Il était clair que Rose devenait dépendante des bras de son professeur. La nuit, elle avait peur de s'endormir seule dans ce grand lit vide, et chacun de ses pas dans le couloir n'avait pour but que de la rapprocher de lui. Et Hermione qui donnait raison à ses doutes, à ses craintes, les alimentant un peu plus tous les jours… Elle sentit les larmes couler sur ses joues, dans un sanglot, elle monta dans sa chambre et se jeta sur le lit. L'elfe avait rapporté ses affaires propres et les avait laissé sur une chaise. A la vue de la robe, Rose éclata en sanglots encore plus prononcés. Il lui fallait Rogue, et il lui fallait maintenant, elle voulait l'inonder des larmes si longtemps refoulées pour lui, pour noyer son indifférence. Elle se releva doucement, et alla s'observer dans la salle de bain. Ses vêtements étaient encore humides par sa sortie a Près-au-lard, et le suçon trônait sur son cou. Son mascara avait coulé à cause de ses larmes, ses cheveux partaient en épis sur son crâne, et son nez était rouge. Rien de ce qu'elle pouvait voir dans le miroir ne devait sortir de la salle de bain, elle arracha ses habits, passa sous la douche, se coiffa et prit une tenue dans sa penderie. Elle opta pour une chemise verte, un pantalon noir et des chaussures compensées noires, puis enfin prête, elle descendit dans la grande salle pour le diner, où elle retrouva Hermione rigolant avec Ron. Elle s'assit sur le banc, renifla et attaqua son assiette de poulet sous le regard de son amie. Celle-ci remarqua bien les yeux gonflés de Rose mais préféra ne pas entamer le sujet, croyant que son amie s'était enfin rendue compte que Rogue n'était pas la personne qu'il fallait. Elle se contenta de poser une main amicale dans son dos. A ce contact, Rose laissa échapper un sanglot, qui se transforma en pleurs. Elle se leva d'un bond et se rua vers la sortie. La grande porte n'était pas à un mètre qu'elle heurta quelque chose de dur et derrière le rideau de larmes, elle aperçut la silhouette de Rogue devant elle. Hermione qui l'avait suivie, s'arrêta net. Le professeur jeta un regard à Dumbledore qui, dans un hochement de tête, l'autorisa à s'occuper de Rose. Il posa sa main sur l'épaule de la jeune fille qui se jeta sur lui, s'accrochant à sa cape en pleurant à chaudes larmes. Il se baissa vers son oreille et lui murmura de le suivre, l'entraînant à sa suite vers les cachots, sous les yeux ébahis des élèves et d'Hermione. Une fois dans son bureau, il prit Rose dans ses bras et la berça jusqu'à ce qu'elle ne pleure plus. Cela dura près d'un quart d'heure, où ils restèrent debout, l'un contre l'autre, dans un silence ponctué de sanglots. Elle le regarda, surprise de voir les yeux du professeur briller, et elle le sera plus fort.
« -Rose…dit il en se détachant lentement d'elle
-Ne m'abandonne pas, je t'en prie. »
A ces mots, Rogue sentit son cœur s'emballer. Elle avait peur qu'il l'abandonne, mais comment le pourrait il maintenant que ses pleurs lui faisaient tant de mal, maintenant que ses baisers étaient si importants. Comment oserait il la lâcher… Il embrassa la jeune fille, délicatement. Ses lèvres avaient le goût du sel. Ils restèrent encore collé jusqu'à ce que Dumbledore se glisse dans le bureau, là, Rose se détacha du professeur et, discrètement attrapa sa main.
« -Tu vas mieux Rose, demanda le directeur, avec un air plutôt inquiet.
-Oui, elle va mieux, répondit Rogue à sa place, je vais la raccompagner à ses appartements.
-Bien, cela va sans dire que maintenant les élèves se posent des questions et je…
-Monsieur, je la raccompagne maintenant, je viendrais vous voir dans votre bureau plus tard pour en discuter, coupa Rogue. »
Sur ce, il sorti de son bureau, toujours agrippé à Rose et la traina jusqu'à chez elle, sous le regard surpris des quelques élèves qu'ils croisèrent. Il sentait que son corps commençait à faiblir à chaque pas qui le menait vers le dortoir, une fois entré, cette sensation s'intensifia en réalisant que, 6 heures plus tôt ils étaient assis là, à discuter, à s'aimer d'un regard. Comment Rose avait elle pu passer d'une telle joie à un détresse effroyable. Était ce de sa faute ? Il regarda son élève dans les yeux, avec toute l'humanité dont il disposait pour la réconforter, il observait son visage fatigué, ses yeux rouges et brillants, il écoutait sa respiration saccadée comme pour se rassurer qu'elle ne mourait pas dans ses bras.
« -Je suis là Rose, comment veux tu que je te laisse partir sans moi…
-J'ai si peur, tout ce temps passé, tout ce temps perdu, et si tu disparais, si tu pars, si tu me mens.
-Rose, coupa t il, tu crois que je te mens ? Répond moi, si tu crois ça, pourquoi suis-je là ? Qu'est ce que tu veux de moi ? Qu'est ce que tu attends, qu'est ce que tu crois…sans toi que crois tu que je vais faire du reste de ma vie, ajouta t il en reculant.
-Non ! cria Rose, ne pars pas, je suis désolée, je suis tellement désolée, j'ai peur que tout ne soit qu'un rêve, que je sois seule encore et je…
-Je t'aime Rose ! Ne m'oblige pas à le redire… »
Rogue baissa la tête, et elle se sentit bête. Lui avait il bien dit qu'il l'aimait ? Rose sentit une dernière larme couler sur sa joue. Toutes ses peurs, toutes ses craintes et idées étaient en train de détruire ce qu'il se passait de plus beau entre elle et un homme, mais pour la première fois, un « je t'aime » avait suffit à la rassurer. Elle regarda le professeur totalement abattu, comme si cet aveu l'avait vidé de toutes ses forces, et une vague de bonheur réchauffa son cœur. Elle s'approcha de lui, posa une main sur sa joue et l'autre sur son torse, et l'embrassa, de plus en plus fort. Lui, lui rendait son baiser comme si c'était leur ultime moment, alors qu'en fait ce n'était que le début.
