Chapitre 2 :

PDV- Elliot

Quand je croisai le regard de ma fille, je crus que mon cœur s'arrêtait. « Aide-moi papa» ne cessait de résonner dans ma tête. Je la vis s'écrouler et m'élançai juste à temps pour la rattraper. De plus en plus de sang recouvra le sol. Hystérique, je sortis mon téléphone pour appeler une ambulance, mais la main d'Olivia sur mon épaule me fit voir qu'elle le faisait déjà. Incapable d'attendre sans rien faire, je pris Clarissa dans mes bras et l'emmena à la porte d'entrée. Les ambulanciers allaient monter pour venir la chercher. Je la déposai doucement sur la civière. Ils emmenèrent la civière le plus rapidement possible dans l'ambulance et démarrèrent en moins de deux. En dix minutes, durant lesquelles je ne lâchai pas la main de ma fille une seule fois, nous étions arrivés. À l'entrée de la salle d'attente, ils me séparèrent de Clarissa. Immobile, je pleurai en regardant la civière s'éloigner vers la salle d'opération. Après quelques minutes, deux bras me firent asseoir et je pu plonger mes yeux dans les beaux yeux bruns d'Olivia. Mes larmes venaient embrouiller ma vue. De sorte que quand Kathy et les enfants arrivèrent, je les reconnus grâce à leur voix. Kathleen resta blottie sur moi durant toute la nuit alors que Maureen et Kathy me tenaient les mains. Les jumeaux dormaient tranquillement sur leur mère. Au matin le médecin sortit enfin de la salle et vint à notre rencontre. Passant Kathleen à Olivia, je me dirigeai droit sur lui.

? Votre fille a perdu énormément de sang il nous a fallu plusieurs heures juste pour contrôler l'hémorragie. Il y aura des séquelles non-seulement physiques, mais très certainement mentales. Elle est présentement à l'unité des soins intensifs où elle sera surveillée jusqu'à ce que son état s'améliore. Vous pouvez allez la voir, mais un à la fois. Elle dort encore et risque de dormir un moment.

Merci docteur

Le médecin acquiesça d'un coup de tête et quitta. Je serrai Kathy dans mes bras et elle me dit d'y aller en premier. Retenant du mieux que je pus mes sanglots, qui menaçaient de fuir, je me rendis au chevet de Clarissa. Mon cœur manqua un battement quand je la vis. Branchée de toutes parts, elle était pâle et immobile. Des bleus marquaient ses bras. Je m'avançai tranquillement vers elle. Je m'asseyais dans la chaise à côté de son lit et pris sa main. Je ne pus refouler les sanglots qui montèrent à mes yeux. Je restai dx minutes puis laissa Kathy aller la voir. Olivia, qui était encore dans la salle d'attente, me serra dans ses bras pour me réconforter. Durant les derniers quatorze ans, jamais je ne me suis vraiment laissé aller devant quelqu'un comme je le fais devant elle. Quand Kathy revint, Maureen demanda si elle pouvait aller voir Clarissa. Alors que je voulais lui épargné la vue de sa sœur amochée comme elle est, Kathy la laissa y aller. Olivia alla nous reconduire à la maison après que j'ai finalement accepté de laisser Clarissa seule. Je ne pus dormir cette nuit-là, comme sans doute beaucoup de membre de notre famille. À tout instant, des sanglots menaçaient d'éclater. Des dizaines de questions se bousculaient dans ma tête, aucune d'elle n'ayant de réponse. Durant une semaine, ce fut pareil. Le silence s'imposait partout où je passais et le regard de mes collègues étaient insupportables. À chaque jour, je passais des heures au chevet de Clarissa. Kathy trouvait que je ne passais plus de temps avec les autres, ce qui était vrai. Pendant la semaine, la seule avec qui je réussi à m'exprimer, c'était avec Olivia. Elle semblait me comprendre. Exactement 9 jours après son agression Clarissa se réveilla enfin. Aussitôt que je reçu l'appel de l'hôpital, je m'y précipitai. Quand elle me vit des larmes quittèrent ses yeux. Doucement, je m'approchai et la serrai dans mes bras.

Je suis désolé mon poussin

Ce … n'est… pas … ta faute. Si … je … t'avais… écouté… on ne… serait pas… ici, murmura Clarissa

Sans cesser de pleurer, nous nous serrions mutuellement. Je l'embrassai tendrement sur le front au moment au Kathy passa la porte. Incapable de me contenir plus longtemps, je quittai l'hôpital au plus vite et m'adossa au mur. Je sentais la rage monter en moi. Je me retournai et frappai le mur jusqu'à ce que mes jointures fussent en sang. Je m'écroulai alors et recroquevillé dans un coin, pleurai à nouveau toutes les larmes de mon corps.