te faire de mal !
Comme si je ne savais pas qu'il s'agissait de lui !
- Va-t-en ! Tu n'as rien à faire ici !
- Je venais seulement m'assurer que tu allais bien !
- Ne m'oblige pas à me répéter ! J'ai beau être plus petite que toi mais je suis la plus forte au combat…
- Je sais, tu n'as pas besoin de le rappeler. Je ne suis pas venu chercher la bagarre. Regarde ce que tu as fait…
- Et alors, cela ne te regarde pas, je m'occuperai seule du corps…
- Ne dis pas de sottises, je vais t'aider, à deux, cela ira plus vite…
Je réfléchis rapidement et acquiesçais. A quoi bon tergiverser ? Il était là alors autant en profiter… Il finit par se rapprocher.
- Pourquoi je te laisse toujours en vie alors que tu as le don de m'énerver souverainement ?
Il ricana.
- Parce qu'au fond de toi, tu sais que tu m'aimes bien et ce, pas uniquement pour mes prouesses sexuelles !
- Tu es bien sûr de toi ! Alors creuse puisque tu es le mâle !
- A tes ordres ma princesse !
Je me mis à feuler bruyamment.
- Arrête de m'appeler comme cela ou tu vas le regretter !
Pourquoi fallait-il sans cesse le rappeler à l'ordre ? Il se contenta de me lancer un regard moqueur et commença à creuser avec ses pattes avant. En quelques secondes, il y eut bientôt un trou énorme qui aurait pu contenir au moins trois corps. John avait encore voulu crâner et je ne pus m'empêcher de sourire… Je pouvais au moins lui reconnaître ce mérite, il pouvait aussi bien m'apaiser que m'agacer quand il le voulait… Sans doute avait-il raison et que je l'appréciais un peu plus que pour ses prouesses sexuelles…
- Tu sais qu'il n'y a qu'un seul corps ? le taquinai-je.
- Oui et alors ? Qui peut le plus, peut le moins… Et puis tu as peut-être encore un petit creux !
Son insolence me plut malgré tout et je laissai passer son commentaire.
- Non, cela ira. Je n'aurais pas du laisser la colère me submerger.
Pourtant je n'avais aucun regret, ce n'était qu'un vil humain parmi tant d'autres ! Ne vous méprenez pas, j'avais du respect pour toutes les formes de vie en général mais cet individu-là, ne rentrait pas en ligne de compte, selon mes propres critères...
Nous étions en sécurité. Il restait encore une paire d'heures avant que le jour se lève. Le coin était presque silencieux. Les activités nocturnes ayant lieu dans le bois commençaient à se raréfier. De toute façon, qui prêterait attention à deux chats à l'apparence si inoffensive ?
John enterra sous mes yeux ce qui restait du corps en quelques secondes. Après avoir fini, il se nettoya un peu avant de s'asseoir près de moi et me regarda avec insistance. Je me contentais de l'ignorer en faisant un brin de toilette. Il soupira, frotta sa tête contre la mienne et commença à me lécher dans le cou.
- Tu peux faire semblant de m'ignorer mais je sais que tu m'entends parfaitement. Où vas-tu aller ? Pourquoi ne veux-tu pas que je vienne avec toi ?
- Je vais partir à Barcelone, c'est la belle saison maintenant. Tu ne peux pas venir car je vais aller chez Fernando. Je n'ai pas envie que tu te disputes sans arrêt avec lui.
- Je ne l'aime pas. Il a sa femelle attitrée et saute quand même, sur toutes les femelles qui passent à proximité, à commencer par toi…
Je le renversai aussitôt sur le dos et il se laissa faire. Je le regardai dans les yeux, mi amusée, mi-agacée.
- Monsieur est jaloux ! Ce que je fais ou ne fais pas avec lui ne te regarde absolument pas ! Pourquoi tu ne te trouves pas une autre femelle à embêter ? Comme ça, tu pourrais m'oublier et me laisser tranquille !
Il me repoussa gentiment, se redressa et me mordilla l'oreille.
- Tu sais que tu es magnifique quand tu te mets en colère ? Tes yeux scintillent comme deux émeraudes pures… Pourquoi je chercherais une autre femelle quand je t'ai toi, même si ce n'est que pour peu de temps à chaque fois ? Tu reviens toujours vers moi à un moment donné…
Le pire, c'était qu'il avait raison ! Je finissais toujours par revenir dans ses pattes… Je devais être masochiste ou alors véritablement désespérée par moments… Je le griffai par dépit et lui montrai les crocs mais il ne s'éloigna pas pour autant.
- Laisse-moi maintenant ! Je te remercie pour ton aide. Je vais rentrer chez moi…
- Va-t-en Bella ! Tu t'enfuies comme d'habitude lorsque je te dis des vérités que tu refuses d'admettre ! Je vais en profiter pour chasser moi-aussi. Si tu as besoin de moi, tu sais où me trouver.
Il était vexé. Je le regardai brièvement partir en silence. Il ne se retourna pas et s'enfonça profondément dans les bois. C'était mieux ainsi. Je savais qu'il aurait bien voulu que je me donne encore à lui mais j'avais horreur de faire cela sous ma forme féline. C'était tellement plus excitant de le faire sous ma forme humaine ! Les possibilités étaient infinies à condition d'avoir un partenaire valable et il en était malheureusement un…
Il était trop tard pour chercher un nouveau partenaire de jeu pour la nuit aussi, je décidai de rentrer chez moi. A ma grande satisfaction, ma maîtresse avait laissé la fenêtre de sa chambre entrouverte. Située au premier étage, n'importe quel chat classique grimperait dans l'arbre voisin pour atteindre le rebord de la fenêtre. Mais je ne fis pas cela, je pris simplement un peu d'élan et sautai directement en atteignant du premier coup ma cible.
Je me faufilai rapidement à travers la fenêtre et partis directement m'installer dans mon panier situé au pied du lit de ma maîtresse, savourant la couverture polaire dans laquelle je m'emmitouflai aussitôt. Je m'endormis en pensant à ma prochaine destination.
