N.A.: Coucou, me revoilou! Et en avance en plus! :D J'avertis tout de suite mais ce chapitre contient beaucoup BEAUCOUP d'humour (de merde) et peut-être que ça casse un peu le rythme/l'émotion mais tant pis, ça m'a bien fait rire en tout cas ^^(qui a dit ''Gamine!"?) Plus sérieusement, le contexte s'y prêtait mais si vous trouvez ça trop lourd, les reviews sont faites pour ça :)

Un grand merci à Leze-G (alias Lisounette_) pour ses fanarts (chacune d'entre elles me touche alors merci!), à Yume qui suit du début, à Shirayukie (tu m'as vraiment donné le sourire pour la journée!) et tous les autres que j'oublie qui lisent et/ou commentent cette fic. Quitte à être clichée, je dois dire que vous êtes mes premières sources d'inspiration :)


Antoine cligna des yeux. Quasiment affalé sur lui, un bras derrière son épaule et l'autre pendant mollement avec l'Orbe au bout, Mathieu, malgré sa fatigue évidente, semblait aussi impressionné.

« On est où ? » souffla-t-il.

Tout autour d'eux, ce qui semblaient être des millions de galeries souterraines se perdaient dans la pénombre devant eux. Le Patron ricana.

« Bienvenue dans le QG de l'Opposition, gamin. »

Sa voix éraillée résonna dans les longs couloirs. Antoine frissonna.

« Ne leur montre pas que tu trembles. »

Surpris, il se retourna. Son double, Daniel, le regardait, un léger sourire au coin des lèvres.

« Hurle comme un malade, fais des blagues de merde, insulte les. Mais ne leur montre pas que tu trembles. Ou tu finiras bouffé. »

« Bouffé par qui ? De quoi tu parles ? »

Le rictus de son double s'accentua. C'était déconcertant de voir son visage sourire comme ça, songea Antoine. Un sourire aussi large que le sien, avec ce même air moitié nonchalant, moitié psychopathe, un aspect prédateur en plus. Dangereux.

« Tu verras bien. » lâcha-t-il d'un air énigmatique avant de se remettre à marcher.

Pour la première fois depuis leur rencontre, Antoine l'examina vraiment, les yeux plissés. Daniel avait le même corps que lui, c'était indéniable mais il dégageait une aura distinctement différente. Il ressemblait à… celui pour qui Antoine avait cherché à se faire passer dans ses vidéos en fait. Un mec qui déconne sans se prendre au sérieux, se foutant de l'avis des autres avec une sincérité s'approchant de la connardise et dégageant un charisme qui allait de pair avec sa veste en cuir et ses lunettes de sol… Une minute. Depuis quand son double portait-il des lunettes de soleil ? Et pourquoi ici, dans ce qui ressemblait suspicieusement à des catacombes, c'est-à-dire sans source lumineuse notable ? Cela ne pouvait dire qu'une chose. Non. Non ce n'était pas possible. Il était… Daniel était…

« Plus cool que moi. » chuchota Antoine. « Je ne pensais pas qu'on pourrait trouver un moi plus cool que moi mais si, il y a un moi plus cool que moi. » Il prit soudain un air horrifié et hurla presque. « Putain, mon moi cool est gay ! »

« Arrête de dire de la merde et avance. » (1) grogna Mathieu à côté de lui.

Se secouant un peu, Antoine s'exécuta. Derrière eux, le Hippie, soutenu par Maître Panda et le Geek, délirait complètement sous les paroles doucement réconfortantes de l'ursidé. Le Geek se taisait. Ou plutôt, il ruminait dans son coin.

A quoi s'était-il attendu ? Il ne connaissait pas très bien Daniel, mais sa réputation le précédait, ici, dans le QG. Une réputation sulfureuse, à base de scandales, de défis stupides et de prouesses sexuelles dont celle non négligeable d'avoir réussi à rester le plan cul le plus durable du Patron. Après que le Patron l'ait secouru, le Geek avait été quasi instantanément abreuvé d'anecdotes presque mythiques sur celui que les Opposants avaient surnommé « Le Boss Final de l'Empire ». (2)

Au début, le Geek n'y avait pas fait très attention. Cela avait même fait sens pour lui : pour le Héros qui l'avait sauvé, qui aurait pu mieux convenir que cet homme dont on lui contait les aventures et dont on rapportait les moindres paroles ?

Et puis le temps avait passé et ses yeux s'étaient décillés sur le Patron, rendant risible la simple idée que quelqu'un ait pu avoir ne serait-ce que le début d'un semblant de relation avec lui. Les attaques contre l'Empire, les raids et les missions loin du QG s'étaient enchaînés, et Daniel Antoine, qu'il n'avait jamais fait que croiser rapidement dans les couloirs, était peu à peu tombé pour lui dans l'oubli.

A quoi s'était-il attendu ? Il se répétait cette question, la colère et l'amertume au cœur. Le Patron n'avait jamais rien fait que l'utiliser. Il ne lui avait jamais montré le moindre signe d'affection avant… Non, il ne fallait pas y repenser. Y repenser faisait trop mal.

A quoi s'était-il attendu ? Il n'était qu'un puceau peureux et maladroit, trop con pour son bien.

Il n'était qu'un boulet.

Le Hippie s'agrippa subitement à sa main.

« Gros… Lui aussi, gros. S'te plaît, le laisse pas. Il en prend trop… Trop, trop, trop, trop… »

Le laissant continuer sa psalmodie de « trop, trop, trop… », le Geek se dégagea doucement et échangea un regard inquiet avec Maître Panda. Il avait rarement vu le Hippie aussi mal en point. Un instant, il eut honte de ne penser égoïstement qu'à ses problèmes, insignifiants face à la destruction lente que semblait subir le toxicomane.

Il avait eu l'air d'aller mieux pourtant. Le Geek ne comprenait pas cette rechute manifeste et cela l'angoissait, plus qu'il n'y paraissait. Le pire était qu'il ne voyait pas qui pourrait y changer quoi que ce soit. Maître Panda faisait déjà visiblement son maximum, les deux ex-podcasteurs étaient trop préoccupés par le bouleversement de leurs vies pour être utiles (sans compter que Mathieu était lui aussi en assez piteux état), seul le Patron aurait –peut-être- pu changer quelque chose… Mais le Patron était un grand expert pour ignorer les problèmes et se contentait en général de prétendre que tout allait bien, partant du principe que se soucier du bien particulier de chacun était contreproductif.

Tout revenait toujours à ce cryptique homme en noir, au final.


C'est en tout cas ce que pensa Daniel Antoine, deux heures plus tard, alors qu'il ressassait les évènements de la matinée. Comme toujours, le Patron semblait parfaitement dans son élément, draguant, menaçant et planifiant à tout va, mais Daniel le connaissait trop bien. Quelque chose n'allait pas, ne collait pas exactement à son attitude habituelle.

Il releva la tête lorsque l'objet de ses pensées entra dans sa chambre – si on pouvait appeler ''chambre'' l'endroit insalubre où il dormait.

« Heureux de me revoir, biatch ? »

« Assez heureux pour bouffer du pénis toute la nuit, sale pute. » répondit Daniel du tac au tac, un sourire en coin.

Le Patron sourit à son tour. Décidément, il aimait bien ce gamin. C'était l'un des seuls à pouvoir réellement lui parler d'égal à égal. Ils se connaissaient depuis ce qui semblait être la nuit des temps et rien n'avait encore réussi dans son comportement à faire fuir le jeune homme. Mais pour être juste, la réciproque était aussi vraie.

« Mais il faut qu'on parle sérieusement d'abord. » finit le décoiffé en se redressant.

Le Patron eut un petit rire sec, qui aurait pu paraître méprisant pour n'importe qui d'autre mais où Daniel parvint à déceler une réelle nervosité. Regrettant de ne pas pouvoir fumer dans une pièce aussi resserrée, le Patron répondit :

« Tu te souviens comment ça s'est fini la dernière fois que tu as voulu ''parler sérieusement'' ? »

Daniel grimaça. Il n'avait pas vraiment besoin de s'en rappeler.

Ils avaient un peu plus de vingt ans, étaient, sinon plus innocents, peut-être un peu plus cons qu'aujourd'hui. Le Patron regardait le plafond, apparemment plongé dans un problème qui sollicitait toute sa réflexion avant de le partager avec son compagnon.

« Hé, gamin, pourquoi on n'a jamais baisé ? »

Daniel avait levé les yeux au ciel. « J'en sais rien. Parce que je refuse tes avances douteuses ? »

« Arrête. Tu me trouves sexy, je te trouve sexy, on s'entend plutôt bien, pourquoi on baise pas ? »

Ce n'était même pas une accusation, s'était rendu compte Daniel. Son ''ami'' était véritablement étonné par cet état de fait. Il eut envie à la fois de rire et de pleurer.

« Parce que c'est non, Sommet. »

« Tu oses me dire que t'en as pas envie ? »

Le ton était plein de défi et d'assurance. Daniel survola le corps que le Patron mettait consciencieusement en évidence et soupira.

« C'est non, mec. »

« Pourquoi ? »

Ok. Le Patron devait être vraiment en chien pour insister, d'habitude il se contentait de hausser les épaules et de s'en aller. Daniel s'apprêtait à manifester de l'agacement lorsqu'il réalisa que le Patron avait enlevé ses lunettes. Et pour une fois, ses yeux n'avaient pas cette lueur vicelarde à la limite du dérangement mental, ils étaient étrangement sérieux et reflétaient de… l'appréhension ?

Daniel hésita. Puis il se jeta à l'eau.

« Parce que je t'aime. »

Il se serait donné des gifles. C'était aussi pathétique et grandiloquent qu'une prépubère de treize ans. Il s'était pourtant promis lorsqu'il l'avait compris de le garder pour lui et de se contenter d'éviter le sillage sexuel de son pote pour éviter de souffrir. Il faut croire qu'on ne se fait des promesses que pour les briser.

Le Patron cligna des yeux.

« Je ne vois pas ce que ça change. On peut baiser quand même. »

Ce fut à ce moment-là, ce moment PRECIS, que Daniel enterra son amour stupide pour le plus petit. Le Patron n'avait absolument rien à faire de ses sentiments, et ne pourrait vraisemblablement jamais y répondre. C'était triste, mais c'était comme ça. Alors pourquoi se priver d'un truc aussi agréable que le sexe ?

« Ouais. » acquiesça-t-il en se rapprochant de lui. « On peut baiser quand même. »

Le reste appartenait à l'Histoire. Et si Daniel eut le cœur brisé ce soir-là, personne n'avait besoin de le savoir.

« Je croyais qu'on était d'accord pour ne plus reparler de ce moment d'embarrassement total. Et puis on s'en fout, c'est important. Le Portail, enfin je veux dire, ton double, celui à l'Orbe… Il sait ce qui l'attend ? »

« En quelque sorte. »

« Donc non. »

« D'accord, non, il ne sait pas, mais tu voudrais que je lui dise quoi ? »

« La vérité, peut-être. Il mérite ça. Surtout que je ne voudrais pas remuer le couteau dans la plaie, mais le fait que la Milice ait décidé de le laisser alors qu'il avait l'Orbe dans la même cellule que vous sans surveillance supplémentaire et que j'ai pu vous faire évader sans rencontrer trop de résistance… Ça ressemble quand même foutrement à un piège. Il doit être au courant de ce qui est en jeu. »

Le visage du Patron se ferma. « Non. »

Daniel secoua la tête mais n'ajouta rien. Mieux valait laisser le Patron cogiter tout seul avec lui-même plutôt que d'essayer de le convaincre, cette tête de pine risquerait de s'obstiner juste pour le principe.

« Très bien. Sujet épineux numéro 2 donc. »

« T'es chiant, gamin. »

« C'est pour ça que tu m'aimes. Qu'est-ce que t'as fait au camé ? »

« T'inquiète pas pour lui. »

« C'est pas une rép… »

« J'ai dit : ne t'inquiète pas pour lui. »

Cette fois, Daniel hésita vraiment à abandonner le sujet mais fini par laisser tomber. Le Hippie lui faisait vraiment de la peine, mais si le Patron était si catégorique, c'était probablement qu'il n'y avait rien à faire pour lui. Refoulant sa pitié, Daniel chercha à reprendre son masque d'insolence et d'arrogance qui le caractérisait.

Encore un truc qui le rapprochait du Patron, cette décision de se cacher derrière un personnage et de s'y sentir tellement bien, tellement en sécurité, jusqu'à s'y fondre presque totalement. C'était la guerre qui leur avait appris ça, à tous deux. En temps de guerre, les hommes devenaient anxieux, rétifs. Pour les unir, leur en imposer, il fallait se montrer plus forts. Et ne pas trembler.

En parlant de tremblement…

Daniel jeta un coup d'œil sur les mains de son ami et ce qu'il vit lui confirma ses craintes : les mains du Patron tremblaient comme des feuilles sans raison apparente. Il posa l'une des siennes sur elles et leva un sourcil interrogateur :

« Sujet épineux numéro 3… Quelque chose à me dire ? »

« Je ne vois pas de quoi tu parles. » cracha le Patron.

« Stop me mentir, mec. Je te connais comme si je t'avais fait. Ouah, ça sonnait moins dégueu dans ma tête. (3) On s'en fout, c'est pas le problème. Tu peux te pavaner en prétendant que tout va bien devant les autres mais ça marche pas pour moi. Je croyais qu'on avait mis ça au clair depuis longtemps. Un truc te fait chier, et ça n'a rien à voir avec la mission. »

« Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? »

« La vérité. Mais si tu veux, tu peux commencer par me dire c'était quoi ce PUTAIN de cinéma lorsque je vous ai délivré. »

Le Patron avait pâli et avait les yeux fermés derrière ses lunettes.

« J'ai fait une connerie. Je la réparais. »

« Quelle genre de connerie nécessiterait que tu m'embrasses de manière aussi sale ? »

Un muscle se crispa dans la mâchoire du Patron avant que celui-ci ne réponde.

« C'est le petit… Celui qu'ils appellent le ''Geek''… Je lui ai peut-être laissé croire que… Que… »

Il ne finit pas sa phrase mais Daniel pouvait assez bien deviner ce qu'il s'était passé. Il ne connaissait pas très bien le Geek, si ce n'était de vue il avait du mal à lui parler normalement, c'était trop bizarre de voir quelqu'un d'aussi semblable à celui qu'il considérait comme la personne la plus proche de lui et d'aussi différent à la fois. De toute façon, Daniel préférait les personnalités fortes et le Geek avait rapidement démontré qu'il n'était pas l'une d'elles.

« Qu'est-ce que tu as fait exactement ? Tu as profité de lui ou… ? »

Un borborygme incompréhensible fut sa seule réponse.

« Hein ? »

« Je l'ai embrassé. » Le Patron n'avait pas ouvert ses yeux. Daniel le regarda avec incompréhension.

« Et alors ? Tu vas pas me dire que tu n'as jamais embrassé de vierge avant ? D'accord, c'est un peu creepy, vu qu'il a le même corps que toi mais venant de toi, je m'attendais au moins à… » Sa voix se perdit alors que ses yeux s'écarquillèrent. « Attends. ATTENDS UNE PETITE MINUTE. Tu l'as embrassé sans l'avoir planifié et maintenant tu culpabilises parce que tu as peur qu'il pense qu'il a une chance avec toi ?! »

Il ne l'avait pas vu venir, celle-là. Le Patron avait l'habitude de manipuler les gens pour obtenir des faveurs, et le chantage, sexuel et émotionnel, il connaissait. Le voir dans cet état ne pouvait signifier qu'une seule chose…

« Tu ne comprends pas. » constata le Patron placidement. « Ce gamin… Ce gamin mérite mieux, il mérite pas… tout ça. Tout ce bordel. Je suis juste un bordel rempli de connardises et autres saloperies. Il mérite pas ça. »

Daniel laissa un ange passer avant d'ouvrir la bouche.

« C'est vraiment trop mignon. »

« Ta gueule. »

« Non, vraiment, c'est trop mignon, je ne pensais pas que j'aurais l'opportunité de dire ça, mais toi, Mathieu Sommet du Secteur 1, es officiellement et définitivement amou… »

« J'ai dit : FERME LA ! »

Le Patron semblait à la fois livide et terrifié. Daniel sentit son cœur se serrer en le voyant comme ça. Alors il n'était pas si insensible finalement ? Et, sur tous les mondes existants, il avait fallu qu'il tombe pour un petit gringalet venu tout droit d'un autre univers, avec la même tête et le même corps que lui – ce qui nécessitait quand même une sacrée dose de narcissisme. Et comme un con bien sûr, et parce que c'était le Patron, il s'appliquait à saboter sa propre vie sentimentale naissante. Daniel n'en démordait pas : c'était vraiment trop mignon.

« Donc… c'est réel ? » demanda-t-il pour être sûr. « Tu… l'aimes ? Tu aimes… le Geek ? »

« Faut croire. »

Mais à ce moment-là, et avant que quiconque ait pu rajouter quoi que ce soit, un Geek énervé, des larmes de colère sur ses yeux et ses joues, entra en trombe dans la chambre pour balancer son poing dans la figure de son doublon.

« T'ES VRAIMENT QU'UN CONNARD ! »

Il faudrait vraiment penser à insonoriser les pièces, songea Daniel.


Mais revenons un peu en arrière, voulez-vous ? Rejoignons notre héros –parce que même dans les vapes, un héros reste un héros – j'ai nommé Mathieu Sommet. Somnolant un peu au milieu de son groupe composé de Maître Panda, du Geek, du Hippie et d'Antoine, il ne faisait pas fière figure. Même en prenant appui avec la grâce d'un cachalot échoué sur l'épaule d'Antoine, il se sentait toujours aussi faible et essoufflé.

« C'est l'Orbe. » expliqua Maître Panda lorsqu'il lui posa la question. « Elle prend une grande partie de ton énergie vitale. Il va falloir mettre le plan en action assez rapidement. »

« D'accord. » approuva vigoureusement Antoine qui commençait à avoir mal à l'épaule, avant de demander. « C'est quoi le plan ? »

« L'Elu – heu pardon, je veux dire, Mathieu – doit se rendre à nouveau dans son univers à un endroit mythique que les légendes appellent ''le Meltdown''… »

« … C'est pas le nom d'un bar parisien, ça ? (4) »

« … Et là, il devra à l'aide des trois semblables… »

« Pourquoi trois ? Toi tu restes ici et tu fous queud ? »

« … Accompagné de la force du un… »

« J'espère sincèrement que tu ne parles pas de moi, parce que moi, les quêtes, les dangers de mort, tout ça… »

« … et de l'Orbe pour fermer les dimensions maudites. »

« Et il fera comment ? »

« Seuls les lolcats le savent. »

« Tu sers vraiment à rien, en fait. »

« Bon » interrompit Mathieu avec un brin d'agacement. « Autant partir tout de suite, je ne sais vraiment pas combien de temps je vais tenir. Avec un peu de chance, je saurai quoi faire en arrivant là-bas. »

Clopin-clopant, ils allèrent ensemble chercher le Patron, le seul qui manquait pour qu'ils puissent partir et surprirent la fin de la conversation à laquelle nous avons déjà assistée.

« Donc… c'est réel ? Tu… l'aimes ? Tu aimes… le Geek ? »

« Faut croire. »

En entendant ces mots, le Geek sembla passer par toutes les émotions possibles avant de s'arrêter sur la rage. La rage et l'incompréhension.

« T'ES VRAIMENT QU'UN CONNARD ! » hurla-t-il en entrant pour défouler sa violence sur le pervers.

Bizarrement, celui-ci se laissa faire, sans rien dire. Ce n'était pas le cas du Geek.

« Pourquoi tu me l'as pas dit ?! POURQUOI ? Pourquoi tu… Tu mens, tu… PUTAIN. Pourquoi tu dis rien alors que tu sais… tu sais… » Il pleurait vraiment maintenant, et ses coups devenaient de plus en plus faibles et inutiles. « Tu sais, tu savais et… Connard… Et tu sais qu'à la fin… Tu sais comment on va finir, alors pourquoi tu… Pourquoi tu… ? »

Il finit par se taire complètement, sanglotant dans la chemise de l'autre qui lui caressa doucement la tête.

« Qu'est-ce qu'il voulait dire par ''tu sais comment on va finir'' ? » chuchota Antoine à l'oreille de son ami.

« Aucune idée mais j'aime pas ça. »

Maître Panda finit par se racler la gorge.

« On doit y aller. » dit-il doucement.

Le Patron hocha la tête et Antoine regarda le panda avec étonnement.

« Tu viens finalement ? »

« Quelqu'un doit soutenir le Hippie. » sourit tristement le chanteur en kurigumi. « Jusqu'à la fin. » Et sans laisser à Antoine le temps de lui demander ce qu'il entendait par là, il se tourna vers Mathieu. « Prêt ? Si tu peux nous transporter directement au Meltdown, c'est encore mieux. »

Mathieu hocha la tête et se concentra. Du coin de l'œil, il vit Daniel Antoine s'éclipser, mais il détourna vite son attention. Avec l'Orbe qui pulsait au creux de sa main, cela semblait beaucoup plus facile de canaliser son énergie pour créer un portail. Il essaya de visualiser le bar ses écrans quasiment partout, son atmosphère, le tintement des bières qui s'entrechoquaient, les gens, concentrés sur leurs ordinateurs, passionnés, donnant des instructions par leurs micros, les étudiants qui riaient…

Le couloir s'illumina brusquement et lui et les autres durent fermer les yeux.

Il les rouvrit lentement. Un instant, il crut avoir échoué. L'endroit était désert, délabré, les vitres cassées. Et surtout, il était seul. Seul avec l'Orbe dans sa main. Il ne s'était pas trompé pourtant. Sur le mur se tenait un écran où ''MELTDOWN'' clignotait vaillamment.

« Bonjour, monsieur Sommet. »

Il se retourna brusquement. Il n'était plus seul. En face de lui, la même femme qui les avait arrêtés souriait de son sourire de requin.

« Je suis le Lieutenant Croft. Je vous attendais. »

To be continued…


(1) Ce moment gênant où l'auteure s'aperçoit qu'elle devrait suivre les conseils de ses personnages

(2) Petit jeu : entre le Boss Final des Internets et le Boss Final de l'Empire, vous choisiriez qui ? :3

(3) Dans la mienne aussi…

(4) Si, c'est le nom d'un bar à Paris qui est cool cool cool, je vous le conseille si vous cherchez un endroit pour sortir et que vous êtes dans les environs (regardez-moi, donnant des conseils de sortie et écrivant des fics, rien ne va plus xD )

Cliffhanger puputassier, j'espère que vous ne m'en voulez pas (trop) x)

Au final, ce chapitre reste quand même un chapitre de transition dans la trame scénaristique mais bon, j'avais vraiment envie de développer la relation entre le Patron et Daniel Antoine :) Pas d'interaction directe entre Antoine Daniel et son double, finalement. Arf. Il ne faut pas que je fasse des prédictions sur ce que je vais écrire en fait x)

Toujours pareil, si le coeur vous en dit, viendez me dire ce que vous en avez pensé via les reviews, ça réchauffe mon coeur de pierre (si vous avez repéré un truc illogique, n'hésitez pas à le signaler également, ça me permettra de rectifier le tir dans les chapitres suivants)