N.A.: La suite! L'accouchement a été assez compliqué, je ne le vous cache pas x) Beaucoup de choses qui arrivent, je ne sais pas trop si c'est bien géré, j'ai un peu de mal à écrire les moments d'actions. Si ça s'enchaîne trop vite, que ce n'est pas compréhensible, qu'il y a une faute de raccord que je n'ai pas vue, etc. n'hésitez pas à me le dire, pliz.
Merci à Leze-G pour sa review et ses fanarts (GNIIIIIIII! ... Pardon, c'était l'enthousiasme), à BluHair pour son commentaire choupi, à Yume resonnance pour sa fidélité au poste et à tous les autres followers et lecteurs, je vous aime tous :) Bisous partout.
Je vous laisse, bonne lecture!
Le lendemain…
Mathieu ouvrit les yeux lentement. Le ciel était lourd – si on pouvait encore appeler ''ciel'' cette étendue sombre qui semblait faite de plomb, planant sur leurs têtes.
« On est où ? » demanda Antoine, l'air sincèrement inquiet pour une fois, et totalement désorienté.
D'un autre côté, ils l'étaient tous c'était assez normal après un voyage inter-dimensionnel. Particulièrement quand la destination ressemblait à une ville sortie tout droit de Silent Hill. Même le Patron ne souriait pas, mais s'appliquait, une cigarette coincée entre les dents à démonter méthodiquement le petit PIDS (« portail inter-dimensionnel standard » avait expliqué Maître Panda avec un brin de complaisance devant les regards vides des deux ex-youtubers) que le Conseil des Sages leur avait procuré. Il connaissait ce modèle, une vieille ferraille facilement traçable qui avait appartenu à la Milice. Si le Patron avait pu choisir un moyen de transport pour leur mission kamikaze, il n'aurait certainement pas choisi celui-là. Mais ils avaient convenu la veille que le plus sage était de mettre leur plan en action le plus vite possible, même si pour le moment, tout indiquait que ce plan n'était rien moins que suicidaire.
« Ce n'est pas l'idéal, mais c'est le seul que nous ayons pu subtiliser » fit une voix à ses côtés.
Se détournant un instant de son travail, il jeta un regard oblique à son homologue ''animal'' qui venait de parler. Ce double était sans doute le plus déstabilisant qu'il ait rencontré jusque-là. Complètement incompréhensible, de par sa culture bien trop éloignée des leurs, il dégageait cependant une aura de calme et de pouvoir qui l'impressionnait, même s'il se refusait à l'admettre. Ca et il ne réagissait absolument pas à ses remarques perverses, ce qui était véritablement une source de frustration sans fin.
Il balaya ses excuses informulées d'un haussement d'épaules.
« On n'avait pas vraiment le choix. On ne pouvait pas utiliser le gamin pour nous téléporter ici, son pouvoir est trop aléatoire, il aurait pu nous envoyer dans un nid de Miliciens. » Il se replongea dans sa tâche mais ne put empêcher une question de lui monter aux lèvres. « Pourquoi nous avoir accompagné alors que tu savais très bien ce que ton petit cul poilu risquait ? »
Il y eut un petit silence avant que le Panda ne réponde. « Techniquement, j'aurais été autant en danger en restant chez moi qu'en vous accompagnant. »
« Ce n'est pas une réponse. »
« Non en effet. Mais en faut-il une vraiment ? » Il soupira. « Votre ami ne semblait pas… au meilleur de sa forme. »
Suivant son regard, le Patron grimaça lorsque ses yeux tombèrent sur le Hippie. Dire que le Hippie n'était pas au mieux de sa forme était un euphémisme éhonté. Le pauvre gars ressemblait plus que jamais à l'épave qu'il était, vacillant et respirant par petites bouffées rapides l'air pollué qui les entourait.
« S'il tombe, il en faudra un pour le prendre en charge jusqu'à… la fin. » chuchota le Panda.
La grimace du Patron s'accentua.
« T'es au courant, j'imagine ? »
« Patron… »
« Pourquoi vous vous obstinez tous à m'appeler comme ça ? Je suis Mathieu Sommet aussi, MERDE. »
Le Patron tremblait. La fin… Il se forçait à ne pas y penser. C'était le seul moyen de ne pas être complètement tétanisé. De continuer à avancer. Parce que la fin était la seule chose qui le terrifiait réellement en fin de compte. Enfin, ça et…
Il serra les dents. Maître Panda ne répondit pas mais il pouvait presque entendre sa pensée informulée.
« C'est faux. Tu ne l'es plus. Tu ne l'es plus depuis longtemps. »
A quelques pas de là, totalement ignorant des tourments qu'endurait la plus sombre de ses versions, Mathieu soupira. Dire que ce matin, il se trouvait confortablement blotti dans un lit de duvet rose. Et maintenant…
Il regarda le paysage dévasté qu'il avait sous les yeux. Lorsque le Patron les avait prévenus la veille au soir que sa dimension était un vrai cauchemar, il n'avait pas exagéré. Le sol boueux, le ciel apocalyptique, tout y était, jusqu'aux soldats tout en noir qui semblaient se diriger vers eux…
Mathieu se figea. Des soldats ?
« Les mecs ? Je crois qu'on a un problème… »
Un ange passa alors que tous regardèrent en direction des militaires qui se rapprochaient, avant que le Geek ne laisse échapper un glapissement étranglé, interrompant leur transe collective.
« Courrez !» hurla à tue-tête Antoine en montrant peu courageusement, il faut l'admettre, l'exemple.
La petite troupe galopa, Antoine et Mathieu en tête, le Patron en queue, tentant de les couvrir.
Le Hippie avançait de plus en plus difficilement. Ses pieds s'accrochaient à toutes les aspérités du sol, ses membres lui semblaient trop lourds, sa respiration trop fuyante, ses pensées trop floues. Que fuyaient-ils déjà ?... Il perdait les autres de vue. Ceux devant lui n'étaient plus que des petites figures vers l'horizon. Il vit le panda le dépasser sans le voir, et sans qu'il ait la force de l'appeler.
Il finit par quasiment s'écrouler, le souffle court, le cœur aux bords des lèvres. Il ferma les yeux un instant mais les rouvrit bien vite lorsqu'une secousse se répandit sur son avant-bras.
« Qu'est-ce que tu fais ? » cria une voix nasillarde mais réconfortante dans son oreille.
Levant mollement ses prunelles, il ne parvint à distinguer qu'une masse rouge surmonté de deux pupilles bleues, pareilles aux siennes mais si différentes. Si pures quand les siennes étaient détruites.
« Peux plus… Me sens... Pas bien… Trop pris… » eut-il à peine la force de souffler.
Qu'il le laisse, qu'il lui laisse la possibilité de faire son choix pendant qu'il était encore lucide.
« Non, non, non, tu viens, tu viens » répéta la même voix, un accent de larmes refoulées la voilant.
Cette secousse sur son bras, cette secousse qui ne s'arrêtait pas. Cela lui rappelait quelque chose, mais quoi ?
« On reste ensemble, viens, viens »
« Qu'est-ce que tu fiches, gamin ? »
Il connaissait cette voix. Colère, toujours. Une colère incompréhensible. Mais il pourrait le laisser lui.
« On court, gamin, ON COURT »
« Non… Il… Il… »
« Il n'y a rien à faire. Laisse-le et cours ! »
Il le laisserait. Il le savait. Le Hippie s'enfonça finalement dans des ténèbres réconfortantes. Il avait presque le sourire aux lèvres.
Pas le Geek.
« Tu as dit… Tu as dit qu'on resterait ensemble ! » hurla-t-il au Patron. « Tu as dit que tu nous sauverais ! »
Il y avait cru. Il était peut-être bien l'enfant naïf qu'ils croyaient tous qu'il était finalement. Il avait cru en cet homme mystérieux, fort et sale. Bordel, il y croyait encore !
Mais la main du Patron se referma sur son poignet et le tira en avant. Il ne l'avait jamais touché ainsi, pensa vaguement le Geek en essayant de se dégager. Malgré toutes ses allusions salaces, le Patron avait toujours semblé répugner à lui toucher directement la peau, évitant le contact chaque fois qu'il l'avait pu.
Mais il le tenait, là, maintenant, au pire moment possible.
« Lâche-moi ! »
« Non. »
« Il faut l'aider ! »
« Tu ne sais pas ce qu'ils… »
« … Peuvent me faire ? Je dois te rappeler que j'ai été leur prisonnier pendant plusieurs mois ? Je sais de quoi ils sont capables ! «
« … Je suis désolé. »
Pour ce qui semblait être la première fois de sa vie, le Geek sentit la rage l'envahir. Il ne voulait pas que le Patron soit désolé. Il n'avait pas besoin de ça. Il voulait que le Patron soit teigneux, vindicatif et dégueulasse. Il voulait que le Patron les sauve tous. Quelque chose se brisa dans sa poitrine. Il donnerait n'importe quoi pour que le Patron le sauve, lui.
Mais le Patron continuait à courir et à l'éloigner du Hippie, sa poigne l'entraînant, lui tournant fermement le dos.
« Pourquoi ? » bredouilla le Geek en trébuchant. « Pourquoi tu l'aides pas ? »
« Si on l'aide, on risque d'être fichu avec lui, gamin. »
« Et alors ? »
Ça avait toujours été un risque qu'ils avaient été prêts à prendre. Et le Geek savait qu'ils devraient avoir besoin du Hippie à… à la fin. L'abandonner ici revenait à abandonner tout espoir d'arrêter l'Empire.
« Je ne veux pas t'envoyer là-bas à nouveau, gamin. »
Le Geek se raidit. Le Patron ne le regardait toujours pas, mais pourtant, il se sentit impossiblement vulnérable et transparent. Seul le Patron l'avait vu après sa séquestration par l'Empire (enfin, lui et le Hippie, mais ce dernier était trop stone à l'époque pour que ça compte vraiment). Seul le Patron savait à quel point cela l'avait affecté. Le Geek le savait mais avait toujours cru que le Patron n'en avait jamais eu grand-chose à faire. Et il ne pensait sûrement pas qu'il le ressortirait maintenant.
Ce qui s'était brisé dans sa poitrine se tordit sauvagement.
« Je te déteste » murmura-t-il.
Le Patron s'arrêta si subitement que le Geek lui rentra dedans. Il se retourna lentement, dévoilant un visage fermé. Toujours aussi lentement il ôta ses lunettes, emprisonnant le Geek avec ses yeux glacés aussi sûrement qu'avec une paire de menottes.
« Tu oses me dire ça à moi ? » grinça-t-il.
Le Geek ne dit rien. Parfois il oubliait que le Patron et lui partageait le même visage, le même corps. C'était plus facile de prétendre que le Patron était une personne complètement différente. C'était plus facile de croire qu'il n'y avait rien d'étrange ou malsain à être amoureux de lui.
« Je vais le chercher. »La voix du Patron était coupante mais déterminée. « Je vais le chercher, ce connard, et je vais sauver ses fesses. Mais toi, tu vas te barrer et rester à l'abri. Je ne peux pas… Je n'ai pas la force… » Il ferma les yeux. « Je veux que tu restes en sécurité. La peluche ne doit pas être loin – c'est lui qui était censé s'occuper du camé, putain ! – mais avec un peu de chance, il saura te protéger et te ramener dans une autre dimension. Promets-moi juste de rester à l'abri de la merde. Pigé, gamin ? »
Le Geek hocha la tête sans rien dire. Le Patron sembla hésiter une demi-seconde avant de se pencher et de poser violemment ses lèvres sur celles de son interlocuteur.
Les yeux du Geek s'agrandirent sous sa casquette. Le Patron l'embrassait ! Il l'embrassait vraiment ! Il lui roulait même une pelle monumentale !
Puis aussi brusquement, qu'il l'avait commencé, le Patron finit le baiser et s'en alla sans dire un seul mot de plus. Le Geek sentit une larme rouler sur sa joue.
''Tu vas te barrer et rester à l'abri…'' A la réflexion, c'était plus une suggestion amicale qu'un ordre véritable… Non ?
Mathieu haletait. Rien d'étonnant à cela : il n'avait jamais été un grand sportif – des souvenirs de moqueries cruelles dans son enfance causées par son incapacité à taper dans un ballon refirent brièvement surface -, et ses récentes activités de youtuber puis de chômeur n'avaient pas vraiment améliorées sa condition physique.
Antoine n'était pas en meilleur état. Il trottinait péniblement, psalmodiant une infinité de jurons en sourdine.
Des pas retentirent dans leurs dos et Mathieu se raidit, échangea un regard paniqué avec Antoine et s'apprêta à se remettre à courir quand il reconnut la voix de Maître Panda, à peine altérée : « C'est nous ! Ils ont arrêté de nous suivre, je crois. »
Soulagé, Mathieu se retourna. Le Geek et Maître Panda, visiblement bien essoufflés, se tenaient devant lui, récupérant tant bien que mal après leur folle course.
« Et les autres ? »
Le Geek secoua la tête.
« Le Hippie n'a pas pu suivre et le Patron est resté l'aider. »
« Ok. Il t'a dit un truc sur ce qu'il fallait faire en attendant ? »
« On doit continuer la mission. On doit trouver l'Orbe. »
Mathieu plissa les yeux. C'était lui ou le Geek venait juste de lui mentir ?
« D'accord. » déclara Antoine, le déconcentrant. « On trouve cette connerie et on se casse d'ici. Où se trouve l'Orbe ? »
« Dans l'un des labo de l'Empire, normalement. » répondit Maître Panda. « En tout cas, c'est ce que nous ont rapporté nos espions. »
« Vous avez des espions ? » s'étonna le chevelu. « Mais comment vous parvenez à rester inaperçus, habillés comme vous l'ê… ? »
« On s'en branle, Antoine. » interrompit Mathieu. « Ils sont où, ces labos ? »
Comme la joyeuse bande le découvrit rapidement, les labos étaient au sous-sol de l'endroit le plus gardé de la dimension : le QG de l'Empire. Qui ressemblait bizarrement à un château Disney surmonté d'un… ballon géant ? (la preuve selon Antoine de la perversité des looners).
Le Geek n'était pas tranquille C'était la première fois qu'il défiait aussi ouvertement un ordre du Patron. Ce dernier lui avait clairement dit de rester en sécurité. Mais le Geek ne pouvait pas. Il ne pouvait pas s'en aller et prétendre que tout allait s'arranger tant que lui restait sauf. Trop de questions sans réponse tournaient dans sa tête, lui donnant une détermination telle qu'il n'en avait jamais connue. Et surtout ce baiser… Ce baiser incompréhensible et impulsif s'était imprimé en lui en quelque sorte, lui laissant presque une trace tangible du Patron. Et une partie non négligeable de son esprit priait pour que ce ne soit pas le dernier.
Mais maintenant qu'il y pensait, se retrouver dans une pièce mal éclairé dans un château étrange n'était peut-être pas le meilleur moyen d'en obtenir un autre.
« T'es sûr que c'est là ? »
La voix d'Antoine le sortit de ses pensées. Le brun releva une mèche de devant ses yeux et ajouta :
« Ça parait quand même vachement vide. »
Et c'était vrai. Aucun garde, aucun civil, personne. Ça ressemblait furieusement à…
« Un piège ? » demanda Mathieu, en jetant un regard circonspect autour de lui.
Maître Panda haussa les épaules. « Peut-être. Ça ne change pas grand-chose. L'Orbe est là-dedans. »
« Rappelle-moi pourquoi je t'ai accompagné. » bougonna Antoine à son ancien collègue.
« Parce que tu m'adores. »
Il roula des yeux. « En dehors de l'évidence, grand fou. »
Mathieu sourit. C'était bien Antoine que d'essayer de dédramatiser une situation catastrophique. Il ouvrit la bouche pour répondre mais sa réplique rigolarde se bloqua dans sa gorge quand il aperçut, luisant un peu dans l'obscurité relative, un globe en ce qui semblait être du métal.
Presque inconsciemment, il tendit la main avant d'arrêter ses doigts à quelques millimètres de la sphère. Dans son dos, quelqu'un déglutit.
Avec une lenteur horrible, il finit par abattre sa paume sur l'Orbe. A ce moment précis, toute la salle s'alluma et une femme brune en tenue commando s'avança dans la lumière, un grand sourire satisfait aux lèvres et un énorme flingue pointée devant elle.
« Monsieur Sommet, quoi que vous fassiez, veuillez ne pas lâcher cette Orbe. Maintenant, rendez-vous à l'Empire sans émettre de résistance et vous serez épargnés. » Son sourire s'agrandit. « Peut-être. »
Avant que quiconque ait pu rajouter quoi que ce soit, la salle fut envahie par des hommes armés en uniforme sombre. Menottés au milieu d'eux se tenaient deux silhouettes connues, l'une avec des lunettes noires, l'autre surmontée d'un bob.
« Et merde » pensa Mathieu avant de s'évanouir, la main crispée sur le précieux artefact.
Bon d'accord, ils avaient foiré. Bon d'accord, il avait menti. Bon d'accord, il pleurait depuis une solide heure sans s'arrêter. Mais est-ce que c'était vraiment une raison pour que le Patron, un homme mature et viril… boude ?
Il n'y avait en effet pas d'autre mot –en tout cas, aucun que le Geek put trouver - pour définir l'attitude de l'Homme en Noir, qui restait dans son coin sans avoir daigné rencontrer le regard de ses compagnons depuis leur capture. Ils avaient été enfermés tous ensemble dans une cellule qui ressemblait de manière suspecte à celle que le jeune no-life avait occupée autrefois et aucun mot n'avait été encore échangé.
Antoine, penché sur Mathieu, toujours inconscient, finit par rompre le silence en plantant un œil anormalement dur sur le Patron.
« Il se passe quoi là ?! Qu'est-ce qui arrive à Mathieu ?! Qu'est-ce qui va nous arriver ?! C'est quoi toute cette merde ?! »
« Pas la peine de gueuler, gamin. » Le Patron n'avait même pas bougé ou seulement tourné la tête. « L'Orbe est un outil extrêmement puissant. Si Mathieu n'avait pas été celui qu'il est, elle lui aurait explosé à la gueule et nous avec. En l'occurrence, elle se contente de lui pomper de l'énergie. Assure-toi juste qu'il ne la lâche pas, ou elle pourrait relâcher cette énergie et nous atomiser tous. »
« … Tu savais le risque auquel il s'exposait ? »
« Oui. »
« Et tu lui as dit ?! »
« Non. »
« Espèce de sale… ! »
« Antoine » murmura le Geek.
« Quoi ?! » aboya Antoine avant de se calmer immédiatement en s'apercevant de ce que le jeune garçon essayait de lui faire remarquer : Mathieu se réveillait.
Voyant le grand à lunettes s'affairer autour de son pote, le Geek laissa son regard vagabonder à nouveau vers le Patron. Il pouvait sentir sa colère sous son stoïsme boudeur apparent. Il s'assit à côté de lui, ce qui ne déclencha aucune réaction.
« Je suis désolé. » chuchota-t-il.
« Un peu trop tard pour ça, gamin. »
Le Geek sursauta. Il ne s'était pas vraiment attendu à une réponse et pendant une seconde, il douta de ce qu'il avait entendu. Mais le Patron continua.
« Je te dis de te barrer, de te barrer, putain, et la première chose que tu fais, c'est quoi ? Me retrouver ici. Merci, mais j'avais pas vraiment besoin de ta compagnie. »
« Je… »
« Ta gueule. » La voix du Patron était encore plus basse que d'habitude, et presque fêlée. « A la seconde où l'autre drogué s'est effondré, j'ai su que la mission était à jeter à la poubelle. Alors quitte à tout finir, j'ai voulu, je sais pas… Disparaître avec panache. Du style. Mais il a fallu que tu gâches ça aussi… Putain. »
« Je… »
« T'es con, inutile, un vrai boulet. J'aurais dû te laisser crever. »
« Je… »
« Alors me dis pas que t'es désolé, gamin, parce que, crois-moi, je le sais déjà. Et je m'en fous. »
A ces mots, la porte de la cellule s'ouvrit brusquement et une face barbue apparut dans l'encadrement avec un tonitruant : « Et on dit Bonjour à son nouveau Dieu et Seigneur, bande de Tartiputes ! »
« T'en as mis du temps à bouger ton cul, gamin. » répliqua le Patron d'un ton ennuyé.
« Je préfère quand tu m'appelles Daniel Amour, chéri. »
Le criminel déplia ses jambes et se leva avant d'arborer un rictus pervers.
« C'est tout ce qui te vient à l'esprit pour fêter nos retrouvailles ? Je t'ai connu plus sale, gamin. »
« Et je suis sûr que tu meurs d'envie d'envahir mon esprit de cochoncetés mais on n'a PAS LE TEMPS ! »
« Un petit avant-goût, ça fait jamais de mal. »
Sur ces mots, le Patron se saisit du visage du nouveau venu et l'embrassa ouvertement.
Antoine, qui aidait un Mathieu à peine conscient à tenir debout, sentit sa mâchoire se décrocher. Il était vraiment en train de voir le Patron galocher … ?
L'arrivant finit par pousser sans ménagement le Patron vers la porte et eut un sourire très inquiétant pour le reste de l'assemblée. Les survolant du regard, il finit par s'arrêter sur Antoine – qui, pour une fois, devait bien reconnaître qu'il flippait sa race – et tendit une main avenante dans sa direction : « Salut, tu dois être Moi ! »
« Heu… »
« Daniel Antoine, ravi de te sauver. Et maintenant, on se casse. »
Se sentant singulièrement impuissant, Antoine regarda ''Daniel'' claquer les fesses du Patron avant de le dépasser dans le couloir et articula silencieusement « Mais qu'est-ce que c'est ce bordel ?! »
Tournant la tête, il remarqua l'air complètement misérable du Geek qui fixait tristement l'endroit où son double et le sien s'étaient embrassés avant que Mathieu, plus blanc qu'un cachet d'aspirine, ne balbutie à son attention : « Mec.. S'Passe quoi ? »
Antoine ferma les yeux et assura sa prise sur son ami pour qu'il tienne fermement avant de répondre :
« Pour résumer… On est si loin dans les emmerdes, que je commence à croire que la Sainte Pelle en personne se fout de nous. »
To be continued...
Et on avance assez gentiment vers la fin, mine de rien. Donc l'Orbe est trouvée et j'ai enfin répondu à la question: "mais que fout Antoine Daniel ici, bordel?" xD Antoine Daniel et Daniel Antoine... Je sais pas vous, mais j'ai vraiment hâte d'écrire leurs interactions dans les chapitres suivants moi !
Comme d'habitude, n'hésitez pas à laisser des reviews si vous aimez ou si vous remarquez quelque chose (la critique constructive, c'est le bien), vous pouvez aussi me le dire sur Twitter, je suis MetaRien et je ne mords pas :)
