RETOUR A LA REALITE

CHAPITRE 1

J'avais tenu ma promesse, je n'étais pas restée avec Edward au chalet. Il m'avait accompagné jusqu'à ma voiture. Jacob et Charlie nous avaient accueillis avec air médusé, lorsqu'ils avaient remarqué nos mains entrelacées.

Le regard noir que Jacob me jeta ne me disait rien qui vaille. Je ne savais pas pourquoi, il se montrait systématiquement jaloux de tous les hommes qui me tournaient un tant soit peu autour. Pourtant Nous deux, c'était de l'histoire plus qu'ancienne, on pouvait même dire que depuis le temps il y avait prescription.

D'accord, nous avions perdu notre virginité ensemble. Ensuite nous avions remis le couvert 2 ou 3 fois, mais nous n'étions jamais sortis officiellement ensemble.

C'est à peine s'il articula un « bonjour » pour saluer Edward et pire encore, en lui serrant la main, je remarquais que ses articulations blanchissaient. Il devait littéralement essayer de la lui broyer. Malgré tout Edward ne se démonta pas, et lui rendit la pareille. Ça me plaisait qu'il ne se laisse pas impressionner par les puériles tentatives d'intimidations de Jacob.

Après avoir lâché Edward, Jacob m'étreignit fortement et bien plus longtemps que nécessaire. J'avais l'impression qu'il était en train de marquer son territoire. Et puis quoi encore, il ne voulait pas lever la patte comme un chien et me pisser dessus, pendant qu'il y était.

On croyait rêver. Je finissais par me dégager un peu sèchement de mon meilleur ami, qui n'allait pas le rester longtemps s'il continuait d'agir comme un gamin capricieux, à qui on avait piqué son jouet préféré.

Ma réaction fit sourire Edward, et renfrogna un peu plus Jacob.

Charlie et Jacob partirent les premiers, après que ce dernier eut fini d'installer les chaines et que la route ait été dégagée. Je pouvais donc emmener tranquillement mon Adonis avec moi, direction Forks city.

Nous avions convenu qu'après avoir rassuré tout le monde, nous retournerions au chalet, pour y passer encore deux jours, avant de devoir reprendre la route de Seattle.

Edward monta à mes cotés dans ma Mini, ce qu'il n'avait que moyennement l'air d'apprécier. J'avais cru comprendre au détour d'une de nos conversations qu'il vouait un amour quasi pathologique à sa voiture. Il avait, d'ailleurs, essayé de parlementer pour me servir de chauffeur, mais manque de chance pour lui, j'avais un seuil de résistance assez élevé à la moue suppliante, cultivé de longue haleine, grâce à Alice. En plus, moi aussi j'adorais ma voiture !

Alors que je conduisais et qu'Edward avait distraitement posé une main sur le haut de ma cuisse, je réalisais.

Oh…Mon…Dieu…

Edward allait avoir besoin de beaucoup, beaucoup de courage, s'il voulait survivre à ce qui allait suivre.

Non seulement, il allait devoir faire face à Charlie, mais il allait également faire connaissance avec ma bande d'amis, au grand complet. Je ne pu retenir le frisson d'effroi qui me parcourut l'échine à cette simple idée.

J'aurais peut-être dû être plus charitable et l'autoriser à prendre sa voiture, il serait arrivé plus détendu. Quoique, tout compte fait, s'il avait disposé d'un véhicule, il aurait peut-être été tenté de filer à l'anglaise, sans demander son reste…

Le trajet fut un peu long, car les routes étaient encore pas mal enneigée, nous mîmes presque une heure pour arriver à bon port. A peine avais-je garé ma voiture devant chez Charlie, que la porte de la maison s'ouvrit à la volée.

A cet instant, j'avais devant moi une vision très nette des 4 cavaliers de l'apocalypse et ils se dirigeaient droit vers nous : la guerre, la famine, la mort et la maladie.

C'était pire que le pire de mes cauchemars.

La famine, c'était clairement Emmett, avec lui mieux valait prévoir large, si vous ne vouliez pas mourir de faim.

La guerre, c'était Jasper, je lui avais toujours trouvé des airs militaires. En d'autre temps, il aurait fait un fabuleux colonel dans l'armée sudiste, avec ses origines texanes et sa passion pour la guerre de sécession.

Rose, c'était plutôt la maladie celle qui serpente et qui vous ronge de l'intérieur. Elle était plus vicieuse qu'Alice et on ne la voyait pas venir, mais elle savait comment obtenir ce qu'elle voulait de vous. Emmett pourrait écrire un livre là-dessus, il ne pouvait rien refuser à sa Rosie d'amour.

Et enfin, il nous restait le pire des fléaux, la mort. Dans notre monde elle avait un nom et même un visage, celui d'Alice Brandon. Contrairement aux images d'Epinal, la mort ne portait pas un grand manteau noir et une faucille. Non, en fait la mort, mesurait 1m50 était juchée sur des stilletos de 12 cm et portait des fringues haute couture. Par contre, elle pouvait parfaitement vous achever d'un regard. Quand Alice était lâchée, la devise s'était tous aux abris et Dieu reconnaitra les siens.

Aujourd'hui la cible d'Alice, manifestement, c'était moi, et accessoirement Edward. Je le plaignais réellement car il n'avait pas bénéficié de mes années d'entrainement commando, qui seuls pouvaient éventuellement me permettre de survivre assez longtemps, pour battre en retraite et éviter le peloton d'exécution. Edward serait un dommage collatéral.

Un cri retentit (Alice, comme toujours) et me tira de mes pensées. Je jetais un regard implorant à Edward. J'espérais sincèrement qu'il m'aimait suffisamment pour rester après Ça !

Nous avions à peine quitté l'habitacle qu'Alice m'assena un coup (relativement violent, compte tenu de sa petite taille) sur le bras. Bien sûr ses mouvements étaient accompagnés d'un flot incessant de paroles… De cris devrais-je dire. J'étais à peu près sûre qu'elle avait causé des dommages irréversibles à mon audition.

Même en pleine crise Alice restait Alice. Les autres préféraient visiblement restés en retrait.

- Isabella Mary Swan, je veux, non, j'exige des explications. Où diable étais-tu fourrée ces deux derniers jours ? On s'est fait un sang d'encre. JE ME SUIS FAIT UN SANG D'ENCRE ! Eructa-t-elle.

- Alice, heu… Tentais-je.

- Y-a pas d'Alice qui tienne. T'es journaliste, bordel. Les moyens de communication, tu connais ? T'as un téléphone, je te rappelle. C'est même moi qui te l'ai offert. Qu'est-ce qui t'as empêché de t'en servir ?

- Alice, si tu…

- J'attends Insista-t-elle, quand soudain son regard fut détourné par un raclement de gorge provenant de la droite de ma voiture.

Mon amour pour Edward redoubla, alors qu'il ouvrait la bouche :

- Bonjour. Je me présente, Edward Cullen.

Tous les regards se tournèrent vers mon…Comment le qualifier ?

Fantasme devenu réalité… Meilleur coup de ma vie… Cadeau de Noël… Petit-ami…

Je n'avais pas vraiment évoqué le sujet avec lui, et j'avais peur de commettre un impair.

Encore une fois l'intervention d'Edward me sauva :

- La voiture de Bella a été bloquée à cause de la tempête de neige et elle s'est réfugiée dans le chalet que je louais pour les vacances.

Clair, net, précis et absolument pas gênant. Ce mec était vraiment parfait.

Enfin presque, le Alice 3000, détecteur de mensonges ultra perfectionné, était en marche, je pouvais le voir à son regard. Elle sondait Edward en cherchant la faille, mais il restait impassible.

C'était, toutefois, trop beau pour durer, Alice reporta son attention sur moi.

- Et le portable, alors, c'est pas fait pour les chiens ? S'enflamma de nouveau Pixie.

- Il ne passait pas, le chalet est situé en plein milieu des bois, et la tempête a dû endommager les relais. Essayais-je vainement de me justifier.

- Mouais… Et on peut savoir ce que vous avez fait pendant ces deux jours ? Poursuivit-elle, loin d'être dupe.

Bingo, merci Alice. En plein dans le mille, Miss Je mets les pieds dans le plat.

L'intervention d'Edward me sauva de nouveau de ce guêpier :

- Nous avons fait connaissance. Souffla mon amant avec un de ses sourires enjôleur.

J'allais écrire au Pape pour demande la canonisation de cet homme. Après tout, il avait déjà accompli deux miracles et à peine 5 minutes : Empêcher Alice de nous foudroyer sur place et arriver à lui couper la parole.

Alors que je croyais m'en être tirée honorablement, je fus soudain soulevée de terre et prise en étau entre les pattes d'un ours… J'avais été trop vite et j'en avais oublié mon frère de cœur.

- Emmett, repose-moi par terre tout de suite. Tu m'étouffes, là.

- Bells, tu nous as vraiment fait flipper. Je n'arrivais plus à tenir Lili en place. Contente de te voir entière sœurette.

- Emmett, c'est bon pose là, elle est encore plus rouge que d'habitude. Si tu continues, tu vas nous la faire tomber dans les pommes par manque d'oxygène. Tenta Rose.

- En tout cas, t'as pas l'air de t'être embêtée ma coquine, je te reconnais bien là… Insinua Emmett, en me relâchant.

Jasper m'acheva complètement et pour ça il n'eut besoin pas de grand-chose. Juste un Bella, prononcé avec un ton un peu appuyé, un sourire et un clin d'œil. Il ne lui en fallait pas plus. Jazz était quelqu'un de très charismatique et il lisait en moi comme dans un livre.

Une fois la revue de mes quatre amis passée, je fis les présentations, Edward ayant sagement patienté de l'autre coté de ma voiture.

Je proposais à tout le monde de rentre siroter une tasse de thé au chaud, plutôt que de rester dans l'allée à alimenter les potins du voisinage.

Une fois à l'intérieur, je notais quelques touches de présence féminine apportée vraisemblablement par Sue, la nouvelle compagne de mon père, à la décoration.

Je souriais en moi-même en songeant au temps qu'il avait fallu à mon Charlie pour se remettre du divorce. J'étais heureuse pour lui.

Tout le monde prenait place dans le salon, qui donnait sur la cuisine américaine, lorsqu'Emmett m'interpella :

- Bells, plutôt qu'un thé, tu pourrais pas nous faire ton fameux chocolat chaud ? Je suis sûr que ça ferait plaisir à Edward.

A se demander si Pixie et lui n'avaient pas des liens de parenté. Ils n'avaient pas leur pareil quand il s'agissait de mettre mal à l'aise les gens, spécialement moi.

- Ok, Em, si tu veux. Mais pas la peine de chercher des excuses. La prochaine fois, poses simplement la question. Qui d'autre veut un chocolat ? Demandais-je.

Erreur fatale : 4 autres doigts se levèrent et vinrent s'ajouter à celui d'Emmett.

- Fallait le dire tout de suite… Grognais-je.

- Oh, Bella, boudes pas. Tu sais qu'on ne résiste pas à ton chocolat maison. C'est une tuerie ce truc. Piaffa Alice.

- Ouais, c'est ça... Pas la peine de caresser la bête dans le sens du poil, je vais vous le faire votre chocolat.

Je m'attelais à la préparation du divin nectar. C'était une recette de famille, que je tenais de ma grand-mère Swan. Le secret résidait principalement dans la cuisson, qui devait être assez lente afin de faire épaissir le cacao.

Puisque nous étions encore en période de fêtes, je décidais de préparer un peu de crème fouettée pour ajouter au moment de servir.

Alors que je m'affairais à ma tâche, des mains chaudes vinrent entourées ma taille.

- Alors, ce chocolat, comme ça se présente ? Me chuchota Edward à l'oreille.

- Pas mal, sauf si je suis dérangée.

- Ok, je te laisse, dans ce cas.

- Un pas de plus étranger, et vous êtes un homme mort. Dis-je en pointant ma cuillère en bois dans son dos.

- Ok, je vois que me maniement des armes est une histoire de famille chez les Swan.

- T'as tout compris cowboy. C'est moi qui aie tout appris à Charlie. Maintenant retournes toi, sans faire de geste brusque.

En signe de reddition, Edward leva les paumes en l'air, alors que je me mettais sur la pointe des pieds pour atteindre ses lèvres et l'embrasser.

- Hummm. Tu aurais dû me dire tout de suite quel genre de punition tu me réservais et je me serais volontairement constitué prisonnier. Déclara-t-il.

- Oh, ça, ce n'est qu'un début. Répliquais-je en reprenant sa bouche d'assaut. Attends de votre ce que je te réserve ce soir, quand nous serons seuls.

- Je ne demande que ça.

- Et Bells, ça vient ce chocolat. Si Edward t'embête, un mot de toi et je m'en occupe. Nous coupa Emmett.

- Ça va Em, je gère.

Sachant pertinemment qu'Emmett ne nous laisserait pas tranquille tant qu'il n'aurait pas sa boisson, je me détachais à regret de mon Apollon.

- File au salon. Je termine ici et je te rejoins tout de suite après.

- Fais vite, tu me manques.

Il avait l'art et la manière de lâcher de petites phrases, incidemment, en me m'étant les sens à l'envers. J'étais raide dingue de lui.

Au bout de quelques minutes, j'ai réussi à disposer 6 tasses de chocolat chaud, garnies de chantilly, sur un plateau. J'avais même trouvé une boite de mes biscuits secs préférés, pour compléter ce gouter improvisé.

En arrivant au salon, je constatais avec effroi qu'Alice avait récupéré toute sa vigueur et qu'elle harcelait Edward de questions. A peine avais-je déposé mon chargement sur la table basse, que je fus à mon tour prise pour cible.

- Bon alors, Bella, voilà comment on va procéder.

- Procéder, pour quoi, Pix ? L'interrogeais-je dubitative.

- Bah pour ce soir, le diner et l'échange des cadeaux, idiote. Par ta faute, on n'a pas pu fêter le réveillon. Je te rappelle que c'est toi qui as décrété que tu t'occupais de la cuisine, puisque tu ne veux plus que je touche une casserole… Mais si tu veux je peux m'en charger. Ajouta-t-elle.

Les regards teintés d'horreur et d'inquiétude de mes amis alternaient entre Alice et moi.

- Alice, je te rappelle que je n'ai rien décrété du tout. Si ma mémoire est bonne, cette décision a été prise à l'unanimité, y compris ton vote, il y doit y avoir pas loin de 7 ans, quand on a tous terminé la soirée à vomir nos tripes aux urgences de Port-Angeles. Ça te dit quelque chose ?

- Ok, ok, c'est bon j'ai compris… Pfff vous êtes quand même vaches de toujours ramener ça sur le tapis. Il devrait y avoir prescription depuis. Bouda-t-elle.

- Erreur ma belle, les tentatives de meurtre se prescrivent par 10 ans. Railla Rosalie, déclenchant les rires de tout le monde.

- Bon assez parlé de mes exploits, parlons plutôt de ce soir. Piailla-t-elle. Je me demande ce que j'ai avoir comme cadeau.

Soudain, la lumière se fit dans mon cerveau… Oh merde, les cadeaux… C'était la cata…