Oui, pourquoi l'avait il embrassé ? Autant Rose se le demandait, autant Rogue commençait à le regretter. Depuis près de 2 ans, il avait remarqué les changements de son élève, et il avait même réussi à apprécier ça. La voir arriver, à la porte de son cachot, de plus en plus grande, de plus en plus fine, de plus en plus belle, était devenu un rituel. Et il s'était surpris plus d'une fois à rêver d'elle, quand du coin de l'œil il l'observait, assise dans la grande salle, si loin de lui. Combien de fois, avait il voulu la retenir lorsque les vacances arrivaient, combien de fois, lorsqu'ils étaient face à face, il avait lutté pour garder son sang glacé au regard de la jeune fille. Il avait tellement honte de ce qu'il croyait éprouver, que jamais, jamais il n'aurait cru qu'un jour, il laisserait parler ses sentiments. C'était son élève, il n'avait pas le droit, mais dans un sens, qu'avait il le droit de faire ? Lui qui était toujours contraint à mentir, à cacher, à tuer même, à espionner, lui qui n'était pas vraiment un professeur, ni un membre de l'ordre à part entière, ni un mangemort, lui qui n'était plus sûr d'être un homme. Alors en la voyant, allongée sur cette banquette, en train de chanter avec une joie qu'il ne connaissait pas, son corps entier avait hurlé. Il avait remit son masque pour ne pas craquer, et il l'avait fait souffrir. Elle était partie dans un sanglot étouffé d'orgueil, et il l'avait suivi jusqu'aux toilettes où pendant des minutes interminables, il entendait ses pleurs, résonnant dans son cœur comme un million d'abeilles au dar dehors. Alors dans un ultime moment de faiblesse, il était parti se refugier à l'arrière du train, et l'air froid qui lui fouettait le visage avait réussi à l'empêcher de verser une larme. Oui, pour la première fois depuis Lily, Rogue avait eu envie de pleurer devant sa bêtise. Lorsqu'il retourna dans le compartiment, lorsqu'il la regarda et lorsqu'il l'entendit lui parler, il prit sa décision. Il ne la laisserait pas filer, qu'importait le vieux Dumbledore, qu'importait Voldemort, Harry Potter, L'ordre du Phoenix ou les mangemorts, il laissa parler son cœur. Maintenant il le regrettait, pourquoi ? Probablement car il s'était rendu compte que Rose n'avait pas bronché, n'avait pas reculé devant lui, et qu'elle avait accepté qu'il la touche, sans un mot. Il laissait entrer dans sa vie une adolescente, qui ne s'imaginait même pas ce qu'il faisait, qui il était et qui, pourtant, s'était pratiquement donnée à lui dans un baiser. Severus Rogue, à cet instant, avait peur.

Rose observait son professeur perdu dans des pensées qui, elle le voyait, ne pouvait être que tristes. Peut être l'avait elle blessé en le voulant trop vite ? Pourtant, il l'avait embrassé lui aussi, elle le savait, elle avait encore le goût de ses lèvres sur les siennes, et elle pouvait sentir ses doigts sur sa peau. Elle devait être sûre de ce qui s'était passé entre eux, elle devait se rassurer, savoir qu'il ne jouait pas avec elle. Mais comment… Rose se colla à Rogue et lui prit la main, il sursauta de surprise en sentant le corps de la jeune fille contre le sien. Elle posa sa tête sur le torse du professeur, ramena ses jambes sur la banquette et se mit en boule. Elle ferma les yeux et se laissa bercer par la respiration de Rogue, si bien qu'elle fini par s'endormir.

Rogue n'en revenait pas, elle était en train de dormir contre lui, comme un chat blotti près de son maître. Il pouvait sentir le buste de son élève se soulever à chaque inspiration, et elle dégageait une chaleur qui l'enfermait dans un cocon. Il était pris au piège, si il bougeait, il allait la réveiller, mais si il restait là et que quelqu'un entrait dans le compartiment… Il sentait ses paupières se fermer lourdement et même si il luttait contre la fatigue, celle-ci le tirait vers la nuit. Une lumière pâle éclairait encore le compartiment, mais le soleil au dehors commençait à disparaître derrière les collines. Finalement, il s'endormit. Ce fut le sifflement du train qui le réveilla, et Rogue se surpris à sourire devant le spectacle de Rose, dont le corps avait glissé jusqu'à s'allonger sur ses genoux. Il passa discrètement un main sur la joue de la jeune fille avant d'attraper son livre et de le continuer, sans un bruit.

Lorsqu'elle se réveilla, la première chose qu'elle fit était de rougir. Durant son sommeil, elle avait fini par s'allonger sur les genoux de Rogue, et la vue qu'elle avait de lui maintenant était pour le moins gênante. Dans un bond, elle se releva et sa tête heurta quelque chose de dur, assise, elle se rendit compte que c'était le livre de Rogue. Ce dernier la regardait avec un sourire.

«- Ca va ? demanda-t-il

- Grmmm ouais, répondit elle en se frottant le crâne, ce n'est pas la première fois que je me prend un livre sur la tête…

-Ca ne m'étonne pas ! »

Surprise, elle haussa les sourcils, avant de se rendre compte qu'il se moquait d'elle. Rose se leva et se dirigea vers la porte, alors Rogue attrapa son poignet tout en la tirant vers lui dans un élan de romantisme, posa sa main sur la hanche de la jeune fille et l'embrassa dans le cou.

« -Où comptez vous aller mademoiselle ? murmura t il à son oreille.

-Pourquoi, où comptez vous m'emmener professeur ? »

Rose s'agrippa à la chemise de Rogue et le fit reculer vers la banquette où ils tombèrent tous les deux. A califourchon sur lui, elle s'activa à défaire les vêtements du professeur tandis qu'il glissait lentement ses mains sous son débardeur. Son cœur s'emballa lorsqu'elle sentit les mains glacées de Rogue détacher son soutien gorge et se déplacer dans son dos puis sur son ventre, remontant vers ses seins. Sans un bruit, elle l'embrassa langoureusement.

« - Tout à l'heure, j'ai cru comprendre que vous ne trouviez pas cela raisonnable monsieur.

-Idiot celui qui ne change pas d'avis » répondit il tout en tournant, plaçant ainsi le corps de Rose sous lui.