Merci les filles pour vos commentaires encourageants, c'est toujours un plaisir de communiquer avec vous !
Voici donc un nouveau chapitre relu avec soin par ma super bêta Mamoure21.
Bonne lecture !
FRUSTRATIONS by bloodykitchengirl
CHAPITRE 14
Je restais immobile quelques instants, me demandant si je devais ou non monter dans la voiture. Il fallait cependant que j'en ai le cœur net !
- Bella, tu montes ? demanda Chad avec impatience.
- Est-ce que tu peux m'attendre quelques minutes ?
- Comme tu veux !
- Ok merci ! répondis-je, en lançant rapidement mon sac sur le siège avant de partir en courant.
Arrivée à l'endroit où je l'avais aperçu, dans le parc pour enfants avoisinant mon école, je regardais attentivement autour de moi mais je ne vis personne.
- Jasper, montre-toi ! m'énervai-je.
J'attendis quelques instants mais il ne se passa rien. Serrant fortement les poings, je me demandais si finalement, je n'avais pas rêvé. Est-ce que mon esprit me jouait des tours ? Malgré moi, des larmes commencèrent à couler le long de mes joues et je tombai à genoux. Tout à coup, je sentis deux bras puissants et glacés m'enlacer par derrière.
- Bella, ne pleure pas, tout ira bien, susurra dans mon oreille une voix que je reconnaîtrais entre mille.
Il déposa un délicat baiser sur le sommet de mon crâne avant de relâcher son étreinte.
- Jasper, ne pars pas !
Un courant d'air ébouriffa mes cheveux puis je me retrouvai à nouveau seule. J'entendis des pas lourds s'avancer dans ma direction et je sus immédiatement qu'il s'agissait de Chad. Voulant faire bonne figure, je séchai rapidement mes larmes tout en me relevant.
- Bella, tu vas bien ? Que fais-tu ici toute seule ?
- Tout va bien mais ne me pose aucune question, je n'ai pas envie d'en parler.
- Je comprends. Allez viens, nous avons une longue route à faire.
Je le suivis sans rien dire jusqu'à sa voiture et il eut la délicatesse de respecter mon silence. Aussitôt installée, j'enlevai mes chaussures et remontai mes genoux contre ma poitrine, me demandant pourquoi Jasper était revenu. De tous les Cullen, je pouvais enfin redire ce nom sans avoir de pincement au cœur, étrangement, c'était lui qui me manquait le plus. Chad mit une musique douce en fond sonore qui eut pour effet de m'apaiser. Fermant les yeux, épuisée par tant d'émotions après une journée bien remplie, je m'endormis aussitôt.
Lorsque je me réveillai, je vis que j'étais allongée sur mon lit, dans ma chambre. Il faisait presque nuit noire dehors. Mon sommeil avait été très profond puisque je ne me souvenais pas être rentrée chez moi. Quelle heure pouvait-il être ?
- Ça va mieux ma belle au bois dormant ? chuchota Peter assis sur le fauteuil à bascule situé près de mon lit.
- Quelle heure est-il ?
- 21 heures !
- Comment es-tu rentré ? Que fais-tu là ?
- Je suis passé par ta fenêtre et je te rappelle que nous avions rendez-vous !
- Ah oui, suis-je bête ! Les vampires n'utilisent pas les portes comme tout le monde !
- Il faut croire que non, désolé ! sourit-il.
- Comment ai-je atterri dans mon lit ? Je me souviens juste m'être endormie dans la voiture de Chad.
- Charlie était présent quand vous êtes arrivés. C'est lui qui t'a transportée dans ta chambre.
- Oh bon sang, je n'ai pas préparé le repas !
- Ne t'en fais pas pour ça. Par contre, est-ce que toi, tu as faim maintenant ?
- Non, j'ai bien mangé cet après-midi.
Comme pour me contredire, mon estomac se mit à gronder bruyamment ce qui eut pour effet de nous faire rire aux éclats. Vraiment à l'aise avec lui, je me sentais bien, comme apaisée de l'intérieur. Cela me surprenait beaucoup, étant donné que je ne le connaissais pratiquement pas…
- Il est temps de nourrir l'humaine ! se moqua-t-il.
- Je crois en effet, rétorquai-je, en lui tirant la langue.
Je me levai et descendis presque silencieusement les escaliers avec Peter sur mes talons. La lumière était allumée dans la maison. Une bonne odeur de pain perdu à la cannelle et de chocolat chaud se dégageait de la cuisine et avait embaumé tout le rez-de-chaussée. Charlie devait être encore debout. Comme s'il avait lu dans mes pensées, Peter me fit un signe négatif de la tête.
- Bella, ton père n'est pas là, il a été rappelé au travail. Il t'a laissé un message sur le réfrigérateur.
- Comment tu sais tout ça ?
- N'oublie pas que j'ai une super audition !
- Oui c'est vrai !
- Alors je suppose que c'est toi qui a cuisiné pour moi ?
- Oui, je pensais que tu aurais faim en te réveillant. Je suis désolé, à part le pain perdu et le chocolat chaud, je ne sais pas cuisiner grand chose. Nous pourrions commander une pizza si ça ne te convient pas.
- Ne t'en fais pas, ce que tu as préparé suffira amplement. En tout cas, pour quelqu'un qui ne mange pas, ça sent très bon, je suis certaine que ce sera excellent !
- Attends d'avoir goûté avant de t'enthousiasmer, je suis loin d'être un expert !
Nous rentrâmes dans la cuisine qui était, chose surprenante dans un état impeccable. Peter avait mis le couvert. Je remarquai alors une nappe bleue que je n'avais jamais vue auparavant ainsi qu'une serviette assortie, joliment pliée en éventail dans un verre. Tout était prêt, je n'avais plus que les pieds à mettre sous la table ! Devant mon air ébahi, il sourit avant de tirer la chaise pour que je m'installe. Décidément, ce vampire me surprenait de plus en plus !
- Je pourrais vraiment prendre de mauvaises habitudes si tu me gâtes comme ça !
- Oh mais ça ne me dérangerait pas ! répondit-il en me faisant un clin d'œil.
Il me tendit le mot laissé par mon père disant qu'il y avait une urgence au boulot et qu'il ne savait pas quand il allait rentrer. A peine l'avais plié et rangé dans ma poche que se trouvaient devant moi une copieuse assiette de pain perdu ainsi qu'un bol de chocolat chaud encore fumant.
Je levai les yeux et vis que Peter était à présent assis sur la chaise voisine, jouant discrètement avec le rebord de la nappe, tout en épiant le moindre de mes faits et gestes. Il tentait de cacher sa nervosité. Son attitude toute entière était mignonne et attendrissante.
Mignonne, attendrissante ? Ouah, je devais me ressaisir, il s'agissait d'un vampire tout de même !
Je portai à ma bouche une cuillère de pain perdu et les saveurs explosèrent aussitôt en bouche. C'était un pur délice. Il avait gagné un point de plus dans mon estime.
- Fabuleux, j'adore ! C'est le meilleur pain perdu à la cannelle que j'ai jamais mangé de ma courte vie ! Bravo !
- Je suis content que ça te plaise ! dit-il en m'offrant un sourire étincelant.
Je bus une gorgée de chocolat chaud et là encore, je ne fus pas déçue. Un grognement de satisfaction s'échappa et je fermai les yeux pour savourer pleinement les sensations générées. En entendant Peter soupirer, je repris rapidement mes esprits. Il avait l'air mal à l'aise et se dandinait sur sa chaise.
- Tu as un problème ? demandai-je, la tête penchée sur le côté pour mieux l'observer.
- Euh non, non ! répondit-il, gêné. C'est juste que le fait de t'entendre grogner a déclenché en moi une réaction typiquement masculine.
- Oh désolée ! Je vais essayer de manger silencieusement.
Il écarquilla les yeux et ce fut à ce moment là que je vis un détail qui m'avait échappé auparavant. Ses yeux étaient différents.
- Peter, tes yeux !
- Et bien quoi ?
- Ils sont orangés ! Tu as décidé de devenir végétarien, toi aussi ?
- Oui, je veux être en mesure de pouvoir rester au maximum à tes côtés. Ce n'est pas par manque de contrôle que j'ai décidé de changer de régime alimentaire, sache que tu es en parfaite sécurité avec moi, c'est surtout à cause de tes amis les loups.
- J'ai confiance en toi Peter et je comprends. D'ailleurs à ce propos…
- Bella, j'aimerais que tu aies le ventre plein avant que je réponde à tes questions. Ne t'en fais pas, je ne te cacherai rien.
Comment pouvait-il savoir ce que j'avais en tête ? Semblant toujours savoir ce dont j'avais besoin avant même que je ne le sache moi-même, il me fascinait de plus en plus.
- D'accord, tu promets de tout me dire, sans retenue ?
- Oui, tu as ma parole !
Je m'empressai de terminer le plus silencieusement possible mon délicieux repas et Peter fit la vaisselle en un temps record pendant que je nettoyais la table de la cuisine. Nous partîmes ensuite nous asseoir dans le canapé en tissu vert du salon.
- Bella, avant de commencer à me poser des questions, sache que je ne te quitterai jamais à moins que tu veuilles plus de ma présence dans ta vie. Tu comptes énormément pour moi, déclara-t-il avec beaucoup d'émotions dans la voix.
Joignant le geste à la parole, il prit ma main dans la sienne et déposa un doux baiser dessus avant de la relâcher rapidement en me voyant frissonner. Je caressais aussitôt ma main, intriguée par ce qui venait de se produire. Ce n'était pas le froid mais la sensation de plaisir procurée par le contact de ses lèvres glacées sur ma peau qui m'avait fait réagir ainsi… Peter sourit, parfaitement conscient de l'effet que son geste avait eu sur moi. Cependant, comme il était hors de question de parler de ça, je décidai de penser à autre chose. Et immédiatement, mille et une questions se bousculèrent dans mon esprit. Celles concernant Jasper s'imposèrent comme des priorités absolues.
- Peter, j'ai revu Jasper cet après-midi près de mon école.
- Je sais.
- Tu savais qu'il viendrait ?
- Oui et non !
- C'est à dire ?
- Je veux dire que non, il ne m'avait pas prévenu mais je savais qu'il allait venir.
- Ah oui ton fameux sixième sens !
- Oui c'est ça ! Je ne t'ai pas perdue de vue pendant votre brève rencontre mais j'ai préféré vous laisser un peu d'intimité.
- Il ne comptait pas vraiment que je le surprenne, non ?
- En effet, il a été pris au dépourvu. Tu sais, il n'est pas encore habitué à tes nouvelles capacités sensorielles !
- Pourquoi est-il venu ?
- Les Cullen te croient morte. Il les a quittés pour en avoir la confirmation.
- Momentanément ou définitivement ?
- Définitivement. Je n'ai jamais approuvé son choix de vie mais il ne voulait plus être seul. Cependant à cause de sa nouvelle famille végétarienne et surtout de sa femme, nous n'avions que des contacts téléphoniques sporadiques. Je suis content qu'il ait retrouvé ses esprits. Il m'a énormément manqué ces dernières décades. C'est ma seule famille. Nous allons enfin pouvoir passer du temps ensemble.
- Youpi alors ! Super les retrouvailles !
- Bella, je comprends que tu sois ironique mais laisse-moi finir s'il te plaît !
- Ok, je me tais !
Au moment où il allait poursuivre ses propos, le téléphone sonna. Je regardai Peter avec un air intrigué avant d'aller répondre, priant pour que rien ne soit arrivé à mon père. Qui pouvait en effet appeler à une heure aussi tardive à 22 heures ? Il me fit un signe de la tête pour m'encourager à décrocher rapidement.
- Allô, Bella Swan à l'appareil !
- Allô, ma chérie, comment vas-tu ? Tu semblais exténuée lorsque Chad t'a ramenée.
- Je vais mieux papa, ne t'en fais pas. J'ai seulement eu une journée éprouvante !
- Je suis content de pouvoir te parler, je pensais laisser un message sur le répondeur. Je ne rentrerai pas de la nuit et je ne sais pas à quelle heure je rentrerai demain. Chad viendra te chercher à la même heure que ce matin. Il a l'air d'être quelqu'un de bien et tu lui plais beaucoup…
- Je sais papa mais je n'ai pas envie de parler de ça avec toi, c'est trop embarrassant !
- Ok, bonne nuit ma chérie. Je t'aime, bisous, à demain.
- Je t'aime aussi papa, prends soin de toi. À demain !
Après avoir raccroché, je partis dans la cuisine me servir un verre d'eau avant de rejoindre mon ami végétarien.
- Alors où en étions-nous ?
- Tu sais très bien où nous en étions !
- Alors Jasper est tout seul dans la nature maintenant ?
- En quelque sorte.
- Où est-il ?
- Dans la maison des Cullen pour l'instant.
- Mais les loups patrouillent maintenant sur le territoire des Cullen, il n'y a plus de frontière qui tienne. Si jamais ils le trouvent, ils le tueront !
- Ne t'en fais pas pour lui, c'est un excellent combattant ! Il en faudrait beaucoup pour venir à bout de lui.
Mon esprit tourna à cent à l'heure, il était hors de question qu'il arrive quelque chose à Jasper. Pour une raison inexpliquée, je ne supportais pas cette idée !
- Peter, amène-moi là-bas, s'il te plaît !
- Je me doutais de ta réaction. Allons dans ta chambre ! rit-il.
- Laisse-moi tout éteindre d'abord !
Après avoir tout éteint et vérifié que la porte d'entrée était fermée, nous montâmes dans ma chambre. Mes voisins ne devaient pas nous voir. Je montai sur le dos de Peter et il sauta par la fenêtre. Tel un félin, il retomba avec grâce et souplesse sur le sol avant de courir à toute allure vers les bois. La sensation de vitesse était grisante, je n'avais jamais connu rien de tel. Il y a peu de temps encore, la vitesse m'aurait effrayée mais à présent que j'y avais goûtée, je ne pourrais plus m'en passer ! Je me demandais brièvement si Peter accepterait de me promener ainsi sur son dos dans d'autres occasions.
- Quand tu veux Bella ! dit-il.
- Je ne t'ai rien demandé ! rétorquai-je, en lui donnant une légère tape sur la tête.
Il se contenta de rire et en un rien de temps, nous nous retrouvâmes devant la demeure des Cullen. Soudain, les souvenirs de ma dernière entrevue avec mon ancienne famille refirent surface et je ne pus m'empêcher d'angoisser, mon cœur tambourinant dans ma poitrine. Peter sentant ma détresse, me déposa délicatement sur le sol avant de me serrer tendrement dans ses bras.
- Tu n'es pas obligée de rentrer dans cette maison si tu n'en as pas envie. Veux-tu que je ramène chez toi ?
- Non, ça ira. Laisse-moi me calmer.
- D'accord, prends ton temps.
La porte s'ouvrit sur un Jasper très surpris de nous voir. Je pris la main de Peter pour me rassurer et nous nous avançâmes ensemble vers lui.
- Bonsoir vous deux, que me vaut l'honneur de votre visite ?
- Tu sais très bien pourquoi nous sommes là ! répondit Peter en lui faisant les gros yeux.
Jasper se contenta de hocher la tête avant de nous laisser entrer. Il referma la porte derrière nous et proposa d'aller dans le salon. Je choisis de m'asseoir sur le canapé et Peter fit de même sans lâcher ma main tandis que Jasper préféra une chaise qu'il posa devant nous. Le silence s'installa et j'en profitais pour l'observer attentivement. Son visage était étrangement celui d'une personne très fatiguée, voire exténuée. J'ignorais que cela était possible pour un vampire ! Evitant mon regard, il se concentra sur Peter à la place. Tous les deux semblaient avoir une conversation muette comme s'ils hésitaient de la suite à donner à notre entrevue. Quelqu'un devait se lancer, après tout, il fallait bien que j'ai des réponses à mes questions !
- Jasper pourquoi es-tu revenu ? Pourquoi es-tu seul ? demandai-je, posément.
Il me regarda et je vis de la tristesse dans ses yeux ambrés.
- Bella, je suis désolé pour tout ce qui s'est produit depuis que tu es entrée au sein de la famille Cullen/Hale.
- Pourquoi dis-tu la famille ? N'en fais-tu plus partie ?
- Non, la situation a dégénéré et je ne pouvais plus regarder en face ceux qu'autrefois, je considérais comme ma famille. Bella, crois-moi, je ne voulais pas que tu souffres.
- Et bien clairement, c'est raté ! De toute façon, ça ne sert à rien d'avoir des regrets maintenant. Le passé, c'est le passé mais je veux quand même des réponses !
- Oui, tu es en droit de tout savoir. À présent, je ne suis plus tenu de garder les secrets de la soi-disant parfaite famille du Docteur Cullen.
- Réponds-moi, pourquoi es-tu revenu ?
- Pour toi Bella ! Je voulais savoir si tu étais vraiment morte. Sache que je suis extrêmement heureux que tu sois vivante, plus que tu ne le sauras jamais. Les mots me manquent… Bella, je t'ai toujours aimée autrement que ce qu'un frère devrait…
- Et Alice ?
- Elle m'a laissé partir sans faire de commentaires. Alice n'a jamais été mon âme sœur. Nous savions tous les deux depuis le début que nous n'étions pas destinés à rester ensemble bien que nous ayons fait croire le contraire à tout le monde pour pouvoir être acceptés. Bella, il faut que tu saches que depuis notre départ de Forks, tout a changé. La famille que tu as connue n'existe plus.
- Comment ça ?
- Il y a bien longtemps que Tanya avait des vues sur Edward et que celui-ci lui résistait encore et toujours. Elle a finalement mis au point un chantage parfait pour le faire céder lorsqu'il est parti se réfugier dans sa famille après qu'il ait perdu le contrôle dans la cuisine avec toi. Tandis que nous t'attendions, elle est arrivée avec une autre vampire, Natalya, que je n'avais jamais vue et qui avait le pouvoir de nous soumettre à sa volonté. C'est pour ça que nous ne sommes pas intervenus lorsque tu es partie précipitamment. Toi qui es si intuitive, n'avais-tu rien remarqué d'étrange ? De plus, Tanya avait menacé de prévenir les Volturi de ton existence. Tu sais qui sont les Volturi ?
- Oui, j'avais bien senti que vous étiez tous bizarres mais je n'ai pas réussi à me concentrer sur autre chose que Tanya. Et oui, je suis au courant car Edward m'avait un peu parlé d'eux et de leurs lois.
- Et bien les humains doivent absolument ignorer l'existence des vampires. Dans le cas contraire, c'est soit la destruction assurée, soit la transformation en vampire ! Le risque d'une condamnation à mort de toute la famille n'était pas non plus à exclure. Les Volturi ne sont pas connus pour leur clémence et ça fait très longtemps qu'ils pensent que la famille Cullen représentent une menace pour eux avec autant de membres dotés de pouvoirs. Cependant, ce n'est un secret pour personne qu'ils aimeraient bien qu'Edward, Alice ou moi acceptions de rejoindre leurs rangs. Edward refusant obstinément que tu deviennes un vampire et comme nous ne voulions pas servir les Volturi, pour la sécurité de la famille, nous n'avions pas d'autre choix que de suivre les ordres de Tanya.
- Tu es en train de me dire qu'Edward s'est sacrifié en couchant avec Tanya pour tous nous sauver ? C'est une blague, non ? ris-je.
C'était sordide et surréaliste à la fois, encore plus fort que les Feux de l'amour et Santa Barbara réunis…
- Malheureusement non. Il t'aime vraiment, n'en doute pas, à sa façon.
- Oh comme c'est touchant ! ironisai-je.
- Bref, lorsque Tanya a autorisé Natalya à nous libérer de son emprise, nous nous sommes précipités dans les bois mais nous sommes arrivés trop tard. Les loups t'avaient emmenée avec eux. Il y avait tellement de sang partout que nous avons pensé que tu étais morte. Ayant senti l'odeur des cendres d'un vampire, nous sommes tous partis de peur que les loups ne s'en prennent à nous également. Peter peut te le confirmer, il était là !
Je me tournais vers Peter qui acquiesça avec un air embarrassé.
- Peter pourquoi ne m'as-tu rien dit hier ?
- Tu n'étais pas prête à parler de tout ça Bella ! Et puis même si je ne dois rien aux Cullen, ma loyauté allant à Jasper, mon frère, je me devais d'attendre qu'il fasse le premier pas.
- Pourquoi es-tu resté si tout le monde pensait que j'étais morte alors ?
- Parce qu'au fond de moi, je sentais que tu avais survécu.
- Bon continue Jasper. Que s'est-il passé ensuite ?
- Natalya folle de douleur d'avoir perdu son compagnon est tombée dans un état catatonique. Nous l'avons emmenée avec nous en Alaska. Nous ne pouvions pas aller ailleurs étant donné la menace de Tanya de nous dénoncer aux Volturi. Là-bas, Edward, après avoir lu dans nos pensées ce qui s'était produit, s'est mis dans une rage folle et a attaqué Tanya. Natalya étant toujours inconsciente, nous nous sommes tous également jetés sur Tanya dorénavant sans protection. Nous l'avons torturée jusqu'à ce qu'elle avoue ses méfaits et nous avons mis un terme définitif à son existence, une fois assurés qu'elle n'avait pas prévenu les Volturi. Le reste du clan Denali resta en retrait, estimant qu'elle méritait son sort après avoir fait causé la mort d'une innocente. Lorsque nous avons voulu nous occuper de sa complice, nous ne l'avons pas retrouvée à l'endroit où nous l'avions laissée. Natalya avait dû se réveiller et s'enfuir pendant que nous étions distraits avec Tanya.
Jasper ferma brièvement les yeux et prit une grande inspiration avant de poursuivre.
- Cependant, si notre vengeance nous avait fait du bien sur le moment, le contre-coup de ta disparition se fit rapidement sentir. Chacun à sa façon était désemparé, en proie au chagrin et au désespoir. Edward s'enfuit dans les bois. Alice, complètement déprimée, s'enferma dans une chambre. Emmett et Rosalie n'arrêtaient pas de pleurer et de ressasser les souvenirs qu'ils avaient de toi, tout en regrettant de ne pas avoir été complètement honnêtes avec toi. Quant à moi, j'étais littéralement à l'agonie. En plus de mes propres émotions, je devais supporter les leurs, alors je suis parti. Plus rien ne me retenait désormais là-bas. Je voulais me recueillir sur ta tombe, avoir la preuve que tu étais réellement morte. Je me suis rendu directement au cimetière mais n'y trouvant rien, j'ai repris espoir et je suis allé ensuite dans ta chambre. Ton odeur étant fraîche, j'ai su alors que tu étais vivante. Voulant absolument te voir, je suis donc parti à Port Angelès, incertain de ta réaction face à mon retour. Je ne pensais pas que tu me verrais. La suite, tu la connais… Je suis content que tu sois venue me voir, je ne pense pas de toute manière que j'aurais pu rester longtemps loin de toi après t'avoir revue… Au fait, Peter je te remercie encore une fois d'avoir veillé sur elle en mon absence.
J'étais restée silencieuse pendant sa longue tirade et il me faudrait assurément un certain temps pour analyser et réaliser tout ce qu'il avait dit. Les autres vampires pleuraient ma mort mais ça me laissait complètement indifférente. Néanmoins, ce qui m'avait marquée le plus, c'était que Jasper avait avoué qu'il avait des sentiments pas vraiment fraternels pour moi ! Nous avions toujours été très proches et complices mais questionner la nature de ses sentiments envers moi, même si j'avais souvent eu des pensées peu catholiques à son égard, ça ne m'était jamais venu à l'esprit, tellement il semblait heureux avec sa femme ! Refusant de me prendre la tête avec ça pour le moment, je me souvins soudain de ce dont je devais parler avec Peter.
- Au fait Peter, nous avons eu la visite aujourd'hui à l'école d'une jeune femme d'origine italienne assez étrange, venue présenter un concours de pâtisserie organisé par des mécènes italiens. Tous mes sens étaient en alerte en sa présence et je n'étais pas du tout à l'aise. Avec le recul, je pense qu'il s'agissait peut-être d'un vampire mais je n'en suis pas certaine car d'aspect extérieur, elle ressemblait vraiment à une humaine.
- Sois plus précise Bella. Que s'est-il passé exactement ?
- Elle n'arrêtait pas de me fixer et puis quand elle a serré ma main, j'ai eu comme une sensation de brûlure.
- À quoi ressemblait-elle ? A-t-elle dit son nom ?
- Grande brune avec une peau pâle, des yeux noirs, de longs cheveux noirs. Elle nous a été présentée sous le nom de Mademoiselle Giordano.
- Oh merde ! Euh pardon Bella…
- Bella, tu es en danger ! cria Jasper.
Pourquoi n'étais-je pas surprise ? Depuis quand ma vie était-elle normale ? Je me mis alors à rire nerveusement.
- Bella, ce n'est pas drôle du tout ! La situation est grave ! continua-t-il.
- Je sais, c'est plus fort que moi. Désolée ! Je me disais qu'il m'arrivait toujours des trucs extraordinaires !
- Tu dis qu'elle t'a touchée ? demanda Peter.
- Oui, je lui ai serré la main, pourquoi ?
- C'est pas bon du tout, ça ! cria Jasper.
- Auriez-vous l'amabilité de m'expliquer la situation ?
- Du temps où nous étions encore impliqués dans la guerre des vampires pour les territoires du Sud, il y avait une femelle vampire italienne avec une apparence humaine du nom de Julia Giordano. Sa peau ne brillait pas au soleil et n'était pas glacée comme la nôtre. C'était également une excellente traqueuse dont le don fonctionnait encore mieux si elle avait touché la personne recherchée, expliqua Peter.
- Ça veut dire que si elle s'intéresse à toi, c'est qu'il y a sans doute un contrat sur ta tête. Tanya n'ayant rien dit à ce sujet, j'aurais su si elle mentait, je garantis à 200% que ça ne vient pas d'elle ! poursuivit Jasper.
- Ok conclusion, je suis encore et toujours en danger de mort ! ricanai-je, amèrement. Ça ne s'arrêtera donc jamais ? Je suppose que cette histoire de concours avec deux cent mille dollars à la clé ainsi qu'un stage de six mois dans un palace européen, c'était n'importe quoi alors ? Les mécènes italiens, ça n'aurait pas un rapport avec les Volturi, par le plus grand des hasards ?
- Ah ça, rien n'est moins sûr mais il vaut mieux rester sur nos gardes ! conclut Jasper.
- Vous étiez dans les parages, comment n'avez-vous pas senti sa présence ?
- Je n'en ai aucune idée Bella ! avoua Jasper. Sans doute étais-je trop focalisé sur toi pour prêter attention au reste…
- D'accord mais qu'en est-il de toi, Peter ?
- Je suivais la voiture dans laquelle tu te trouvais Bella, je suis donc arrivé en même temps que toi ! Julia devait certainement être déjà dans l'école. Quand tu es sortie sur le parking, je ne l'ai pas repérée non plus. Elle a toujours su se fondre dans la masse. Je suis désolé.
- Quel super binôme de choc vous faites ! lâchai-je sur un ton laconique pour me moquer d'eux.
- Personne n'est parfait, que veux-tu ! rétorqua Jasper. La prochaine fois, nous serons plus vigilants maintenant que nous savons qu'elle en a après toi.
- Bella, si tu as besoin d'argent, ce n'est pas un problème, dit Peter. Je te donnerai ce dont tu as besoin, tu n'es pas obligée de participer à ce concours !
- Sache que je ne veux dépendre de personne ! Si j'ai besoin d'argent, je le gagnerai à la sueur de mon front, compris ?
- D'accord, message reçu cinq sur cinq ! bouda Peter en faisant une adorable moue.
- Tu as intérêt Peter ! insistai-je, en le regardant droit dans les yeux.
Reportant mon attention à nouveau sur Jasper, je constatai un léger changement. Depuis qu'il avait soulagé une partie de sa conscience, son visage paraissait un plus détendu. Toutefois, il n'était pas totalement lui-même, c'était flagrant. Que ne donnerais-je pas pour le voir pleinement sourire et faire à nouveau des blagues salaces ? En aurai-je le temps et l'opportunité ?
- Jasper, que veux-tu dire par rester sur nos gardes, nous serons plus vigilants ? Tu comptes rester ?
- Naturellement, ça va de soi. Maintenant que je t'ai retrouvée, il est hors de question que je te quitte ! Tu m'écoutes quand je te parle ou tu es encore dans la lune ?
- Très drôle ! De toute façon, tu es libre de tes faits et gestes, répliquai-je, sur un ton neutre alors qu'au fond de moi, j'étais plus que ravie qu'il reste.
- Cache ta joie ma chérie ! rétorqua-t-il avec un sourire narquois. Rappelle-toi à qui tu as affaire !
- Ok, je plaide coupable ! Jasper, je suis contente que tu sois revenu mais je t'en veux encore pour ne pas avoir été honnête avec moi et il me faut davantage de réponses à toutes les questions que j'ai en tête. Entre autres, c'est quoi cette histoire de grossesse et de mère porteuse ?
- Bella, je te répondrai plus tard parce que là, nous ne sommes plus seuls. Il semblerait que les loups aient repéré ma présence.
À peine avait-il fini sa phrase, qu'avec Peter, il se plaça devant moi en position de défense, grognant bruyamment au moment où la baie vitrée explosa en mille morceaux.
Bisous, a+
Bloody
