Bonjour tout le monde ! Alors voici le nouveau chapitre !
My Lord
Chapitre 2
Combien de temps cela faisait-il qu'il était recroquevillé en petite boule à attendre son bourreau ? Il aurait voulu avoir l'air plus digne. Il aurait voulu attendre calmement et même, pourquoi pas, avec un petit sourire moqueur Harry Potter. Mais, il ne le pouvait pas. Il ne pouvait qu'attendre et entendre chaque tic de l'horloge. Combien de temps cela faisait-il ? 10 minutes ? 10 heures ? 10 jours ? Il savait que cela ne faisait pas 10 jours, mais Merlin qu'il n'avait plus aucune notion du temps. Il avait été offert, comme du bétail, pour devenir la catin d'un mangemort. Il allait se faire violer et il n'y avait rien qu'il pouvait faire pour éviter ce sort. Et après que Potter l'ait violé ? Que ferait-il avec lui ? Le donnerait-il aux autres mangemorts ? À moins qu'il lui lance l'aveda kedavra sans un regard en arrière ?
Une part de lui eut envie de se mettre à pleurer juste à cette pensée. Il ne voulait pas mourir. Merlin qu'il ne voulait pas mourir. Par contre, une autre part de lui priait pour ce moment de délivrance face à des souffrances qu'il n'avait même pas encore subi. Et tic tac, tic tac. L'horloge continuait sa course et lui continuait à attendre. Il n'y avait rien à faire… rien à faire du tout. Il aurait du coucher avec Therry Boot lorsqu'il en avait eu l'occasion. Après tout, on disait qu'il était un excellent amant. Ainsi, il aurait goûté aux joies de la luxure avant de devenir la pute des mangemorts. Un rire amer s'échappa de sa gorge et, avant qu'il ne puisse l'empêcher, il entendit un sanglot aigue sortir de ses lèvres. Non ! Il était hors de question qu'il pleure. Il souffrirait dans la dignité et en serrant les dents. Il était le fils de son père après tout. Celui-ci pouvait prendre un doloris dans le corps sans émettre un seul son. Lui aussi montrait la même fierté. Il n'était pas un Malfoy pour rien. Soudain, il vit Harry Potter apparaître devant lui.
Son premier réflexe fut de se coller contre le mur en priant pour ne pas être vu. Bien évidemment, ce n'était qu'une réaction stupide et enfantine qui ne ferait que lui faire encore plus honte. Il avait déjà bien assez honte comme ça. Il vit alors le brun enlever brusquement son chandail et détourna vivement la tête. Il n'avait pas besoin de voir ce corps. En fait, il ne voulait rien voir et rien ressentir. La boule qui se formait dans sa gorge menaçait de l'étouffer. Il ne voulait penser à rien… Il voulait retourner dans son lit et dormir. Il voulait sentir ses draps autour de lui. Sentir sa propre odeur et non celle d'Harry Potter.
Il vit alors les longues jambes du brun se poster devant lui. Avant qu'il ne puisse faire le moindre mouvement, celui-ci le prit par le bras, le relevant avec une facilité déconcertante. Puis, il l'entraîna vers son lit et le jeta dessus. Non. Non… déjà ? Comme ça ? Sans préparation ? Sans pourparler ? Juste comme ça ? Tout bien réfléchi, il n'était pas prêt. Non, pas prêt du tout. Cela ne pouvait pas lui arriver à lui ? Pourquoi lui ? Oh Merlin tout puissant… Il sentit le poids de Potter se poser sur son lit alors qu'il s'allongeait et se recouvrait avec son drap. Qu'attendait-il donc ? Pourquoi se couchait-il ? Qu'est-ce qui se passait ? Était-ce à lui de faire quelque chose ? Non, il en était hors de question. Il ne ferait rien. Il se résignait à subir mais certainement pas à faire une quelconque initiative.
Il rouvrit lentement les yeux et vit qu'Harry Potter s'était couché sur le dos, les yeux fermés alors que sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration. Il… dormait ? Il dormait vraiment ? Il avait peut-être fait trop d'activité aujourd'hui. Peut-être que de lancer trop d'aveda kedavra avait pu le fatiguer. Après tout, il semblait manier le sort avec une facilité déconcertante. Non, en fait ce n'était pas si déconcertant venant de la part d'un malade mental qui avait rejoint le meurtrier de ses parents. Est-ce que cela voulait dire qu'il le réservait pour un autre jour ? Il allait le violer demain ? Ou peut-être dans une heure ? Il ne le laisserait pas tranquille. Il le ferait souffrir. Drago serra alors les poings. Que pouvait-il donc faire ? Oui… il n'y avait qu'une unique chose à faire. Il acceptait de mourir maintenant. Ses mains partirent alors en direction du cou de son supposé maître, près à le tuer. Avant même qu'il ne touche sa peau, les mains du brun l'arrêtèrent en plein vol et deux émeraudes s'entrouvrirent pour le fixer avec une froideur presqu'insoutenable.
-Si tu me tues, tu n'as aucune chance de survivre. Déclara glacialement Harry Potter.
-De toute façon, être avec vous est pire que la mort. Au moins en vous tuant j'aurais accompli quelque chose.
Les sourcils bruns se froncèrent alors qu'il se redressait d'un bond et le plaquait contre le matelas. Drago n'était pas faible. Il se refusait à être faible. Il n'était pas un enfant sans défense… même sans sa baguette. Il n'avait plus sa baguette. Il n'avait que ses poings. Et même ceux-ci n'étaient pas en sa possession.
-Ridicule. Siffla son geôlier. Reste silencieux et laisse-moi dormir. A moins que tu désires que je te redonne à Macnair et Goyle. Par contre, je tiens à te prévenir d'avance.
Les yeux verts brillaient d'une flamme si froide qu'elle en devenait brûlante. Drago aurait voulu baisser la tête ou détourner le regard mais, il était hors de question qu'il ne fasse ni l'un ni l'autre. Il était un Malfoy. Il ne pouvait pas amener la honte sur son nom de famille. Alors, peu importait que son souffle lui manquait. Peu importait que la peur lui tordait le ventre. Il resterait droit et fier et ne baisserait jamais le regard.
-Ils ne feront pas que te violer et te torturer. Ils trouveront les moyens les plus cruels et les plus sordides pour que tu payes l'humiliation que je leurs ai faite. Ils se vengeront sur toi puisqu'ils ne peuvent pas se venger sur moi. Alors, choisis.
Il le relâcha alors et se coucha de nouveau sur le dos avant de fermer les yeux. Choisir ? C'était quoi ce choix ? Il n'y avait pas de choix. C'était une prison contre une autre prison. Il n'était pas un Griffondor. Il se devait de réfléchir à la meilleure action possible. Tenter de tuer Harry Potter et être puni pour cela par la mort ou pire. Rester avec Harry Potter et subir des sévices inimaginables jusqu'à ce que les aurors arrivent ou qu'il se lasse de lui. Ce n'était pas de choix. Il n'y avait pas de choix. Il se mordit de nouveau la lèvre et se coucha à son tour sur le lit. Il n'y avait rien à faire. Se tournerait-il vers lui dans une heure ? Resterait-il endormi jusqu'au lendemain matin ? Que ferait-il ? Que se passerait-il ?
Son corps était si tendu qu'il ne pouvait même pas envisager de tomber endormi. Il pouvait l'attaquer à tout moment. Choisir ? Il n'y avait aucun choix. Il ne voulait pas être ici. Il voulait retourner chez lui. Il voulait… il porta la main à sa gorge, s'ordonnant silencieusement de ne pas laisser échapper la moindre plainte. Il devait arrêter de penser ainsi. Il n'était pas un enfant. Il était un adulte prêt à se battre pour ses croyances. Mais, il ne se battait pas. Il subissait voilà tout. Il n'était qu'un jouet que l'on pouvait bouger à sa guise. Il ne pouvait pas être un jouet. Ce n'était pas possible… Il n'arriverait jamais à s'endormir de nouveau.
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Il avait eu raison. Il ne s'était pas endormi. Sa tête lui faisait mal mais il ne s'endormirait pas. Est-ce qu'Harry Potter était sur le point de se réveiller ? Est-ce que s'était maintenant qu'il s'approprierait son corps et le réduirait à néant ? Il voulait vomir. Il voulait mourir. Il ne voulait pas être ici. Et il commençait à en avoir vraiment marre de ses pensées redondantes. Il s'apitoyait sur lui-même pas vrai ? Sa destiné avait été de devenir un double agent pour servir la lumière. Il ne pouvait pas devenir un des spires du Seigneur des Ténèbres… mais, peut-être il y avait-il un autre moyen… Un moyen qui demanderait qu'il oublie chaque parcelle d'amour propre qu'il possédait encore. Après tout, sa mère ne lui avait-elle pas dit que les meilleures confidences se passaient sur l'oreiller ?
Il n'avait aucun autre pouvoir pour le moment. Il n'avait qu'à utiliser au mieux cette horrible situation. Trouver un avantage. Il n'était pas un Malfoy et un Serpentard pour rien. Au même moment, les yeux émeraude s'ouvrir brusquement avant de le fixer durement. Et voilà… le moment de mettre son nouveau plan à exécution. Avant qu'Harry Potter ne puisse dire quoi que ce soit, il monta sur ses hanches et posa vivement ses lèvres contre les siennes. Il avait déjà embrassé. C'était la partie facile. S'il trouvait un moyen d'avoir des confidences sur l'oreiller… et si ensuite il trouvait un moyen d'envoyer des messages à ses amis… son emprisonnement servirait enfin à quelque chose. Il avait déjà moins peur. Il était déjà moins inutile. La main de Potter lui agrippa soudainement les cheveux, l'obligeant à détacher ses lèvres des siennes.
-Tu veux me séduire pour obtenir des informations sur moi. Expliqua-t-il calmement. C'est un plan évident et stupide.
Il le renversa alors sur le lit avant de se lever.
-Ta manière d'embrasser est risible, et je suis généreux. Quant à ton plan, il ne marcherait qu'avec un octogénaire complètement imbécile.
Il le planta alors dans la chambre, partant s'enfermer dans une autre pièce qui devait être la salle de bain. Que… quoi ? Sa manière d'embrasser était risible ? Et bien, c'était parce qu'il n'avait aucunement eu l'envie de l'embrasser voilà tout ! Ses poings se serrèrent sur ses jambes et il tourna la tête de coté, une irritation pleine sur son visage. Une minute. Pourquoi agissait-il de cette manière ? Le fait que Potter ait aimé ou non son baiser n'était pas le problème. Qu'était-il sensé faire maintenant ? Son plan venait de tomber à l'eau. Il n'avait plus de plan et la peur commençait à s'insinuer dans chaque pore de sa peau. Il devait rester calme et concentrer. Il devait trouver un moyen d'utiliser cette situation à son avantage… d'une manière ou d'une autre. Mais, que pouvait-il donc faire ? Il devait trouver un plan. N'importe quel plan. Harry Potter sortit alors de la salle de bain avec de nouveaux vêtements et ses cheveux ébouriffés humides. Ses yeux verts passèrent rapidement sur lui.
-La salle de bain à droite. La cuisine à gauche.
Puis, il disparut dans un petit « pop » sonore. Super. Vraiment super. Et qu'était-il supposé mettre sur lui ? Il n'avait pas de vêtement. Il ne possédait plus rien. Ses ongles s'enfoncèrent alors dans sa peau. Les Malfoy ne pleuraient pas. Les Malfoy ne pleuraient. Il n'avait pas de sous-vêtement ? Et alors. On lui avait enlevé tous ses vêtements ? Et alors. Des personnes dont il ne connaissait rien, l'avait vu nu. Encore, et alors. Il ne put qu'ignorer la boule dans sa gorge qui semblait prendre des proportions inimaginables. Il n'avait qu'à remettre ce chandail. Ce n'était pas comme si quelqu'un viendrait le voir de toute façon. Il entendit alors, de nouveau, un petit « pop » et sursauta violemment en voyant Goyle. L'immense homme le fixait avec une haine si flamboyante que Drago se sentit frissonner.
-Salut, beauté. Grogna-t-il. Nous allons jouer ensemble maintenant.
Goyle le prit alors par le bras et Drago ne put que le fixer avec un certain ébahissement. Harry Potter n'avait-il pas formellement interdit à quiconque de le toucher ? Et il semblait être le bras droit du Seigneur des Ténèbres. Et pourtant ce type venait dans cette chambre pour abuser de lui. Ce ne fut que lorsqu'il vit Goyle glisser sa main entre ses cuisses qu'il vit rouge. Si ce type croyait qu'il allait rester immobile à se faire violer, il le sous-estimait grandement. Son genou s'enfonça profondément dans l'entrejambe de Goyle qui poussa un gémissement inarticulé avant de tomber au sol. Drago se saisit de la première chose qui lui tomba sur la main, ce qui s'avéra être une lampe de poche, et l'abattit sur le crâne chevelu du mangemort. Celui-ci tomba de tout son long dans un bruit mâte. Quiconque le sous-estimait méritait de vivre avec les conséquences. Il était un Malfoy pas une princesse en détresse. Un nouveau « pop » se fit entendre et Drago vit apparaître Harry Potter. Les yeux verts brillaient d'une lueur glaciale en se posant sur Goyle. Il sortit alors sa baguette et jeta un sort pour réveiller le mangemort. Celui-ci sursauta violemment tout en fixant avec de grands yeux Harry Potter.
-Prince… Bégaya-t-il misérablement.
-M'avais-tu entendu hier lorsque j'ai ordonné de ne pas le toucher.
Les yeux bruns devinrent encore plus ronds alors que la lèvre inférieure tremblait. L'immense homme sembla se recroqueville sur lui-même.
-C'était injuste, Prince. Protesta-t-il faiblement. Il était notre récompense.
-Tu n'as pas répondu à ma question, Goyle.
Drago ne pouvait que comprendre l'envie du mangemort de se recroqueviller sur lui-même et pleurer. Lui aussi avait envie d'aller se cacher. Cette voix glaciale… elle était si dépourvue d'aucune chaleur humaine. Il avait l'impression d'avoir en face de lui un robot. Un robot sanguinaire.
-Oui, j'avais entendu. Finit-il par avouer, l'air pitoyable.
-Donc, tu as désobéi à un ordre direct de ton Prince. Récapitula Potter.
-Prince…Prince…
Drago eut le temps de voir la baguette. Il allait le tuer. Il était convaincu qu'il allait le tuer. Il se précipita alors sur son bras, l'obligeant à baisser sa baguette.
-Il est inutile de le tuer ! Protesta-t-il vivement. Il est déjà par terre. C'est…
-Veux-tu prendre sa place ? Demanda froidement le brun.
Il vit aussitôt qu'il était sérieux.
-Personne n'a besoin de mourir. Expliqua Drago. C'est inutile !
-Je suis celui qui juge de l'utilité d'une situation. Moi, pas toi.
Il le poussa alors brutalement contre un mur et jeta calmement l'aveda kedavra. Et durant tout ce temps, Drago ne put que regarder ses yeux vides qui semblaient n'éprouver aucune émotion particulière face à la mort d'un de ses alliés. Était-ce donc ainsi ? Harry Potter transplana de nouveau, laissant Drago complètement seul avec un cadavre. L'avait-il délibérément laissé devant lui ? Les yeux de Goyle le fixaient dans la mort. Alors… c'était ainsi l'univers dans lequel il était tombé. Il posa rapidement sa main sur sa bouche avant de se précipiter sur le bol et toilette. Il ne parvint pas à vomir autre chose que du sang.
À suivre…
