N. A.: Le dernier chapitre mes lapins! J'espère n'avoir déçu personne jusque là (ou pas trop xD)... Ce chapitre est vraiment court, j'aurais pu dire que c'est un épilogue en fait mais bon voilà (ceci était mon argumentation).

Que dire de plus? Pas grand chose. A part que je ne regrette pas d'avoir écrit cette fic, c'était une belle aventure avec vous :) J'ai envie de tous vous remercier un à un mais vous êtes trop, je vais forcément en oublier. Donc qui que tu sois MERCI de lire cette fic, MERCI de la soutenir.

En vrac et totalement arbirtrairement, je remercie Leiizy, Deponia, mitakashika, LostIn222, Leze-G, Pamplelune d'Agrumes, Foxie, Yume, Crisalys et tous les autres, vous êtes géniaux!

Réponse à Yume: Vu que tu as reviewé en guest, j'ai pas osé envoyer sur ton compte la réponse donc je la poste là, histoire d'être sûre que tu la vois :D Hahaha, tu sembles bien sûre du happy ending :) *se frotte les mains* Non, je plaisante mais tu me diras si tu considères ma fin comme du happy ending ou pas :) (j'aime les happy endings mais parfois, mon imagination refuse de m'en donner :( et après je boude pendant une semaine) J'espère dans tous les cas que tu aimeras ce dernier chapitre!

Enjoy!


Trois mois. Trois mois s'étaient écoulés depuis que Mathieu avait sauvé le monde. Ou les mondes.

Qu'est-ce que ça changeait ? Ca faisait trois mois qu'ils n'existaient plus. Antoine demandait parfois ce que ça changeait, vu que Mathieu avait vécu plus de vingt ans sans savoir qu'ils existaient. Mais Mathieu se contentait de hausser les épaules et s'éloignait. Mais à d'autres moments, Antoine s'asseyait à côté de lui et ne disait rien. Comme s'il comprenait. Et Mathieu en était reconnaissant.

Il n'y avait pas que ça, d'ailleurs. Antoine avait finalement demandé à Clara d'emménager avec lui, à condition que Mathieu puisse rester avec eux. A la surprise de Mathieu – mais au bonheur peu étonné d'Antoine, elle avait accepté et les blagues sur leur homosexualité s'étaient transformées en blagues sur leur ménage à trois.

Ils s'en foutaient, ils étaient bien.

« T'as fini de remanier ton scénar comme un maniaque, sale perfectionniste ? » cria Antoine de la cuisine. « Je t'ai déjà dit qu'il était bien ! »

Mathieu se prit à sourire. Il était injuste. Les choses avaient effectivement changé.

« La ferme, Antoine. » Il passa une main sur son crâne fraîchement rasé (1) avant de se lever pour traîner des pieds jusqu'à la porte.

« Estime-toi heureux que ta ''fanbase'' soit assez conne pour financer ton projet impossible, stupide hobbit joufflu. »

« Tu es juste jaloux de ma popularité, je suis trop hype pour toi. »

« Ne réutilise plus jamais le mot ''hype'' mec. Genre, vraiment jamais. »

Mathieu se contenta de rire. La vérité était qu'il était le premier surpris de la tournure qu'avaient pris les événements.

Deux mois plus tôt, il avait tourné une ultime vidéo sur son ancienne chaîne, demandant à ses fans de se rassembler pour qu'un vrai long-métrage, écrit par lui et réalisé par un de ses potes cinéaste, mettant en scène les personnalités qu'il avait esquissé dans SLG, voit le jour. Ce qui n'avait été qu'un projet en l'air avait pris une ampleur considérable, notamment grâce à la pub gratuite que plusieurs youtubers lui avaient faite, et à présent, ils avaient même assez de fonds pour faire de ce film quelque chose d'assez sérieux.

Mais plus que l'argent qu'ils avaient récolté, c'était l'enthousiasme évident de la communauté des anciens fans qui paraissaient très excités de le voir faire son retour (même s'il n'avait pas pu éviter les commentaires sur sa coupe de cheveux) et qui lui donnaient pratiquement des ailes.

« En voiture, idiot. » lui dit Antoine, le ramenant temporairement sur terre.

Tout le long du trajet, Mathieu ne put s'empêcher de gigoter, parlant – ou plutôt ''piaillant'' selon les termes de Clara, vivement appuyée par Antoine – sur tout et sur rien. Mais il se fichait d'avoir l'air ridicule. Aujourd'hui était le premier jour de tournage. Il avait le droit d'être stressé, non ?


Apparemment pas, parce que ce premier jour se déroula étonnamment bien (d'un autre côté, le contraire aurait été surprenant, l'angoissé chronique qu'était Mathieu avait insisté lourdement pour tout préparer à l'avance).

C'est en paix avec lui-même qu'il se coucha ce soir-là.

Et peut-être que son état parfaitement détendu justifie ce qui arriva ensuite. Quand Mathieu ouvrit les yeux, il se trouvait dans son salon. Pas son salon actuel, non. Son salon. Celui où il tournait ses SLG, avant.

Les vieux posters sur les murs, la vieille télé en équilibre sur des cartons… Ca ne pouvait pas être réel. Il avait tout démonté lorsqu'il avait déménagé. Comment…

« T'en as mis du temps pour te pointer, gamin. »

Assis, les jambes résolument écartées sur le canapé, le Patron lui souriait – ce qui, on est bien d'accord, était assez inquiétant en soi, surtout si on ajoute qu'ils se situaient dans un lieu qui n'aurait plus dû exister.

« Ça vient de toi la déco ? J'aime pas. »

« Pat.. Patron ? »

« Ouep. T'es devenu débile depuis la dernière fois qu'on s'est vu ou bien ? »

« Où… où on est ? Qu'est-ce qui se passe ? Je comprends rien, putain. »

Le Patron le regarda fixement avant d'hocher la tête à lui-même.

« Ouep. T'es bien devenu con. »

« Mec ! »

« On est là où tout a commencé, gamin. Et là où tout a fini. »

Devant l'air de bovin qu'abordait Mathieu, le Patron explicita. « En toi, tête de pine. »

Mathieu le fixa pendant une bonne poignée de secondes avant de délibérément prendre la décision d'ignorer ce qu'il venait d'entendre. Cela sonnait trop bizarre – et un peu sale. (2)

« Où sont les autres ? «

« On est là, gros. »

Mathieu sursauta. Le Hippie semblait s'être matérialisé de nulle part pour apparaître à deux millimètres de lui et il constata en se retournant que le Geek était maintenant assis à côté du Patron (presque sur ses genoux, s'il voulait être précis – mais bizarrement, il n'en avait pas très envie).

« What the fuck ?! »

« On n'a pas encore tout à fait saisi comme marche l'espace-temps ici. » dit le Patron d'un ton naturel. « Mais question sexe, ça étend les possibilités de positions à l'infini. Pas vrai, gamin ? » ajouta-t-il en tapotant la cuisse du Geek.

Ce dernier rougit et chercha à s'écarter en bougonnant un « Ta gueule. » un peu étouffé. Mathieu, qui s'attendait à ce que le Patron réinsiste lourdement, fut surpris de le voir abdiquer rapidement et poser une main beaucoup trop nonchalante pour être honnête sur celle du Geek.

Il détourna la tête rapidement, avec l'impression d'avoir surpris quelque chose de trop intime. Ses yeux tombèrent sur le Hippie qui le regardait calmement à travers ses verres fumés.

« Vous… Vous allez bien, alors ? »

Sa gorge était serrée, ses mots étaient maladroits et sa question était conne mais… Pour la première fois depuis qu'il était arrivé, la réalisation le heurta de plein fouet. Il les revoyait. Ils étaient vivants.

Ils ne l'avaient pas abandonné.

Il ne les avait pas tués.

« Assis-toi, gamin. »

Sans comprendre trop comment, Mathieu se retrouva sur une chaise – qui ne se trouvait pas là moins d'une minute auparavant, mais il n'était plus à ça près – en face du Patron et du Geek, le Hippie assis en tailleur à sa droite.

Essayant d'ignorer son bon sens logique qui hurlait au scandale, Mathieu tenta de reprendre le fil de ses pensées.

« Donc vous êtes là depuis…. ? »

Sa voix se perdit alors que sa mémoire le ramenait trois mois plus tôt, à l'instant où il avait cru les perdre.

« Oui. » C'était le Geek qui avait répondu cette fois. « C'est un peu bizarre, mais c'est… confortable. J'ai retrouvé Monsieur Nounours. » ajouta-t-il en brandissant soudainement une peluche, bousculant un peu le Patron qui avait l'air moins ravi. « Je ne l'avais plus revu depuis… Depuis la Guerre et l'Empire… C'est bizarre… »

La voix du Geek se perdit un peu quand Mathieu prit soudainement conscience d'une chose.

« Mais si vous êtes là, on peut vous ramener dans le vrai monde. Je veux dire, en dehors de moi ! Bon, vous serez peut-être coincés dans mon univers mais… »

Le Hippie secoua la tête.

« Tu ne te souviens pas de ce que le Panda a dit ? »

Mathieu allait demander comment le Hippie était au courant – techniquement, il avait disparu avant que Maître Panda ne fasse son discours – mais il eut la réponse à sa question avant même de l'avoir posée quand, jaillissant du néant, une sorte d'interface géante et flottante se posa au milieu d'eux et le visage, un peu brouillé mais sérieux, de Maître Panda apparut dessus.

« Tu ne dois plus essayer d'ouvrir des portails, Mathieu, sous aucun prétexte, tu m'entends ? Tu as trop modifié la structure universelle pour que cela reste sans conséquence. Toute altération, même légère, que tu serais tenté de faire dans le futur résulterait probablement en l'effondrement des dimensions sur elles-mêmes. Un peu comme des lasagnes trop cuites. Avec beaucoup de sauce. »

La voix hors champ de Mathieu résonna dans la pièce en réponse.

« Mais… et toi ? »

« Moi, je vais retourner dans mon monde. Tu nous as ramené, Antoine et moi, chez vous par réflexe j'imagine, mais je n'ai rien à faire ici. Je n'étais venu que pour soutenir le Hippie. Et je ne suis même pas sûr d'avoir réussi. D'avoir été utile au final. » Le regard à l'écran s'assombrit avant que le chanteur ne reprenne. « Ce sont des adieux, Mathieu. »

« Non. Je ne veux pas te perdre toi aussi. »

Un dernier sourire triste et silencieux parut sur les traits du Maître avant qu'il ne s'en aille par son portail portatif sans un mot. (3)

L'écran se dissipa dans les airs et Mathieu crispa les poings.

« Je m'en fiche. Vous ne pouvez pas rester ici… »

« On le peut et on le fera, gamin. » La voix du Patron était formelle. Définitive.

« On est bien ici, Mathieu. C'est différent. Mais on est bien. » Les yeux du Geek suintaient la sincérité, Mathieu dût se détourner pour éviter de pleurer à l'idée qu'ils ne vivront jamais une vie normale avec d'autres personnes qu'eux-mêmes.

« Je vous reverrai ? » C'était une question enfantine et un peu égoïste mais il avait besoin de savoir.

Le Patron, avec son empathie habituelle, haussa les épaules. « On n'en sait rien, gamin. On ne sait pas plus les règles que toi. On est déjà bien contents que tu sois là. Et il y a pas mal de chances que tu ne t'en souviennes même pas. Nous sommes… dans ton subconscient, de la même matière que sont faits les rêves. Tu te souviens toujours de tes rêves, gamin ? »

La respiration de Mathieu eut des ratés après les mots du Patron. Et pire que cela, un doute énorme commençait à germer dans son esprit.

« Mais… comment j'ai pu venir ici ? Comment… Si je n'ai pas pu me téléporter dans mon sommeil, comment… » Mathieu bloqua la crise de panique qui menaçait d'exploser avant de murmurer. « Est-ce que c'est réel ou… tout se passe dans ma tête ? »

« Evidemment que tout se passe dans ta tête, mais pourquoi cela voudrait dire que ce n'est pas réel ? »

Mathieu dévisagea le Geek d'un air blasé.

« Est-ce que tu viens de me citer Harry Potter là ? » (4)

« Heu… » bafouilla le garçon.

« Mec, tu n'as pas la classe de Dumbledore, arrête. »

Mais Mathieu ne put s'empêcher de sourire.

Le lendemain, il se réveillerait, sans aucun souvenir de ce qui s'était passé, mais il serait un peu plus heureux à cause de ça, sans savoir pourquoi. Et il continuerait à les visiter, à oublier et à être heureux.

Parce qu'ils ne le lâchaient pas.

Parce qu'ils étaient lui.

Parce qu'ils étaient Mathieu Sommet.

FIN


(1) Cette fiction a été écrite avant la saison 5 et ne la prend donc pas en compte. Mais je ne pouvais pas ne PAS faire intervenir la nouvelle coupe de Mathieu quelque part. Je ne suis pas désolée.

(2) ou c'est juste moi? =/

(3) Pour les pointilleux qui se demandent pourquoi il ne l'a pas utilisé plus tôt, c'est parce que ce portail était programmé en destination automatique vers la dimension de Maître Panda. Mais c'était un peu lourd à expliquer dans le texte alors je le fais ici

(4) OUI. J'ASSUME TOUT. TOUT.

Merci de m'avoir suivi jusqu'à cette fin que j'espère ne pas être trop frustrante ^^ Certains la trouveront peut-être un peu trop expédiée mais encore une fois, ce n'était vraiment qu'un épilogue.

Vous pouvez cependant lâcher vos critiques dans les reviews, j'y répondrais si vous avez un compte ff :) (ou si j'ai un moyen quelconque de vous répondre en fait x) )

(Pour ceux qui sont déçus du manque de Patron/Geek, je suis déçue avec vous mais la fiction n'était pas construite autour de ce pairing, c'était inévitable qu'il soit relégué au 2e plan)

(Pour ceux qui sont déçus qu'il n'y ait pas eu de Matoine - oui, Leze-G, c'est toi que je regarde - heu... Bah je n'y avais pas pensé en fait xD Je m'en suis rendue compte une fois le 6e chapitre écrit et publié :) Donc voilà, désolée)(en plus, j'avais créé une petite amie à Antoine, ça se faisait pas pour elle)(oui, je souffre pour mes personnages secondaires, c'est une vie très ingrate, vous savez)