Et voilà la suite (et oui, déjà) ! J'ai eu un peu de mal à l'écrire du point de vue technique, étant donné qu'il est censé expliquer pleiiiiin de choses, donc si c'est confus, dites-le moi en commentaire et j'essayerai de le retravailler :/
Merci à Alaudy, huri, Hizerielle et Yume resonnance pour leurs reviews! :)
Réponse aux reviews anonymes:
huri: Génial, vraiment? :D Et bien, merci! La suite est là, j'espère que tu ne seras pas déçu :)
Le Geek regarda tout autour de lui, les yeux grands ouverts. L'appartement était en bordel – même lui pouvait le voir – mais il était clair et spacieux et surtout, envahie par des écrans d'ordinateurs et des boîtes de jeux vidéo. Mathieu ravala son sourire. Peu importait qu'ils aient techniquement le même âge, le Geek lui faisait vraiment l'effet d'un petit garçon à Disneyland.
Un grognement sourd de douleur mal dissimulé le ramena à la réalité.
A l'arrivée de ses ''invités'', lui et le Geek (le Hippie étant trop stone pour être utile) s'étaient appliqués à essayer de bander l'épaule du blessé, après que celui-ci ait vivement protesté avec force métaphores explicites contre l'idée de l'amener à l'hôpital.
« Et de toute façon, comment tu comptes justifier le fait que quatre personnes avec exactement la même figure, dont trois sans papiers, se pointent à l'hosto pour une putain de balle ? » avait-il conclu, l'air triomphant.
Mathieu avait rapidement abdiqué après ça.
Le Geek avait simplement tourné le dos, tandis qu'une expression de résignation et déception se peignait sur son visage. Mathieu avait été surpris. Il ne s'attendait pas à voir le Geek aussi affecté par l'état du Patron et encore moins prêt à risquer sa sécurité, certes relative, pour le soigner.
Mais le Geek n'avait rien osé dire.
« Bon » déclara l'habitant des lieux en se secouant de ses pensées parasites. « C'est pas que je m'ennuie avec vous les gars… Mais EST-CE QUE QUELQU'UN POURRAIT ME DIRE CE QUE VOUS FOUTEZ ICI, BORDEL ? »
« La prochaine fois que tu hurles comme ça, je te la fous bien profond, gamin, histoire que t'aies une vraie raison de gueuler. »
Le Geek se recroquevilla sur son siège. Sous son ton badin, on pouvait sentir un véritable énervement de la part de l'homme en noir.
« Rho, ça va, Patron, tu vas pas me faire un… »
« Comment tu m'as appelé ? »
« Ben… Patron. C'est ton nom, non ? Tu es le Patron, lui c'est le Geek et lui, le Hippie…»
La voix de Mathieu se perdit en constatant les regards perdus de ceux qui l'entouraient. Même le Hippie semblait perplexe.
« Je ne sais pas exactement ce qui se passe dans ta caboche, gamin, mais si tu penses sérieusement que Patron, Geek et Hippie sont des prénoms acceptables, ta future progéniture a du souci à se faire. » Grimaçant et s'appuyant sur le Hippie, le Patron tenta de se redresser avant de continuer. « Et pour ta gouverne, nous avons des noms on ne peut plus ordinaires. Je m'appelle… Ou plutôt, nous nous appelons Mathieu. Mathieu Sommet. »
L'ex youtubeur sentit ses mains trembler et cette fois, ce n'était pas à cause de l'excès de caféine.
« Je. Ne. Comprends. Pas. » siffla-t-il entre ses dents.
Les trois autres échangèrent un regard avant de s'accorder à laisser le Patron parler.
« Dis-moi, gamin, est-ce que tu as entendu parler de la théorie des dimensions parallèles ?... »
Le Geek ramena nerveusement ses pieds sous lui avant de se rappeler que pour la plupart des gens, une paire de baskets sur un fauteuil équivalait à une engueulade en bonne et due forme.
Il avait peur. Il avait tout le temps peur ces temps-ci. Le Patron était le seul à pouvoir réellement le rassurer. Le Patron avec sa voix graveleuse, ses jambes délibérément écartées qui posaient le personnage, ses blagues sales, et son petit sourire en coin qu'il avait lorsqu'il était concentré exactement comme mainten…
Le Geek détourna rapidement le regard en espérant de tout son cœur ne pas rougir. Il s'était encore surpris à mater ouvertement le Patron. Il le faisait de plus en plus souvent ces derniers temps. Une autre raison d'avoir peur.
Le plus étrange était qu'il ne savait pas si le Patron le remarquait. Il était difficile de penser que le Patron pouvait ne pas remarquer quelque chose de ce genre mais d'un autre côté, il était aussi difficile d'imaginer qu'il pouvait le voir et ne faire aucune remarque à ce sujet.
Les remarques salaces avaient commencé dès leur première rencontre, se souvint le Geek. Mais elles s'étaient estompées avec le temps, jusqu'à disparaître tout à fait. Ce qui était bizarre, d'autant que le Patron ne se privait pas de glisser plusieurs allusions douteuses lorsqu'il parlait à d'autres personnes…
Leur hôte, que le Geek avait personnellement baptisé ''l'Homme au Chapeau'' – après tout, il leur avait bien donné des surnoms merdiques aussi, et c'était trop bizarre de l'appeler Mathieu et bordel, pourquoi mettre un chapeau en intérieur, sérieusement ?-, semblait prendre les explications du Patron relativement bien, songea l'ancien gamer. Lui avait complètement paniqué. Mais les circonstances avaient été bien différentes…
C'était il y a presque deux ans, bien que parfois il était persuadé que cela faisait bien plus longtemps. Il habitait encore chez sa mère alors, sans d'autres souci que de stuffer au max ses différentes persos virtuels.
Il était dans sa chambre quand ils étaient arrivés. On les appelait les Gens d'Ailleurs ou les Colons. Certains les détestaient, d'autres les vénéraient. Une guerre se préparait apparemment. Mais le Geek ne s'était jamais senti beaucoup concerné par ce qui concernait le monde extérieur. La politique, tout ça, ce n'étaient que des concepts vagues. Il savait juste que sa mère avait eu l'air plus soucieuse ces derniers temps.
Ils étaient arrivés et une femme, brune et forte, lui avait tout expliqué. Les dimensions parallèles, le Grand Empire, la Milice, tout. Et bien sûr, l'Opposition.
« Tout a commencé dans ma dimension. » retentit la voix du Patron, l'arrachant à ses souvenirs. « C'est un peu la merde là-bas, je te cache pas, et depuis un bail. On a eu catastrophes sur catastrophes, jusqu'à ce qu'un petit parti fasciste décide de fonder l'Empire. Au bout de près d'un siècle de guerre civile et de massacre pur et simple, ils ont réussi à conquérir tout mon monde. Les seuls endroits relativement safe étaient les maisons closes. C'est dans un de ces lieux que j'ai grandi. »
Il s'interrompit un instant pour s'allumer une cigarette, avant de poursuivre. « J'ai rapidement rejoint l'Opposition, une sorte d'union des rebelles. Ils s'avaient s'amuser, eux. Baisant à tout va et emmerdant l'Empire. Mais c'est à ce moment que les autres tarés du gouvernement ont créé leur premier portail interdimensionnel. » Il eut un rire rauque. « L'opportunité de conquérir encore plus de mondes, tu penses bien qu'ils se pissaient dessus de joie, ces cons-là. A ce jour, ils ont trois dimensions sous leur contrôle.
A l'Opposition, ça commençait à bien nous faire chier cette histoire. A la minute où on pensait trouver une porte de sortie, partir dans des dimensions où l'Empire n'existait pas, celui-ci décidait de nous casser les burnes en nous doublant. Alors on a commencé à s'organiser. Il fallait prévenir les autres dimensions pour qu'une résistance s'organise avant même que l'Empire et sa Milice ne se pointent. Et c'est là que j'interviens.
C'était mon job de prévenir les hautes autorités des autres dimensions. Parce que c'est pas tout de prévenir, il faut aussi les convaincre. Et devine qu'est-ce qui peut convaincre un type lambda de l'existence de dimensions alternatives ? »
Mathieu ferma les yeux alors que les pièces du puzzle s'assemblaient sous son crâne.
« Des versions alternatives de lui-même. »
« Tout juste, gamin. Chaque agent de l'Opposition était envoyé dans toutes les dimensions pour trouver leurs propres doubles et les rallier à notre cause. Sauf qu'on avait trois problèmes.
Le premier était que tout le monde n'a pas forcément de doubles dans toutes les dimensions. Et étant donné que le nombre de dimensions découvertes est limitée, certains se retrouvaient à chercher des personnes qui n'existaient pas.
Le deuxième, c'était qu'on n'avait quasiment pas de tune, et que voyager d'une dimension à une autre, ça coûte cher. Il faut se payer un portail, ou quelqu'un pour le faire. Et crois-moi, c'est pas donné. On n'avait pas d'autres solutions qu'essayer d'emprunter les portails officiels en clandestin, et ça marchait moyen comme plan.
Et ça a amené notre dernier problème : l'Empire a rapidement compris ce qu'on essayait de faire et s'est mis à chercher nos doubles pour nous devancer. Parce qu'y a un autre truc assez rigolo, gamin. C'est que si on bute un de tes doubles dans une réalité… »
« Toutes les autres versions alternatives meurent également. » finit le Geek d'un ton métallique.
« Vous comprenez bien pourquoi nous devons donc vous amener avec nous. » avait dit la jeune femme d'un air faussement navré.
« Parce qu'une de mes versions est un criminel ? » Le Geek tremblait. ''Ne pas pleurer'' se répétait-il. ''Ne pas pleurer.''
« Exactement. Nous n'avons pas réussi à mettre la main sur son double du Secteur 2 mais vous êtes irrévocablement sa version dans le Secteur 3. »
« Vous allez me tuer alors ? »
« Pourquoi ferions-nous cela ? » La femme eut l'air sincèrement surprise. « Nous cherchons juste à établir un rapport de forces équitable avec lui et qu'il nous donne quelques informations précieuses sur l'organisation qui se fait appelé ''l'Opposition'' sans faire de la résistance inutile. »
« Je suis un otage, alors ? »
La femme avait pincé les lèvres. « Nous trouvons ce terme trop négatif, et la négativité doit être exclue de l'Empire, jeune homme. »
« Très bien, Lieutenant Croft… »
« Croft ?! » répéta Mathieu. « Comme dans ''Lara Croft'' ? »
« Oui, c'est le nom de la chef de la Milice… Pourquoi, il y a un problème ? »
« Non, non, c'est juste que c'est marrant, c'est comme le jeu vidéo qui… Et puis, laissez tomber. »
« J'ai finalement réussi à réunir mes doubles » continua donc le Patron. « Mais un peu trop tard. Ces fichus parasites de l'Empire avaient déjà battu toutes les forces armées du secteur. »
« Dites bonjour à Papa! »
Une voix tonitruante avait jailli de la porte de la cellule où le Geek pourrissait depuis plusieurs jours, et un homme en costard apparut rapidement après, l'air triomphant.
« Papa est rentré, gamin. Viens, on se casse. »
« Qui, qui êtes-vous ?... » avait bredouillé le Geek.
« Ton sauveur, que tu pourras remercier en nature plus tard. Pour l'instant, on bouge ! »
« Mais les gardes ?... »
« Butés. »
« Mais… »
Un bruit dans le couloir noya les paroles du pauvre garçon.
« Oh oh oh, on a de la compagnie, gamin. Allez, on COURT ! »
Ils avaient couru, en effet. Le Geek n'avait jamais autant couru de sa vie, mais lui qui détestait l'EPS au collège, n'avait pas émis une protestation. Son sauveur en noir le poussait devant lui, jouant aisément du revolver sur leurs poursuivants. Il ressemblait un peu aux héros de jeu vidéo que le Geek avait l'habitude d'admirer autrefois.
Ils étaient finalement arrivés à l'extérieur et le gars aux lunettes de soleil l'avait entraîné dans les égouts, bien à l'abri des regards, avant de lui lancer à nouveau ce sourire légèrement inquiétant.
« Alors, merci qui ? »
« Qui, qui êtes-vous ?... Je, je… »
L'autre avait ri doucement et enlevé lentement ses verres sombres avant de tourner ses yeux bleus exactement identiques aux siens vers lui.
« On m'appelle Mathieu. Ravi de te rencontrer, Mathieu. »
Le Geek l'avait observé, peut-être un peu plus longtemps qu'il n'aurait dû. C'était bien son visage, mais il était tellement plus… Plus violent. Plus fort.
Plus beau.
« Merci… » avait-il murmuré avant de tourner de l'œil.
« Ok, donc vous avez trouvé un portail et vous êtes venu me chercher pour empêcher l'Empire d'envahir cette dimension ? » essaya de résumer Mathieu.
« Pas exactement. » Le Patron le contempla d'un air perplexe. « C'était le plan de base, mais le portail était détruit, il n'aurait jamais pu nous amener ici. Donc la question est : comment on est arrivé là ? »
« Le complot des coccinelles, gros. » affirma posément le Hippie.
A ce moment-là, et avant que quiconque put approfondir, une voix retentit dans l'entrée.
« Heu… Mathieu ? Je crois qu'on a un problème. »
C'était la voix d'Antoine, presque altérée par l'angoisse. Mathieu jeta un coup d'œil à l'horloge. Son ami ne devait revenir que deux heures plus tard. Que se passait-il ?
En approchant de la porte, il crut rêver. Un homme visiblement lourdement armé tenait un couteau sous la gorge de l'animateur radio.
« Matricules K6 et D58 en visuel. » dit l'homme à un micro accroché à sa combinaison. « Monsieur Sommet et monsieur Daniel, veuillez me suivre sans faire de résistance s'il vous plaît. Votre intégrité physique est garantie tant qu'aucune résistance n'est effect… »
Un bruit de balle l'interrompit et le soldat s'effondra sur le sol avant de finir sa phrase.
« Crève, ordure. » grogna le Patron. « Ils ont mis moins de temps que je ne le pensais à nous retrouver. »
« Mathieu, il se passe quoi là ? » demanda Antoine d'une voix tremblante.
« On doit partir, gros. Ou sa petite coccinelle va nous attraper. »
« Le drogué a raison pour une fois. » Le Patron se redressa. « Vous avez une voiture ? »
« Celle d'Antoine est garée en bas. » informa Mathieu quand il apparut évident qu'Antoine n'était pas en état de répondre dans l'immédiat.
« Ok, on y va. Et amène ton petit copain avec toi. »
« On n'est pas ensemble. » bougonna Mathieu en s'exécutant.
Une fois dans la voiture du jeune homme aux cheveux fous, le Patron prit le volant et démarra en trombe.
« Ok, vous me dites si une voiture semble nous poursuivre ou tout mouvement suspe… »
« Ils sont là ! » cria la voix perçante du Geek.
Poussant un juron, le Patron accéléra encore. Se retournant, Mathieu assista à un spectacle étonnant.
De grandes nappes de lumière semblaient jaillir de nulle part derrière eux, et à chaque flash, une nouvelle voiture se retrouvait à leurs trousses.
« Patron, ils vont nous rattraper ! »
« Pas tant que je serai viva… PUTAIN ! »
Une voiture venait d'apparaître devant eux, leur coupant la route. Prenant un virage serré, le Patron réussit in extremis à leur échapper.
« S'ils utilisent les portails pour nous avoir, on est mal, gamin. Il faut qu'on se barre de cette dimension. »
« Et comment veux-tu qu'on y arrive, vu qu'on ne sait toujours pas comment vous êtes arrivés ? »
« Mathieu, il se passe quoi ? » gémit Antoine de la banquette arrière.
« C'est pas le moment, mec. »
Le Patron prit un deuxième virage avant de quitter – au grand désarroi de Mathieu – la route des yeux.
« C'est toi qui nous a amené ici, gamin. Je t'ai demandé ton aide. Tu m'as appelé Patron. Je t'ai déjà rencontré, une fois, il y a longtemps. »
« C'est passionnant, mec, mais REGARDE LA ROUTE, NOM DE DIEU. »
« Non. » Le Patron avait l'air résolu. « Tu peux nous sauver encore avant qu'on ait un accident, gamin. Envoies-nous dans une autre dimension. »
« Et je fais ça comment ?! »
« Réfléchis. Je t'ai vu juste avant de me téléporter chez toi. Véritablement vu. Il faut que tu établisses un contact avec une de tes versions. »
Mathieu cligna des yeux. Effectivement, avant de voir ses différentes versions de lui débarquer dans le salon, il avait cru voir le Patron dans le miroir. C'était ça un contact ? Mais comment en établir un ici ?...
Un éclair de génie le parcourut.
« Antoine, passe ton portable. »
Une fois le smartphone dans les mains, il parcourut d'un doigt tremblant toutes les musiques qu'il contenait avant de tomber sur ce qu'il cherchait. Une voix bien connue explosa dans la voiture.
« Quand j'arrive dans le club en VIP, Je suis admis, les femmes sont toutes folles de mon beau kigurumi ! »
Mathieu se concentra sur cette voix. Jusqu'à ne plus rien entendre d'autre.
« T'es un panda ! Reprends-toi ! Ta race est en danger ! Lèves les bras, dragues moi ça, et surtout n'oublies pas... »
Il se focalisa sur la chanson, ignorant les injures du Patron, les sanglots refoulés du Geek et les délires du Hippie.
« Fais la dance du PAN ! Fais la dance du DA ! Vas y danse, vas y danse, vas y danse Panda ! »
Il ferma les yeux. Il n'y avait aucun doute possible, ce n'était plus sa voix qui sortait du portable. Le timbre était plus haut que le sien, plus mélodieux aussi. Différent. D'une dimension parallèle.
''On arrive. On arrive... Maître panda…'' pensa Mathieu en serrant les dents.
Une douce lumière sembla sortir du téléphone, enveloppant tout l'intérieur de la voiture de son halo.
« SI ON CREVE A CAUSE DE CA, JE TE TUE, PATRON ! » hurla Mathieu avant de disparaître.
To be continued...
Et c'est la fin de ce chapitre! Il se passe beaucoup de choses, il y a pleins de flash-back (désolée...), je ne sais pas si c'est très clair x) Dans tous les cas, n'hésitez pas à laisser une review pour me laisser savoir ce que vous en avez pensé, histoire que je voie s'il vaut mieux que je le réécrive ou pas :/
