N.A.: Déjà l'avant-dernier chapitre les copains, cette aventure touche bientôt à sa fin :') J'espère que le rythme un peu spécial de ce chapitre ne vous choquera pas (écriture chorale, mon amour) mais bon, vous pouvez toujours critiquer dans les reviews (toute critique constructive m'aide à m'améliorer donc n'hésitez pas!)

UN PUTAIN DE GRAND MERCI à Crisalys Nara pour avoir pris le temps de faire la bêta :D Sans elle, ce chapitre n'aurait pas été entièrement compréhensible donc voilà ;)

Un merci aussi à Nagetive, Deponia, Yume, Pamplelune, Alaudy, Shirayukie, Leze-g et tous ces autres que j'oublie qui review et/ou lisent (et dans le cas de Leze-G, dessine des fanarts, MERCI Lisounette, j'ai l'estomac qui papillonne à chaque fois), vous êtes adorables!

Bonne lecture!


« Il se passe quoi là ?! »

Antoine était paniqué. Où était Mathieu ? Où étaient-ils ?

« Pas d'affolement, gamin. » interrompit la voix posée mais un peu sifflante du Patron. « Il semblerait que l'Orbe ait été… trafiquée. »

« Quoi ?! C'est possible ça ?! »

« Il n'y a pas d'autres explications poss… Rgh. »

S'interrompant au milieu de sa phrase, le Patron sembla se tordre soudainement de douleur.

« Patron ?! » appela Antoine d'un ton paniqué. « Patron, est-ce que ça va ?! »

« Il semblerait… que mon épaule se soit rouverte avec le choc du… voyage. » déclara le Patron avec difficulté.

« Ne parle pas. » dit Antoine en essayant d'enlever avec délicatesse la veste et la chemise du blessé. « Laisse-moi fai… Oh putain. »

La blessure était sale à voir. Non seulement était-elle ouverte mais elle était surtout…

« … Entièrement infectée. Putain, Patron, ton épaule est entièrement infectée et ça ne t'était pas venu à l'esprit de nous en informer ? »

« C'était… gérable. » répondit le Patron entre ses dents.

« Et maintenant, ça reste ''gérable'' ? »

Silence.

« Non. » finit par reconnaître l'homme en noir à contrecœur.

« T'es vraiment irresponsable. » bougonna le brun en examinant la plaie.

« Ta gueule, t'es pas ma mère, Dan… Antoine. »

« Je vais essayer de bander tout ça avec ta chemise mais je garantis pas le résultat. » prévint Antoine.

Il travailla quelques instants en silence, accompagné de la respiration saccadée du Patron avant de demander : « Et les autres, ils sont où ? »

« Coincés comme nous dans ces endroits frontières inter-dimensions qu'on appelle les limbes. Des endroits de pure créativité, entièrement définis par les consciences qui y atterrissent »

« Je ne suis pas sûr de comprendre… »

« On ne voit ici que ce qu'on s'attend à voir. Tout ce qui nous entoure n'est que le reflet de notre propre conscience. »

« Comment tu sais tout ça ? »

« C'est une théorie pondue par le labo de l'Empire sur laquelle on a réussi à tomber lors de nos raids. Personnellement, je suis un peu déçu. Je pensais qu'il y aurait plus de putes et de coke dans mes limbes. »

« Et… les autres ? »

« Les limbes sont infinies et non linéaires. On a plus de chance de devenir Empereur que de les revoir.

Non, on ne doit pas penser aux autres. Le seul auquel nous devons penser, c'est Mathieu. Ton Mathieu. »

« Ce n'est pas mon… »

« Si on réussit à l'atteindre, il pourra finalement finir ce qu'il a commencé. » continua le Patron sans prendre en compte l'interruption. « Si les autres parviennent à nous retrouver, il pourra percevoir notre présence. »

« Nous retrouver ? Mais je croyais que… »

« Nous avons très peu de chance de trouver les autres. Ça signifie pas que les autres n'en ont pas plus de nous retrouver, gamin. » Un sourire, un peu tiré, étira les lèvres du châtain. « Le petit… Le Geek… Il va nous retrouver. »

« Pourquoi tu dis ça ? » demanda Antoine d'un ton perplexe. « Pourquoi lui ? Et comment ? »

« T'as déjà connu quelqu'un qui aurait fait vraiment tout ce que tu lui aurais dit, même si c'était sauter d'un pont ou mettre une école en feu ? »

« Heu… Non ? »

« Tant mieux. Parce qu'on ne peut pas se fier à ce genre de personnes. Trop malléables. Trop faibles. L'autre toxico, il était comme ça. Obéir sans se poser de question. Mais le gamin… » Le sourire se fit plus doux. Presque attendri. « Il a des valeurs. Ça le fout dans des merdes noires, je conçois. Mais… Mais j'ai confiance en lui. »

« De la part de n'importe qui d'autre, ce genre de discours aurait été mignon. De ta part, c'est juste flippant. »

« Ta gueule. Je te parle d'Amour, gamin. »

« Mec. Ça reste flippant. »


« Vous voulez quoi ? »

Question stupide, Sommet. Secoue tes méninges, nom de Dieu ! Mathieu était en panique. Il ne savait pas où il était ou ce qu'il devait faire. Il avait espéré une inspiration héroïque en arrivant mais son esprit restait désespérément vide.

« Voyons, monsieur Sommet. » répondit la femme qui lui faisait face d'un ton doucereux. « Ne soyez pas déraisonnables. Nous ne souhaitons que vous aider. Mais d'abord, répondez à ma question : Savez-vous ce que vous tenez dans les mains ? »

« Evidemment. C'est l'Orbe. »

« Laissez-moi tourner ma question autrement : Savez-vous exactement ce qu'est l'Orbe ? » Son sourire s'agrandit devant l'hésitation visible du jeune homme. « Je m'en doutais. Après tout, c'était prévisible. Car je vous le demande : Quelle personne saine d'esprit accepterait de tenir dans ses mains l'équivalent de plus d'un milliard de bombes nucléaires ? »


Quand le Geek ouvrit les yeux, il sentit tout de suite que quelque chose n'allait pas.

Le sol semblait onduler sous ses pieds et même le ciel paraissait tout distendu. Lentement, il se leva. Ce n'était pas seulement une illusion d'optique, se rendit-il compte. Le sol bougeait vraiment. Il se sentait à deux doigts de se mettre à hurler – parce qu'il avait la désagréable et très perturbante impression d'être debout sur un nid de serpents et les serpents sont dangereux, merde, vous n'avez jamais joué à un Resident Evil ou bien ? – lorsqu'une voix, un peu calme, rendue presque chantante retentisse :

« Peace gros. Pas la peine de paniquer. »

« Hippie ? C'est toi ? » répondit d'une voix faible le Geek.

« Yeah, gros. »

Le Geek finit par remarquer une silhouette allongé sur le sol mouvant et reconnut le Hippie. Penché sur lui, les sourcils froncés et l'air anxieux, Maître Panda, le teint cireux, lui épongeait le front.

« Tu te sens… comment ? » tenta le Geek d'un ton hésitant. Il ne savait même pas à qui exactement il posait la question. Au Panda, au Drogué ? Dans les deux cas, la réponse était évidente.

« Mal, gros. »

Le Hippie transpirait et autour de lui, le paysage se montrait plus mobile que partout ailleurs.

« Il ne tiendra pas longtemps. » Alors que l'ursidé avait jusque-là paru fort au Geek, il semblait résigné.

« Pourquoi il est comme ça ? » chuchota le gamer.

« Le contrecoup. Mon univers… avait un effet bénéfique sur ses addictions. Le renvoyer brutalement dans un univers aussi pollué que le Secteur 1 était une erreur. L'effet a été aussi violent que celui d'une rechute. »

« Pourquoi l'avoir fait alors ?... »

Le Panda ne le regarda pas. « Tu as vraiment besoin de poser la question ? »

Non. Non, il n'en avait pas besoin mais il voulait espérer. Il voulait espérer que le Patron n'était pas entièrement un salaud. Il le voulait si fort.

« On est où ? » demanda-t-il au lieu de répondre.

« Les limbes. »

« Ha. »

Il n'avait pas vraiment besoin de plus d'explications. Il se souvenait de l'air grave que le Patron avait pris, il y a bien longtemps, quand il lui en avait parlé pour la première fois. « Quiconque entre dans les limbes est aussi bien mort, gamin. Ou pire. »

« La drogue du Hippie pollue sa conscience. » se sentit obligé de continuer le Panda. « D'où l'aspect un peu… bancal de ce qui nous entoure. »

« On doit les retrouver. » murmura le Geek sans prêter attention aux explications de son sosie.

« C'est impossible. » dit patiemment le Maître. « La géographie des limbes est… »

« Je m'en fous. » coupa le jeune garçon avec une hargne qui ne lui appartenait pas. « Je vais les retrouver. On va les retrouver. »

Je le retrouverai. Ce sursaut de courage lui aurait peut-être fait peur, s'il avait pensé clairement. Mais il ne pensait pas clairement. La chaleur dans sa poitrine lui rappelait le baiser du Patron. Et il allait le retrouver.


« Je ne… comprends pas. » articula difficilement Mathieu.

« Je vous ai pourtant tout expliqué. » répliqua son interlocutrice. « Vous vous trouvez dans une représentation parfaite de votre inconscient. Il vous reste deux choix : coopérer ou mourir ici. »

« Que voulez-vous dire ? Je ne… comprends pas. » répéta Mathieu, les dents serrées.

C'était un cauchemar, n'est-ce pas ? Ce bon vieux cauchemar dans lequel vous êtes seul et coincé au fond du trou, dans une situation où il n'y a pas de bon choix.

« Vos amis » Le lieutenant ricana doucement en prononçant ce mot. « vous ont envoyer à la mort sans sourciller. Et même maintenant, vous essayez d'obtenir leur approbation par vos actions. » Son rire, décida Mathieu, était mille fois plus flippant que celui du Patron et de Richard réunis. « Vous êtes pathétique. »

« Allez-vous en… »

Elle l'embrouillait. A moins que ce ne soit l'Orbe ? Et si elle avait raison ? Et si l'Orbe le détruisait, que tous l'aient su, mais n'en aient rien dit ? Non, pensa-t-il, non, ils me l'auraient dit. Antoine me l'aurait dit. Il se raccrochait à cette certitude, alors qu'il sentait ses forces le quitter de manière presque perceptible.

« Abandonnez, monsieur Sommet. » Le ton du lieutenant était maintenant amical, presque caressant. « Ce sera plus facile pour vous. Vos doubles, l'Opposition… Ils vous en demandaient beaucoup trop. Vous saviez qu'ils étaient au courant que c'était un piège ? Mais ils voulaient quand même tenter le coup. Ils sont désespérés, vous savez. Et les désespérés se fichent bien d'une mort de plus ou de moins, tout ce qu'ils voient, c'est la possibilité de s'échapper. Même si il n'y a qu'un millième de chance de réussite, ils tenteront quand même.

Ils en demandaient trop et nous comprenons. Nous vous comprenons, monsieur Sommet. Nous n'en demandons pas tant. »

« Qu'est-ce que vous voulez ? » Ses idées se brouillaient. Il devait se concentrer, se raccrocher à la réalité. Mais où était-elle ?

« Que vous disparaissiez. » La voix du lieutenant Croft était glacée, songea l'ex youtuber. « Que vous n'ayez jamais existé. Votre existence nous a coûté énormément, monsieur Sommet, je ne vous le cache pas.

Bien sûr, nous ne sommes pas des monstres. Nous ramènerons vos amis dans leurs univers respectifs. Peut-être qu'un jour, ils accepteront notre puissance, arrêteront de se rebeller inutilement et vivront heureux, qui sait ? Cela dépend de vous. »

« Je ne peux pas… Je ne peux pas supprimer ma propre existence… »

« Oh si, vous le pouvez monsieur Sommet. » La jeune femme fixa l'Orbe tout en parlant, un léger sourire au coin des lèvres. « Avec l'Orbe, vous le pouvez. Il suffit de le vouloir. » Son regard quasi inhumain remontèrent lentement sur son visage et son sourire s'élargit. « Mais cela ne devrait pas vous être trop difficile, n'est-ce pas ? Après tout. Vous n'êtes personne. »


« Mathieu, hmmmm, si tu m'entends, c'est Antoine, et heu, mec, heu, fais pas trop de connerie – ou fais-en parce que c'est marrant et pas parce que l'Empire te demande et heu… Mec, t'es sûr que ça marche ton truc ? Parce que je me sens particulièrement con, là. »

« Je n'en sais rien, gamin. » Antoine grimaça. Etrangement, la douleur ne rendait pas le Patron plus compatissant. « Ca dépend de toi et de lui… Surtout de toi, en fait. Parce qu'en ce moment, lui, il doit se chier dessus. »

« Je ne comprends pas. » avoua le chevelu. « Qu'attend l'Empire de lui ? Ils n'espèrent tout de même pas qu'il se suicide gentiment parce qu'ils le lui demandent ? »

« C'est justement ce qu'ils espèrent, gamin. Si Mathieu disparaît, et de son plein gré en prime, tu n'imagines pas la quantité d'énergie qui serait libérée dans l'Orbe. Assez pour briser les barrières entre tous les univers parallèles. »

« Mais Mathieu n'est pas le genre à… »

« Mathieu » répéta le Patron en accentuant l'emphase sur le nom « est faible seul, plus que tu ne le crois, il ne l'a jamais réellement été. Consciemment ou pas, il a toujours ressenti la présence de ses doubles et très occasionnellement, se manifestaient à eux… A nous. Les limbes forment le seul endroit où il peut être véritablement seul, et donc vulnérable. »

Antoine ne dit rien. Il pensa à Mathieu, un sourire éclatant sur le visage, alors qu'il faisait le guignol devant la caméra. Mathieu et ses yeux incrédules mais ravis, comme s'il ne croyait pas sa chance, lorsqu'il lui avait affirmé qu'il préférait rester en coloc' avec lui. Mathieu et sa soif désespérée de faire quelque chose, d'apporter quelque chose. Mathieu, qui paraissait si frêle et si fragile ces derniers temps, à cause de l'Orbe, mais convaincu du bien-fondé de sa mission, au point de le convaincre également. Il ferma les yeux.

« Mathieu… Mathieu, putain… T'as intérêt à m'entendre, petit con… »


Mathieu se retourna. Il avait cru entendre quelque chose, quelque chose de familier et de diffus, derrière lui, mais l'impression se dissipa aussi vite qu'elle n'était apparue. En ramenant son regard devant lui, il constata que le décor avait changé.

Il se tenait dans une rue. Une ruelle plutôt. Il la reconnaissait, c'était une ruelle comme il y en avait des centaines à Châtelet. Une ruelle bordée de bars en tous genres, fréquentables ou non. C'était dans ce genre de ruelle qu'il aimait traîner le soir avec Antoine, et Clara parfois. C'était dans ce genre de ruelle aussi qu'il rencontrait des anciens fans, qui le reconnaissaient, qui demandaient une photo, lui souriaient et ne le jugeaient jamais.

Mais pas de fans cette fois-ci. Les gens semblaient circuler sans lui prêter attention, presque sans le voir. Tant pis. Tant mieux. Il essaya de marcher naturellement, mais il lui semblait que l'Orbe pesait incroyablement lourd dans sa main.

« Mathieu Sommet ? »

Le nom avait été prononcé distinctement et un instant, Mathieu se figea. Mais la voix –féminine- ne s'arrêta pas et continua, d'un air perplexe :

« Ça me dit un truc… Il n'aurait pas fait de la télé-réalité ou un truc pourri du genre ? »

« Chais pas » répondit la fille à qui la question avait été adressée. « C'est mon grand frère qui sort des références de ce mec, je suis pas dans le délire. Un machin de vieux geek, à tous les coups. »

« Ton frère craint. »

« Ouais. »

Les deux filles s'éloignèrent, laissant Mathieu immobile au milieu de la rue. Il… Il était oublié ? Déjà ? Il ne s'attendait certes pas à marquer l'Histoire mais de là à être oublié moins d'un an après avoir arrêté les vidéos… Ses pensées s'interrompirent lorsqu'il vit un homme pressé foncer vers lui… et le traverser littéralement sans sourciller. Il sentit son sang se glacer.

« D'a…ccord… »

Il se força à ralentir sa respiration et à réfléchir normalement, mais son cerveau refusait de coopérer. Seule tournait, obsédante, la pensée qu'il n'existait déjà plus – avant même d'avoir pu faire son choix – et… que cela n'avait rien changé. Le monde n'avait pas sombré dans l'Apocalypse. Les univers ne s'étaient pas effondrés les uns sur les autres. Personne ne le cherchait ou n'organisait de battue.

Il n'était rien.

Il n'était personne.

Il sentit ses jambes lâcher et il s'effondra.

Un peu à l'écart et hors de sa vue, le lieutenant Croft souriait de toutes ses dents. Le plan se déroulait à la perfection.


« Geek ! »

Maître Panda était essoufflé. Qu'est-ce qui lui avait pris de rejoindre ce groupe de têtes de pioche ?

« Geek, attends ! »

« Je savais que tu finirais par nous retrouver, gamin. »

Maître Panda cligna des yeux. Il devait avoir des hallucinations auditives. Le Geek ne pouvait pas avoir…

« Ce n'est pas possible… » balbutia-t-il. « Il ne peut pas vous avoir trouvé par… seulement par… »

« Par la force de l'Amour véritable, mielleux, qui me donne légèrement envie de gerber, ouais » Le Patron, l'épaule bandée, et l'air encore plus psychopathe que d'habitude, s'appuyait sur un Geek qui semblait perdre rapidement de sa superbe pour prendre un air incroyablement niais.

« Mais… c'est totalement illogique… »

« Fais pas ton effarouchée, la japonaise, c'est pas moi qui vient d'un univers sous crack rose bonbon. »

Le chanteur secoua la tête avec résignation. Autant ne pas essayer de comprendre et passer sur… cette absurdité scénaristique (1).

« Aide-moi à me lever, gamin. » demanda le Patron, en grimaçant sous l'effort.

Maître Panda essaya tant bien que mal de lui servir de point d'appui – et sachant qu'il avait déjà le Hippie à son bras, cela se révéla dangereusement acrobatique – et jeta un œil sur Antoine, qui remuait silencieusement les lèvres à quelques pas de là.

« Il fait quoi, lui, là-bas ? »

« Il essaie de nous sauver. »

« Ha… Ça marche ? »

« Pas vraiment. » Sur ses paroles réconfortantes, le Patron parvint enfin à se tenir sur ses pieds. « Mais maintenant que nous sommes tous réunis ici, nous arriverons peut-être à créer une perturbation suffisamment puissante dans les limbes pour attirer le subconscient de Mathieu à cet endroit. En ce moment, il y a une forte probabilité que l'Empire soit en train de bourrer son crâne de bullshit, vu qu'ils ne peuvent pas le buter directement sans endommager irrémédiablement l'Orbe. »

« Non, mais je ne comprends pas, tout est flou, tout se bouscule, rien n'a de PUTAIN DE SENS, comment avons-nous réussi à vous retrouver, ce n'est PAS possible dans les limbes de se repérer, si Mathieu nous avait retrouvé A LA LIMITE, d'accord, c'est un portail, mais pourquoi le Geek, ce n'est pas une putain de BOUSSOLE, explique-moi, putain, put… »

« Respire. » conseilla le Patron en le coupant.

Avec un regard noir, le Panda s'exécuta et attendit en bouillant intérieurement que le Patron lui réponde.

« L'Opposition avait… déjà envisagé la possibilité que ses agents se retrouvent dans les limbes. C'est déjà arrivé dans le passé. Mais il est possible, sinon de s'en sortir, du moins d'envoyer un message psychique à travers les dimensions, pour prévenir l'organisation. Mais il faut pour ça qu'au moins l'un des ''accidentés'' pour ainsi dire ait un fort lien psychique avec le reste de ses compagnons. C'est quasiment devenu une procédure standard de s'assurer d'en avoir un dans chaque team. Dans notre groupe, les... dirigeants des rebelles… »

« C'est-à-dire, toi. »

« … ont décidé que ce serait le Geek. Il était le plus empathique, entre lui, le drogué et moi. Lorsque vous vous êtes ajoutés à notre… fine équipe, il n'a eu aucun mal à nouer des contacts de sympathie, c'était parfait.

Le gros problème de ce plan, en fait, c'était moi. »

Le Patron semblait parti dans un discours, songea le Panda, qui n'avait plus rien à voir avec la choucroute. Dans le doute, il le laissa continuer mais il sentait que le Patron cherchait à présent à se justifier de tout à fait autre chose (2).

« Comment me rendre… attachant ? Sympathique ? Comment convaincre un gamin aussi innocent de… m'aimer ? » Il eut un rire amer. « Ça a été ridiculement facile au final. Un faux problème, il faut croire. Ce gamin a eu l'idée bien conne de tomber amoureux de moi. »

« Je… » Les yeux du Geek brillaient mais sa voix, bien que brisée, restait étrangement calme. « Je… je n'étais que… Mon am… Ce que je ressentais. Ressens. C'est juste… pour une ''procédure standard'' ? Tu… Tu n'es pas… »

Le pauvre garçon dut s'interrompre à ce moment pour s'empêcher d'éclater en sanglots. Oui, bien sûr, il aurait dû s'en douter. Qui sait ? Les mots qu'il avait cru surprendre à travers la chambre de Daniel, le baiser, tout avait sûrement été prémédité pour manipuler son esprit faible. Mais il y avait cru. Aussi improbable que cela avait paru…

Une main ferme s'agrippa à son bras et il détourna son regard de ses pieds pour le plonger dans celui du Patron. Qui le fixait.

« Si tu crois encore ça, gamin… » La voix était éraillée, fatiguée, mais sincère pour une fois. « Si tu crois encore ça, maintenant, tu mérites un pain dans la gueule. »

Un ange passa dans le silence – relatif, à cause de légers gargouillements dans la direction du Hippie – alors que le Patron et le Geek semblaient bien partis pour rester à se fixer dans le blanc des yeux toute la sainte journée. Ils furent simultanément interrompus par un raclement de gorge sonore du Panda – qui n'avait vraiment mais alors vraiment pas besoin de voir ça – et le hurlement de victoire d'Antoine :

« MEC, PUTAIN, MEC, TU PEUX ME VOIR ? DIS-MOI QUE TU PEUX ME VOIR ! »

Le Patron haussa un sourcil et Maître Panda se prit à espérer. Ils s'étaient retrouvés dans les limbes et Antoine avait établi un contact avec Mathieu. Deux miracles, déjà. Jamais deux sans trois ?


Mathieu releva la tête. Il l'avait entendu, clairement cette fois. Il n'y avait pas à se tromper, ce son était pour lui aussi familier que le bruit du réveil l'était pour d'autres. Antoine gueulait. C'était lui, pas d'erreur possible.

« Antoine ?... »

Il n'y avait rien. Si. Une route déserte. Il marchait depuis ce qui semblait être des heures. Il ne se souvenait pas d'où il venait. Comment était-il arrivé ici ? Pourquoi s'y était-il rendu ? Il ne savait pas. Il n'y avait rien.

« Tu t'es perdu en route, gamin ? »

Sursautant, Mathieu pivota sur ses talons et se retrouva face à face avec le Patron. D'où venait-il ? Que faisait-il là ? Quelque part, il sentait que ces questions n'étaient pas pertinentes, et resteraient de toute façon sans réponse.

Le Patron prit le temps d'allumer une cigarette et de tirer une profonde latte avant de se remettre à parler. Mathieu le contemplait sans mot dire. Qu'aurait-il dit ? Sa tête était aussi vide que l'horizon qui s'étendait devant lui.

« Tu étais aussi tapette que je le croyais, finalement. » énonça brusquement le Patron, forçant Mathieu à effectuer un effort de concentration sur lui. « Mais bon. Ça valait le coup d'essayer, nan ? Tu vas crever, on va crever, probablement par ta faute, parce que t'es pas foutu de faire une téléportation correcte.

Faut pas t'étonner après qu'on t'ait rien dit. Tu pensais sincèrement que t'arriverais à nous sauver ? Toi ? » Il ricana brièvement. « Je parie que tu t'es senti important, tout d'un coup. Tu n'es rien, juste un chômeur à la ramasse, pleurnichant sur sa gloire passée, et tout d'un coup, TADAM, tu es le superhéros qui va latter la gueule à la menace qui pèse sur tous les univers. » Son ricanement se transforma en rire, rauque et cruel. « Ça se voit que t'as été bercé aux bouses hollywoodiennes, toi. »

Mathieu ne disait rien, mais les mots s'imprimaient en lettres de feu dans son esprit. Mots couteaux, mots de pouvoir.

« Putain, même le Geek, ce sale gosse, a plus de personnalité que toi. Il est quelqu'un. Tu sais, ce genre de personne qu'on retient. Toi, t'es juste… oubliable. Un mec lambda. Un fardeau.

T'en as pas marre de servir à rien, gamin ? Clamse tout de suite, finis-en, c'est pas comme si quelqu'un te regrettera. »

« Non… »

« J'ai dit : CREVE ! »

Mathieu utilisa ses dernières forces pour fixer ses prunelles dans celles du Patron. Il connaissait cet homme par cœur. Il l'avait joué, parlé et avait l'impression d'avoir ressenti sa présence depuis toujours. Et il voyait maintenant que quelque chose clochait. Sa colère était trop… passionnée, pas assez froide et dure, pour être crédible. Pour que ce soit vraiment lui.

« Tu n'es pas réel. » murmura Mathieu. « Tu n'es… Tu n'es pas le Patron… Une copie… T'es qui ? »

Le ''Patron'' resta immobile une seconde avant qu'un grand sourire carnassier, plus familier au personnage, éclate sur son visage.

« Bien joué, gamin. Tu m'as démasqué. » Les traits de l'homme se brouillèrent et bientôt, Mathieu fit face à ce qui semblait être… hé bien, lui. Lui, vraiment. Son visage, déformé par une expression sardonique qui n'aurait pu appartenir qu'à lui. « Mais rappelle-toi d'un truc : » Même la voix avait changé, prenant ses accents, son ton, à lui. « Ce n'est pas parce que je ne suis pas réel que je mens forcément. »

Sur ces mots, l'apparition –il n'y avait pas d'autres mots – s'effaça.

Mathieu cligna des yeux. Que venait-il de se passer ?

« MATHIEU ! PUTAIN, MATHIEU TU M'AS ENTENDU, JE SAIS QUE TU M'AS ENTENDU ! »

Le voix mélodieuse et pleine de grâce d'Antoine résonna une nouvelle fois. La respiration du presque schizophrène accéléra.

« MEC, PUTAIN, MEC, TU PEUX ME VOIR ? DIS-MOI QUE TU PEUX ME VOIR ! »

« Oui… » Mathieu voyait l'air onduler autour de lui. L'impression de prendre une bouffée d'air. De respirer. D'ouvrir les yeux. « T'es là, mec. Je te vois. Je te vois. »

Antoine se tenait devant lui. Pas vraiment là, cependant. Au jugé de sa position et de sa manière de bouger, il ne distinguait pas le paysage nihiliste qui les entourait. Il avait les yeux posés sur la seule chose qu'il voyait : Mathieu.

« Ouais. Ouais, je suis là. Et t'es là. Putain de beurre à couille… On est là, merde. » Antoine rit nerveusement. « Alors, prêt à sauver la galaxie ? »

« Je ne peux pas faire ça, Antoine. »

« Pourquoi ça ? Tu peux carrément ! Tu as l'Orbe et… »

« Les autres vont mourir. » Les mots lui étaient venus à la bouche avant même qu'il ne les pense mais il était à présent certain de leur véracité. Les autres – le Patron, le Hippie, le Geek – allaient mourir s'il décidait d'activer l'Orbe. Ils allaient mourir, et lui, le Rien(3), le Personne, allait survivre. Pire, il allait survivre en étant la cause de leurs morts.

« Reprends lentement, je te suis pas. Pourquoi tu dis qu'ils vont mourir ? »

Antoine devait être stupide ou singulièrement aveugle pour ne pas avoir compris, songea Mathieu. Maintenant qu'il y pensait, le cerveau peut-être stimulé par l'adrénaline, tout concordait avec cette information.

« L'Orbe… L'Orbe n'est pas une clé. C'est une bombe. Elle ne fermera rien du tout. Elle plongera simplement tout ce que je lui demande dans la non-existence. Que ça soit moi ou un univers. Ou même trois univers. Les autres… en tant que part intégrante de leurs univers respectifs, disparaîtront aussi. »

« Ouais. D'accord. Ok. C'est… pas cool. » Les sourcils d'Antoine se froncèrent puis se haussèrent brusquement sur le coup d'une idée. « Mais tu pourrais pas faire heu… ''plonger dans la Non-existence''… uniquement l'Empire ? »

« L'Empire n'est pas une entité propre. Je n'arriverai à rien si j'essayais. Je ne peux faire disparaître que des unités entières. Réalité ou individu. »

« Il n'y a… pas d'autre solution ? »

« Je pourrais disparaître. »

« QUOI ?! »

« L'Orbe ne sera pas canalisée pour toujours, elle finira par exploser, littéralement, et annihilera des milliards d'univers dans le processus, peut-être tous. Il faut que je la… ''désactive'' vite. En utilisant son énergie pour absorber quelque chose en dehors de toute réalité. »

« C'est un agent de l'Empire qui t'a dit tout ça ? Non, parce qu'ils ont très bien pu te ment… »

« Les seuls qui m'ont menti ici, ce sont les membres de l'Opposition. » interrompit un peu sèchement le châtain. Il reprit, plus doucement. « Non, ils ne m'ont rien expliqué. Mais… je comprends l'Orbe maintenant. C'est comme si… comme si elle faisait partie de moi. »

« J'aime pas ça, Mathieu. Peut-être que ce truc t'influence. Te manipule. Tu ne peux pas sérieusement songer à… »

« A me désintégrer ? Si. Ça ne changerait pas grand-chose et je préfèrerais moi qu'eux de toute manière… »

Antoine se tut. Il devint même étrangement silencieux, considérant sa propension à hurler à tout propos et son éclat précédent. Il finit par parler, et c'était tellement confus, rempli d'émotions puissantes et contradictoires que Mathieu en fut un instant désarçonné.

« Non. Non. Je… Je ne laisserai pas faire. Je ne veux pas te perdre. Pas comme ça. Pas maintenant. C'est… Ouais, c'est égoïste. Carrément même. Je suis un gros putain de bâtard. J'assume. Mais je veux pas que tu me laisses. T'es mon… T'es mon pote.

C'est réducteur comme terme hein ? Pathétique. T'es pas que mon pote. Tu es plus. Tellement plus que ce terme stupide.

Je sonne tellement gay, putain, et je m'en fous tellement. Je veux juste être avec toi. Qu'on se marre. T'es… Je sais même pas quoi te dire pour que tu restes, connard.

T'es Mathieu. Tu ne peux pas mourir. Tu ne peux pas disparaître. T'es quelqu'un pour moi, fils de pute. »

Mathieu sentit ses paupières battre à plusieurs reprises, mais mis à part ce détail, il se sentait totalement étranger à son corps. La situation paraissait tellement irréelle.

« Tu n'existes pas » chuchota Mathieu. Il regarda Antoine d'un air triste. « Tu me dis ce que je veux entendre mais tu n'existes pas. Antoine m'oubliera, comme les autres. »

« Je ne t'oublierai pas. » dit simplement Antoine, et il y avait tant de conviction dans sa voix que Mathieu ne pouvait que le croire. « Je… je crois que je t'aime, mec. » Un petit rictus déforma ses lèvres, ruinant le moment. « No homo. »

Ce fut ce sourire, ce sourire débile, qui perça les dernières défenses du jeune Sommet. Il réunit assez de courage pour tenter de saisir la main de son ami, et le soulagement le pénétra jusqu'aux os lorsqu'il réalisa que c'était bien une main, de chair et de sang, et non le mirage froid qu'il avait craint.

« Je t'aime aussi, mec. » Il sourit. « No homo. »

Ce fut tout ce qu'il réussit à dire avant d'être quasiment propulsé en avant –sur Antoine, donc – et ahuri et un peu sonné, il releva la tête.

Ils étaient tous là. Le Patron, le Hippie, le Geek et même Maître Panda. Et Antoine, bien sûr.

Le Patron le regardait avec un brin de ce qui semblait être de la fierté.

« Je savais que tu n'échouerais pas, gamin. Mais j'avais besoin que tu le crois aussi. Je ne suis pas désolé de ne pas t'avoir prévenu, tu aurais déguerpi en moins de temps qu'il n'en faut pour dire ''pute bulgare''. Et regarde-toi. Tu as réussi à te téléporter et semer ces connards de l'Empire, tout seul, comme un grand. »

« Heu… Merci ? »

« On doit se dépêcher. » déclara la petite voix du Geek.

Mathieu sembla rapetisser, redevenant incertain et apeuré.

« Vous n'êtes pas obligés… On peut trouver une autre solution… »

« Non, on ne peut pas, gros. » C'était le Hippie qui avait parlé cette fois, l'air serein bien que souffrant. « On a attendu trop longtemps pour ça. »

Et sans ajouter un mot de plus, il avança sa main. Mathieu ne vit le mouvement qu'une poignée de secondes plus tard.

Le Hippie avait abattu sa main sur l'Orbe. Il était le premier, songea brièvement Mathieu - lui-même mis à part bien entendu - à oser la toucher. Tous les autres, il s'en rendait compte maintenant, avaient toujours regardé l'Orbe comme quelque chose d'intouchable, de belliqueux, plus ou moins consciemment d'ailleurs. Et à présent que Mathieu comprenait exactement ce que représentait l'Orbe, il ne pouvait pas leur en vouloir. Ce n'était que de l'instinct de survie pur et simple.

L'acte du Hippie représentait l'acceptation de son Destin, et devenait par là plus puissant que les mots.

Comme si l'Orbe avait attendu que Mathieu ait son épiphanie pour s'activer, elle sembla se réveiller à ce moment-là, se mettant soudainement –et sans autre raison apparente que la main du Hippie- à briller de manière insoutenable. On ne pouvait déjà plus distinguer ses contours et Mathieu dût faire un effort pour ne pas lâcher prise et la rejeter au loin.

Un instant, il eut l'impression dérangeante que chaque cellule de sa main, puis de son corps, explosaient, s'éparpillaient aux confins de l'univers, puis se réunissaient pour mieux se séparer ensuite. Il fut tiré de ce ''bad trip'' confus par la voix du Patron.

« Reste avec nous ! »

Une main se posa sur la sienne, appuyant ces paroles. Une main un peu molle, mais déterminée.

« Geek… »

Il ne voyait plus grand-chose, rien que regarder faisait larmoyer ses yeux. Il se sentait au milieu d'un violent tourbillon de couleurs, virevoltant, giflant, les coupant de plus en plus du monde, eux qui étaient accrochés à l'Orbe comme à une bouée de secours.

« Ne lâchez pas ! » hurla une voix, plus lointaine.

Ne pas lâcher. Il pouvait le faire. Ne. Pas. Lâcher.

« Patron ! » hurla la voix suraigüe du Geek. « Maintenant ! »

« Ne crois pas que je vais te lâcher aussi facilement, gamin. »

Ils étaient là. Finalement. Tous les quatre, dans l'œil du cyclone. Dans l'œil du monde. Des mondes.

Mathieu les regarda une dernière fois, gravant leurs expressions dans sa mémoire. Il ouvrit la bouche pour les remercier. C'était quelque chose qui se faisait, non ? Un dernier salut avant qu'ils s'en aillent. Qu'ils disparaissent. Qu'ils le quittent.

« Dis rien, gamin. » Le Patron souriait. Le Hippie souriait. Même le Geek souriait malgré ses yeux un peu trop brillants.

Mathieu hocha la tête. Quelque chose grandissait dans sa poitrine. Quelque chose qui l'attirait vers les trois autres. Quelque chose qui les attiraient à lui. Il écarquilla les yeux quand il se rendit compte de ce qui se passait. Il ouvrait un portail. Et ce portail s'ouvrait…

''En moi ? '' Il pouvait le sentir maintenant. Ils fusionnaient. Il ressentait tout. L'amour absolu et impossible entre le Geek et le Patron, la dépendance du Hippie, et leur Espoir, leur Exubérance, leur Victoire, à eux tous.

« On ne te laisse pas, ne t'inquiète pas. »

Il ne savait pas exactement de qui venait cette phrase, mais elle avait des accents de promesse.

« D'accord… D'accord. »

Et, aussi soudainement que cela avait commencé, tout s'arrêta. Il se retrouva, allongé, respirant difficilement sur le sol de son salon, un Antoine paniqué au-dessus de lui.

« Mathieu ! Mathieu ! Tu vas bien ?! »

Oui, Mathieu allait bien. Mathieu était entier, plus que jamais. Mathieu était euphorique. Au point de ne pas remarquer les larmes qui perlaient au coin de ses yeux. Et un mot au bord des lèvres.

« Merci. »

To be continued...


(1) Si vous pouviez en faire de même. En fait. OUI J'AIME L'AMOUR NIAISEUX ET MAGIQUE.

(2) *tousse* Comme l'auteur de la fic peut-être *tousse*

(3) Ooooooh, la jolie auto-référence ! *clin d'œil – clin d'œil*

Pour les menaces de mort et toutes déclarations contondantes, c'est dans les reviews.

Pour le lancé de cailloux, c'est tous les lundis de 17h à 22h, ou le weekend et jours fériés de 9h à 14h.

Je vous aime, no rage ;) (Et puis, gardez espoir, il reste encore un chapitre *clin d'œil - clin d'œil*)